Empire de Brunei

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L'Empire de Brunei était un sultanat malais centré autour du Brunei au nord de l'île de Bornéo. À l'origine de cet empire, il y a un petit royaume fondé au VIIe siècle par un roi païen ou hindouiste connu par les Chinois sous le nom de Po-Li. Les rois de Brunei se convertissent à l'Islam au XVe siècle, et leur empire s'étend de manière importante suite à la prise de Malacca par les Portugais[1],[2] sur les côtes de Bornéo et des Philippines, puis décline à partir du XVIIe siècle[3].

Origine[modifier | modifier le code]

Il est difficile de comprendre les origines de l'Empire de Brunei car il est peu mentionné dans les écrits de l'époque. Il n'existe pas de sources locales. C'est d'après les textes chinois que l'on peut établir les origines de Brunei[4]. Les mots Boni (probablement pour désigner Bornéo) et Poli (localisé a priori sur Sumatra) y sont utilisés pour se référer à Brunei[5].

Les premières relations diplomatiques entre Boni et la Chine sont citées dans le Taiping huanyuji en 978[5].

En 1225, un fonctionnaire Chinois, Zhao Rugua, rapporte que Boni dispose de cent bateaux de guerre pour protéger son commerce maritime et que le royaume est très riche[6].

Au XIVe siècle, il semble que Brunei ait prêté allégeance à Java. Dans le Nagarakertagama, écrit par le javanais Mpu Prapanca en 1365, Barune est en effet mentionné comme un État vassal du Majapahit[7]. En 1369, le Sultanat de Sulu déclare la guerre à Po-ni et pille le royaume. Majapahit envoie une flotte de défense mais Po-ni est affaibli par l'attaque[8]. Un rapport chinois de 1371 décrit Po-ni comme une région pauvre et totalement sous contrôle de Majapahit[9].

Après la mort de l'empereur Hayam Wuruk, Majapahit décline et perd le contrôle de ses possessions outre-mer. L'Empire de Brunei naît en 1368, dans des conditions mal connues. Il est alors dirigé par Muhammad Shah.

Expansion[modifier | modifier le code]

En 1403, l'empereur Ming Yongle arrive sur le trône de Chine et fait alliance avec les royaumes voisins, notamment Brunei. Au XVe siècle, suite aux contacts avec les marchands arabes et indiens, les rois de Brunei se convertissent à l'Islam et deviennent sultans[10],[11]. L'Empire de Brunei est alors localisé au nord de Bornéo et est redevenu un poste de commerce important[12]. Il peut être considéré comme une thalassocratie. Son contrôle s'étend sur les côtes, estuaires et rivières mais pas sur les terres intérieures de Bornéo peuplées par les Dayaks.

La première source de documentation occidentale sur Brunei date de 1550 nous vient de l'Italien Ludovico di Varthema. En route pour les Moluques, il rencontre les Brunéiens[11],[13],[14]. Il évoque l'île de Bornei (Brunei / Bornéo), une région bien administrée et peuplée par des hommes de bonne volonté[15].

Pendant le règne de Bolkiah, le cinquième sultan, l'Empire contrôle tout le nord-ouest de Bornéo (l'actuel Brunei, Sarawak et Sabah), a atteint Seludong (l'actuelle Manille), l'archipel de Sulu et une partie de l'île de Mindanao[10],[16],[17],[18],[19],[20],[21],[22]. Au XVIe siècle, son influence s'étend jusqu'au delta du Kapuas dans le Kalimantan occidental. Le Sultanat de Sambas et le Sultanat de Sulu ont tissé des relations dynastiques avec Brunei. Le Sultanat de Pontianak, le Sultanat de Kutai et le Sultanat de Banjar lui ont prêté allégeance. L'influence réelle de Brunei sur ses sultanats est encore mal connue, Banjar étant par exemple également sous l'influence du Sultanat de Demak.

Déclin[modifier | modifier le code]

À la fin du XVIIe siècle, Brunei décline suite à la guerre civile de Brunei qui a lieu de 1660 à 1673 à cause d'une querelle de succession, de l'expansion du colonialisme européens et de la piraterie[3]. L'Empire perd la majorité de ses territoires avec l'arrivée des Espagnols aux Philippines, des Hollandais dans le sud de Bornéo et des Britanniques à Labuan, Sarawak et au nord de Bornéo. Le sultan Hashim Jalilul Alam Aqamaddin se place alors sous protectorat britannique[3]. Ce protectorat existera jusqu'à 1984 avant que Brunei ne redevienne indépendant[21],[23].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) P. M. Holt, Ann K. S. Lambton et Bernard Lewis, The Cambridge History of Islam: Volume 2A, The Indian Sub-Continent, South-East Asia, Africa and the Muslim West, Cambridge University Press, , 129– p. (ISBN 978-0-521-29137-8, lire en ligne)
  2. (en) Barbara Watson Andaya et Leonard Y. Andaya, A History of Early Modern Southeast Asia, 1400-1830, Cambridge University Press, , 159– p. (ISBN 978-0-521-88992-6, lire en ligne)
  3. a b et c (en) « Brunei, Background », The World Factbook CIA (consulté le 27 octobre 2014)
  4. (en) Jamil Al-Sufri, Tarsilah Brunei: The Early History of Brunei up to 1432 AD, 2000, Bandar Seri Begawan: Brunei History Centre.
  5. a et b (en) Johannes L. Kurz, « Boni in Chinese Sources: Translations of Relevant Texts from the Song to the Qing Dynasties » [PDF], Universiti Brunei Darussalam, National University of Singapore (consulté le 1er juin 2014), p. 1
  6. History for Brunei 2009, p. 43
  7. (id) « Naskah Nagarakretagama », Perpustakaan Nasional Republik Indonesia (consulté le 13 octobre 2014)
  8. History for Brunei 2009, p. 44
  9. History for Brunei 2009, p. 45
  10. a et b (en) Graham Saunders, A History of Brunei, Taylor & Francis, , 23 & 60 p. (ISBN 978-1-136-87401-7, lire en ligne)
  11. a et b (ms) Awang Abdul Aziz bin Awang Juned (Pehin Tuan Imam Dato Paduka Seri Setia Ustaz Haji.), Islam di Brunei: zaman pemerintahan Kebawah Duli Yang Maha Mulia Paduka Seri Baginda Sultan Haji Hassanal Bolkiah Mu'izzuddin Waddaulah, Sultan dan Yang Di-Pertuan Negara Brunei Darussalam, Jabatan Pusat Sejarah Brunei Darussalam, (lire en ligne)
  12. (en) Oxford Business Group, The Report: Sabah 2011, Oxford Business Group, 179– p. (ISBN 978-1-907065-36-1, lire en ligne)
  13. (en) The Brunei Museum Journal, The Museum, (lire en ligne)
  14. (ms) Awang Mohd. Zain Jamil Al-Sufri, Tarsilah Brunei: sejarah awal dan perkembangan Islam, Jabatan Pusat Sejarah Kementerian Kebudayaan, Belia, dan Sukan, (lire en ligne)
  15. (en) Bilcher Bala, Thalassocracy: a history of the medieval Sultanate of Brunei Darussalam, School of Social Sciences, Universiti Malaysia Sabah, (ISBN 978-983-2643-74-6, lire en ligne)
  16. (en) Frans Welman, Borneo Trilogy Brunei: Vol 1, Booksmango, , 8– p. (ISBN 978-616-222-235-1, lire en ligne)
  17. (en) David Lea et Colette Milward, A Political Chronology of South-East Asia and Oceania, Psychology Press, , 16– p. (ISBN 978-1-85743-117-9, lire en ligne)
  18. (en) Patricia Herbert et Anthony Crothers Milner, South-East Asia: Languages and Literatures : a Select Guide, University of Hawaii Press, , 99– p. (ISBN 978-0-8248-1267-6, lire en ligne)
  19. (en) Nigel Hicks, The Philippines, New Holland Publishers, , 34– p. (ISBN 978-1-84537-663-5, lire en ligne)
  20. (en) Peter Church, A Short History of South-East Asia, John Wiley & Sons, , 16– p. (ISBN 978-1-118-35044-7, lire en ligne)
  21. a et b (en) Harun Abdul Majid, Rebellion in Brunei: The 1962 Revolt, Imperialism, Confrontation and Oil, I.B.Tauris, , 2 & 4 p. (ISBN 978-1-84511-423-7, lire en ligne)
  22. (en) Eur, The Far East and Australasia 2003, Psychology Press, , 203– p. (ISBN 978-1-85743-133-9, lire en ligne)
  23. (en) Jatswan S. Sidhu, Historical Dictionary of Brunei Darussalam, Scarecrow Press, , 92– p. (ISBN 978-0-8108-7078-9, lire en ligne)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) History for Brunei, History for Brunei Darussalam: Sharing our Past, Curriculum Development Department, Ministry of Education, (ISBN 99917-2-372-2)