Caroline Eliacheff

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Caroline Eliacheff
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Biographie
Naissance
Nationalité
Formation
Faculté de médecine Broussais Hôtel-Dieu (d) (jusqu'en )Voir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Père
Anatole Eliacheff (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Mère
Conjoint
Enfants
Nathanaël Karmitz
Elisha Karmitz (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Caroline Eliacheff, née le à Boulogne-Billancourt, est une pédopsychiatre, psychanalyste et essayiste française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance, famille et vie personnelle[modifier | modifier le code]

Caroline Eliacheff est la fille d’Anatole Eliacheff, producteur de cinéma, et de Françoise Giroud, journaliste, écrivain et femme politique.

Elle quitte la maison familiale à 14 ans et se marie un an plus tard à l'acteur Robert Hossein, avec qui elle a un fils, Nicolas[1],[2], né en 1963, devenu rabbin à Strasbourg sous le nom d'Aaron Eliacheff[3],[4]. Elle entre ensuite en union libre avec le producteur de cinéma Marin Karmitz[5] : ils sont les parents de Nathanaël Karmitz, directeur de MK2[6] et d'Elisha Karmitz. Elle a 12 petits-enfants et huit arrière-petits-enfants[5].

Elle indique en 2014 qu'elle a reçu une éducation religieuse catholique, mais qu'elle se sent juive et qu'elle étudie le Talmud[7], sans être croyante[5].

Études et activités professionnelles[modifier | modifier le code]

Elle fait ses études de médecine à la faculté de médecine Broussais Hôtel-Dieu et soutient sa thèse de médecine en 1972[8], puis complète sa formation par un diplôme d’études spécialisées en psychiatrie infantile. Elle est psychanalyste depuis 1974.

Elle est attachée de consultation à l'hôpital Necker (Paris) de 1972 à 1980. Elle dirige ensuite le centre médico-psychologique d'Issy-les-Moulineaux de 1980 à 2013[9],[5].

Activités éditoriales[modifier | modifier le code]

Caroline Eliacheff est l'auteure, en 2018, d'un livre publié à l'occasion des trente ans de la mort de Françoise Dolto, dans lequel elle retrace une journée fictive de celle-ci, en 1979, tentant de la sorte de « faire exister Françoise Dolto au quotidien, dans sa vie privée, dans son enseignement clinique, dans sa manière de répondre à des enfants en grande souffrance ou à des patients angoissés […] »[10].

Caroline Eliacheff publie en 2021 un récit à portée autobiographique sur la comtesse de Ségur[11].

Elle est coscénariste de trois films de Claude Chabrol, produits par Marin Karmitz, La Cérémonie en 1995, Merci pour le chocolat en 2000 et La Fleur du mal en 2003, et collabore au scénario du film d'Abbas Kiarostami, Copie conforme (2010)[12].

Autre[modifier | modifier le code]

Elle a tenu une chronique hebdomadaire sur France Culture[13].

Activités sociétales et controverses[modifier | modifier le code]

Caroline Eliacheff est présidente de l'association La Cause des bébés[14].

En 1999, elle prend position contre le Pacs[15].

Elle est la cofondatrice de l'Observatoire de la petite sirène, notamment avec la psychanalyste Céline Masson. Dans un essai intitulé La Fabrique de l'enfant transgenre (2022) et dans un article[16], observant une « augmentation des cas d’enfants voulant changer de genre »[17], elles alertent sur ce qu’elles estiment être des dérives du « transgenrisme » chez les mineurs[18], un phénomène de « contagion sociale » selon elles « influencé par le discours de militants trans », qu'elles assimilent à un « embrigadement idéologique » ; cela leur vaut une accusation de « transphobie »[19],[20].

Selon une enquête publiée dans Mediapart, elles « récusent la transphobie, tout en refusant l'autodétermination aux personnes trans », et reprennent la théorie controversée de la dysphorie de genre à apparition rapide[21]. Toujours pour Mediapart, l'Observatoire de la petite sirène a tenté d’influencer la proposition de loi interdisant les thérapies de conversion pour en supprimer toute référence à l’identité de genre, et s'oppose à la prise en charge médicale des mineurs trans[21].

En novembre 2022, la mairie de Paris annule, sous la pression d'activistes LGBT, un colloque au cours duquel Caroline Eliacheff et Céline Masson devaient intervenir[22].

Dans l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo en date du 28 décembre 2022, Gérard Biard commence son article intitulé « Le meilleur des mondes trans » en annonçant que « la croisade des militants trans contre Caroline Eliacheff et Céline Masson continue » à propos de leur livre La Fabrique de l’enfant-transgenre[23]. Le journaliste souligne comment « chaque débat, chaque conférence engendre une avalanche d’insultes et de menaces sur les réseaux sociaux, avec à la clé, trop souvent, l’annulation pure et simple »[23]. Il considère cependant que le 15 décembre, un palier a été franchi au moment de leur intervention au Café Laïque de Bruxelles : des militants cagoulés ont fait irruption, et en plus des « agressions physiques et verbales habituelles, ont balancé des excréments dans le local et sur les participants. Plus précisément des merdes de chat et de chien mélangées à de la litière »[23]. Il cite L’Express du 19 décembre, où une cinquantaine d’universitaires et d’intellectuels, dans une tribune, dénonçaient cette attaque jusqu'à prononcer le mot « fascisme ». Biard, trouvant que le mot, cette fois, n'était pas « usurpé », rappelle qu'effectivement « balancer de la merde sur les communistes faisait partie des jeux favoris des fascistes italiens »[23].

Sa vision de la transidentité chez les mineurs est « considérée comme réactionnaire » par le pédopsychiatre Serge Hefez, qui estime que « Eliacheff et Masson partent du principe qu’une démarche de transidentité chez un jeune est une démarche pathologique qu’il convient de rectifier » et voit là « une thérapie de conversion sans le dire »[5].

Publications[modifier | modifier le code]

  • À corps et à cris, être psychanalyste avec les tout petits, 1993
  • Vies privées, de l’enfant roi à l’enfant victime, 1996
  • Adolescents dans la violence, préface de Pierre Kammerer, 2000
  • La Famille dans tous ses états, 2004
  • Puis-je vous appeler Sigmund ?, 2010
  • Comment le voile est tombé sur la crèche (Les vrais enjeux de l'affaire Baby Loup), 2013
  • Françoise Dolto. Une journée particulière, Flammarion, , 250 p. (ISBN 978-2-08-144747-9)
  • Ma vie avec la comtesse de Ségur, Gallimard, coll. « Ma vie avec », , 144 p. (ISBN 9782072949982)[24]

Ouvrages collectifs ou en collaboration[modifier | modifier le code]

Scénarios[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Marie-Laure Delorme, « Ma mère, Françoise Giroud », sur Le Journal du Dimanche, .
  2. (en)Nicolas Hossein sur l'Internet Movie Database, page consultée le 11 janvier 2013.
  3. « Robert Hossein et son fils le rabbin Aaron Eliacheff », sur harissa.com (consulté le ).
  4. « Communautés du Bas-Rhin - Strasbourg », sur judaisme.sdv.fr (consulté le ).
  5. a b c d et e Eve Szeftel, « Caroline Eliacheff, du genre tenace » Accès payant, sur Libération, (consulté le )
  6. Émission d'Europe 1 du 19 février 2011.
  7. Marine Lamoureux, « Caroline Eliacheff, psychanalyste citoyenne », La Croix,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  8. Notice ISNI.
  9. Anne Fulda, « Caroline Eliacheff, la fille dévoilée », Le Figaro, encart « Culture », vendredi 8 novembre 2013, page 35.
  10. Élisabeth Roudinesco, « Pour Françoise Dolto, entre enthousiasme et amertume », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  11. [compte rendu] Richard Godin, « «Ma vie avec la comtesse de Ségur», de Caroline Eliacheff : l’hymne aux enfants », Libération,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  12. « Caroline Eliachef », sur Internet Movie Database.
  13. Voir sur le site de France Culture.
  14. Site de l'association.
  15. « Ne laissons pas la critique du Pacs à la droite ! », Le Monde, 27 janvier 1999.
  16. Caroline Eliacheff et Céline Masson, « L'enfant-transgenre, une mystification contemporaine ? », Les Cahiers de la Justice, vol. N° 4, no 4,‎ , p. 555-557 (ISSN 1958-3702, DOI 10.3917/cdlj.2104.0555, lire en ligne, consulté le ).
  17. a et b « Transidentité : deux spécialistes de l’enfance alertent sur l’augmentation des "dysphories de genre" », La Croix,‎ (ISSN 0242-6056, lire en ligne, consulté le ).
  18. Espace analytique, dossier, « Caroline Eliacheff, Céline Masson, La Fabrique de l'enfant trans-genre », sur espace-analytique.org (consulté le ).
  19. « Caroline Eliacheff-Céline Masson : "L'accusation de transphobie est une méthode d'intimidation" », sur LExpress.fr, (consulté le ).
  20. Sophie Simon, « Littérature polémique – De quoi parlent ces ouvrages jugés "transphobes" par des activistes ? » Accès payant, sur Tribune de Genève, (consulté le ).
  21. a et b Rozenn Le Carboulec, « Mineurs trans : des groupuscules conservateurs passent à l’offensive », sur Mediapart (consulté le ).
  22. Amaury Coutansais Pervinquière, « La mairie de Paris annule un colloque sous la pression de militants LGBT », lefigaro.fr, 17 novembre 2022.
  23. a b c et d Gérard Biard, « Le meilleur des mondes trans », sur charliehebdo.fr, 28 décembre 2022 (éd. 1588) (consulté le )
  24. [compte rendu] Jean-Paul Enthoven, « La comtesse qui en savait trop », Le Point,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  25. Rozenn Le Carboulec, « Comment les mineurs trans sont pris en charge : face à la désinformation, des médecins racontent », sur Mediapart (consulté le ).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

(Dans l'ordre alphabétique des noms d'auteurs)

Radio[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]