André Morizet

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André Morizet
André Morizet en 1921.
André Morizet en 1921.
Fonctions
Sénateur de la Seine (1927-1942)
Gouvernement IIIe République
Biographie
Date de naissance
Date de décès (à 66 ans)

André Morizet, né à Reims le et mort à Paris le , est un homme politique socialiste français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Son père fut maire-adjoint à Reims et son grand-père maire d’un bourg. Militant socialiste, puis communiste, étudiant en droit, actif dans les groupes socialistes universitaires, il devient fonctionnaire à l'hôtel de ville de Paris en 1900 et collabore au journal L'Humanité[1]. dont il a intégré la rédaction à la fin de 1906. Il est aussi un des animateurs des revues Le Mouvement socialiste dirigé par Hubert Lagardelle et Le Courrier européen fondé par Louis Dumur. Il succède à Jean Longuet comme secrétaire-gérant du Mouvement socialiste en 1901 (jusqu'en 1907) et dirige avec Charles Paix-Séailles Le Courrier européen en 1913-1914.. Il est élu maire de Boulogne du 19 décembre 1919 à sa révocation par le gouvernement le 22 juillet 1922 pour un article sur les grèves de vignerons dans le sud de la France[1]. Il redevient maire par la suite, et c'est pendant son mandat que la ville prend la dénomination Boulogne-Billancourt, en 1925 ; il fait par ailleurs construire une nouvelle mairie[1]. Membre fondateur du Parti communiste, il est hostile à la XXIIe condition de Moscou, interdisant l'appartenance à la franc-maçonnerie dont il est membre (Grand Orient de France). Exclu du Komintern en janvier 1923 (avec Ludovic-Oscar Frossard, pour les mêmes raisons), il démissionne du PCF et rejoint l'Union socialiste communiste jusqu'en 1927. En 1928, il rallie à nouveau la SFIO.

Candidat à la Chambre des députés en 1914 et en 1919 sous l'étiquette du Parti socialiste (SFIO), il obtient respectivement 8 000 voix (battu par Édouard Nortier) et 12 000 voix. Il échoue une troisième fois à la chambre en 1924. Élu conseiller général en 1925, il démissionne deux ans plus tard, lorsqu'il est élu sénateur le 9 janvier 1927 et réélu le 14 janvier 1936.

En 1932, il est l'auteur d'une loi combattant les fumées industrielles. Il a par ailleurs essayé d'« interdire aux usines de cracher leurs fumées aux heures où les enfants des ouvriers allaient à l'école ou en sortaient »[1].

Il est absent le 10 juillet 1940 lors du vote des pleins pouvoirs à Philippe Pétain. Il est maintenu sous l'Occupation à son poste de maire de Boulogne-Billancourt jusqu'à sa mort en 1942.

L'attitude d'André Morizet pendant la guerre, qui peut sembler ambigüe, est très bien expliquée par l'auteur de la page Wikipedia sur Pierre Grenier (résistant) à laquelle nous renvoyons les lecteurs.

Œuvre[modifier | modifier le code]

André Morizet en 1936.

En tant que maire, André Morizet a donné son visage actuel et moderne à Boulogne-Billancourt. Il a accompagné le développement démographique de sa commune et le progrès en soutenant les projets des architectes d'avant-garde et en leur faisant construire sur le territoire de sa circonscription des villas modernistes, des cités ouvrières, des bâtiments administratifs, dont l'hôtel de ville. Le projet qu'il a conduit traduit un souci d'améliorer la condition ouvrière par les services de la collectivité et un goût confiant pour la modernité. Il a laissé deux ouvrages :

  • Le Plan 17, du nom du plan de l’état-major français, étude publiée aux éditions de l’Humanité en 1919 sur « l’incapacité de l’état-major avant et pendant la guerre » ;
  • Chez Lénine et Trotsky, écrit au retour de son voyage en tant que représentant du Parti Communiste à Moscou en 1921 où il rencontre Trotski. Il y fait l'éloge de la NEP.

Il a aussi publié un journal et collaboré à des ouvrages sur Paris, notamment avec le maire de Suresnes, son ami Henri Sellier.

  • Du vieux Paris au Paris moderne, Haussmann et ses prédécesseurs, Hachette, 1932.

Famille[modifier | modifier le code]

Son gendre Jacques Kosciusko-Morizet (1913-1994) fut un haut fonctionnaire et ambassadeur, maire de Saint-Nom-la-Bretèche et secrétaire national du RPR (né Kosciusko, il avait pris le nom de son épouse, Morizet, pendant la Seconde Guerre mondale[2]).

Son petit-fils, François Kosciusko-Morizet (1940-2015), fils du précédent, était maire (divers droite, puis UMP) de Sèvres de 1995 à 2014 et conseiller général des Hauts-de-Seine de 2006 à 2015.

Son arrière-petite-fille, Nathalie Kosciusko-Morizet, fille du précédent, est une femme politique française, qui fut ministre de l'Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement à partir de 2010 jusqu'à sa nomination comme porte-parole du candidat de l'UMP, Nicolas Sarkozy, à l'élection présidentielle française de 2012, et son arrière-petit-fils, Pierre Kosciusko-Morizet, frère de la précédente, est l'un des cofondateurs du site de vente en ligne PriceMinister.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Julien Arnaud, NKM - L’indomptable, L'Archipel, janvier 2014, page 96.
  2. Marion Mourgue, Nathalie Kosciusko-Morizet – L'affranchie, Paris, Éditions Flammarion, coll. « Histoire secrète », , 320 p. (ISBN 978-2-7564-0802-6, lire en ligne).

Sources[modifier | modifier le code]

  • « André Morizet », dans le Dictionnaire des parlementaires français (1889-1940), sous la direction de Jean Jolly, PUF, 1960 [détail de l’édition]
  • Pascal Guillot, André Morizet, maire reconstructeur du Grand Paris, Grane, Créaphis, 2012
  • Pascal Guillot, Faire de l'exposition de 1937 une occasion de révolution urbanistique : Morizet et le rêve du « Grand Paris », article p. 53-72, in Cahiers d'histoire. Revue d'histoire critique : Exposition internationale de 1937 politique et culture au temps du Front populaire, N° 135-2017

Liens externes[modifier | modifier le code]