Tadeusz Kościuszko

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Kosciusko.
Tadeusz Kościuszko
Tadeusz Kościuszko,estampe de François Bonneville,Paris, BnF, département Estampes et photographie, 1797.
Tadeusz Kościuszko,
estampe de François Bonneville,
Paris, BnF, département Estampes et photographie, 1797.

Naissance 4/
Mereczowszczyzna (pl), République des Deux Nations
Décès (à 71 ans)
Soleure, Suisse
Allégeance Drapeau de la République des Deux Nations République des Deux Nations
Drapeau des États-Unis États-Unis
Grade Général
Années de service 17651794
Conflits Guerre russo-polonaise de 1792
Insurrection de Kościuszko
Guerre d'indépendance des États-Unis
Distinctions Ordre de l'Aigle blanc
Ordre militaire de Virtuti Militari
Signature de Tadeusz Kościuszko

Emblème

Andrzej Tadeusz Bonawentura Kościuszko[n 1] (né le 4 ou , mort le ) est un officier polonais qui participe à la guerre d'indépendance des États-Unis et organise une insurrection contre la domination russe et prussienne en 1794. Il est aujourd'hui considéré comme un héros national en Pologne, en Biélorussie, en Lituanie et aux États-Unis.

Né dans la République des Deux Nations (Biélorussie actuelle) dans une famille de l'aristocratie polonaise, il est diplômé de l'académie militaire de Varsovie en 1766. Il s'installe en France au début du soulèvement de la confédération de Bar pour poursuivre ses études et revient en Pologne en 1774, deux ans après le premier partage. Sans argent ou perspectives d'avenir, il retourne en France, puis se rend aux États-Unis après avoir appris le début de la guerre d'indépendance. Rejoignant l'armée continentale avec le grade de colonel, il participe à la bataille de Saratoga et aide à la construction des défenses du fort de West Point. En reconnaissance de ses services, il est promu brigadier-général par le Congrès continental.

Après son retour en Pologne en 1784, Kościuszko tente sans grand succès d'administrer la propriété familiale avant d'entrer dans l'armée de Pologne-Lituanie. Ses succès militaires durant la guerre russo-polonaise de 1792 n'empêchent pas le deuxième partage de la Pologne. Il organise un soulèvement deux ans plus tard. Kościuszko est capturé à la bataille de Maciejowice. Cette défaite entraîne le troisième partage de la Pologne et met fin à son existence en tant qu'État indépendant.

Gracié par le tsar Paul Ier de Russie, Kościuszko retourne deux ans aux États-Unis où il retrouve son ami Thomas Jefferson. Puis il s'installe en France. Toujours dévoué à la cause polonaise, il est déçu par Napoléon et la création du duché de Varsovie sous influence française. De même, il qualifie de « plaisanterie » le royaume de Pologne créé par le tsar Alexandre Ier en 1815. Kościuszko meurt en Suisse des complications liées à une chute de cheval en 1817. Son corps est inhumé dans la cathédrale du Wawel à Cracovie l'année suivante.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Photographie d'une maison en bois avec un toit en chaume. Un porche et quatre fenêtres se trouvent sur la façade avant
Maison natale de Kościuszko à Mereczowszczyzna (pl)

Kościuszko né en février 1746 dans le village de Mereczowszczyzna (pl) (aujourd'hui Merechevschina, Мерачоўшчына) près de la ville de Kossow Polieski en Polésie (aujourd'hui Kossava en Biélorussie). La région appartient alors au Grand-duché de Lituanie qui forme avec le royaume de Pologne, la République des Deux Nations[1],[2].

Kościuszko est le plus jeune fils de Ludwik Tadeusz Kościuszko, officier de l'armée de Pologne-Lituanie et de son épouse Tekla née Ratomska[1],[3]. Le jeune hommes est baptisé selon les rites orthodoxe et catholique et reçoit les prénoms d'Andrzej et Tadeusz[4]. Sa famille est d'origine lituanienne et ruthène[5] et son ascendance remonte jusqu'à Konstanty Fiodorowicz Kostiuszko, un courtisan du roi Sigismond Ier[6]. La famille de sa mère, Ratomska, est également ruthène[7]. Kościuszko se décrit comme un litvin[7], un terme désignant à l'époque un habitant polonophone du Grand-duché de Lituanie quelle que soit son origine. Dans les sources modernes biélorusses, ce mot est considéré comme un précurseur du terme « Biélorusse[8] ». Kościuszko ne parle cependant pas biélorusse car sa famille a été polonisée (en) au début du XVIe siècle[9]. Au moment de sa naissance, la famille Kościuszko possède un patrimoine modeste dans le Grand-duché[5].

Kościuszko entre à l'école de Lioubechiv en 1755, mais la mort de son père en 1758 affecte les finances familiales et il doit abandonner ses études. En 1765, le roi Stanislas II fonde une académie sur le site de l'actuelle université de Varsovie pour former les officiers et les haut-fonctionnaires. Le cursus met autant l'accent sur les sujets militaires que sur les arts libéraux[10]. Kościuszko intègre l'établissement le probablement grâce au soutien de la famille Czartoryski. Diplômé le , il est promu au grade de Chorąży (en) (« porte-étendard ») et reste au sein de l'académie en tant qu'étudiant et instructeur. Il obtient le grade de capitaine en 1768[3].

Voyages en Europe[modifier | modifier le code]

PHotographie d'un bâtiment de style néoclassique de trois étages avec des colonnades sur le fronton
Le palais de Kazimierz à Varsovie qui abrite l'académie militaire où étudie Kościuszko

En 1768, une guerre civile éclate dans la République des Deux Nations lorsque la confédération de Bar tente de renverser le roi Stanislas. L'un des frères de Kościuszko, Józef, combat avec les insurgés. Devant choisir entre les rebelles et le roi et ses soutiens comme la famille Czartoryski, Kościuszko préfère quitter le pays. Avec un de ses collègues, Aleksander Orłowski (en), il reçoit une bourse royale en 1769 et s'installe à Paris le 5 octobre. En raison de leurs origines étrangères, il n'est pas autorisé à recevoir une formation militaire. Il entre alors à l'académie royale de peinture et de sculpture[3]. Durant les cinq années de son séjour en France, Kościuszko fréquente les bibliothèques et les académies militaires parisiennes en tant qu'externe. La pensée du siècle des Lumières et en particulier la physiocratie aura une profonde influence sur sa carrière ultérieure[11]. Il développe également ses talents artistiques et il continue de dessiner et de peindre tout au long de sa vie même s'il s'oriente vers une carrière militaire[3],[12].

En 1772, affaiblie par des tensions internes, la Pologne-Lituanie ne peut s'opposer au Premier partage de la Pologne. La Russie, la Prusse et l'Autriche annexent 30% de son territoire et renforcent leur influence sur les politiques de la république. Lorsque Kościuszko rentre dans son pays natal en 1774, il réalise que son frère Józef a gaspillé la plus grande partie des faibles ressources familiales et qu'il ne peut se payer un office dans l'armée[13]. Il devient tuteur dans la famille du voïvode et hetman Józef Sosnowski et tombe amoureux de sa fille Ludwika. Les jeunes gens envisagent de s'enfuir mais en sont empêchés par les domestiques[3]qui infligent à Tadeusz une bonne correction. Son antipathie pour les distinctions de classe est sans doute né au cours de cet événement[5].

Tadeusz Kościuszko décide donc d'émigrer à nouveau à l'automne 1775[3]. Il envisage d'abord de rejoindre l'armée saxonne mais est refusé et décide de retourner à Paris[3]. C'est là qu'il apprend la révolte des Treize colonies américaines contre la domination britannique. Les premiers succès américains sont largement relatés en France où la cause des insurgés est ouvertement soutenue par le peuple et le gouvernement[14].

Guerre d'indépendance américaine[modifier | modifier le code]

Après que les diplomates américains aient fait appel au marchand d'armes français et futur révolutionnaire, Pierre Beaumarchais, le gouvernement français décide de lui accorder un million de livres en juin 1776 pour créer une société écran sous le nom de Roderigue Hortalez & Co[15]. L'entreprise fictive doit fournir clandestinement des armes et des munitions à l'armée continentale. En juin, Kościuszko embarque sur un navire de la Roderigue Hortalez & Co. en direction de l'Amérique du Nord avec d'autres officiers étrangers[3],[11].

Guerre dans le Nord[modifier | modifier le code]

Portrait de profil d'un homme aux cheveux blanc mi-longs portant un foulard blanc, une veste noire et une couronne de lauriers
Portrait de Thomas Jefferson réalisé par Kościuszko

Après avoir rejoint l'armée continentale en août 1776, Kościuszko est chargé de la construction des fortifications de Fort Billingsport (en) à Philadelphie, destiné à empêcher les Britanniques de franchir le Delaware[16]. Initialement employé comme volontaire par Benjamin Franklin, le Congrès le nomme colonel le [17].

Au printemps 1777, il est affecté à l'armée du Nord du major-général Horatio Gates et inspecte les défenses de Fort Ticonderoga dans le nord de l'État de New York[3],[18]. Son étude topographique le pousse à recommander fortement la construction d'une batterie d'artillerie au sommet du Sugar Loaf surplombant le fort[18]. Si cette recommandation est soutenue par les autres ingénieurs militaires, le commandant de la garnison, le brigadier-général Arthur St. Clair, décide de ne pas en tenir compte[3],[18]. Cela se révéle être une grosse erreur tactique, car lorsque l'armée britannique du général John Burgoyne arrive sur place en juillet, elle installe ses canons au sommet du Sugar Loaf[18].

Les Britanniques contrôlant les hauteurs, les Américains réalisent rapidement que leur situation est perdue d'avance et ils abandonnent la forteresse presque sans combats[18]. Talonné par les troupes britanniques durant sa retraite vers le sud, le major-général Philip Schuyler commandant une armée américaine épuisée et inférieure en nombre demande à Kościuszko de retarder la progression de l'ennemi[19]. Ce dernier ordonne à ses hommes d'abattre des arbres, d'endiguer les cours d'eau et de détruire les chaussées et les ponts[19]. Encombrée par sa lourde logistique, l'armée britannique est distancée par les Américains qui parviennent à franchir sans encombre l'Hudson[19].

Gates remplaçe Schuyler peu après et regroupe ses forces pour empêcher les Britanniques de prendre Albany. Il charge Kościuszko d'inspecter la région entre les deux armées pour trouver la meilleure position défensive possible et la fortifier. Ayant repéré une telle position surplombant l'Hudson près de Saratoga, il entreprend de créer une série de fortifications rendant le lieu quasiment imprenable, quelle que soit la direction de l'attaque. Ces défenses jouent un rôle décisif lors de la bataille de Saratoga[3] et Gates accepte la reddition de l'armée de Burgoyne le [20]. La bataille est une lourde défaite pour l'armée britannique et fait basculer le cours de la campagne de Saratoga[21]. Le travail de Kościuszko est salué par Gates qui déclare plus tard à son ami Benjamin Rush que « les grands tacticiens de la campagne furent les collines et les forêts qu'un jeune ingénieur polonais a été assez adroit pour choisir pour mon retranchement[3] ».

À la même période, Kościuszko reçoit comme assistant un Afro-Américain nommé Agrippa Hull (en) qu'il traite comme un égal[22]. Il compose une polonaise pour clavecin qui est nommée en son nom et devient populaire parmi les insurgés polonais lors de l'Insurrection de novembre 1830 avec des paroles de Rajnold Suchodolski[23].

Photographie d'un mur de pierre avec un talus de terre au-dessus. L'ensemble mesure environ trois mètres de haut et une petite statue au sommet d'un pilier blanc est situé au sommet.
Murs de Fort Clinton à West Point construits par Kościuszko dont la statue se trouve à l'arrière-plan.

En mars 1778, Kościuszko est affecté à l'amélioration des défenses du bastion de West Point[24],[25]. (Ce sont ces fortifications que Benedict Arnold tente de livrer aux Britanniques en 1780)[26]. Il y reste jusqu'à ce que George Washington accepte sa demande de transfert dans l'armée du Sud, en août 1780[27],[28].

Guerre dans le Sud[modifier | modifier le code]

En octobre[24], après avoir traversé la Virginie, Kościuszko rejoint son ancien commandant Horatio Gates, en Caroline du Nord. Après une sévère défaite à la bataille de Camden le 16 août, Gates est remplacé par le major-général Nathanael Greene[29]. Lorsque Greene prend officiellement son commandement, le , Kościuszko demeure son ingénieur en chef [24].

Durant la campagne, il est chargé de la construction de barges, de campements et de positions défensives ainsi que de missions de reconnaissance et de renseignement et joue un rôle décisif dans la destruction des troupes britanniques dans le Sud. Cela est particulièrement vrai durant la fameuse « Course vers le Dan » au cours de laquelle les forces du général britannique Charles Cornwallis poursuivent Greene sur près de 350 km entre janvier et février 1781. Grâce aux tactiques de Greene, aux reconnaissance et aux barges de Kościuszko, l'armée continentale parvient à franchir sans encombre tous les cours d'eau dont la Yadkin et la Dan[24]. N'ayant pas de navires et incapable de trouver un gué sur la rivière en crue, Cornwallis est obligé d'abandonner la poursuite et de se replier en Caroline du Nord. Dans le même temps, l'armée continentale se regroupe au sud de Halifax en Virginie, où Kościuszko établi, à la demande de Greene, un dépôt fortifié[30].

Portrait d'un homme aux cheveux châtains bouclés mi-longs portant un uniforme avec des épaulettes dorées. Il a les bras croisés et tient une feuille enroulée.
Portrait de Kościuszko par Karl Gottlieb Schweikart

Durant la « Course vers le Dan », Kościuszko contribue au choix du site où Greene affronte Cornwallis à Guilford Court House. S'il s'agit d'une défaite tactique pour les Américains, les Britanniques subissent de lourdes pertes et perdent leur avantage stratégique dans le Sud[31]. Alors que les forces américaines repoussent progressivement les Britanniques vers la côte, Kościuszko participe à la bataille de Hobkirk's Hill le [32]. Il organise le siège du fort de Ninety Six (en) du 22 mai au 18 juin. Le siège est un échec et Kościuszko reçoit un coup de baïonnette dans les fesses lors d'un assaut des défenseurs. Ce fut sa seule blessure de la guerre[33].

Kościuszko participe ensuite à la fortification de bases américaines en Caroline du Nord[34]. Il mène également des actions limitées dans la dernière année du conflit pour harceler les opérations de ravitaillement britanniques près de Charleston. Il commande deux escadrons de cavalerie et une unité d'infanterie et combat pour la dernière fois le près de James Island (en). Ses troupes sont sévèrement battues et il manque d'être tué lors de l'affrontement[35]. Un mois plus tard, Kościuszko fait partie des troupes continentales qui réoccupent Charleston après l'évacuation de la ville par les Britanniques. Il y passe le reste de l'année et organise un feu d'artifice pour célébrer la signature du traité de Paris[36].

Fin du conflit[modifier | modifier le code]

À la fin du mois de mai 1783, Kościuszko décide de demander son salaire car durant ses sept années de service ininterrompu dans l'armée américaine, il n'a pas encore été payé[37]. Le 4 juillet, le Congrès continental lui demande de superviser les feux d'artifices pour les festivités à Princeton dans le New Jersey[38]. Le , Kościuszko est promu brigadier-général mais n'a toujours pas été payé. Cette situation est à l'époque partagée par de nombreux autres officiers et soldats[39]. Incapable de financer un retour en Europe, Kościuszko vit grâce à l'argent prêté par le banquier juif-polonais Haym Solomon (en). Il reçoit finalement un certificat de 12 280 $ (environ 285 000 $ de 2012[40]) à 6% d'intérêt payable le et le droit à un terrain de 500 acres (202 ha) s'il choisissait de rester aux États-Unis[41]. Durant l'été 1783-1784, il est invité dans la résidence de son ancien commandant Greene[42]. Il est également admis au sein de la société des Cincinnati[24].

Retour en Pologne-Lituanie[modifier | modifier le code]

Portrait d'un homme portant une veste blanche et tenant un sabre devant lui.
Kościuszko par Kazimierz Wojniakowski

Le , Kościuszko embarque pour l'Europe. Le 26 août, il est à Paris. Du fait de la poursuite de l'instabilité en Pologne, il ne parvint pas à obtenir d'office dans l'armée. Il s'installe à Siechnowicze aujourd'hui en Biélorussie[24]. Son frère Józef a dilapidé la plus grande partie de la fortune familiale dans de mauvais investissements mais avec l'aide de sa sœur Anna, Kościuszko parvient à récupérer une partie de ses terres[43]. Peu après, Kościuszko décide de limiter le servage de ses paysans à deux jours par semaine tout en exemptant complètement les femmes des corvées. Ses propriétés cessent rapidement d'être rentables et il contracte des dettes[24]. Sa situation est aggravée par le fait qu'il ne reçoit pas l'argent promis par le gouvernement américain à savoir les intérêts sur le paiement de ses sept années de service[44]. Kościuszko se rapproche de certains activistes libéraux et Hugo Kołłątaj lui offre un poste de maître de conférence à l'université jagellonne de Cracovie mais il décline la proposition[45].

Pour adopter les réformes nécessaires à la restauration de la souveraineté polonaise, la Grande Diète est organisée à Varsovie de 1788 à 1792. L'augmentation des effectifs militaire pour défendre les frontières de la Pologne contre ses voisins agressifs. Kościuszko voit cela comme une chance de revenir dans l'armée et de servir son pays. Il reste à Varsovie pour participer aux débats entourant la Sejm et propose la création d'une milice basée sur le modèle américain[24],[46]. Devant les pressions grandissantes pour accroître la taille de l'armée, le roi accorde un office de général Kościuszko[24]. Il reçoit ainsi un important salaire de 12 000 złotys par an qui met fin à ses difficultés financières. Il demande son transfert au sein de l'armée lituanienne qui lui est refusé et se voir affecter en Grande-Pologne. Il arrive à Włocławek le et prend le commandement de plusieurs unités de cavalerie et d'infanterie dans la région entre le Bug et la Vistule. En août, il est déployé en Volhynie et stationné près de Starokostiantyniv dans l'actuelle Ukraine[24]. Bien qu'officiellement subordonné au prince Józef Poniatowski, ce dernier lui laisse une grande autonomie car il reconnait sa plus grande expérience militaire et en fait son commandant en second[47].

Dans le même temps, il se rapproche de la faction réformiste représentée entre autres par Kołłątaj et Julien-Ursin Niemcewicz[48]. Kościuszko affirme que les paysans et les Juifs doiventt recevoir la pleine citoyenneté pour les motiver à défendre la Pologne en cas de conflit[49]. Les réformateurs remportent finalement une importante victoire lors de l'adoption de la constitution du 3 mai 1791. Kościuszko considère le texte comme un pas dans la bonne direction mais est déçu du maintien de la monarchie et du manque de soutien aux groupes les plus faibles de la société, comme les paysans et les Juifs[50]. Les voisins de la République des Deux Nations voient ces réformes comme une menace pour leur influence dans les affaires intérieures polonaises. Le , les magnats conservateurs se soulèvent et créent la confédération de Targowica. Ils demandent à la tsarine Catherine II de Russie de les aider à abroger la constitution. Le 18 mai, une armée russe de 100 000 hommes franchit la frontière polonaise en direction de Varsovie. c'est le début de la guerre russo-polonaise de 1792[51].

Guerre contre la Russie[modifier | modifier le code]

Peinture d'un homme à cheval tenant un sabre. Plusieurs cavaliers le suivent et des fantassins chargent avec des lances à l'arrière-plan.
Kościuszko à Racławice en 1794 par Juliusz Kossak

Les Russes alignent 98 000 hommes contre 37 000 Polonais et sont plus expérimentés[52]. Avant l'invasion russe, Kościuszko a été nommé commandant en second de la division d'infanterie de Józef Poniatowski stationnée en Ukraine occidentale. Lorsque Poniatowski devient commandant en chef de l'ensemble de l'armée polonaise le , Kościuszko reçoit le commandement d'une division près de Kiev[53].

Les Russes attaquent avec trois armées sur un large front. Kościuszko préconise de concentrer toutes les forces polonaises pour engager une des armées russes en supériorité numérique et emporter une victoire rapide et ainsi renforcer le moral des soldats polonais. Le plan est cependant rejeté par Poniatowski[52]. Les forces russes entrent en Ukraine où sont stationnés Kościuszko et Poniatowski le 22 mai. L'armée polonaise, jugée trop faible pour affronter les quatre colonnes adverses, se replie sur la rive occidentale du Boug méridional[53],[54]. Kościuszko commande l'arrière-garde. Les Russes sont battus par Poniatowski lors de la bataille de Zieleńce, le 18 juin, tandis que la division de Kościuszko couvrant l'arrière-garde ne rejoint le gros des troupes que dans la soirée. En récompense de sa protection, Kościuszko reçoit une médaille de l'Ordre militaire de Virtuti Militari, la plus haute distinction polonaise. L'historien Strożyński suggère que cette médaille lui soit remise pour sa victoire lors de la bataille de Dubienka[53],[55]. Le repli polonais se poursuit et le 7 juillet, les forces de Kościuszko retardent la progression russe à Volodymyr-Volynskyï. Arrivée sur le Bug, l'armée polonaise est divisée en trois pour couvrir le fleuve, malgré les protestations de Kościuszko qui estime que l'armée perd ainsi sa supériorité numérique[53].

L'unité de Kościuszko est affectée à la protection du flanc sud d'un front s'étendant jusqu'à la frontière autrichienne. À la bataille de Dubienka, le 18 juillet, Kościuszko repousse une armée cinq fois supérieure en nombre en utilisant adroitement la topographie et les fortifications[53],[56]. Il est néanmoins obligé de se replier pour éviter d'être encerclé par des forces russes ayant traversé la frontière autrichienne[56]. Après la bataille, le roi Stanislas II le promeut lieutenant-général et le cite à l'ordre de l'Aigle blanc[57]. Les nouvelles de la victoire se répandent en Europe et le 26 août, il est fait citoyen d'honneur par l'Assemblée nationale de la Révolution française[58]. Kościuszko considère que malgré la retraite la guerre est loin d'être perdue, mais le , Stanislas II rejoint la confédération de Targowica pro-russe et ordonne aux forces polonaises de cesser le combat[53],[59]. Kościuszko envisage d'enlever le roi mais le plan est rejeté par Poniatowski. Le 30 août, il quitte son commandement et reste brièvement à Varsovie où il reçoit sa promotion et sa paye. Il refuse la proposition du roi de rester dans l'armée et commence à souffrir de jaunisse[53].

Deuxième partage[modifier | modifier le code]

Carte de la Pologne après le deuxième partage.

N'ayant subit jusque là aucune défaite, la trahison du roi affecte profondément Kościuszko. Au mois de septembre, il se résigne à quitter le pays et part d'abord vers l'est. Il s'arrête à la cour de la famille Czartoryski à Sieniawa où se trouvent également d'autres mécontents. Il passe deux semaines à Lwów où il est célébré par la population. Depuis la fin de la guerre, sa présence engendre des rassemblements spontanés d'admirateurs qui voulent voir le célèbre commandant. L'aristocrate Izabela Czartoryska (en) discute même d'un mariage avec sa fille Zofia[53],[60]. Les Russes se préparent à l'arrêter s'il entre dans les territoires sous leur contrôle tandis que les Autrichiens, qui depuis 1772 occupent Lwów, lui proposent de servir dans leur armée, mais il refuse[61]. Ils planifient alors de l'expulser mais Kościuszko a déjà quitté la ville. Il s'arrête à Zamość dans la propriété de la famille Zamoyski où il rencontre Stanisław Staszic puis à Puławy[53],[61]. Il poursuit sa route vers l'ouest et s'arrête à Cracovie le 12 décembre et à Wrocław le 17, avant de quitter la Pologne pour s'installer à Leipzig, où de nombreux commandants et politiques polonais se sont réfugiés[53]. Kościuszko et quelques autres dont Ignacy Potocki et Hugo Kołłątaj commencent rapidement à préparer un soulèvement contre la domination russe[62]. Si les préparatifs d'une insurrection ont commencé avant l'arrivée de Kościuszko, le soutien de ce personnages des plus connus de Pologne[63] est décisif.

Après être resté deux semaines à Leipzig, Kościuszko se rend à Paris pour essayer d'obtenir le soutien de la France lors du soulèvement à venir. Il y reste jusqu'à l'été. Mais les Français refusent de s'engager[62]. Kościuszko en conclut que le gouvernement français ne s'intéresse à la Pologne que pour défendre ses propres intérêts. Il est aussi de plus en plus déçu par l'évolution de la Révolution française[64].

Le , la Prusse et la Russie signent le deuxième partage de la Pologne qui est ratifié en juin par la Sejm de Grodno, convoquée de force[65],[66]. Le texte abroge la constitution du 3 mai 1791 et prive la Pologne de près de la moitié de son territoire et de sa population. Elle ne comptait plus qu'environ quatre millions d'habitants[65] sur un territoire de 200 000 km2[67]. La Pologne devient de fait un protectorat de la Russie. Une telle issue est un choc pour les membres de la confédération de Targowica qui estiment avoir agi pour défendre la Liberté dorée. Ils sont à présent considérés comme des traîtres par la plus grande partie de la population polonaise[66],[68].

Même s'il doute des chances de succès d'un soulèvement, Kościuszko rentre à Leipzig en août 1793 pour préparer l'insurrection[69]. En septembre, il traverse clandestinement la frontière polonaise pour reconnaître le terrain et rencontrer des officiers supérieurs partisans de sa cause au sein de l'armée polonaise. Les préparatifs en Pologne sont lents et il décide de différer le début du soulèvement. La situation polonaise évolue cependant rapidement car les gouvernements russe et prussien ont décidé de dissoudre la plus grande partie de l'armée polonaise, tandis que les unités restantes doivent être intégrées à l'armée russe. Les agents russes prennent peu à peu connaissance des préparatifs de soulèvement et commencent à arrêter les hommes politiques et les officiers impliqués. Kościuszko est obligé d'exécuter son plan plus tôt que prévu et le , il se mit en route vers Cracovie[62].

Insurrection de Kościuszko[modifier | modifier le code]

Kościuszko portant une veste rayée tient un sabre à l'horizontal et lève deux doigts pour prêter serment devant plusieurs dignitaires en costume de cérémonie. Des soldats en uniforme se tiennent à l'arrière-plan devant des bâtiments de style néoclassique.
Kościuszko prête serment sur la place centrale de Cracovie, peinture de Wojciech Kossak.
Article principal : Insurrection de Kościuszko.

Ayant appris que la garnison russe a quitté Cracovie, Kościuszko entre dans la ville dans la nuit du 23 mars. Le lendemain matin, sur la place centrale, il annonce le début du soulèvement[62]. Il reçoit le titre de Naczelnik (« commandant en chef ») de toutes les forces polono-lituaniennes combattant contre l'occupation russe[70]. Kościuszko commence à mobiliser la population et espère lever suffisamment de volontaires pour affronter l'armée russe plus grande et plus expérimentée. Il cherche également à éviter l'intervention de l'Autriche et de la Prusse et décourage donc toute action dans les territoires occupés par ces pays. Kościuszko rassemble une troupe de 4 000 réguliers et 2 000 nouvelles recrues et marcha sur Varsovie[62]. Les Russes assemblent une force plus rapidement que prévu mais ils sont battus à la bataille de Racławice le au cours de laquelle Kościuszko mène personnellement une charge d'infanterie composée de paysans armés de faux de guerre. Malgré leur défaite, les Russes se regroupent rapidement et obligent Kościuszko à se replier vers Cracovie. Près de Połaniec, il reçoit quelques renforts et rencontre d'autres responsables du soulèvement. Il publie une proclamation d'inspiration libérale abolissant partiellement le servage et accordant plus de libertés aux paysans[71]. Dans le même temps, les Russes promettent une prime pour sa capture ou sa mort[72].

En juin, les Prussiens décident de soutenir activement les Russes et le 6 juin, Kościuszko mène une bataille défensive contre les forces coalisées à Szczekociny mais la défaite entraîne la chute de Cracovie[71]. Contraint de se replier à Varsovie, il défend la ville pendant plusieurs semaines. Le siège est levé le 6 septembre lorsque les forces prussiennes se retirent pour réprimer un soulèvement en Grande-Pologne (en). Le 10 octobre, durant une sortie contre une nouvelle attaque russe, Kościuszko est blessé et capturé à la bataille de Maciejowice. Il est emprisonné à Saint-Pétersbourg dans la forteresse Pierre-et-Paul[73]. L'insurrection prend fin peu après avec la bataille de Praga, le 4 novembre et le massacre de près de 20 000 habitants de Varsovie par les troupes russes[74]. Le , la Russie, la Prusse et l'Autriche procèdent au troisième partage de la Pologne qui cesse d'exister en tant qu'État souverain jusqu'en 1918[75].

Fin de vie[modifier | modifier le code]

Statue en bronze de Kościuszko portant un bicorne et tenant un parchemin.
Statue de Kościuszko à Varsovie

La mort de la tsarine Catherine II, le , entraîne un changement de la politique russe envers les Polonais[73]. Le 28 novembre, le nouveau tsar Paul Ier gracie Kościuszko et le libère après que ce dernier lui ait promis sa loyauté. En échange de son serment, Paul Ier promet de libérer tous les prisonniers politiques polonais détenus dans les prisons et déportés en Sibérie. Le tsar accorde 12 000 roubles à Kościuszko qui tente en 1798 de les rendre après avoir dénoncé son serment de loyauté[76].

Kościuszko part pour les États-Unis en passant par Stockholm et Londres avant de prendre la mer à Bristol le 17 juin pour arriver à Philadelphie le [76]. Même s'il est accueilli par la foule, il est considéré avec méfiance par le gouvernement américain contrôlé par les fédéralistes qui n'apprécient ses précédentes relations avec les républicains-démocrates. Mal à l'aise aux États-Unis, il décide de retourner en France après avoir laissé un testament dédiant une partie de ses biens à la libération des esclaves. Il arrive à Bayonne le et rejoint les groupes d'immigrés polonais. Il refuse néanmoins le commandement des légions polonaises au sein de l'armée française[76]. Il rencontre Napoléon Bonaparte le 17 octobre et le mais ne parvient pas à un accord avec le premier consul qui le considére comme un « bouffon... surestimant son influence en Pologne[77] ». De même, Kościuszko déteste les ambitions dictatoriales de Napoléon qu'il qualifie de « fossoyeur de la république [française] ». En 1801, il s'installe à La Genevraye près de Paris dans la résidence de l'ambassadeur suisse et se tient à l'écart des questions politiques[76].

Kościuszko considére que Napoléon ne restaurera pas la Pologne sous une forme durable[78]. Lorsque les forces napoléoniennes approchent des frontières polonaises, il lui écrit une lettre pour demander des garanties sur la mise en place d'une démocratie parlementaire et la création d'un territoire viable[77]. Ses demandes sont ignorées. Kościuszko en conclut que la création du duché de Varsovie en 1807 ne visait qu'à servir les intérêts français et non à rétablir la souveraineté polonaise[79]. Il ne rejoint donc pas le nouveau pays et son armée[77].

Après la chute de l'Empire en 1814 et 1815, Kościuszko rencontre le tsar Alexandre Ier une première fois à Paris puis à Braunau en Suisse[77]. Le tsar espère le convaincre de rentrer en Pologne où il envisage de créer un État polonais allié de la Russie. Kościuszko réclame des réformes sociales et la restauration de la souveraineté polonaise jusqu'à la Daugava et au Dniepr[77]. Cependant, il apprend que le royaume de Pologne créé par le congrès de Vienne sera encore plus petit que le duché de Varsovie et il qualifie cette entité de « plaisanterie[80] ». Ses lettres au tsar restant sans réponses, il quitte Vienne et s'installe en Suisse à Soleure où est maire son ami Franciszek Zeltner. Le , il émancipe les serfs de ses dernières propriétés en Pologne[77] mais le tsar s'y oppose[5]. Souffrant d'une médiocre santé et de vieilles blessures, Kościuszko succombe à un accident vasculaire cérébral le quelques jours après une chute de cheval[81].

Funérailles[modifier | modifier le code]

Photographie d'une boite cubique noire avec quatre aigles dorés formant les pieds.
Urne contenant le cœur de Kościuszko conservée au château royal de Varsovie

Les funérailles de Kościuszko sont organisées le 19 octobre dans une ancienne église jésuite de Soleure. Une série de messes et de services funéraires sont tenus en Pologne à l'annonce de son décès[82]. Son corps est embaumé et placé dans une crypte de l'église. Ses viscères, retirés durant le processus d'embaumement, sont enterrés séparément dans une tombe de la ville voisine de Zuchwil. Son cœur est quant à lui placé dans une urne funéraire spécialement conçue[77],[82]. Le , le corps est transféré à Cracovie dans l'église Saint-Florian et le 22 juin[82], il est inhumé avec tous les honneurs dans une crypte de la cathédrale du Wawel où reposent les monarques et les héros polonais[77],[82]. Le cœur de Kościuszko qui a été préservé par le musée polonais de Rapperswil en Suisse est rapatrié avec les autres possessions du musée en 1927 et est aujourd'hui conservé au château royal de Varsovie[77]. Ses autres viscères sont toujours enterrés à Zuchwil où un mémorial de pierre est érigé en 1820[82].

Héritage[modifier | modifier le code]

Photographie d'un monticule recouvert de gazon avec un chemin circulaire menant au sommet.
Le tertre Kościuszko (en) à Cracovie.
Kościuszko. Gravure d'après un portrait de Josef Grassi
Kościuszko. Gravure d'après un portrait de Josef Grassi (en).

Avant de quitter les États-Unis en 1798, Kościuszko a rédigé un testament par lequel il nomme Thomas Jefferson son exécuteur testamentaire et lui demande d'utiliser ses propriétés et son argent aux États-Unis pour affranchir des esclaves afro-américains et les préparer à une vie indépendante[83]. Quelques années après la mort de Kościuszko, Jefferson, alors âgé de 77 ans, déclare qu'il n'est plus capable, en raison de son âge et de la complexité du dossier, de rester l'exécuteur. Il indique qu'il veut éduquer les esclaves avant de les libérer mais cela est interdit par la législation de Virginie[84]. Il y a également des considérations politiques car les tensions entre les États du Nord et du Sud des États-Unis au sujet de l'esclavage entraînent une forte instabilité politique. Jefferson considère donc que si un personnage aussi influent que lui respecte les demandes de Kościuszko, cela déstabilisera encore plus la situation. La question des possessions américaines de Kościuszko est présentée à trois reprises devant la cour suprême des États-Unis. En 1852, cette dernière attribue finalement les possessions d'une valeur de 50 000 $ (environ 1,5 million de dollars de 2012[40]) aux proches de Kościuszko en Europe malgré la volonté initiale de ce dernier[85].

L'historien polonais Stanisław Herbst (en) indique dans l'édition de 1967 du dictionnaire biographique polonais (en) que Kościuszko était peut-être le Polonais le plus connu en Pologne et dans le monde[77]. De nombreux monuments ont été construits en son honneur dont le tertre Kościuszko (en) érigé à Cracovie entre 1820 et 1823. Quasiment chaque ville polonaise possède une place ou une rue qui porte son nom. L'École polytechnique de Cracovie reçoit le nom de Tadeusz Kościuszko en 1976 pour son 30e anniversaire. La 303e escadrille de chasse polonaise et la 1re division polonaise portaient son nom durant la Seconde Guerre mondiale[86]. Le paquebot SS Kościuszko et la frégate ORP Generał Tadeusz Kościuszko portent également son nom. À l'occasion du centenaire de la bataille de Racławice, les peintres Jan Styka et Wojciech Kossak réalisèrent le panorama de Racławicka aujourd'hui exposé à Wrocław.

Son nom a été donné à la plus haute montagne d'Australie, une île d'Alaska, à un comté de l'Indiana, à plusieurs villes dont Kosciusko dans le Mississippi et à un pont de New York[77]. La maison que Kościuszko occupa à Philadelphie durant son séjour aux États-Unis en 1796-1797 appartient aujourd'hui au National Register of Historic Places et est gérée par le parc national historique de l'indépendance. La fondation Kościuszko est une fondation américaine dédiée à la promotion de l'héritage polono-américain.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Tadas Kosciuška en lituanien et Тадэвуш Касцюшка (Tadevuš Kaściuška) en biélorusse, Prononciation

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Herbst 1969, p. 430
  2. « Tadeusz Kosciuszko: A man of unwavering principle », The Institute of World Politics (consulté le 3 juillet 2009), p. 317
  3. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k et l Herbst 1969, p. 431
  4. Monica Mary Gardner, Kościuszko: A Biography, Allen & Unwin, (lire en ligne), p. 317
  5. a, b, c et d Albert C. Cizauskas, « The Unusual Story of Thaddeus Kosciusko », Lithuanian Quarterly Journal of Arts and Sciences, Lituanus, Lituanus Foundation, Inc., vol. 32, no 1,‎ , p. 1-10 (lire en ligne)
  6. (pl) Tadeusz Korzon, Kościuszko: biografia z dokumentów wysnuta, Nakł. Muzeum Narodowego w Rapperswylu, (lire en ligne), p. 135
  7. a et b (be) Новости, « TUTэйшыя ў свеце. Касцюшка – Общество – TUT.BY | НОВОСТИ », News.tut.by,‎ (consulté le 17 novembre 2009), p. 317
  8. Ivan Saverchenko et Dmitry Sanko, 150 Questions and Answers of the History of Belarus, Менск,‎ (lire en ligne), p. 82
  9. (be) « Костюшко Тадеуш Андрей Бонавентура - 100 ВЕЛИКИХ АРИСТОКРАТОВ - всемирная история (« Kościuszko, Tadeusz Andrzej Bonawentura - 100 Great Aristocrats - World History ») », History.vn.ua (consulté le 17 novembre 2012)
  10. Storozynski 2011, p. 28
  11. a et b Storozynski 2009, p. 17-18
  12. « Comprehensive Plan - Liberty in My Name », National Park Service (consulté le 3 juillet 2009)
  13. Storozynski 2011, p. 32
  14. Storozynski 2011, p. 36-38
  15. Elizabeth S. Kite, Beaumarchais and the War of American Independence, Gorham Press, Boston, (lire en ligne), p. 82
  16. Edward Colimore, « Fighting to save remains of a fort », The Philadelphia Inquirer,‎ (lire en ligne)
  17. Storozynski 2011, p. 41-42
  18. a, b, c, d et e Storozynski 2011, p. 47-52
  19. a, b et c Storozynski 2011, p. 53-54
  20. Holger Afflerbach et Hew Strachan, How Fighting Ends: A History of Surrender, Oxford University Press (ISBN 978-0-19-969362-7, lire en ligne), p. 177-179
  21. Storozynski 2011, p. 65
  22. Storozynski 2011, p. 111-112
  23. « Polish Music Journal 5.2.02 - Anderton: The Spirit of the Polonaise », Usc.edu (consulté le 17 novembre 2012)
  24. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j Herbst 1969, p. 432
  25. Storozynski 2011, p. 85
  26. Storozynski 2011, p. 128-130
  27. Storozynski 2011, p. 131-132
  28. Dave R. Palmer, « Fortress West Point: 19th Century Concept in an 18th Century War », Military Engineer, no 68,‎ , p. 171-174
  29. Storozynski 2011, p. 141-142
  30. Storozynski 2011, p. 144-146
  31. Storozynski 2011, p. 147
  32. Storozynski 2011, p. 148
  33. Storozynski 2011, p. 149-153
  34. Storozynski 2011, p. 154
  35. Storozynski 2011, p. 158-160
  36. Storozynski 2011, p. 161-162
  37. Storozynski 2011, p. 163
  38. Storozynski 2011, p. 164
  39. Storozynski 2009, p. 114
  40. a et b Valeur calculée en parité de pouvoir d'achat (real price) avec le site Measuring Worth.
  41. Storozynski 2011, p. 166-167
  42. Storozynski 2011, p. 168
  43. Storozynski 2011, p. 177
  44. Storozynski 2011, p. 178
  45. Storozynski 2011, p. 181
  46. Storozynski 2011, p. 187
  47. Storozynski 2011, p. 203
  48. Storozynski 2011, p. 194
  49. Storozynski 2011, p. 195
  50. Storozynski 2011, p. 213-214
  51. Storozynski 2011, p. 218-223
  52. a et b Storozynski 2011, p. 223
  53. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j Herbst 1969, p. 433
  54. Storozynski 2011, p. 224
  55. Storozynski 2011, p. 230
  56. a et b Storozynski 2011, p. 228-229
  57. Tomasz Otrębski, « Kościuszko », 1893-1896, Wydawn. « Partner », (ISBN 978-83-900984-0-1, lire en ligne), p. 39
  58. du 26 août 1792
  59. Storozynski 2011, p. 231
  60. Storozynski 2011, p. 237
  61. a et b Storozynski 2011, p. 239-240
  62. a, b, c, d et e Herbst 1969, p. 434
  63. Storozynski 2011, p. 238
  64. Storozynski 2011, p. 244-245
  65. a et b Jerzy Lukowski et W. H. Zawadzki, A Concise History of Poland, Cambridge University Press, (ISBN 9780521559171, lire en ligne), p. 101-103
  66. a et b Saulius Sužiedėlis, Historical Dictionary of Lithuania, Scarecrow Press (ISBN 978-0-8108-4914-3, lire en ligne), p. 292-293
  67. Davies 2005, p. 394
  68. Daniel Stone, The Polish-Lithuanian State: 1386-1795, University of Washington Press, (ISBN 978-0-295-98093-5, lire en ligne), p. 282-285
  69. Storozynski 2011, p. 245
  70. Storozynski 2011, p. 252
  71. a et b Herbst 1969, p. 435
  72. Storozynski 2011, p. 283
  73. a et b Herbst 1969, p. 435-436
  74. Storozynski 2011, p. 291
  75. Zbigniew Landau et Jerzy Tomaszewski, The Polish Economy: In the Twentieth Century, Croom Helm, (ISBN 978-0-7099-1607-9, lire en ligne), p. 27
  76. a, b, c et d Herbst 1969, p. 437
  77. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k Herbst 1969, p. 438
  78. Davies 2005, p. 216-217
  79. Davies 2005, p. 208
  80. (pl) « Feliks Koneczny - « Święci w dziejach Narodu Polskiego » », Nonpossumus.pl (consulté le 17 novembre 2012)
  81. Storozynski 2011, p. 380-381
  82. a, b, c, d et e (pl) « Oficjalna Strona Kopca Kościuszki w Krakowie », Kopieckosciuszki.pl (consulté le 17 novembre 2012)
  83. Sidney Sulkin et Edith Sulkin, The Democratic Heritage of Poland, « For Your Freedom and Ours » : An Anthology, Allen & Unwin, (lire en ligne), p. 48
  84. Nash et Hodges 2012, p. 214-232
  85. Nash et Hodges 2012, p. 232
  86. Herbst 1969, p. 439

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jules Michelet (préf. Michel Cadot), Légendes démocratiques du Nord, Paris, P.U.F., , 436 p., chap. 1 (« Kosciuszko »)
  • (en) Norman Davies, God's Playground: A History of Poland in Two Volumes, Oxford University Press, (ISBN 978-0-19-925340-1, lire en ligne)
  • (pl) Stanisław Herbst, « Tadeusz Kościuszko », dans Polski Słownik Biograficzny, vol. 14, Cracovie,
  • (en) Gary Nash et Graham Russell Gao Hodges, Friends of Liberty: Thomas Jefferson, Tadeusz Kosciuszko, and Agrippa Hull, Basic Books, (ISBN 9780465031481, lire en ligne), p. 232
  • (en) Alex Storozynski, The Peasant Prince: And the Age of Revolution, Macmillan, New York, (ISBN 9781429966078, lire en ligne)
  • (pl) Alex Storozynski, Kosciuszko Ksiaze chlopow, W.A.B, (ISBN 9788374149303, lire en ligne)
  • (de) Adele Tatarinoff-Eggenschwiler, « Tadeusz Kosciuszko 1746-1817 : Kampf und Opfer für die Freiheit », Jahrbuch für solothurnische Geschichte, Soleure, Buchdruckerei AG, vol. 40,‎
  • (en) Andrzej Walicki, The Enlightenment and the Birth of Modern Nationhood : Polish Political Thought from Noble Republicanism to Tadeus Kosciuszko, Notre Dame (Indiana), University of Notre Dame Press,

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :