Bourganeuf

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Bourganeuf
Hôtel de ville
Hôtel de ville
Blason de Bourganeuf
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Nouvelle-Aquitaine
Département Creuse
Arrondissement Guéret
Canton Bourganeuf
(chef-lieu)
Intercommunalité Communauté de communes CIATE, Bourganeuf/Royère-de-Vassivière
Maire
Mandat
Jean-Pierre Jouhaud
2014-2020
Code postal 23400
Code commune 23030
Démographie
Population
municipale
2 725 hab. (2014 en diminution de 6,26 % par rapport à 2009)
Densité 121 hab./km2
Géographie
Coordonnées 45° 57′ 15″ nord, 1° 45′ 23″ est
Altitude Min. 380 m
Max. 602 m
Superficie 22,54 km2
Localisation

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Liens
Site web http://www.bourganeuf.fr

Bourganeuf (lo Borgon Nuòu en occitan, prononcé Bourgou Nio) est une commune française située dans le département de la Creuse en région Nouvelle-Aquitaine.

Bourganeuf doit sa création médiévale aux Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, ordre religieux et militaire créé en 1104. Depuis le XIIe siècle, jusqu'à la Révolution de 1789, les chevaliers ont habité Bourganeuf, qui a ainsi connu une prospérité et une réputation jamais égalées. Bourganeuf était le chef-lieu de la « vénérable langue d'Auvergne » jusqu'en 1750 où il fut déplacé à Lyon. Il étendait son pouvoir sur le centre de la France, en faisaient partie : l'Auvergne, la Marche, le Velay, le Limousin, le Berry, le Forez, le Bourbonnais, le Lyonnais, le Beaujolais, le Bugey et la Savoie. Le bailli de la « langue d'Auvergne » avait le statut de maréchal, commandant de l'armée que constitue l'ordre[1].

En 1886, Bourganeuf revient au premier plan en devenant la troisième ville française à utiliser la nouvelle énergie d'une centrale hydraulique, l'électricité.

Quantitativement, Bourganeuf est, en nombre d'habitants, la quatrième commune du département derrière Guéret, La Souterraine et Aubusson.

Ses habitants sont appelés les Bourgouniaud(e)s ou Bourganiaud(e)s.

Géographie[modifier | modifier le code]

La commune de Bourganeuf est située à 33 km de Guéret, à 50 km de Limoges et à 400 km de Paris. Elle est traversée par les rivières le Taurion, le Verger, et la Mourne. Bourganeuf est située sur un plateau et sur les coteaux de la colline La Perrière à une altitude moyenne de 450 mètres, à l'extrémité nord-ouest du plateau de Gentioux, prolongement septentrional du plateau de Millevaches.

Communes limitrophes de Bourganeuf
Masbaraud-Mérignat Mansat-la-Courrière
Bourganeuf
Montboucher Saint-Junien-la-Bregère Faux-Mazuras

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Prieuré hospitalier de Bourganeuf.

Bourganeuf ("Borgon Nuòu : petit bourg neuf") doit sa création à une commanderie d'Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem (certains disent de Templiers, mais rien n'est moins sûr) au XIIe siècle. Cette commanderie devint ultérieurement le siège du grand prieuré d'Auvergne, qui fut transféré à Lyon en 1750 par le prieur Amable de Villelume de Thianges.

Bourganeuf conserve pourtant d'importants vestiges de ce grand prieuré : les bâtiments conventuels (devenus l'actuel hôtel de ville), une tour construite par Jean de Lastic en 1530, l'église Saint-Jean (XIIe - XVe siècle), mais surtout la célèbre Tour Zizim

Elle fut chef-lieu de district de 1790 à 1800 et chef-lieu d'arrondissement jusqu'en 1926.

En 1970, l'affaire des amants diaboliques de Bourganeuf inspire le film Les Noces rouges de Claude Chabrol sorti en 1973[2].

L'histoire de Zizim[modifier | modifier le code]

Turkey.Bodrum.Cem03.jpg
Article détaillé : Zizim.

En , à la mort de l'empereur ottoman Mehmed II, le conquérant de Constantinople (1453), ses deux fils, Jem (turc : Cem), appelé "Zizim" par les Européens et Bajazet II, se disputent le pouvoir. Défait à deux reprises, Djem se met sous la protection des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem à Rhodes. Il est reçu par le grand maître Pierre d'Aubusson le . Traité avec déférence, mais en otage, il est conduit, sous la garde de Guy de Blanchefort, devenu grand maître de la Langue d'Auvergne depuis 1476, dans le comté de Nice, dans le Dauphiné, et enfin à Bourganeuf, siège du grand prieuré d'Auvergne, où il restera en captivité de 1486 à 1488 dans la tour construite à son intention, qui porte encore son nom francisé : Tour Zizim.

Son séjour en France a donné lieu à bien des légendes romantiques. On lui prête à Sassenage (Dauphiné) et dans la Marche des aventures sentimentales invraisemblables, de même qu'on a cru devoir lui attribuer, avec George Sand et d'autres, la confection des tapisseries dites de La Dame à la licorne aujourd'hui conservées au musée du Moyen Âge (ancien hôtel de l'abbaye de Cluny à Paris). Les croissants de lune présents sur l'écu de la dame appartiennent en fait à la puissante famille lyonnaise des Le Viste et n'ont donc rien à voir avec le prince musulman.

Djem quitte Bourganeuf le pour être remis au pape Innocent VIII. Il arrive à Rome le et réside au château Saint-Ange. En 1494, le pape Alexandre VI Borgia est contraint de le remettre au roi de France Charles VIII, entré en Italie, et qui envisage, depuis le royaume de Naples, une "croisade" en Grèce, possession de l’Empire ottoman. Djem meurt en 1495 à Capoue, dans des conditions jamais élucidées. Sa dépouille est ramenée en Turquie pour être inhumée à Brousse, où son tombeau existe toujours.

La « fée électricité »[modifier | modifier le code]

Les gorges du Verger
Article détaillé : Bourganeuf ville lumière.

La ville de Bourganeuf a été la troisième ville française à recevoir l'électricité en 1886[3], et la première avec le transport de l'électricité à longue distance.

Mais les eaux du ruisseau du Verger, qui avait accueilli la dynamo de sa première usine, furent trop basses pendant l'été 1886 pour alimenter correctement les soixante lumières de Bourganeuf. On décida alors d'utiliser la cascade des Jarrauds d'une hauteur de 14 mètres et qui pouvait assurer une production largement suffisante, mais était distante de Bourganeuf de 14 km.

C'est grâce à l'initiative de l'ingénieur Marcel Deprez et après trois ans d'études et un an de travaux de à , que les installations des usines de la cascade des Jarrauds et de Bourganeuf furent les premières en France où l'on transporta l'électricité sur une telle distance. L'installation comprenait une turbine hydraulique de 130 CV avec une génératrice de 100 CV. Le câble électrique qui reliait les deux sites avait un diamètre de 5 mm. On put ainsi réaliser un éclairage public de la ville rues, mairie, église, cafés, etc.) avec 106 lampes.

Pour couronner cette prouesse technique, le premier téléphone de la région reliait les installations de la cascade et de Bourganeuf ; alors qu'en France, l'utilisation commerciale du téléphone datait seulement de 1879.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Albe arms.svg

Selon d'Hozier, les armoiries de Bourganeuf se blasonnent ainsi :

De sable à trois chevrons ondés d'argent.


Économie[modifier | modifier le code]

Le bois[modifier | modifier le code]

Empilement de billons

La commune de Bourganeuf est un pôle bois important du Limousin. Ainsi de nombreuses entreprises sont implantées à Bourganeuf : « Cosylva » fabrique de lamellé-collé, « Bourganeuf Bois  » est une scierie de bois résineux d’industrie, « Sokibo » (Parquets Marty) est une scierie de feuillus, « Séqueira » est une scierie de feuillus et de résineux, enfin « Séqueira Joachim » travaille dans l’exploitation, le négoce et le séchage. « Douglas Structure » est une nouvelle scierie de résineux en cours d’implantation à Bourganeuf.

De nombreux exploitants de travaux forestiers travaillent dans ce pôle bois : sylviculture, bûcheronnage, débardage, des négociants, des coopératives forestières et des propriétaires forestiers privés, auxquels il faut ajouter les forêts domaniales de Mérignat et de Faux-Mazuras et les forêts communales.

La filière bois induit également d'autres activités notamment dans les domaines du transport, de l’équipement de matériel, de la vente, de l'entretien et réparations de ces matériels. La commune utilise, depuis 1985 pour ses équipements publics, un réseau de chaleur d’une puissance de 3,2 MW, alimenté par des déchets de bois et de plaquettes forestières produits par les scieries de la commune[4].

Le commerce[modifier | modifier le code]

La ville fut en tout temps un centre de commerce,de nombreux magasins jallonnent la rue principale, tous les mercredis un marché a lieu place de l'Hôtel de ville, place de l'Etang et sur le Mail du château.

L'agriculture[modifier | modifier le code]

Une dizaine d’exploitations agricoles sont présentes sur le territoire communal. La majorité élève des bovins de race limousine mais il existe aussi quelques activités diversifiées, telle que l'élevage de bisons.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Élection municipale du 9 mars 2008[modifier | modifier le code]

Sur les 1821 inscrits, 1281 ont voté soit 70,70 % et 531 se sont abstenus soit 29,30 %. Parmi les 1281 votants, 1198 se sont exprimés soit 66,11 %.
Les 23 membres de la liste Tous unis pour Bourganeuf sont élus[5] À l'issue de ce vote Jean-Pierre Jouhaud a été réélu maire de la commune[6].

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste des maires de Bourganeuf.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[7]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[8].

En 2014, la commune comptait 2 725 habitants[Note 1], en diminution de 6,26 % par rapport à 2009 (Creuse : -2,43 %).

          Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
2 062 1 988 1 959 2 203 2 849 2 940 3 080 3 202 3 384
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
3 197 3 222 3 501 3 591 3 620 3 726 3 902 3 863 3 524
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
3 675 3 864 3 875 3 659 3 561 3 364 3 117 3 464 3 308
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2008
3 310 3 804 3 637 3 738 3 385 3 163 2 980 2 948 2 917
2013 2014 - - - - - - -
2 732 2 725 - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[9] puis Insee à partir de 2006[10].)
Histogramme de l'évolution démographique

Enseignement[modifier | modifier le code]

- Une école maternelle

- Deux écoles primaires

- Un collège d'enseignement secondaire

- Un Lycée professionnel

- Un Centre de Formation Agricole Delphine Gay[11].

Patrimoine et culture[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

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Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Jumelages[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Butaud, Bourganeuf ville médiévale, Imprimerie Rebière,  ;
  • Maurice Favone, Histoire de la Marche., Dorbon aîné éditeur,  ;
  • René Boudard, Regards sur Le passé d'une petite ville limousine, Bourganeuf au fil des âges, Ville de Bourganeuf, .

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2017, millésimée 2014, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2016, date de référence statistique : .

Références[modifier | modifier le code]