Karine Espineira

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Karine Espineira
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Biographie
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EspiñeiraVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
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Activité

Karine Espineira est une sociologue des médias franco-chilienne. Elle est chercheuse associée à l'université Nice-Sophia-Antipolis depuis 2012. Elle membre associée au Laboratoire d'études de Genre et de Sexualité (UMR LEGS), Université Paris 8 Vincennes - Saint-Denis, depuis 2017. Elle est membre du comité scientifique de la Délégation Interministérielle à la Lutte Contre le Racisme, l'Antisémitisme et la Haine anti-LGBT (DILCRAH). Ses travaux s'inscrivent dans les champs des études de genre, des études culturelles et des études transgenre. Ses recherches portent sur les constructions médiatiques des transidentités, sur les modèles de genre dans les médias, et les transféminismes.

Biographie[modifier | modifier le code]

Activité universitaire[modifier | modifier le code]

Karine Espineira poursuit des études en lettres modernes et en sciences de l'information et de la communication à l’Université Stendhal-Grenoble 3 et à l'université Autonome de Barcelone en Catalogne. En 1995, elle travaille comme journaliste pigiste dans divers journaux comme au quotidien La Provence et l'hebdomadaire Grenoble Infos. Durant les années 2000 elle occupe les postes de chargée de communication et de formatrice multimédia dans le domaine de l'insertion sociale et professionnelle à Marseille à Champs Visuels puis Transition. Durant la même période elle participe au projet européen Equal Solimar Les Discriminations raciales à l'embauche.

Reprenant ses études universitaires en 2007 à l'université de Provence, elle prépare une thèse de doctorat à l'université Nice-Sophia-Antipolis[1]. Sa thèse intitulée « La construction médiatique des transidentités : une modélisation sociale et médiaculturelle », soutenue le , reçoit la mention très honorable avec félicitations du jury à l'unanimité et se voit récompensée par le 2e Prix jeune chercheur francophone en SIC - 2014, décerné par la Société française des sciences de l'information et de la communication (SFSIC) en 2014. Elle est aussi médaillée de l'université Nice-Sophia-Antipolis[2] la même année. La thèse, publiée en 2008[3], est qualifiée dix ans plus tard par Les Inrocks de texte LGBT culte[4].

De 2015 à 2017, elle a bénéficié de l'allocation de recherche « Genre Inégalités Discrimination - Ile-de-France[5] », Institut Émilie-du-Châtelet, Alliance de recherche sur les discriminations, d'une recherche post-doctorale intitulée : Politiques transféministes: alliances et conflits entre mouvements trans et féministes, en Sociologie et Science politique au LEGS, UMR 8238[6], CNRS/université Paris-VIII Vincennes Saint-Denis, sous la direction d'Éric Fassin. Elle est actuellement membre associée au LEGS, Université Paris 8.

Depuis 2019, elle appartient au conseil scientifique de la DILCRAH[7].

Activité militante[modifier | modifier le code]

Karine Espineira est assignée garçon à sa naissance en 1967 à Santiago du Chili. En 1996, elle s'engage comme bénévole dans l'Association du syndrome de Benjamin, dirigé par Tom Reucher tout en menant son changement de genre. Avec Maud-Yeuse Thomas, elle rejoint l'association le Zoo du sociologue Sam Bourcier et participe aux Séminaires Q qui seront publiés dans l'ouvrage Q comme Queer aux éditions GayKitchCamp en 1998. Durant la période 1996-1999, elle écrit dans la revue 3 Keller du Centre Gay et Lesbien de Paris ; elle travaille sur la maquette de Lesbia Magazine, participe à la communication de la première marche Existrans et crée le journal associatif trans intitulé L'Identitaire [le terme n'a rien en commun avec l'usage qui en fait aujourd'hui par des mouvements conservateurs] de l'ASB avec Maud-Yeuse Thomas, Tom Reucher et Ionna Mayhead.

En 2005, elle est cofondatrice de l'association trans Sans Contrefaçon avec Maud-Yeuse Thomas. L'association s'engage dans la production de courts-métrages dans l'esprit DIY (Do it yourself) et milite avec le Groupe Activiste Trans (GAT). Elle entre aux conseils d’administration des universités d’Été Euroméditerranéennes des Homosexualités (2005-2008) et du Centre Évolutif Lilith (2006-2007) de Marseille. Elle coorganise la journée du à Marseille, dans le cadre de la Journée internationale de solidarité avec les Lesbiennes Gais Bi et Trans d’Iran[8].

Durant la période 2005-2008, elle réalise des montages de courts métrages : Le Kissing[9] (un kiss-in), court-métrage de min 38 s, 2005 ; Gare aux trans ![10], court-métrage de min 51 s, 2006 ; Transgénérations[11], court-métrage de 16 min 57 s, 2006 ; Transgénérations - version 2, court-métrage de 19 min, 2008. Elle est aussi consultante pour le documentaire L'Ordre des mots[12] de Cynthia Arra et Mélissa Arra.

En 2010, elle est co-fondatrice de l'Observatoire des transidentités[13] (ODT) : un site indépendant d’information, de productions de savoirs et d’analyses sur les questions trans, inter et les questions de genre. Le site et la revue Cahiers de la transidentité (depuis 2013) ont été fondés par Maud-Yeuse Thomas, Arnaud Alessandrin et Karine Espineira. L'ODT s’appuie sur un réseau d’acteurs-actrices de terrain, d’associations-partenaires et d’universitaires ; Maud-Yeuse Thomas et Karine Espineira sont responsables du site et de la revue. La même année, elle participe au tournage du documentaire Mes questions sur les trans…[14] de Serge Moati, diffusé le 1 sur France 5.

En 2011, elle rejoint l'équipe de la coordination de campagne internationale Stop Trans Pathologization[15] (STP 2012). Les objectifs de campagne sont le retrait du trouble d’identité de genre des nomenclatures internationales : le DSM (Manuel statistiques des maladies mentales) de l’Association américaine de psychiatrie (APA) et de la Classification Internationale des Maladies (CIM) de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). STP propose l'inclusion d’une mention non-pathologisante dans la CIM-11. En 2013, la campagne compte 370 groupes et réseaux répartis en Afrique, en Amérique Latine, en Amérique du Nord, en Asie, en Europe et en Océanie. En 2014, les groupes GATE (Action globale pour l'égalité trans) et STP, se sont rapprochés dans un travail commun face à l'OMS, afin de discuter les éventuels changements de la CIM-11.

En 2013, elle s'engage dans le collectif CST + qui est composé d’associations d’auto support pour et par les personnes trans : ACCEPTESS-T, Chrysalide, Outrans, l’Observatoire des Transidentités et de AIDES.

EN 2014, elle écrit un article où elle regrette l'approche non genrée des commentaires du match de football Alkmaar-Sochaux de 1981, disponible sur le site de l'INA.

Le , elle est lauréate du prix Pierre Guénin[16] contre l'homophobie aux côtés d'Arnaud Alessandrin et l’association HM2F (Homosexuel-le-s Musulman-ne-s de France) récompensant Jean-Paul Cluzel.

Le 16 novembre 2019, elle reçoit le Grand Prix du Gala Arc-en-Ciel, Conseil Québecois LGBT, reconnaissant la contribution de personnes à la promotion et à la défense des droits des personnes lesbiennes, gaies, bisexuelles et trans sur la scène internationale.

Publications[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Ouvrages collectifs[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]