Géographie de la Haute-Saône

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La géographie de la Haute-Saône est marquée par la prédominance des plateaux hauts-saônois au centre et du Bas-Jura au sud-est. L'est s'ouvre sur la trouée de Belfort, entre les Vosges et le Jura. Il est arrosé par la Saône, l'Ognon, le Rahin et d'autres rivières et ruisseaux moins importants, notamment dans les vallées du Nord.

Le sous-sol du département est marqué, à l'Est, par la présence de deux bassins houillers : le sous-vosgien et le keupérien.

Le réseau routier est moins développé que dans les départements voisins en raison d'une plus faible implantation humaine avec 5 petits pôles urbains : Vesoul, Gray, Lure, Luxeuil-les-Bains et Héricourt. En revanche, il est traversé par la ligne de Paris-Est à Mulhouse-Ville et la LGV Rhin-Rhône.

Topographie[modifier | modifier le code]

Paysage de Palante, près de Lure. Alternance de prairies vallonnées et forêt de feuillus, au pied des Vosges saônoises.
Article connexe : Vosges saônoises.

La Haute-Saône occupe principalement les plateaux éponymes, entre Vesoul et Gray[1]. Dans la lointaine périphérie nord entre Champlitte et Jussey des reliefs marquent les frontières avec la Bourgogne. Au côté gauche de la Saône, dans le sud, le département présente de plus importants reliefs à l'approche du Jura, à partir de l'axe Vesoul Gy.

La moitié nord du territoire est mélange paysage relativement plat, puis vallonné en approchant du Massif des Vosges. Non loin des limites administratives culminent le ballon de Servance (point culminant), la Planche des Belles Filles et le ballon d'Alsace à respectivement 1 216 m, 1 148 m et 1 247 m d'altitude.

Entre les Vosges et le Jura prend place la trouée de Belfort, un espace plus accessible, qui n'appartient pas à proprement parler à la Haute-Saône.

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Le réseau hydrographique du département s'écoule dans le bassin versant du Rhône en direction du sud ouest, décomposé lui-même en plusieurs sous bassins versant.

Principaux cours d'eau:

D'autres rivières et ruisseaux moins importants s'écoulent, notamment dans les vallées du Nord. Le département est aussi marqué par un grand nombre de plans d'eau naturels où artificiels, principalement dans la Région des Mille étangs et dans les communes de Champagney, Lure, Roye.

Géologie[modifier | modifier le code]

Carte des communes de Haute-Saône.
Les ressources minéralogiques du département.

Le plateau de Haute-Saône est situé dans la dépression sous-vosgienne[2], à la frontière entre une dépression triasique et une dépression liasique[3].

Le bassin houiller stéphanien sous-vosgien qui s'étend depuis Saint-Germain (Haute-Saône) et Lomont en direction du Territoire de Belfort appartient à l'étage Stéphanien, qui est daté entre -304 et -299 millions d'années. Il s'appuie sur le versant méridional du massif des Vosges et se prolonge vers le vaste fossé rhénan. Il est recouvert par une grande quantité de grès rouge et par divers types d'argiles. Il est abondamment exploité entre le XVIIIe siècle et le XXe siècle par les houillères de Ronchamp[4].

Le bassin houiller keupérien est le plus récent des deux gisements de Haute-Saône, daté entre -230 et -220 millions d'années. Il est exploité entre la fin du XVIe siècle et le milieu du XXe siècle dans le sud-est du département ainsi que dans le nord du Doubs et du Jura. Bien qu'il soit exploité plus longtemps que le bassin minier de Ronchamp et Champagney, son influence économique et sociale est moindre, sa production étant plutôt artisanale et irrégulière. L'activité atteint son apogée au XIXe siècle où huit concessions sont accordées entre 1826 et 1845 pour l'exploitation du bassin, dont trois qui fusionnent en 1879.

La Haute-Saône possède aussi un gisement de sel gemme du Trias supérieur mêlé à la houille keupérienne, un gisement de schiste bitumineux daté du Toarcien[5]. Du minerai de fer est extrait partout dans le département et divers minerais métalliques sont exploités dans les Vosges saônoises en particulier dans les mines de la vallée de Saint-Antoine entre les XVe et XVIIIe siècles[6]

Climat[modifier | modifier le code]

Le département de la Haute-Saône est soumis à une double influence :

  • océanique : passage de perturbations apportant une pluviosité importante en quantité comme en fréquence ;
  • continentale : éloigné de l’influence régulatrice de l’océan, le département est sous influence continentale de par son éloignement à la mer. Les amplitudes thermiques annuelles y sont importantes, autorisant à la fois des chutes de neige et des fortes gelées l’hiver, tout en subissant sécheresses et chaleur l’été.

La proximité du Massif des Vosges et du Jura façonnent également les lignes directrices de la météorologie locale. Ces deux reliefs agissent comme des barrières empêchant les masses d'air arrivant de l'ouest de continuer sur la Suisse. Les hauteurs du Doubs y subissent des précipitations orographiques.

Localement, la présence d'une nappe phréatique affleurante (Plateau des Mille étangs par exemple) atténue le stress hydrique en saison estivale, tandis que les masses d'eau constituants les étangs agissent comme régulateur thermique.

Transports[modifier | modifier le code]

Réseau routier principal de la Haute-Saône.
    Lignes bleues : autoroutes
    Lignes rouges : 2x2 voies
    Pontillés rouges : travaux de mise en 2x2 voies en cours
    Pontillés verts : projets de mise en 2x2 voies (pas de travaux avant 2021)
    Lignes noires : 2x1 voies
Intégration de la Haute-Saône dans le réseau de transport de la Région.

La situation avant tout rurale de la Haute-Saône, dénuée d'une armature urbaine forte conditionne l'offre de transport. Celle-ci peut se résumer à sa fonction de transit à l'échelle régionale. Les grandes infrastructures de transport sont davantage regroupées sur le département voisin du Doubs, dans un axe national du Grand Est connectant l'Alsace à Dijon ou Lyon.

Axes routiers[modifier | modifier le code]

Le réseau routier est structuré par la faible armature urbaine du département, autour de trois points nodaux majeurs : Vesoul, Lure et Luxeuil, et est relié aux villes voisines. Ces trois villes sont connectées entre elles par des routes aménagées pour que la circulation y soit fluide. À ce titre, l'axe Lure - Luxeuil est réalisé en tronçon de 4 voies avec contournement.

À partir de ce réseau primaire interne, des connexions sont établies avec les grandes villes en périphérie de la Haute-Saône. La N19, qui commence à Delle à la frontière Suisse, traverse la Haute-Saône par Héricourt, Lure et Vesoul, et la quitte en allant sur Langres et Chaumont, pou se terminer sur la capitale.

L'axe Lure - Luxeuil est réalisé par la D64 en tronçon de voie rapide 4 voies, continuant à l'ouest de Lure sur Montbéliard, et au Nord de Luxeuil sur le département des Vosges, aujourd'hui devenue la E54 elle est intégralement en 2x2 voies depuis Montbéliard dans le Doubs, jusqu'à son prolongement par la N57 à Remiremont puis Épinal. La N57 traverse d'ailleurs le département en passant par Luxeuil, Vesoul, pour continuer sur Besançon avant de continuer sur Pontarlier pour accéder à la Suisse.

Il n'existe aucune autoroute sur le territoire départemental, la plus proche étant l'A36, traversant la Franche-Comté en longeant la frontière entre le Doubs et la Haute-Saône.

En dehors de ces grands axes majeurs à l'échelle régionale, un réseau routier secondaire permet d’irriguer les villages relativement efficacement en raison de la faible contrainte topographique de la géographie départementale.

Axes ferroviaires[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste des gares de la Haute-Saône.

Transport en commun[modifier | modifier le code]

La Haute-Saône est un espace majoritairement rural du fait d'une armature urbaine faible. De fait, la rentabilité des transports collectifs ne peut être valable que sur les grandes liaisons inter-urbaine, ou sur la desserte intra-urbaine. La logique hub and spoke est donc le schéma organisationnel en vigueur.

Le département est desservi par le réseau Mobigo de la région Bourgogne-Franche-Comté, qui propose des lignes entre Gray et Besançon et Vesoul et Besançon. Vesoul est la seule agglomération du département à avoir son propre système de bus nommé VBus.

Implantation humaine[modifier | modifier le code]

Le département a la particularité d'avoir 5 pôles urbains : Vesoul, Gray, Lure, Luxeuil-les-Bains et Héricourt, il possède un caractère rural. Un bassin minier s'est développé du milieu du XVIIIe siècle jusqu'au milieu du XXe siècle sur plusieurs communes situées à l'est de l'arrondissement de Lure.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Plateaux de la Haute-Saône
  2. « La dépression sous-vosgienne », sur http://www.caue-franche-comte.fr/.
  3. Le Guide de la Haute-Saône, Jean-Christophe Demard, 1996 (ISBN 2-7377-0296-8), croquis en p. 15.
  4. « Le bassin houiller de Ronchamp et les concessions », sur Les Amis du Musée de la Mine (consulté le 25 juillet 2014).
  5. Marcel Lanoir, Carburants rhodaniens : les schistes bitumineux, notamment dans la Haute-Saône, vol. 7, coll. « Les Études rhodaniennes », (lire en ligne), p. 328.
  6. Les mines du Laurier, Déchiffrer le patrimoine, Parc naturel régional des Ballons des Vosges (ISBN 2-910328-06-6).

Liens externes[modifier | modifier le code]