Géographie de Wallis-et-Futuna

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Cet article présente la géographie de Wallis-et-Futuna, collectivité d'outre-mer française du Pacifique. L'appellation « archipel » appliqué à Wallis-et-Futuna est impropre car les deux îles sont distantes d'environ 250 kilomètres, sans unité géographique ou historique. Néanmoins, tant par la population que par la géographie, ces îles possèdent des points communs.

Localisation[modifier | modifier le code]

Wallis-et-Futuna est situé dans l'océan Pacifique. De par leur situation insulaire, elles offrent à la France une zone économique exclusive de 266 000 km2[1]. Plusieurs frontières de la France sont délimitées par les eaux territoriales de Wallis-et-Futuna : avec les Fidji, les Samoa, la Nouvelle-Zélande (Tokelau), les Tonga et les Tuvalu.

Géologie[modifier | modifier le code]

Wallis possède un grand lagon, dans lequel se trouvent treize îlots. Vue aérienne du lagon de Wallis en 1943 prise par la marine américaine.
Carte de Wallis-et-Futuna

Wallis et Futuna sont des îles au relief volcanique et aux côtes très découpées. Protégées par une ceinture de récif, elles sont difficiles d'accès. Wallis-et-Futuna possèdent 106 km de côtes au total[2].

Wallis[modifier | modifier le code]

Les îles Wallis (77,9 km2)[3], au nord-est, sont composées d'une île principale, Uvéa, et de plusieurs îlots coralliens. C'est un ancien volcan qui a commencé à s'enfoncer, laissant ainsi apparaître un récif corallien et un lagon ouvert sur l'océan par quatre passes dont seule une est navigable pour les navires de gros tonnage (passe Honikulu, au sud). Son point culminant, le mont Lulu, est peu élevé (151 mètres). Bien que dépourvue de ruisseaux, l'île est ponctuée de lacs de cratère dont le plus grand est le lac Lalolalo, et qui constituent de précieuses réserves d'eau douce pour l'île. Le lac Lanutavake et le lac Lano sont également importants.

Futuna et Alofi[modifier | modifier le code]

Futuna et Alofi vues depuis l'espace.

Les îles Horn ou îles de Horne (ou Hoorn) (64,3 km2)[3], au sud-ouest, sont composées de deux îles principales : l'île de Futuna et sa voisine immédiate, l'île d'Alofi (plus petite, au relief plus accidenté, plus élevé et ne comportant pas de récif corallien). Elles sont ouvertes sur l'océan Pacifique. En effet, leur existence est liée à un volcanisme plus récent. Leur point culminant, le mont Puke sur Futuna, est à 522 mètres environ. Elles sont traversées de ruisseaux apportant de l'eau douce. Futuna est ceinturée de récifs.

Volcanisme sous-marin[modifier | modifier le code]

En 2010, un large volcan sous-marin, dénommé Kulo lasi, a été découvert par l'IFREMER au sud-est de Futuna. Cette zone (qui fait partie de la zone économique exclusive de la France) ainsi que plusieurs autres sites explorés contiennent des métaux rares et constituent donc un intérêt stratégique pour la France[4].

Climat[modifier | modifier le code]

Photo montrant une plage de sable fin avec des cocotiers et deux noix de coco ; en arrière plan, une grande île sombre se détache ; au loin, on aperçoit les vagues qui se brisent sur le récif.
Vue sur l'un des îlots de Wallis et le récif en arrière-plan.

Le climat de l'archipel est du type tropical maritime, avec une très importante humidité se situant la plupart du temps au-dessus des 80 %, et d'assez fortes températures, toujours comprises au-dessus des 25 °C, ne variant pas tellement entre le jour et la nuit[5].

Le climat de l'archipel peut se décliner en deux principales saisons[6]. La première, qui s'étale approximativement de mai à septembre, est généralement fortement balayée par les alizés, qui participent au rafraîchissement des températures. La seconde, qui comprend les mois d'octobre à avril est, quant à elle, surtout caractérisée par de hautes températures et de très fortes précipitations pouvant parfois être accompagnées par des cyclones.

Utilisation de l'espace à Wallis[modifier | modifier le code]

Habitat, toafa et forêt[modifier | modifier le code]

Photo satellite du centre et du nord de Wallis. Les villages sont concentrés sur la côte est, tandis que les zones cultivés se situent à l'ouest.

À Wallis, les villages se concentrent sur la côte est et le sud. Cela s'explique par la présence des alizés en juillet et août qui rendent la température plus clémente, ainsi qu'un accès facile au lagon[7]. Des tarodières se trouvent à proximité de la mer, tandis que les jardins des habitants et les plantations (ignames...) se situent plus à l'intérieur des terres[8]. Historiquement, les Wallisiens ont toujours habité sur la côte[9].

Carte du toafa (d'après les données de Géoportail de l'Université de Nouvelle-Calédonie[10])

Le centre et le plateau nord de l'île, dénommé toafa (« désert » en wallisien[11]), est un maquis peu propice aux cultures[8]. Néanmoins, depuis les années 1970, il a été peu à peu aménagé et des habitations y ont été construites, afin de faire face à l'augmentation de la population et la raréfaction de l'espace en bord de mer[12]. Des routes ont été construites, les maisons ont été reliées en eau et électricité et la perception de cet espace a changé[13] : « ce sont surtout des jeunes couples qui s'installent au toafa, qui veulent construire une maison moderne, et profiter du calme et de la distance de la famille »[9]

Enfin, au sud-ouest de l'île se trouve une forêt tropicale (va’o matu’a), sous l'autorité du roi (Lavelua) de l'île. Ce dernier peut autoriser son exploitation en cas de besoin[14].

Quelques mangroves sont également présentes sur la côte ouest[15].

Espace vécu[modifier | modifier le code]

Une habitation traditionnelle (fale) sur l'îlot de Faioa.

D'après Elizabeth Worliczek, l'espace dans lequel évoluent les habitants est constitué de la manière suivante. Autour de l'habitation familiale (fale) se trouvent le parc à cochons, un abri pour faire la cuisine (paito), ainsi que des jardins. Cette maison se trouve dans un village, lui-même présent dans l'un des trois districts de l'île. Le « centre », Mata Utu (où se situe l'administration, le palais royal et les principaux magasins), est également un lieu important que les habitants fréquentent régulièrement. Enfin, on trouve les îlots (motu), qui appartiennent aux différentes familles wallisiennes. Parfois cultivés, ce sont surtout des endroits où l'on va pour se détendre et se reposer[16].

La vie quotidienne est ainsi orientée vers l'est et les habitants vont « vers l'arrière » (muli) lorsqu'ils se rendent dans les plantations situées à l'ouest de l'île[17].

Districts[modifier | modifier le code]

L'île compte trois districts : Hihifo au nord, Hahake au centre, Mu'a au sud. Hihifo signifie « ouest » ou « descente », Hahake signifie « est, orient, montée » et Mu'a se traduit par « le premier, marcher en tête, en avant ». Pour Worlizcek, cette dénomination vient en partie du mouvement du soleil : « les gens de Mu'a voient le soleil se lever en premier le matin. Les gens de Hahake voient la montée, et les gens de Hihifo voient la descente »[18]. Ainsi, dans la vision wallisienne, le sud est en avant. Cette perception de l'espace est l'héritage de la conquête de l'île par les Tongiens, qui ont fortifié le sud de l'île (Mu'a) pour résister au nord (Hihifo), demeuré indépendant[19]. D'autre part, Worliczek fait remarquer que le nom des trois districts fait écho à la situation aux Tonga : Mu'a, la demeure du Tu'i Tonga, se trouvait à Hahake (à l'est de Tongatapu) tandis que le district de Hihifo était son adversaire[12].

Réseau routier[modifier | modifier le code]

Une route dans le village de Vailala à Wallis.

Routes à Wallis[modifier | modifier le code]

Le réseau routier de Wallis est constitué de 65 routes territoriales (80 km au total[20]), dont trois principales. La RT1 fait le tour de l'île du nord au sud et passe par toutes les communes de l'île, la RT2 part du village de Alele, dessert l'aéroport de Hihifo puis traverse le centre de l'île jusqu'à Fineveke, près de Mala'etoli. La RT3 part de Mata Utu et traverse l'île d'est en ouest jusqu'à rejoindre la RT1 avant Ahoa[21]. Viennent ensuite les routes de district, puis les routes de village[20].

Routes à Futuna[modifier | modifier le code]

Une route territoriale, la RT1, fait le tour de Futuna, et dessert les différents villages. En février 2018, l'île a été équipée de panneaux de signalisation, quasi-inexistants jusque-là[22].

État et entretien du réseau routier[modifier | modifier le code]

La plupart des routes sont bitumées, mais certaines (notamment une portion de la RT1 à l'ouest de l'île) n'ont pas de revêtement[21]. Les routes territoriales et de district sont entretenues par les Travaux Publics locaux et leur financement est assuré par l'Assemblée territoriale de Wallis-et-Futuna, via les dotations de l’État français[20].

Le mauvais état du réseau routier provoque le mécontentement des habitants sur les deux îles. « Cela fait plus de 30 ans que l’état de la route circulaire de Futuna est déplorable. Une route jonchée de nids de poules (...) »[23]. Parfois, les habitants eux-mêmes assurent l'entretien des routes - une situation qui était commune dans les années 1980[24]. En janvier 2018, une pétition recueille plus de 1400 signatures à Wallis demandant l'amélioration des routes[25].

Les intempéries (fortes pluies) et les cyclones endommagent régulièrement les routes de Wallis et Futuna. Ainsi, après le passage du cyclone Thomas en 2010, il n'était plus possible de faire le tour de Futuna en voiture[26].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Elisabeth Worliczek, La vision de l’espace littoral sur l’île Wallis et l’atoll Rangiroa dans le contexte du changement climatique : Une analyse anthropologique de la perception des populations locales (Thèse de doctorat en Anthropologie), Université de la Nouvelle-Calédonie/Universität Wien, , 503 p. (DOI 10.6098/2013NCAL0049, lire en ligne)
  • Dominique Pechberty et Epifania Toa, Vivre la coutume à ʻUvea (Wallis), L'Harmattan, (lire en ligne)

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Les zones économiques exclusives ultramarines : le moment de vérité », sur www.senat.fr (consulté le 28 janvier 2019)
  2. IGN magazine, no 54, juillet-août 2009, p. 8. Lire en ligne [PDF]
  3. a et b « Présentation générale, Préfecture de Wallis-et-Futuna »
  4. « La France relance la course aux métaux rares », sur lesechos.fr (consulté le 28 janvier 2019)
  5. Ministère des Outre-mer, « Présentation de Wallis-et-Futuna » (consulté le 24 août 2013)
  6. Continent Océanien, « Caractéristiques de l'archipel de Wallis-et-Futuna » (consulté le 24 août 2013)
  7. Pechberty et Toa 2004, p. 211
  8. a et b Worliczek 2013, p. 62
  9. a et b Worliczek 2013, p. 113-114
  10. « GeoPortail UNC », sur grimm.univ-nc.nc (consulté le 23 août 2018)
  11. (fr + wls) Karl H. Rensch, Tikisionalio Fakauvea-Fakafalani - Dictionnaire wallisien-français, Archipelago Press, (lire en ligne)
  12. a et b Worliczek 2013, p. 101
  13. Worliczek 2013, p. 159-160
  14. Sophie Chave-Dartoen, « Ignames, enfants des hommes. Horticulture et reconduction du social à Wallis (Polynésie occidentale)1 », Journal de la société des océanistes, nos 130-131,‎ , p. 145–160 (ISSN 0300-953X et 1760-7256, DOI 10.4000/jso.6057, lire en ligne, consulté le 23 août 2018)
  15. « GeoPortail UNC », (cliquer sur "mangroves" pour les afficher), sur grimm.univ-nc.nc (consulté le 23 août 2018)
  16. Worliczek 2013, p. 96
  17. Worliczek 2013, p. 102
  18. Worliczek 2013, p. 100
  19. Christophe Sand, « Empires maritimes préhistoriques dans le Pacifique : Ga'asialili et la mise en place d'une colonie tongienne à Uvea (Wallis, Polynésie occidentale) », Journal de la Société des océanistes, vol. 108, no 1,‎ , p. 103–124 (DOI 10.3406/jso.1999.2081, lire en ligne, consulté le 21 septembre 2016)
  20. a b et c « Routes: qui gère à Wallis et Futuna ? », Wallis et Futuna la 1ère,‎ (lire en ligne, consulté le 25 août 2018)
  21. a et b Routes territoriales, Préfecture de Wallis-et-Futuna, (lire en ligne [PDF])
  22. « Futuna s'équipe de panneaux de signalisation - Wallis et Futuna la 1ère », Wallis et Futuna la 1ère,‎ (lire en ligne, consulté le 25 août 2018)
  23. « Mauvais état du réseau routier : les futuniens réagissent - Wallis et Futuna la 1ère », Wallis et Futuna la 1ère,‎ (lire en ligne, consulté le 25 août 2018)
  24. « Futuna : rebouchage des routes à l'ancienne - Wallis et Futuna la 1ère », Wallis et Futuna la 1ère,‎ (lire en ligne, consulté le 25 août 2018)
  25. « La petition pour de meilleures routes à Wallis déposée en Préfecture. Le pétitionnaire a été reçu par le préfet. Qu'en est-il ? - Wallis et Futuna la 1ère », Wallis et Futuna la 1ère,‎ (lire en ligne, consulté le 25 août 2018)
  26. « Quatre kilomètres de route refaite à Futuna en 2018 - Wallis et Futuna la 1ère », Wallis et Futuna la 1ère,‎ (lire en ligne, consulté le 25 août 2018)