Kota Kinabalu

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Kota Kinabalu
Jesselton
Blason de Kota Kinabalu
Héraldique
Drapeau de Kota Kinabalu
Drapeau
Kota Kinabalu
Depuis en haut à droite et dans le sens horaires : Tun Mustapha Tower, le monument I❤KK et la statue de l’espadon, le carrefour Wawasan, Wisma Tun Fuad Stephens, la Gaya Street et le centre ville.
Administration
Pays Drapeau de la Malaisie Malaisie
État Sabah
District Kota Kinabalu
Maire Nordin Siman
Code postal 88000-89000
Indicatif téléphonique 088 et 087
Démographie
Gentilé Orang KK, K.K-ites ou K.K-ians
Population 452 058 hab. (2010)
Densité 1 288 hab./km2
Population de l'agglomération 628 725 hab. (2010)
Densité 770 hab./km2
Géographie
Coordonnées 5° 58′ 30″ nord, 116° 04′ 21″ est
Altitude m
Superficie 35 100 ha = 351 km2
Superficie de l'agglomération 81 600 ha = 816 km2

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Kota Kinabalu
Liens
Site web http://dbkk.sabah.gov.my/

Kota Kinabalu (کوتا کينا بالو en jawi et 亚庇, Yàbì en chinois), anciennement connue sous le nom de Jesselton est la capitale de l'État du Sabah en Malaisie et la préfecture du district de Kota Kinabalu. Elle est également la capitale de la division de la Côte Ouest du Sabah. La ville se situe sur la côte nord-ouest de l'île de Bornéo au bord de la mer de Chine méridionale. Le parc national de Tunku Abdul Rahman se trouve à l'ouest et le mont Kinabalu, qui donne son nom à la ville, est à l'est. Selon le recensement de 2010, Kota Kinabalu compte 452 058 habitants, et, si les districts adjacents de Penampang et Putatan sont inclus, la population de l'agglomération est de 628 725 habitants.

Au XVe siècle la zone de Kota Kinabalu est sous le contrôle de l'Empire de Brunei. Au XIXe siècle la Compagnie britannique de Bornéo du Nord (CBBN) établit une colonie proche de l'île Gaya. Celui-ci est cependant détruit par un incendie en 1897, provoqué par un dirigeant local, Mat Salleh. En juillet 1899, la zone située à l’opposé de l'île Gaya est identifiée comme un endroit approprié pour l'établissement de colonies. Peu après, la zone se développe et l'endroit est nommé « Api-Api » avant d'être renommé « Jesselton » par le vice-président de la CBBN. Jesselton devient un port de commerce majeur et se connecte au réseau de chemins de fer de Bornéo du Nord. La ville est largement détruite pendant la Seconde Guerre mondiale. L'occupation japonaise de Jesselton provoque plusieurs soulèvement locaux, notamment la révolte de Jesselton dont les Japonais ressortent vainqueurs. Après la Guerre, la CBBN est incapable de pallier les importants coûts de reconstructions et la ville est cédée à Colonie de la Couronne. La Colonie de la Couronne déclare Jesselton capitale de Bornéo du Nord et commence la reconstruction de la ville. Après la formation de la Malaisie, Bornéo du Nord est renommé Sabah. En 1967, Jesselton est renommé Kota Kinabalu, d'après « kota » le mot malais pour « fort » et Kinabalu, le nom du mont proche. Kota Kinabalu obtient le statut de ville en 2000.

Kota Kinabalu est souvent connue sous le nom de KK, aussi bien en Malaise que dans le reste du monde. C'est une destination touristique majeure et une passerelle obligatoire pour les visiteurs de Sabah et de Bornéo. Le parc national du Kinabalu se situe à environ 90 kilomètres de la ville et il y a de nombreuses autres attractions touristiques autour de la ville. Kota Kinabalu est également un des principaux centres commerciaux et industriels de la Malaisie orientale. Ces deux facteurs font de Kota Kinabalu une des villes connaissant la plus forte croissance en Malaisie.

Étymologie[modifier | modifier le code]

« Kota » et « Kinabalu »[modifier | modifier le code]

Kina Balu depuis la vallée de Pinokok, lithographie publiée en 1862.

Kota Kinabalu tire son nom du mont Kinabalu, situé à une cinquantaine de kilomètres au nord-est de la ville. Le terme Kinabalu est dérivé du nom Aki Nabalu signifiant « lieu vénéré des morts ». Aki signifie « ancêtre » ou « grand-père » et Nabalu est le nom de la montagne en dusun[1]. Une autre source affirme que le terme provient de Ki Nabalu, où Ki signifie « avoir » ou « exister » et où Nabalu emporte l'idée d'« esprit des morts »[2].

Kota est le mot malais pour « fort », « village » ou « ville ». Il est également utilisé officiellement pour d'autres noms de villes ou de villages de Malaisie comme Kota Bharu, Kota Tinggi et Kota Kemuning. Il peut également être utilisé de manière informelle pour désigner n'importe quel village ou ville. Ainsi, une traduction directe du nom Kota Kinabalu en français pourrait être « Ville de Kinabalu » ou « Kinabalu Ville »[1],[2].

Autres noms[modifier | modifier le code]

En plus de Jesselton, Kota Kinabalu portait d'autres anciens noms. Le plus populaire est Api-Api ou simplement Api, lequel est le mot malais pour « feu »[3]. Wendy Law Stuart écrit dans son ouvrage sur Bornéo du Nord, The Lingering Eye qu'« au musée de l'État de Sabah se trouve une carte néerlandaise de Bornéo et de Célèbes datée de 1657, sur laquelle la colonie se trouvant à l’emplacement de Jesselton est clairement appelée Api Api. Cela pourrait être lié à l'arbre du littoral aux racines qui respirent qui porte le même nom »[4]. Cependant, certaines sources revendique que le nom Api Api provient du nom de la rivière proche appelée Sungai Api-Api. En chinois, la ville est toujours connue sous le nom de « Api », la prononciation hakka de l'idéogramme en chinois simplifié : 亚庇, chinois traditionnel : 亞庇, pinyin : yà bì[5],[6].

Un des autres noms historiques de Kota Kinabalu pourrait être Deasoka, ce qui signifie approximativement « sous le cocotier » en bajau[7]. Les locaux de langue bajau auraient utilisé ce nom en référence à un quartier du sud de la ville où se trouvaient de nombreux cocotiers[7]. Singgah Mata est également un des anciens nom de la ville, lequel signifie littéralement « œil de transit » ce qui pourrait être traduit vulgairement par « plaisant à l'œil ». Ce nom aurait été donné par les pêcheurs venus de l'île Gaya pour faire référence à la bande de terre qui constitue actuellement le centre ville de Kota Kinabalu[8]. Aujourd'hui tous ces noms ont été immortalisés sous la forme de noms de rues ou de bâtiments de la ville, comme par exemple, la piste Deasoka, le centre Api-Api où la rue Singgah Mata[9].

Histoire[modifier | modifier le code]

Charles Jessel, vice-président de la CBBN, d'après lequel Jesselton est nommée.
Jesselton vers 1911.
Le monument au morts de Bornéo du Nord est érigé en 1923 à Jesselton en mémoire des soldats britanniques morts pendant la Première Guerre mondiale.

À partir du XVe siècle, l’emplacement de Jesselton est sous le contrôle de l'Empire de Brunei[10],[11]. À la fin des années 1800, la Compagnie britannique de Bornéo du Nord (CBBN) commence à établir des colonies à travers Bornéo du Nord[12]. En 1882, la CBBN établit une colonie dans la zone connue alors sous le nom de Baie de Gaya, qui était déjà habitée par des Bajau[13]. La toute première colonie se trouve sur l'île Gaya[3]. En 1897, cette colonie est incendiée et détruite par le chef indigène bajau-suluk Mat Salleh[11].

Après cette destruction, en 1898, la CBBN décide de réinstaller la colonie sur le continent, plus facile à défendre, sur la baie gantienne, l'actuelle baie Sepanggar[14]. Cependant cet emplacement se révèle être inapproprié et, en juillet 1899, Henry Walker, un commissaire aux terres, décide d'établir la colonie sur une zone de 30 acres en face de l'île Gaya[15]. Le village de pêcheurs appelé Api-Api, est choisi pour sa proximité avec le réseau de chemins de fer de l’État de Sabah et son havre naturel qui permet un bon ancrage, grâce à sa profondeur d'environ 7 mètres[3].

Dégâts dus aux bombardements de la ville de Jesselton pendant la Seconde Guerre mondiale dans le cadre de la campagne de Bornéo menée par les forces alliées en 1945.
Les troupes japonaises désarmées marchant vers un camp de prisonniers de guerre à Jesselton après la capitulation du Japon face à la force impériale australienne le 8 octobre 1945.

À la fin de l’année 1899, certains bâtiments commencent à être construits, comme des boutiques, un quai et les établissements gouvernementaux[15]. Ce nouveau centre administratif est renommé Jesselton d'après Sir Charles Jessel, le vice-président de la CBBN d'alors. Jesselton devient alors un important point commercial de Bornéo du Nord, spécialisé dans le caoutchouc, le rotin, le miel et la cire[3],[16]. Le chemin de fer de Bornéo du Nord est utilisé pour transporter les marchandises jusqu'au port de Jesselton[16]. À cette époque les rebellions malaises et bajau sont courantes et la CBBN met tout en œuvre afin de calmer les menaces pirates qui subsistent depuis longtemps dans cette région[16]. Jesselton subit de très forts dégâts lorsqu'elle est rasée par les Britanniques pendant leur retraite du pouvoir japonais et elle en subit encore davantage lorsqu'elle est bombardée par les Alliés en 1945[17]. Après la prise de Bornéo par les Japonais, la ville est de nouveau renommée Api. Plusieurs rebellions contre l'administration militaire japonaise ont lieu à Api. Un des plus importantes est celle menée le 10 octobre 1943 par un groupe nommé Guérillas de Kinabalu pendant la révolte de Jesselton de la part des habitants autochtones. Les forces japonaise arrivent à calmer la rébellion après l'arrestation et l'exécution du dirigeant du groupe, Albert Kwok, en 1944[18]. À la fin de la guerre, ce qui reste de la ville est de nouveau détruit par des bombardements alliés durant nuit et jour pendant six mois dans le cadre de la campagne de Bornéo en 1945, ne laissant que trois bâtiments debout[3]. La guerre à Bornéo du Nord se termine avec la capitulation officielle de la 37e armée japonaise par le lieutenant-général Masao Baba à Labuan le 10 septembre 1945[19].

Des enfants filmés à Jesselton par un représentant du gouvernement australien un an après la guerre en 1946.

Après la guerre, au bord de la faillite, la CBBN retourne administrer Jesselton, mais elle est incapable de financer les importants coûts de reconstruction de la ville[20]. Les responsables donnent alors le contrôle de Bornéo du Nord à la Couronne britannique le 18 juillet 1946[20]. Le nouveau gouvernement colonial est élu pour reconstruire Jesselton et l’établir capitale de Bornéo du Nord à la place de Sandakan, ville également détruite par la guerre[20]. L'administration de la colonie établit un plan, connu plus tard sous le nom de « Plan de reconstruction et de développement de l’office colonial de Bornéo du Nord : 1948-1955 » afin de reconstruire Bornéo du Nord. Ce plan fournit 6 051 939 £ pour reconstruire les infrastructures de Bornéo du Nord[21]. Lorsque la Colonie de la Couronne de Bornéo du Nord avec le Sarawak, Singapour et la Fédération de Malaisie, forment la Malaisie en 1963, elle devient connue sous le nom de Sabah et Jesselton reste sa capitale[22]. Le 22 décembre 1967, l'assemblée législative de l'État de Sabah, sous la responsabilité du ministre en chef Mustapha Harun fait passé une note officialisant le renommage de Jesselton en Kota Kinabalu. Le village obtient le statut de ville le 2 février 2000[22].

Statut de capitale[modifier | modifier le code]

En étant la capitale de l'État de Sabah, Kota Kinabalu joue un rôle majeur dans le bien-être politique et économique de l’entièreté de l’État. Elle est le siège du gouvernement de l’État où la plupart des ministères et des agences publiques se trouvent.

Géographie[modifier | modifier le code]

Climat[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Kota Kinabalu est la plus grande ville de Sabah ; elle compte plus de 500 000 habitants et 700 000 habitants dans son agglomération.

Ethnies et religion[modifier | modifier le code]

Langues[modifier | modifier le code]

Économie[modifier | modifier le code]

Transport[modifier | modifier le code]

Autres services[modifier | modifier le code]

Culture et loisir[modifier | modifier le code]

Tourisme[modifier | modifier le code]

Proximité du mont Kinabalu, sommet de plus de 4 000 mètres.

Kota Kinabalu est doté d'un aéroport international (code AITA : BKI).

Vue de la ville.
Vue du bord de mer

Relations internationales et jumelage[modifier | modifier le code]

La ville de Kota Kinabalu est jumelée avec les villes suivantes :

Article connexe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) Tamara Thiessen, Borneo, Bradt Travel Guides, (ISBN 978-1-84162-252-1, lire en ligne), p. 155
  2. a et b (en) Lesaya Sorudim, « KINABALU: Kina Balu, Aki Nabalu, or Ki Nabalu? », KDCA Publications,‎ (lire en ligne, consulté le 9 juillet 2019)
  3. a b c d et e (en) Charles De Ledesma, Mark Lewis et Pauline Savage, Malaysia, Singapore & Brunei, (ISBN 978-1-84353-094-7, lire en ligne), p. 508
  4. (en) Wendy Law Stuart, The Lingering Eye, , p. 55
  5. (en) « Kota Kinabalu (Capitale) », sur Sabah Tourism, (consulté le 9 juillet 2019)
  6. (en) Yoon-Ngan Chung, « The Hakkas in Kota Kinabalu (Api) », sur Federated Hakka Associations of Malaysia (consulté le 9 juillet 2019)
  7. a et b (ms) « NAMA ASAL », sur DBKK (consulté le 9 juillet 2019)
  8. (ms) Jackson Sawatan, « Adakah Gaya Sekadar Singgah mata Untuk Pembangkang », sur Bernama (consulté le 9 juillet 2019)
  9. (en) « Detailed hi-res maps of Kota Kinabalu for download or print », sur Oranges Miles (consulté le 9 juillet 2019)
  10. (en) Frans Welman, Borneo Trilogy Volume 1: Sabah, Booksmango, (ISBN 978-616-245-078-5, lire en ligne), p. 152
  11. a et b (en) Rozan Yunos, « The History of Kota Kinabalu », The Brunei Times,‎ (lire en ligne, consulté le 9 juillet 2019)
  12. (en) « History of Sabah », sur Sabah Tourism Association (consulté le 9 juillet 2019)
  13. (en) Tamara Thiessen, Borneo: Sabah - Brunei - Sarawak, Bradt Travel Guides, (ISBN 978-1-84162-390-0, lire en ligne), p. 163
  14. (en) « New Port in North Borneo », The Singapore Free Press and Mercantile Advertiser (1884-1942),‎ , p. 3 (lire en ligne, consulté le 9 juillet 2019)
  15. a et b (en) « About KK (History) », sur DBKK Sabah (consulté le 9 juillet 2019)
  16. a b et c (en) Rob Dickinson, « The North Borneo Railway Project », sur The International Steam Pages (consulté le 10 juillet 2019)
  17. (en) Wong Seong Chow, Rice Wine & Dancing Girls: The Real Life Drama of a Roving Cinema Manager in 50s Malaysia and Singapore, Monsoon Books, (ISBN 978-981-08-1083-2, lire en ligne)
  18. (en) Hara Fujio et Paul. H. Kratoska, Southeast Asian Minorities in the Wartime Japanese Empire, Taylor & Francis, (ISBN 978-1-136-12506-5), « The 1943 Kinabalu Uprising in Sabah », p. 111 et 113
  19. (en) « Surrender Point Memoria, Labuan Island », sur Department of Veterans' Affairs (consulté le 10 juillet 2019)
  20. a b et c (en) Muzium Sabah, « Sabah's Heritage: A Brief Introduction to Sabah's History and Heritage », sur Musée de Sabah, (consulté le 10 juillet 2019)
  21. [PDF] (en) Ismail Ali, « The Role and Contribution of the British Administration and the Capitalist in the North Borneo Fishing Industry, 1945-63 », sur Sosiohumanika-jpssk.com, (consulté le 10 juillet 2019)
  22. a et b (en) « Sabah - Lest We Forget », sur Tourism Malaysia (consulté le 10 juillet 2019)

Liens externes[modifier | modifier le code]