Défense Schliemann

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
a b c d e f g h
8
Chessboard480.svg
Tour noire sur case blanche a8
Fou noir sur case blanche c8
Reine noire sur case noire d8
Roi noir sur case blanche e8
Fou noir sur case noire f8
Cavalier noir sur case blanche g8
Tour noire sur case noire h8
Pion noir sur case noire a7
Pion noir sur case blanche b7
Pion noir sur case noire c7
Pion noir sur case blanche d7
Pion noir sur case noire g7
Pion noir sur case blanche h7
Cavalier noir sur case blanche c6
Fou blanc sur case blanche b5
Pion noir sur case noire e5
Pion noir sur case blanche f5
Pion blanc sur case blanche e4
Cavalier blanc sur case blanche f3
Pion blanc sur case blanche a2
Pion blanc sur case noire b2
Pion blanc sur case blanche c2
Pion blanc sur case noire d2
Pion blanc sur case noire f2
Pion blanc sur case blanche g2
Pion blanc sur case noire h2
Tour blanche sur case noire a1
Cavalier blanc sur case blanche b1
Fou blanc sur case noire c1
Reine blanche sur case blanche d1
Roi blanc sur case noire e1
Tour blanche sur case blanche h1
8
7 7
6 6
5 5
4 4
3 3
2 2
1 1
a b c d e f g h
Défense Schliemann de la partie espagnole / gambit Jaenisch après 3...f5

Au jeu d'échecs, la défense Schliemann ou gambit Jaenisch est l'ouverture qui survient après les coups suivants d'une partie espagnole: 1. e4 e5 2. Cf3 Cc6 3. Fb5 f5!? (coup intéressant et provoquant). Son code ECO est C63.

La défense Schliemann est aussi appelée gambit Jaenisch, du nom de Carl Jaenisch, le théoricien qui a justement lancé la vogue de l'Espagnole par son livre Analyse nouvelle des ouvertures (paru en français). Il a inventé la variante 3...f5 de la partie espagnole en 1847. Cependant, elle a par la suite pris le nom d'un juriste allemand, Adolf Schliemann (1817-1872) qui, vers les années 1860, a joué 3...Fc5 4. c3 f5 (une variante de gambit de la défense Cordel).

Analyse[modifier | modifier le code]

Dans le Tournoi d'échecs de Morelia-Linares de 2008, le grand maître international Teimour Radjabov (figurant parmi les dix meilleurs mondiaux) a employé la défense Schliemann avec succès, dans la mesure où il a obtenu la partie nulle, contre le champion du monde Viswanathan Anand. Un tel emploi de cette variante au plus haut niveau est rare, car la défense Schliemann est jugée douteuse par les théoriciens. Elle est cependant très populaire auprès des joueurs de club car, à leur niveau où la technique est moins raffinée, très peu de personnes sont préparées en profondeur à cette ouverture. Même lorsqu'on affronte un joueur préparé, l'avantage des Blancs n'est souvent pas décisif, les parties entre amateurs étant perdues par celui qui commet la dernière erreur tactique plutôt que par celui qui a perdu la bataille de l'ouverture. Par ailleurs, les Noirs disposent de nombreuses ressources tactiques dans la défense Schliemann si les Blancs ne procèdent pas avec précision. Il est donc impératif pour les joueurs des Blancs qui souhaitent adopter l'Espagnole de connaître une bonne réplique face à cette variante. Dans le cas contraire, l'effet de surprise pourrait fonctionner à plein en faveur des Noirs. Tout ceci fait que la variante est idéale pour les joueurs des Noirs qui aiment prendre l'initiative et ont une bonne mémoire. Nigel Davies l'a bien compris, lui qui en a fait l'épine dorsale du répertoire de son livre Gambiteer II.

En optant pour 3...f5 face au défi espagnol, les Noirs veulent ouvrir la colonne f, ce qui faciliterait une attaque contre le roque blanc, quitte à sacrifier un ou deux pions. L'échange du pion central e4 par ...fxe4 leur donnerait la maîtrise du centre. Les parties qui en découlent sont, si les Blancs jouent les coups recommandés par la théorie, très animées et pleines de complications. En effet, la « meilleure » réponse selon la théorie ne consiste pas à opter pour e4 x f5 mais plutôt à contrôler le centre en mettant à profit la faiblesse que les Noirs ont engendrée par 3...f5 (l'aile Roi noire est affaiblie, un peu comme dans le gambit du roi pour les Blancs).

La variante Schliemann différée 3...a6 4. Fa4 f5 est jugée inférieure à la variante Schliemann proprement dite (elle est donc moins populaire) car les Blancs ont une réponse très satisfaisante à leur disposition par 5. d4! exd4 6. e5.

Principales continuations[modifier | modifier le code]

L'arborescence des coups théoriques est la suivante :

  • 4. exf5 n'apporte aucun avantage : les Noirs répondent 4... e4, il peut suivre 5. De2 De7 6. Fxc6, suivi de 5... dxc6 ou 5... bxc6 ;
  • 4. De2 est inoffensif pour les Noirs ;
  • 4. Fxc6 dxc6 5. Cc3, suivi de 5... Cf6 ou 5... fxe4 ;
  • 4. d3 évite les complications. Il suit : 4... fxe4! 5. dxe4 Cf6 6. o-o ;
  • 4. d4 est le coup le plus violent, mais il ne cause pas de grands soucis aux Noirs. Les suites théoriques sont :
    • 4... fxe4 !
      • 5. Cxe5 Cxe5 6. dxe5 c6 ;
      • 5. Fxc6 dxc6 6. Cxe5 Ff5 7. o-o Fd6 8. Dh5+ g6 ;
  • 4. Cc3 (défendant e4) est le coup recommandé par la théorie, mais il implique d'énormes complications, et il faut donc posséder une bonne mémoire pour pouvoir le jouer dans de bonnes conditions. Il peut suivre :
    • 4... Fb4 !? (coup intéressant) ;
    • 4... Cd4 (recommandé par Alexandre Alekhine)
      • 5. exf5 c6 ;
      • 5. Fc4 c6 ;
      • 5. Fa4 Cf6 ;
    • 4... fxe4 ! 5. Cxe4
      • 5... Cf6
        • 6. De2 De7 ;
        • 6. Cxf6+ ! Dxf6 7. De2 ;
      • 5... d5
        • 6. Cg3 Fg4 ;
        • 6. Cxe5 ! dxe4 7. Cxc6
          • 7... bxc6 8. Fxc6+ Fd7 9. Dh5+ Re7 10. De5+ Fe6 11. f4 Ch6 12. f5 ! ;
          • 7... Dd5 8. c4 Dd6 9. Cxa7+! Fd7 10. Fxd7+ Dxd7 11. Cb5 ;
          • 7... Dg5 (quelle position « sauvage » !) 8. De2 Cf6
            • 9. f4
              • 9... Dh4+ ;
              • 9... Dxf4 ;
            • 9. Cxa7+ Rd8 10. Cxc8 Dxg2 11. Df1 !

Bibliographie[modifier | modifier le code]