Universités d’été euroméditerranéennes des homosexualités

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Universités d’été euroméditerranéennes des homosexualités
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GLH de Marseille (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
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L'université d'été euro-méditerranéenne des homosexualités (UEEH), anciennement université d'été homosexuelle (UEH, UEH de Marseille), est un évènement culturel et politique homosexuel français puis européen, qui a régulièrement lieu depuis 1979 à Marseille.

Histoire[modifier | modifier le code]

La première édition de l'UEEH est organisée 15 au sur le campus universitaire de Luminy, par le Groupe de libération homosexuelle de Marseille[note 1], en particulier son président, Jacques Fortin, et bénéficie du soutien du maire de la ville, Gaston Defferre[1],[2],[3],[4],[5]. En revanche, le maire d'Aix-en-Provence, Alain Joissains, fait arracher toutes les affiches de l'évènement placées dans sa ville[1]. L'évènement réuni plusieurs centaines de personnes aux forums et ateliers de réflexion dans la partie université d'été et plusieurs milliers au gala, où se produisent Les Mirabelles[1].

Lors de cette édition, la communauté homosexuelle militante française prend conscience de sa faible capacité à peser, notamment face aux deux grandes actualités médiatiques de l'année, l'affaire Fourniols et l'affaire Croissant, et se restructure par la création du comité d'urgence anti-répression (COUAR puis CUARH), le collectif homosexuel de l'éducation nationale (CHED) et le groupe de recherche pour une enfance différente (GRED)[1].

La deuxième édition a lieu du 26 juillet au 1er aout 1981 : elle accueille de nombreuses discussions, notamment sur l'enfance homosexuelle à l'initiative du GRED, mais aussi sur l'écriture homosexuelle, le théâtre ou la follitude[6]. Mais il s'agit aussi d'un moment de tension entre gays et lesbiennes lors du débat sur la mixité du mouvement homosexuel en général et sur le vocabulaire lié à la sexualité en particulier[6]. La troisième édition a lieu en 1983, du 10 au 17 juillet[7],[8].

Deux autres éditions ont lieu, en 1985 et en 1987[9], même si elles sont oubliées par les organisateurs des UEEH eux-mêmes[10]. L'épidémie de sida interrompt les UEH pendant 12 ans, avant qu'elles reviennent en 1999, passant d'un focus gay et lesbien à LGBTQI et féministe et à un fonctionnement autogéré[10]. En particulier, les UEEH sont l'un des rares espaces français LGBTQI à donner une véritable visibilité à la transidentité[10]. La reprise se fait par un collectif fondé en association.

En 2001, les UEEH mettent en place une action permettant d'évaluer qualitativement de nouveaux documents de réduction des risques sexuels[11] en plus des nombreux ateliers, documentaires, conférences-débats, spectacles, et soirées techno[12]. À cette époque, le budget permet de salarier une personne à l’année et environ 800 personnes assistent à l'évènement[2]. Malgré cela, à la suite de différends politiques, l’équipe d’organisation démissionne et convoque des assises en 2003.

En 2003 la semaine fut raccourcie à un week-end pour faire des assises et définir de nouvelles bases plus portées sur l'autogestion, le féminisme. Le sous-titre « rencontres Lesbigaytransqueers »[13] exprime une volonté d'inclure des évènements non-mixtes.

Les treizièmes rencontres se sont déroulées du 16 au à Marseille. La thématique est alors internationale [14].

En 2009, les UEEH ont 30 ans[2] et les quinzièmes rencontres ont eu lieu du 16 au sur le campus de Luminy[15], à l'École Supérieure des Beaux-Arts de Marseille (qui soutient l'initiative depuis 1979), sur le thème « Relations intercommunautaires et Féminismes » : Une semaine d'ateliers et de réunions, dont un jour de colloque public sur le thème du féminisme, et une semaine (quelques jours en amont et quelques jours en aval) pour la préparation et le rangement. En effet, depuis 2008, les UEEH tendent à être un évènement autogéré, et sont fréquentées par plus de lesbiennes et de personnes trans. Entre 180 et 200 participantes et participants y ont pris part en 2009.

En 2010, les UEEH s'organisent autour d'un colloque sur le thème : « Corps et Identité »[13].

En , les UEEH ont organisé des assises, afin de faire le point sur ce qu'elles étaient devenues et ce vers quoi elles voulaient s'orienter. Les assises ont conduit à une refonte de l'organisation de l'association[réf. nécessaire] afin de mieux mettre en pratique le projet d'autogestion féministe voulu par les assises de 2003.

En 2014[16], les UUEH sont primées par les internautes de Yagg[17].

En 2016, elles sont accueillies pour la première fois au lycée agricole de Valabre[18].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le GLH de Marseille était une association loi 1901 déclarée en préfecture sous le titre de Centre ouvert de recherche populaire sur la sexualité (CORPS).

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d Thomas Dupuy, « 1979 », dans Les années Gai Pied : 1979-1992 : tant et si peu, l'homosexualité il y a 30 ans, Des Ailes sur un tracteur, (ISBN 979-10-90286-17-7, OCLC 910871758, lire en ligne)
  2. a b et c « Nicolas Favelier: "Les UEEH sont une formidable boîte à idées militante" », Yagg,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  3. Jacques Girard, Le mouvement homosexuel en France : 1945-1980, La Découverte (réédition numérique FeniXX), , 212 p. (ISBN 978-2-348-02572-3, lire en ligne).
  4. Mathias Quéré, Qui sème le vent récolte la tapette : une histoire des Groupes de libération homosexuels en France de 1974 à 1979, éditions tahin party, , 154 p. (ISBN 978-2-912631-35-0 et 2912631351, OCLC 1082452668, lire en ligne), « L'UEH, un tournant pour le militantisme homosexuel », p. 131.
  5. Frédéric Martel, Le rose et le noir : les homosexuels en France depuis 1968, Seuil, (lire en ligne).
  6. a et b Thomas Dupuy, « 1981 », dans Les années Gai Pied : 1979-1992 : tant et si peu, l'homosexualité il y a 30 ans, Des Ailes sur un tracteur, (ISBN 979-10-90286-17-7, OCLC 910871758, lire en ligne)
  7. Thomas Dupuy, « 1983 », dans Les années Gai Pied : 1979-1992 : tant et si peu, l'homosexualité il y a 30 ans, Des Ailes sur un tracteur, (ISBN 979-10-90286-17-7, OCLC 910871758, lire en ligne)
  8. Olivier Fillieule, Sophie Beroud, Thomas Hirsch et Camille Masclet, Changer le monde, changer sa vie : Enquête sur les militantes et les militants des années 1968 en France, Actes Sud Littérature, , 1116 p. (ISBN 978-2-330-10067-4, lire en ligne).
  9. Christian De Leusse, « Histoire des UEH 1979-1987 », sur Mémoire des sexualités, (consulté le )
  10. a b et c Éric Fassin, Les LGBT font bouger les sociétés !, (ISBN 978-1-326-20337-5 et 1-326-20337-1, OCLC 958185034, lire en ligne)
  11. Gabriel Girard, « Réduire les risques, Reducing risks », Politix, no 108,‎ , p. 99–119 (ISSN 0295-2319, DOI 10.3917/pox.108.0099, lire en ligne, consulté le ).
  12. « La chronique de Clémentine Autain Sous le soleil », L'Humanité,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  13. a et b « UEEH 2010: rencontres LesbiGayTransQueer à Marseille », sur Yagg, (consulté le ).
  14. « Tour du monde gay à l'université d'été », sur www.20minutes.fr (consulté le ).
  15. « Une marche pour l'égalité des droits », sur www.20minutes.fr (consulté le ).
  16. « Les UEEH cherchent des contributions pour leur colloque 2014 - Yagg », Yagg,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  17. « Les Prix du Refuge / Institut Randstad / Yagg remis à l'IREPS et aux UEEH - Yagg », Yagg,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  18. Sabrina Guintini, « Universités d’été euroméditerranéennes des homosexualités, un lieu où la notion de fierté est centrale », La Marseillaise,‎ (lire en ligne).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Mémoire des sexualités[modifier | modifier le code]