André Morizet
| Sénateur de la Seine | |
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| Maire de Boulogne-Billancourt | |
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| Conseiller général de la Seine | |
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| Maire de Boulogne-Billancourt | |
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(à 66 ans) 4e arrondissement de Paris |
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Marianne Françoise Morizet (d) |
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| Partis politiques | |
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| Distinction |
Prix Montyon () |
André Morizet, né le à Reims (Marne) et mort le à Paris (Seine), est un homme politique socialiste français.
Biographie
[modifier | modifier le code]André Morizet est le fils de Charles Morizet, notaire, conseiller municipal radical de Reims. Sa mère est issue d'une famille allemande protestante, spécialisée dans l’industrie du champagne[1].
Étudiant en droit, actif dans les groupes socialistes universitaires, il devient fonctionnaire à l'hôtel de ville de Paris en 1900 et collabore au journal L'Humanité[2], dont il a intégré la rédaction à la fin de 1906. Il est aussi un des animateurs des revues Le Mouvement socialiste dirigé par Hubert Lagardelle et Le Courrier européen fondé par Louis Dumur. Il succède à Jean Longuet comme secrétaire-gérant du Mouvement socialiste en 1901 (jusqu'en 1907) et dirige avec Charles Paix-Séailles Le Courrier européen en 1913-1914.
Il est le maire de Boulogne du à sa révocation par le gouvernement le pour un article sur les grèves de vignerons dans le sud de la France[2]. Il redevient maire par la suite, et c'est pendant son mandat que la ville prend la dénomination Boulogne-Billancourt, en 1925 ; il fait par ailleurs construire une nouvelle mairie[2].
Membre fondateur du Parti communiste français, il est hostile à la XXIIe condition de Moscou, interdisant l'appartenance à la franc-maçonnerie dont il est membre (Grand Orient de France). Exclu du Komintern en (avec Ludovic-Oscar Frossard, pour les mêmes raisons), il démissionne du Parti communiste et rejoint l'Union socialiste communiste jusqu'en 1927. En 1928, il rallie à nouveau la SFIO.
Candidat à la Chambre des députés en 1914 puis en 1919 sous l'étiquette de la SFIO, il obtient respectivement 8 000 voix (battu par Édouard Nortier) et 12 000 voix. Il échoue une troisième fois à la chambre en 1924. Élu conseiller général en 1925, il démissionne deux ans plus tard, lorsqu'il est élu sénateur le . Il est réélu le . De 1932 à 1940, il est secrétaire du groupe socialiste au Sénat, succédant à Camille Reboul (1927-1932), c'est-à-dire l'équivalent d'un président de groupe puisque la tradition socialiste proscrivait l'emploi du terme « président » depuis la première Internationale (ou AIT).
En 1932, il est l'auteur d'une loi combattant les fumées industrielles. Il a par ailleurs essayé d'« interdire aux usines de cracher leurs fumées aux heures où les enfants des ouvriers allaient à l'école ou en sortaient »[2].
Il est absent le lors du vote des pleins pouvoirs constituants à Philippe Pétain. Il est maintenu sous l'Occupation à son poste de maire de Boulogne-Billancourt jusqu'à sa mort en 1942, tout en étant franchement en opposition avec les autorités d'occupation et le gouvernement de Vichy[1].
Œuvre
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En tant que maire, André Morizet a donné son visage actuel et moderne à Boulogne-Billancourt. Il a accompagné le développement démographique de sa commune et le progrès en soutenant les projets des architectes d'avant-garde et en leur faisant construire sur le territoire de sa circonscription des villas modernistes, des cités ouvrières, des bâtiments administratifs, dont l'hôtel de ville. Le projet qu'il a conduit traduit un souci d'améliorer la condition ouvrière par les services de la collectivité et un goût confiant pour la modernité. Il a laissé deux ouvrages :
- Le Plan 17, du nom du plan de l’état-major français, étude publiée aux éditions de l’Humanité en 1919 sur « l’incapacité de l’état-major avant et pendant la guerre » ;
- Chez Lénine et Trotsky, écrit au retour de son voyage en tant que représentant du Parti communiste français à Moscou en 1921 où il rencontra Trotski. Il y fait l'éloge de la NEP.
Il a aussi publié un journal et collaboré à des ouvrages sur Paris, notamment avec le maire de Suresnes, son ami Henri Sellier :
- Du vieux Paris au Paris moderne, Haussmann et ses prédécesseurs, Hachette, 1932.
- - Prix Montyon 1933 de l'Académie française
Famille
[modifier | modifier le code]André Morizet se marie en 1909, en premières noces, avec Sophie Mattmann (1886-1967) dont il divorce en 1917 et se marie en 1920, en secondes noces, avec Simone Debat-Ponsan (1886-1986), fille de l'artiste peintre Édouard Debat-Ponsan.
Son gendre Jacques Kosciusko-Morizet (1913-1994) était un haut fonctionnaire et fut ambassadeur de France, maire de Saint-Nom-la-Bretèche et secrétaire national du RPR ; il ajouta à son patronyme (né Jacques Koscziusko) celui de son épouse, Marianne Morizet (1914-2002), pendant la Seconde Guerre mondiale[3].
Son petit-fils, François Kosciusko-Morizet (1940-2015), fils du précédent, ingénieur des ponts et chaussées, fut maire (divers droite, puis UMP) de Sèvres de 1995 à 2014 et conseiller général des Hauts-de-Seine de 2006 à 2015.
Son autre petit-fils, Jacques-Antoine Kosciusko-Morizet (1943), entrepreneur, a été directeur au Crédit lyonnais[4], auteur d'un essai en 1973, La Mafia polytechnicienne[5], et d’un ouvrage écrit en collaboration avec Jean Peyrelevade en 1975, La Mort du dollar[6].
Son arrière-petite-fille, Nathalie Kosciusko-Morizet (1973), fille de François, a été femme politique, députée et ministre des gouvernements Fillon ; son frère Pierre Kosciusko-Morizet (1977), entrepreneur Internet, est l'un des cofondateurs du site de vente en ligne PriceMinister.
André Morizet est aussi le beau-frère de Jacques Debat-Ponsan et de Jeanne Debat-Ponsan, l'une des premières femmes internes des hôpitaux puis chef de clinique en France, épouse de Robert Debré[7]. Son neveu par alliance (par sa seconde épouse, Simone Debat-Ponsan), Michel Debré (1912-1996)[8], fut le premier Premier ministre de la Ve République de 1959 à 1962.
Charles Kosciuszko (1882-1951) | Dianne Millaud (1887-1970) | André Morizet (1876-1942) | Sophie Mattmann (1886-1967) | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Jacques Kosciuszko (1913-1994) | Marianne Morizet (1914-2002) | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
François Kosciusko-Morizet (1940-2015) | Bénédicte Treuille (1945-2015) | Thierry Postel-Vinay | Marie Kosciusko-Morizet (1942-????) | Jacques-Antoine Kosciusko-Morizet (1943) | Pamela Spurdon | François Sourdeau de Beauregard (1935-2019) | Martine Kosciusko-Morizet (1949) | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Emmanuel Jayet | Caroline Kosciusko-Morizet (1971) | Jean-Pierre Philippe (1955) | Nathalie Kosciusko-Morizet (1973) | Ramon De Oliveira Cezar (1954) | Pierre Kosciusko-Morizet (1977) | Marie Eeckhout | Étienne Kosciusko-Morizet (1986-2012) | Fabrice Postel-Vinay | ?????? Postel-Vinay | Ariane Kosciusko-Morizet | Isabelle Kosciusko-Morizet | Sophie Sourdeau de Beauregard | Donatien Sourdeau de Beauregard | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Pour approfondir
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- « André Morizet », dans le Dictionnaire des parlementaires français (1889-1940), sous la direction de Jean Jolly, PUF, 1960 [détail de l’édition]
- Pascal Guillot, André Morizet, maire reconstructeur du Grand Paris, Grane, Créaphis, 2012
- Pascal Guillot, Faire de l'exposition de 1937 une occasion de révolution urbanistique : Morizet et le rêve du « Grand Paris », article p. 53-72, in Cahiers d'histoire. Revue d'histoire critique : Exposition internationale de 1937 politique et culture au temps du Front populaire, No 135-2017
- Pascal Guillot, André Morizet, un intellectuel critique en Russie soviétique, Cahiers d’histoire. Revue d’histoire critique, No 159 | 2024, mis en ligne le 02 avril 2024, (consulté le ).
Liens externes
[modifier | modifier le code]- Archives conservées par :
- Archives de Paris (DE1 78-79)
- archives départementales des Yvelines (166J, Ms 8311, 1, -, s005afeaa5f1dd8e chercher le nom MORIZET André)
- Ressources relatives à la vie publique :
- Ressource relative à la littérature :
- Ressource relative à la recherche :
Articles connexes
[modifier | modifier le code]Notes et références
[modifier | modifier le code]- 1 2 Justinien Raymond, « MORIZET André », sur Le Maitron.
- 1 2 3 4 Julien Arnaud, NKM - L’indomptable, L'Archipel, janvier 2014, page 96.
- ↑ Marion Mourgue, Nathalie Kosciusko-Morizet – L'affranchie, Paris, Éditions Flammarion, coll. « Histoire secrète », , 320 p. (ISBN 978-2-7564-0802-6, BNF 43783810, lire en ligne).
- ↑ « Crédit lyonnais : Jacques Kosciusko-Morizet », sur www.lesechos.fr, Paris, Les Échos, (consulté le ).
- ↑ Jacques-Antoine Kosciusko-Morizet, La Mafia polytechnicienne, Paris, Seuil, coll. « Essais », , 192 p. (ISBN 978-2-02-002196-8 et 202002196X).
- ↑ Jacques-Antoine Kosciusko-Morizet et Jean Peyrelevade, La Mort du dollar, Paris, Seuil, , 237 p..
- ↑ Jean-Louis Debré, une histoire de famille, Robert Laffont, (ISBN 978-2221240328)
- ↑ Alessandro Giacone, Les Grands Paris de Paul Delouvrier, Paris, Descartes & Cie, , 142 p. (ISBN 978-2-84446-166-7), page 21, paragraphe 3
- Maire de Boulogne-Billancourt
- Maire membre de la Section française de l'Internationale ouvrière
- Conseiller général de la Seine
- Sénateur de la Seine
- Sénateur de la Troisième République française
- Personnalité du Parti socialiste communiste
- Personnalité de la Section française de l'Internationale ouvrière
- Personnalité du Parti communiste français
- Personnalité de la franc-maçonnerie française
- Collaborateur de L'Humanité
- Lauréat du prix Montyon
- Famille Kosciusko-Morizet
- Naissance en janvier 1876
- Naissance à Reims
- Décès en mars 1942
- Décès dans le 4e arrondissement de Paris
- Décès à 66 ans
- Professeur à l'université nouvelle de Bruxelles