Gambit danois
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Le gambit danois (également connu sous le nom de gambit du Nord) est une ouverture du jeu d'échecs. Ce gambit est constitué par les coups 1. e4 e5 2. d4 exd4 3. c3. Il appartient aux jeux ouverts et son code ECO est C21.
Analyse
[modifier | modifier le code]Ce gambit a disparu de la pratique des maîtres car les bonnes défenses noires sont connues[1].
Par exemple 3...dxc3 4. Fc4 ![2] (ligne principale du gambit danois) 4...cxb2 ![2] 5. Fxb2 suivi de 5...d5 ![3], la défense Schlechter, peut se poursuivre notamment par 6. Fxd5 Cf6 7. Fxf7+ !? (7. Cc3 !? est une manière d'essayer de conserver l'initiative[4]) 7...Rxf7 8. Dxd8 Fb4+ 9. Dd2 Fxd2+ 10. Cxd2 Te8[2],[5].
Il peut également suivre 5...Cf6 6. e5 ! Fb4+ 7. Fc3 ! De7 ! 8. De2 ! Cg8 ![2], 5...d6 6. Db3, ou encore 5...Fb4+ 6. Cc3 ! (6.Cd2 ?! Cf6 !) 6...Cf6[2].
La suite 3...dxc3 4. Cxc3 (recommandation d'Alekhine) 4...Cc6 ! 5. Cf3 Fb4 6. Fc4 d6 7. Db3 ?! De7 ! transpose dans le début Ponziani, et est légèrement à l'avantage des Noirs[6].
La suite 3...d5 transpose dans le gambit Göring[2].
D'autres moyens de refuser le gambit danois sont :
- 3...De7 !?, qui peut être suivi de 4. cxd4 ! Dxe4+ 5. Fe3 Cf6 6. Cc3 Fb4 7. Cge2 !?[2]
- 3...d3 ?!, qui peut être suivi de 4. Fxd3 Cc6 5. Cd2 ![2]
- 3...Cf6 ?! 4. e5 ![2]
- 3...c5 ?[2].
Exemples de parties
[modifier | modifier le code]Young-Doré, 1892
[modifier | modifier le code]La partie suivante a été l'objet de deux publications avec des noms de joueurs différents :
- Franklin Knowles Young a présenté la partie en 1897 dans son livre The Grand Tactics of Chess (pp. 412-413), sous le titre : F. K. Young - L. Doré, Boston Press Club, 8 novembre 1892[7].
- La partie est attribuée en 1941 par Julius Du Mont (en) à Atkins (peut-être Henry Atkins, mais ce pourrait être M.G. Atkins) et Jacobs (peut-être Herbert Jacobs[8]) dans son ouvrage 200 Miniature Games of Chess : Combinations in the Openings, publié en 1941.
Les coups de la partie Atkins - Jacobs sont en tout point identiques (sauf les deux derniers demi-coups assenant le mat imparable) à ceux de la partie F. K. Young - L. Doré, de 1892.
Cela dit, la première partie - dans l'ordre chronologique - n'est peut-être elle même pas authentique, ayant pu être composée par Young afin de faire sensation. Elle est en tout cas marquée par l'extrême « indolence » des Noirs, le jeu des Blancs étant totalement « insensé ».
- F. K. Young - L. Doré, Boston, 1892[9] et Atkins - Jacobs, Londres, 1915[10]
- 1. e4 e5 2. d4 exd4 3. c3 dxc3 4. Fc4 Cf6 5. Cf3 Cxe4 6. 0-0 Cd6 7. Cxc3 Cxc4 8. Te1+ Fe7 9. Cd5 Cc6 10. Fg5 f6 11. Tc1 b5 12. Txc4 bxc4 13. Ce5 fxg5?? (13...Rf8) 14. Dh5+ g6 15. Cf6+ Fxf6 16. Cxg6+ De7 17. Txe7+ Fxe7 18. Ce5+ (18. Cxh8+ permet de mater plus rapidement[7]) 18... Rd8 19. Cf7+ Re8 20. Cd6+ Rd8 21. De8+ 1-0 (21...Txe8 22. Cf7 mat).
Une miniature
[modifier | modifier le code]- Henry Bird-Emanuel Lasker, Newcastle, 1892, blitz[11]
- 1. e4 e5 2. d4 exd4 3. c3 dxc3 4. Fc4 cxb2 5. Fxb2 Dg5? 6. Cf3 Dxg2? 7. Tg1 Fb4+ 8. Re2 Dh3 9. Fxf7+ Rd8 10. Fxg7 Ce7 11. Cg5 Dh4 12. Ce6 mat.
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ MCO 14, page 137.
- Igor-Alexandre Nataf, article Les gambits à la loupe : Le gambit danois, rubrique La théorie des ouvertures, mensuel Europe Échecs n° 770 (décembre 2025), pp. 56-59.
- ↑ Siegbert Tarrasch, Traité pratique du jeu d'échecs, p. 380.
- ↑ (es) Daniel Elguezabal Varela, Curso de Aperturas: Sistemas Abiertos, Editorial La Casa del Ajedrez, 2002, p. 36.
- ↑ MCO 14, page 138 (colonne 1).
- ↑ NCO (Nunn's Chess Openings), p. 306.
- Edward Winter sur F.K. Young
- ↑ Parties de Herbert Jacobs.
- ↑ Partie Young-Doré commentée sous Chessgames.com
- ↑ Partie Atkins-Jacobs commentée sous Chessgames.com
- ↑ Partie commentée sous Chessgames.com
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Encyclopédie des ouvertures d'échecs, volume C, 4e édition, Belgrade 2000, (ISBN 8-672970-45-4)
- Karsten Müller, Martin Voigt, Danish dynamite, Russel Enterprises, 2003, (ISBN 1-888690-20-8)