La Prière

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La Prière

Chanson de Georges Brassens
extrait de l'album Georges Brassens, sa guitare et les rythmes - série 3 (Les Sabots d'Hélène)[1]
Sortie 1953
Durée 3 min 07 s
Auteur Francis Jammes
Compositeur Georges Brassens,
Label Polydor

Pistes de Georges Brassens, sa guitare et les rythmes - série 3 (Les Sabots d'Hélène)[1]

La Prière est un poème de Francis Jammes (extrait du recueil L'Église habillée de feuilles), mis en musique par Georges Brassens, qui enregistre la chanson en 1953. Pour cela, Georges Brassens reprend le timbre qu'il a déjà utilisé pour la mise en musique du poème d'Aragon, Il n'y a pas d'amour heureux.

« J'ai mis un jour en musique le poème d'Aragon Il n'y a pas d'amour heureux et je me suis aperçu que le poème de Francis Jammes La Prière avait le même mètre et qu'elle marchait sur la même musique. J'ai chanté les deux à Patachou et elle a choisi La Prière. » (Brassens, Radioscopie avec Jacques Chancel, 1971). La chanson a également été reprise par Hugues Aufray sur son album "Hugues Aufray and his folks" sorti sur le label La Compagnie en 1970 et réédité ensuite chez Musidisc.

Texte[modifier | modifier le code]

Par le petit garçon qui meurt près de sa mère
Tandis que des enfants s'amusent au parterre
Et par l'oiseau blessé qui ne sait pas comment
Son aile tout à coup s'ensanglante et descend
Par la soif et la faim et le délire ardent
Je vous salue, Marie.
Par les gosses battus, par l'ivrogne qui rentre
Par l'âne qui reçoit des coups de pied au ventre
Et par l'humiliation de l'innocent châtié
Par la vierge vendue qu'on a déshabillée
Par le fils dont la mère a été insultée
Je vous salue, Marie.
Par la vieille qui, trébuchant sous trop de poids
S'écrie : « Mon Dieu ! » par le malheureux dont les bras
Ne purent s'appuyer sur une amour humaine
Comme la Croix du Fils sur Simon de Cyrène
Par le cheval tombé sous le chariot qu'il traîne
Je vous salue, Marie.
Par les quatre horizons qui crucifient le monde
Par tous ceux dont la chair se déchire ou succombe
Par ceux qui sont sans pieds, par ceux qui sont sans mains
Par le malade que l'on opère et qui geint
Et par le juste mis au rang des assassins
Je vous salue, Marie.
Par la mère apprenant que son fils est guéri
Par l'oiseau rappelant l'oiseau tombé du nid
Par l'herbe qui a soif et recueille l'ondée
Par le baiser perdu par l'amour redonné
Et par le mendiant retrouvant sa monnaie
Je vous salue, Marie

Interprétation[modifier | modifier le code]

Comme l'a fait remarquer Maxime Le Forestier, Georges Brassens a utilisé deux fois le même timbre, et paradoxalement, la première fois pour le très communiste Aragon dans Il n'y a pas d'amour heureux, la seconde fois pour le très catholique Francis Jammes.

Certains s'étonnent que Brassens ait chanté une poésie d'un auteur si religieux. On oublie l'amitié de Brassens avec le père Aimé Duval, la "calotte chantante" comme il le surnommait dans Les trompettes de la renommée.

On lit aussi souvent que Brassens a rajouté une strophe. Il n'en est rien. Le poème Rosaire est long, et il suffit de savoir attendre les mystères douloureux et le "crucifiement"[Quoi ?].

Le poème Rosaire est du recueil L'église habillée de feuilles[2]. Il est associé à la méditation des mystères du rosaire.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Patrice Lozano, Philippe Clin, « Discographie de Georges Brassens - 33 tours 25 cm », sur georges-brassens.fr (consulté le 16 janvier 2014).
  2. L'Eglise habillée de feuilles, Œuvres de Francis Jammes, Mercure de France, 1913, https://ia700403.us.archive.org/32/items/oeuvresdefrancis02jamm/oeuvresdefrancis02jamm.pdf

Articles connexes[modifier | modifier le code]