Géographie de la Creuse

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Paysage de la Creuse

La Creuse fait partie de la région Nouvelle-Aquitaine. Elle est limitrophe des départements de la Corrèze, de la Haute-Vienne, de l'Allier, du Puy-de-Dôme, du Cher et de l'Indre. Le département est situé à l'extrémité nord-ouest du Massif central. Le plateau de Millevaches occupe le sud-est.

Situation[modifier | modifier le code]

La Creuse présente une superficie de 5 565 km2 et une population de 121 517 habitants, soit une densité de 22 habitants au kilomètre carré. C'est le 61e département par sa superficie[1].

Les principales villes sont Guéret chef-lieu du département de la Creuse avec 14 123 habitants, Bourganeuf avec 3 163 habitants, Aubusson avec 4 239 habitants, Felletin, Ahun, Crozant

Géographie physique[modifier | modifier le code]

Origine[modifier | modifier le code]

La région s'est soulevée à la fin du Protérozoïque (ère primaire), il y a six cents millions d'années, dans le plissement hercynien-varisque, première phase du cycle orogénique de même nom qui a créé les massifs d'Europe de l'Ouest, armoricain, le central et les Vosges en France. À cette période les continents ont une organisation mal connue, car on pense qu'ils se trouvent au milieu d'un cycle de Wilson, entre le super-continent de la Rodinia et celui de la Pangée. Puis l'érosion aplatit les sommets et laisse en place une pénéplaine granitique, qui déverse sur ses marches les résidus détritiques des montagnes qui ont été. La Pangée se forme, puis éclate en Laurasia et Gondwana. Des mers, au nord et à l'ouest viennent baigner des rivages au-delà desquels vont se déposent les Bassins parisien et aquitain.

Le soulèvement des Alpes, prochain cycle orogénique à frapper la région qui deviendra l'Europe, bouscule la pénéplaine du Massif central et fait basculer vers le nord les plateaux dont fait partie la région creusoise. C'est ainsi que se fige la direction de drainage dans laquelle vont couler les rivières qui s'installent, la Grande et la Petite Creuse, la Gartempe, le Thaurion, l'Arnon, la Vienne, le Cher, l'Indre et la Loire.

L'encaissement de la vallée de la Creuse, dans les alluvions qui bordent les premières zones granitiques du Massif central, remonte au début du Quaternaire.

Géologie[modifier | modifier le code]

La pierre aux neuf gradins est un site qui est situé sur la commune de Soubrebost, à proximité de Pontarion.

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste des cours d'eau de la Creuse.

Le département de la Creuse possède de nombreuses rivières, de sources : la Creuse, le Thaurion, la Gartempe, le Cher, la Maulde de nombreux lacs : lac de Vassivière, la Chaume, la Cazine...

Le lac de Vassivière (Vaciviéra en occitan) est un lac artificiel de 9,76 km2. Plan d'eau le plus important du Limousin, il se situe au nord-ouest du plateau de Millevaches, au sein d'une forêt épaisse, dans un site exceptionnel. Le lac a été construit de 1947 à 1950 et mis en service en 1950[2]. Il est alimenté par la Maulde, un affluent de la Vienne. Établi à 650 mètres d’altitude, il est situé pour partie en Haute-Vienne et pour partie en Creuse.

Le lac de Lavaud-Gelade est situé sur les communes de Royère-de-Vassivière, Saint-Marc-à-Loubaud et de Gentioux-Pigerolles dans la Creuse. D'une surface de 285 ha, il est alimenté par le Thaurion. Il est situé dans un site inscrit depuis le .

L’eau est présente aussi à Évaux-les-Bains, la seule station thermale du Limousin, connue depuis l’Antiquité et spécialisée dans la rhumatologie.

Les tourbières[modifier | modifier le code]

La tourbière d'Auzoux-Auchaise

La creuse présente de nombreuses tourbières sur son territoire comme la tourbière de la Mazure. Une tourbière est un écosystème très original, fragile, une zone humide caractérisée par l'accumulation progressive de la tourbe, un sol caractérisé par sa très forte teneur en matière organique majoritairement végétale, peu ou pas décomposée. Cette caractéristique fait des tourbières des puits de carbone.

La faune est pauvre et très spécialisée : le lézard vivipare, le pipit farlouse, la vipère péliade qui bénéficie d'un statut de protection partielle dans la liste de l'arrêté du , le circaète Jean-le-Blanc (Circaetus Galicus) : c'est un oiseau, rapace diurne de la famille des Accipitridés. Sa silhouette ressemble à celle d'une grosse buse. Ses ailes et sa queue sont larges et son ventre est clair tandis que sa poitrine et sa tête sont plus sombres. Il se nourrit presque exclusivement de serpents.

En ce qui concerne la flore, on trouve de nombreuses espèces rares dont toutes les espèces de Droséra.

Les forêts[modifier | modifier le code]

Carte forestière de la Creuse

La forêt limousine est nouvelle. En 1862, elle occupe une faible surface avec 118 900 hectares. Mais après les deux guerres mondiales, par plantations et boisements des terrains abandonnés, elle se développe pour atteindre 584 000 ha en 2003[3]. De fait, le développement de la forêt est proportionnel au déclin de la population.

De grands espaces essentiellement occupés par les forêts de résineux (sapin de Douglas et épicéa) ainsi que de feuillus (chêne, hêtre, bouleau, châtaignier). Les sous-bois offrent en automne des champignons, comme la coulemelle, les cèpes et les bolets bronzés, rudes ou tête de nègre, les girolles, les trompettes-des-morts ou craterelles, les mousserons, les oronges ; au printemps, les morilles, mais aussi des espèces non comestibles comme les bolets satan ou les amanites phalloïdes.

Le climat[modifier | modifier le code]

La Creuse est soumise à un climat océanique plus ou moins dégradé à l'image de son relief qui varie de 200 à 900 m du nord au sud.

Pour le plateau de Millevaches, c'est un climat humide dégradé par des reliefs de moyenne montagne qui sont le premier obstacle aux perturbations venant de l'atlantique. Les précipitations très abondantes. Les chutes de neige significatives et tenant au sol. Températures basses, régies par le relief. Le plateau connaît néanmoins de belles journées tièdes (grâce à une inversion de température), alors qu'elles sont médiocres ailleurs dans les vallées[4].

Géographie humaine[modifier | modifier le code]

Par décret du a été créé le parc naturel régional de Millevaches en Limousin qui s'étend sur 113 communes, couvre une superficie de 300 000 ha et compte 38 000 habitants. Ce classement permet notamment de mener des actions visant à préserver la richesse des milieux naturels du plateau (par exemple, les tourbières)[5].

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

  • Gérard Gouyet, Daniel Dayen, Paul Busuttil, Michèle Giffault, Creuse: Histoire, Art, Traditions, Langue et Littérature, Milieu naturel, Économie et société, Éditions Christine Bonneton, 2007, 319 pages. (ISBN 2862534145)
  • Christophe Rameix, L'école de Crozant: Les peintres de la Creuse et de Gargilesse, 1850-1950, Éditions Lucien Souny, 2002, 196 pages. (ISBN 2911551877)

Galerie[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Départements français classés par superficie
  2. Source : Ministère de l'industrie
  3. Centre régional forestier
  4. La Creuse sur Météo France
  5. Pour plus de détail sur la notion de parc naturel régional, se référer aux articles 333-1 à 333-4 du Code de l'Environnement, accessible sur Légifrance.