Esclavage au Québec

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Deux esclaves sur trois[1],[2],[3] ayant vécu dans l'actuel Canada français étaient des Amérindiens, et ces Amérindiens étaient eux-mêmes très souvent Pawnees.
Les descendants des esclaves noirs qui ont vécu dans l'actuel Canada français sont des Canadiens français passant pour Blancs[4],[5],[6]. Ils portent des noms comme Carbonneau, Charest, Johnson, Lafleur, Lemire, Lepage, Marois et Paradis[7].

L'esclavage sur le territoire maintenant connu sous le nom de Québec remonte minimalement à 1629, date de l'arrivée d'Olivier Le Jeune[8], et peut-être à plus encore, car les Amérindiens pratiquaient alors eux-mêmes l'esclavage en Amérique du Nord[9]. Il disparut officiellement par la promulgation de la loi de 1833[10], qu'on n'appliqua que le 1er août 1834, ayant ainsi duré un peu plus de deux siècles, d'abord sous le régime français puis anglais. Au total, il est possible de dénombrer que, sur ce territoire d'Amérique du Nord, 4 092 personnes auront été esclaves lors de cette période ; 2 692 Amérindiens et 1 443 Noirs[11].

Pour la plupart, ces esclaves auront servi de domestiques[12] et se seront concentrés dans les grandes villes telles que Montréal, Québec et Trois-Rivières[13]. Les propriétaires d'esclaves, quant à eux, furent en grande majorité des Canadiens Anglais][14] et occupèrent souvent des postes importants au sein de la société tels que hauts fonctionnaires, militaires, commerçants, médecins, clercs, notaires, etc[15].

Sous le Régime français (1534-1760)[modifier | modifier le code]

Divers colons de la Nouvelle-France étaient propriétaires d'esclaves noirs ou autochtones qui leur étaient souvent offerts comme don[16].

Premier esclave connu de la colonie[modifier | modifier le code]

Le premier esclave connu en Nouvelle-France est un jeune africain du nom d'Olivier Le Jeune, qui fut amené à Québec par les frères Kirke en 1629 lors de leur occupation de la ville au nom de l'Angleterre dans le cadre de la Guerre franco-anglaise. Esclave d'un des trois frères, il sera par la suite vendu à un commis français au service des Anglais dénommé Le Baillif, qui l'offrira en 1632 au colon français Guillaume Couillard[8]. Il sera inhumé à Québec en 1654 sous le titre de « domestique », sans indications sur son statut esclave ou de personne libre[20].

Cas des Amérindiens[modifier | modifier le code]

Avant l'arrivée des premiers Européens en Amérique du Nord, les sociétés amérindiennes du continent pratiquaient déjà l'esclavage et se livraient à la traite d'esclaves entre elles[9]. Les Français implantés sur le territoire acquirent donc des esclaves autochtones en traitant avec les Amérindiens[21] ou par la mise en servitude de prisonniers de guerre[22].

L'esclavage des Autochtones par les Français s’amorça à partir de 1671, époque à laquelle plusieurs Amérindiens livrèrent leurs congénères en tant qu'esclaves à des Français[23]. À partir de 1687, la réduction en esclavage d'Amérindiens devint constante tout en demeurant assez limitée[24], et ce, jusqu'à la promulgation d'un édit sur l'esclavage en 1709 qui eut pour effet de faire connaître un essor à cette pratique, et donc d'accroître le nombre d'esclaves amérindiens, dès l'année suivante, en 1710[25].

Cas des Noirs sous le Régime français[modifier | modifier le code]

Quant à l'esclavage des Noirs dans la colonie, il débuta véritablement à partir de 1686, époque à laquelle des Noirs commencèrent à y arriver en tant qu'esclaves, et ce, en petit nombre et de façon irrégulière[26]. Ces derniers provenaient en majorité des Treize colonies de par la guerre ou de par la contrebande et en minorité d'autres territoires coloniaux français[27] tels les Antilles, la Louisiane[28] et la Guinée[29]. De plus, plusieurs esclaves marrons s'étant enfuis des Treize colonies pour gagner le Canada y furent gardés et soumis à l'esclavage[30]. Puis, à partir de 1743, l'augmentation des conflits armés entre Français et Anglais en Amérique du Nord eut pour conséquence d'accroître le nombre d'esclaves noirs amenés dans la colonie, y arrivant alors de manière constante et en nombre plus important[27].

Cargaison d'esclaves noirs[modifier | modifier le code]

En 1688, plusieurs hauts fonctionnaires de la colonie, tels que le gouverneur Jacques-René de Brisay, l'intendant Jean Bochart de Champigny et le procureur général Francois-Madeleine Ruette d'Auteuil, effectuèrent des démarches auprès du Roi de France Louis XIV pour que ce dernier autorise l'introduction d'esclaves noirs dans la colonie afin de remédier au problème de pénurie de main-d’œuvre et favoriser le défrichement ainsi que la culture des terres[31]. Le Roi l'autorisa l'année suivante, en 1689, et il renouvela cette autorisation en 1701. Toutefois, plusieurs guerres impliquant la France en Europe et leurs versants en Amérique du Nord, Guerre de la Ligue d'Augsbourg et Première guerre intercoloniale de 1689 à 1697 puis Guerre de Succession d'Espagne et Deuxième guerre intercoloniale de 1702 à 1713, vinrent empêcher l'envoi de cargaison d'esclaves noirs dans la colonie[32].

De 1716 à 1721, l'intendant Michel Bégon de la Picardière envoya plusieurs lettres et un mémoire au Conseil de la Marine française afin de demander qu'une cargaison d'esclaves noirs soit envoyée dans la colonie ainsi que pour convaincre de l'utilité et de la rentabilité du projet[33]. En début d'année 1721, le Conseil accepta la demande de l'intendant Bégon et envoya sa dernière lettre ainsi que son mémoire accompagné d'une note favorable à l'entreprise à la Compagnie des Indes. Cette dernière, qui avait alors le monopole de la traite de Guinée, subit un remaniement plus tard en 1721[34]. À la suite de cela, plus aucun renseignement sur l'envoi d'une cargaison d'esclaves noirs dans la colonie ne fut émis et ladite cargaison n'y vint jamais[35].

Législations esclavagistes[modifier | modifier le code]

Dans son Rituel de 1703, l'évêque de Québec, Saint-Vallier interdit la prêtrise aux esclaves et que tout mariage entre personne libre et une personne esclavagée est nul[36].

En 1709, l'intendant Jacques Raudot promulgua une ordonnance selon laquelle « les panis [du nom de la nation amérindienne (Pawnee) dont de nombreux membres ont été esclaves] et nègres appartiennent en pleine propriété à ceux qui les ont achetés[37] », donnant ainsi une existence légale à l'esclavage dans la colonie[38]. Puis, en 1736, afin de mieux protéger la propriété servile dans la colonie, l'intendant Gilles Hocquart promulgua une ordonnance selon laquelle, pour être valables, les affranchissements devraient désormais être effectués devant notaire, sans quoi ils seraient considérés comme nuls[39]. De plus, un arrêt royal de 1748 vint affirmer que tout esclave noir s'enfuyant d'une colonie anglaise pour gagner une colonie française y demeurerait esclave et devrait y être vendu au profit de l'État[40].

Sous le Régime britannique (1760-1867)[modifier | modifier le code]

Malgré le changement de régime, un marché d'esclaves avait toujours lieu au Québec[36].

  • En 1790, Boucher de Labruère échange un esclave noir pour 80 minots de blé[41].
  • En 1796, Rose, une jeune femme noire a été vendue par le curé Payet de Saint-Antoine-sur-Richelieu
  • En janvier 1798, l'imprimeur Edward Edwards vendait une esclave noire de 30 ans.
  • En février 1798, François Dumoulin vend une esclave noire de 19 ans à sa belle-mère, veuve de Jean-Baptiste Fafard dit Laframboise.
  • En mai 1789, Charles Lusignan vend un esclave noir à la Compagnie de la Baie d'Hudson.
  • Le 14 septembre 1799, Marguerite Boucher de Boucherville veuve de Luc de la Corne vend un esclave noir de neuf ans à Joseph Campeau (en). C'est la dernière vente d'esclave au Canada[42]

Capitulation de Montréal[modifier | modifier le code]

La militante et chercheur Abigail Echo-Hawk est issue de la nation pawnee.

Lors de la Guerre de la Conquête, versant Nord-américain de la Guerre de Sept Ans, le gouverneur Pierre de Rigaud de Vaudreuil négocia, en 1760, la reddition de la ville de Montréal avec le général britannique Jeffery Amherst. Dans les Articles de capitulation de Montréal, le document consacrant la reddition de la ville, il fut inclus un article abordant le sujet de l'esclavage[43]. Vaudreuil y demandait en ces termes: « Les nègres et panis [nation amérindienne ayant fortement servis d'esclaves] des deux sexes resteront en leur qualité d'esclaves en la possession des Français et Canadiens, à qui ils appartiennent: il leur sera libre de les garder à leur service dans la colonie ou de les vendre ; ils pourront aussi continuer à les faire élever dans la religion romaine[43]. », ce à quoi Amherst répondit: « Accordé, excepté ceux qui auront été faits prisonniers[43]. » L'esclavage était donc prolongé sur le territoire, qui, par la signature du traité de Paris par la France en 1763, deviendra officiellement une colonie de la Grande-Bretagne et prendra alors le nom de Province de Québec.

Cas des Noirs sous le Régime britannique[modifier | modifier le code]

Après 1760, l'arrivée de Noirs à titre d'esclaves dans la colonie garda le même rythme que depuis 1743, mais il n'était plus dû à la guerre et à la contrebande avec les Treize colonies. En effet, le passage du Régime français au Régime britannique eut pour conséquence de changer les relations de la colonie avec ces colonies britanniques. Autrefois ennemies, elles étaient devenues des colonies sœurs avec lesquelles il était désormais possible d'entretenir des relations plus faciles et plus fréquentes, permettant ainsi le passage d'esclaves noirs du sud au nord plus aisément[27]. Puis, en 1783, la victoire des Patriotes américains sur les Loyalistes américains lors de la Guerre d'indépendance des États-Unis entraîna un important exode de la part de ces derniers en dehors du pays. Un grand nombre d'entre eux immigrèrent ainsi au Québec avec leurs esclaves noirs, ayant alors pour effet, à partir de cette date, de faire augmenter de manière importante le nombre d'esclaves noirs dans la colonie[27].

Question de l'esclavage aux parlements[modifier | modifier le code]

Par l'Acte constitutionnel, proclamé en 1791, la Grande-Bretagne sépara la Province de Québec en deux[44]: la Province du Haut-Canada, correspondant aujourd'hui à l'Ontario, et la Province du Bas-Canada, correspondant aujourd'hui au Québec. Un parlement fut inauguré dans chacune de ces colonies en 1792[45] et dès 1793, un projet de loi concernant l'abolition de l'esclavage fut proposé à chacun d'entre eux. Celui du Haut-Canada fut adopté et affirmait qu'il était désormais interdit d'introduire tout individu sur le territoire afin de le soumettre à l'esclavage, que les esclaves déjà présents dans la colonie continueraient d'être soumis à l'esclavage et que les enfants qui naîtraient d'une mère esclave seraient soumis à l'esclavage jusqu'à leurs 25 ans[44]. Celui du Bas-Canada tendait à l'abolition de l'esclavage dans la colonie et fut discuté à plusieurs reprises par les membres de la Chambre d'assemblée, mais il fut finalement abandonné (31 voix pour l'abandon et seulement 3 voix contre), amorçant le début d'une série de tentatives de législation sur l'esclavage dans la colonie[46]. Il faut noter que sur les 17 députés bas-canadiens possédant des esclaves, 10 étaient des Canadiens français[47].

Tentatives de légiférer sur l'esclavage[modifier | modifier le code]

À partir de 1794, plusieurs cas d'esclaves amenés devant les tribunaux par leur maître pour s'être enfuis se firent accorder la liberté par le juge en chef du Bas-Canada William Osgoode parce qu'il ne reconnaissait pas leur statut d'esclave, et ce, malgré l'existence de l'esclavage dans la colonie[48]. Cela fit en sorte qu'un groupe de propriétaires d'esclaves montréalais s'adressa à trois reprises à la Chambre d'assemblée afin que celle-ci se prononce sur le statut de l'esclavage. Il chargea, en 1799 et en 1800, le député Joseph Papineau de déposer une requête à la chambre[49], puis le député James Cuthbert en 1803[50].

Joseph Papineau déposa une première requête en 1799, demandant que les droits des propriétaires sur leurs esclaves soient reconnus ou que l'esclavage soit aboli, ce à quoi la chambre répondit en refusant de se prononcer sur la question[51]. Il déposa une seconde requête en 1800, demandant une législation reconnaissant l'esclavage dans la colonie sous certaines conditions ainsi que les droits des propriétaires sur leurs esclaves. Cette requête aboutit en la création d'un comité chargé d'examiner la question, qui arriva à la conclusion qu'il fallait adopter une loi sur l'esclavage comme celle qui avait été adoptée au Haut-Canada. Un projet de loi fut déposé et discuté à plusieurs reprises par les membres de la chambre, mais il n'aboutit jamais et mourut au feuilleton[52]. Par la suite, James Cuthbert tenta à deux reprises de faire adopter une législation portant sur la condition des esclaves et les limites de l'esclavage, une fois en 1801 et une autre en 1803. Ces tentatives se déroulèrent de manière plutôt similaire à celle de 1800 et aboutirent au même résultat, laissant donc inchangées les lois ainsi que le flou au sujet de l'esclavage dans la colonie[53].

Fin de l'esclavage[modifier | modifier le code]

En 1833, une loi adoptée par le Parlement du Royaume-Uni abolit l'esclavage dans l'Empire britannique, l'abolissant donc également au Bas-Canada[10], le 1er août 1834. Toutefois, avant même l'adoption de cette législation, l'esclavage dans la colonie montrait déjà des signes d'essoufflement, et ce, dès la fin du XVIIIe siècle. En effet, en février 1798, Charlotte[54], l'esclave noire de Jane Cook, s'enfuit puis est rattrapée et amenée devant le juge James Monk de la cour du banc du roi de Montréal. Son procès rend compte d'un bref d'habeas corpus basé sur une vieille loi britannique encore en vigueur dans la colonie : les esclaves en fuite doivent être envoyés en maison de correction plutôt qu'en prison, puisqu'ils sont mineurs devant la loi. Or, il n'y a pas de maison de correction dans la colonie. Charlotte est donc libérée sans restrictions mettant ainsi fin virtuellement à l'esclavage. Aucune loi n'autorise officiellement l'esclavage sur le territoire. Dans les mois qui suivent, d'autres se libèrent de la même manière : Judith, Manuel Allen, Augustin, Robin, Lydia, Jane[55]. Selon d'autres sources, l'année 1797 fut la dernière année où un esclave fut vendu sur le territoire[56], l'année 1806 fut la dernière année où un nouvel esclave fit son apparition dans la province[57] et à partir de 1799, il n'y resta que 19 individus encore esclaves[58]. De plus, Benjamin Sulte, un intellectuel canadien de l'époque, affirma en 1911 qu'il connut « plusieurs nègres émancipés par l'acte de 1833, mais pas un seul panis[10]. », confirmant ainsi que cet acte mis définitivement fin à l'esclavage dans la colonie.

Profil général des propriétaires d'esclaves[modifier | modifier le code]

Les propriétaires d'esclaves au Québec étaient composés de membres de la classe commerçante, de la classe politique et dirigeante et du clergé catholique[59]. Près de 80 % des maitres d'esclaves n'en possédaient que deux ou trois, seulement 23 d'entre eux possédaient entre une dizaine et une vingtaine d'esclaves[60].

Les marchands, incluant les agents du commerce des fourrures, représentaient 45,9 % des maîtres d'esclaves. Ceux-ci étaient aussi les principaux fournisseurs d'esclaves et portèrent les patronymes suivants: Blondeau, Bourassa, Bourdon, Campeau, Gaudet, Bâby, Gamelin, Hamelin, You d'Youville, Gaultier de La Vérendrye et Tarieu de La Pérade[61]. En dehors, de la classe commerçante, il existe d'autres lignées esclavagistes au Québec comme: Doyon, Gouin, Larose, Lafleur, Lepage, Longueuil et Tessier[62].

En ce qui a trait à la classe dirigeante, cinq gouverneurs de la Nouvelle-France possédaient des esclaves: Daniel de Rémy de Courcelles Louis de Buade de Frontenac, Philippe de Rigaud de Vaudreuil, le marquis de Beauharnois et Pierre de Rigaud de Vaudreuil de Cavagnial. Les intendants Hocquart et Bigot pratiquaient aussi l'esclavage.

En ce qui concerne la classe politique, seize membres du Conseil supérieur et vingt-trois membres, dont dix Canadiens français, du Conseil exécutif et du Conseil législatif, pratiquaient l'esclavage[59].

En ce qui touche le clergé, les évêques Saint-Vallier, Pierre-Herman Dosquet et Henri-Marie du Breil de Pontbriand ont été propriétaires d'esclaves. De plus, des communautés religieuses comme les Ursulines et le Séminaire de Québec en ont aussi possédés[61]. La plupart des esclaves dans les hôpitaux-généraux étaient offerts en guise de don par leur maître reparti en France ou laissés par leur propriétaire qui n'avait plus besoin de sa propriété[60].

Au XVIIIe siècle, il eut aussi des propriétaires autochtones d'esclaves noirs, comme Pierre Nicolas membre de la nation abénaquise et Patrick Logan affilié à la nation mohawk. En 1787, le « Département des Sauvages (en) » achète une personne noire esclavagée pour être l'esclave des Autochtones[63].

Profil général des esclaves[modifier | modifier le code]

Membre de la nation pawnee, nation dont le nom est devenu synonyme d'esclave en Nouvelle-France.

Dans les années 1960, Marcel Trudel n'a dénombré que 3 600 esclaves au Canada depuis le régime français jusqu'à l'abolition de l'esclavage. Trois décennies plus tard, ce chiffre s'élèvait à 4 092 esclaves, dont 2 692 esclaves autochtones et 1 400 esclaves noirs. Néanmoins, le chercheur estime que le nombre total d'esclaves ayant habité au Québec se situe entre 5 000 ou 6 000. En somme, au moins 5 % de la population française au Canada était esclave[64]. À ce propos, 80 % des personnes réduites en esclavage dans ce qu'on appelle maintenant le Canada français et le Québec vivaient en milieu urbain. Montréal comptait à elle seule la moitié de la population esclavagée et la ville de Québec, le quart[61].

Les esclaves pouvaient avoir recours au tribunal, recevoir le baptême et le sacrement de confirmation, se marier si le maître y consentait, tout en étant considérés comme des biens. Le système esclavagiste de l'époque suivait le principe fructus sequitur ventrem, la progéniture d'une esclave était esclavagée dès la naissance et la propriété du maître de sa génitrice[65]. À ce propos, sur les 179 mariages d'esclaves recensés, 43 étaient interraciaux dont 31 mariages entre un Français blanc et une esclave autochtone, 8 entre une personne noire esclavagée et une personne française et 4 entre esclaves autochtones et noirs. Concernant les mariages intraraciaux, 113 étaient entre deux esclaves noirs et seulement 9 étaient entre deux esclaves autochtones[66].

Hormis les familles propriétaires d'esclaves mentionnées plus haut, il est possible de trouver un ancêtre noir ou autochtone en état d'esclavage dans les lignées familiales suivantes: Courchesne, Gauthier, Léveillé, Locat et Renard[62].

Les esclaves autochtones[modifier | modifier le code]

Huttes pawnees près de Genoa dans le Nebraska en 1873.

Les esclaves amérindiens (panis) représentent les deux tiers[64] de la population esclavagée dans l'histoire du territoire maintenant connu sous le nom de Québec. On nommait par métonymie les esclaves amérindiens « panis » parce qu'ils provenaient souvent de la nation pawnee, ce qui n'est pas sans rappeler que le mot « esclave », par un processus similaire, nous a été donné par le peuple « slave ».

Ce n'étaient pas des membres de nations présentes sur le territoire (Haudenosaunee, Innus, Algonquins, Huron-Wendats et Abénaquis, etc.), mais plutôt des membres de nations écartées ou ennemies de l'alliance française. Ainsi, ces esclaves étaient généralement Mascoutins, Mesquakie, Sioux et, comme cela a été indiqué précédemment, en très grande majorité Pawnees. En raison de l'approvisionnement régulier en esclaves autochtones originaires des Grands Lacs à cause du commerce de fourrures, le prix moyen d'un « panis » était inférieur à celui d'un esclave noir. Leur âge moyen variait de celui d'un bébé à celui d'un adolescent[41].

En ce qui concerne l'état civil, ils étaient, pour la plupart, en union libre et avaient des enfants en dehors des liens du mariage. Les rares personnes mariées l'étaient à des colons français[66].

Les esclaves noirs[modifier | modifier le code]

Seul le tiers de la population esclave était noire. Autrefois appelés « nègres » et « négresses », ces esclaves étaient souvent un butin de guerre amené des Antilles ou acheté illégalement dans les treize colonies voisines. Pour ces raisons, ces esclaves valaient le double d'un esclave autochtone[41]. En ce qui touche le statut marital, les esclaves noirs fondaient généralement un foyer suivant le mariage[66].

Historiographie et historiens[modifier | modifier le code]

On affirme parfois que Marcel Trudel a été pionnier quant à l'histoire des esclaves dans ce qu'on appelle Canada français[67], ce qui n'est pas tout à fait exact ni entièrement faux. En effet, d'autres, bien des années avant lui, avaient défriché une partie du terrain en abordant cette question, et c'est ce qu'il rappelle dans l'avant-propos de L’Esclavage au Canada français[68]:

Ce n’est pas la première fois que l’on traite de l’esclavage au Canada français. Il y a cent ans, Jacques Viger et Louis-Hippolyte LaFontaine démontraient que l’esclavage avait été formellement reconnu au Canada par les lois; de brefs travaux, comme cet article de Benjamin Sulte en 1911, sont venus de temps en temps rappeler aux Canadiens l’existence de cette institution. Jusqu’ici cependant, personne encore n’avait tenté d’écrire une histoire exhaustive de cet esclavage: nous avons voulu braver les difficultés, et c’est cette histoire que nous présentons dans ce premier volume.

En effet, en 1859, Jacques Viger et Louis-Hippolyte LaFontaine publiaient De l'esclavage en Canada à la Société historique de Montréal[69], un recueil de documents d'époque prouvant qu'il avait bel et bien existé et qui devait servir dans un procès au Missouri concernant l'esclavage[70] (aboli en 1865 dans cet État).

Quant à Benjamin Sulte, auquel Marcel Trudel fait également référence, il a publié son article de 1911 dans la Revue canadienne.

Représentation médiatique et conception populaire de l'esclavage au Canada[modifier | modifier le code]

Au Canada, l'idée reçue selon laquelle l'esclavage était exclusivement subi par les Noirs est fréquente. À titre d'exemple, à l'occasion du premier Jour de l’émancipation, dans un communiqué du 1er août 2021, le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, fait de nombreuses fois référence aux esclaves noirs en sous-entendant qu'ils ont été seuls dans leur asservissement[71], et pas une seule fois aux esclaves amérindiens (pourtant deux fois plus nombreux).

La Presse[72], Radio-Canada[73] et La Fondation canadienne des femmes[74] publient également des articles pour souligner le Jour de l'émancipation, articles dans lequels on ne fait pas même mention d'esclaves Amérindiens (majoritaires dans cet état d'asservissement).

L'Encyclopédie canadienne souligne que la « très grande majorité des esclaves ont été des Autochtones »[75] et indique qu'une influence américaine expliquerait le fait que la question de la traite des Noirs éclipse maintenant celle de la traite des Autochtones au Canada[76].

Selon une autre idée reçue, les Canadiens français ne seraient ni afro-descendants ni servo-descendants. C'est ce qui expliquerait (au moins en partie) la perception d'appropriation culturelle et les manifestations entourant la pièce SLĀV (spectacle musical sur le thème de l'esclavage) de Robert Lepage (Canadien français) et de Béatrice Bonifassi (française) dont les médias ont parlé au cours des années 2018 et 2019[77],[78],[79],[80]. Des historiens comme Marcel Trudel et Frank Mackey affirment pourtant que les Canadiens français ont de nombreux esclaves panis et noirs dans leurs arbres généalogiques[9],[81],[82]. L'historien Frank Mackey affirme même que les seuls descendants des Noirs ayant servi d'esclaves dans ce qu'on appelle maintenant le Québec sont les Canadiens francais[83].

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Marcel Trudel, Mythes et réalités dans l'histoire du Québec, t. 1, Hurtubise HMH, coll. « Cahiers du Québec » (no 126), , 325 p. (ISBN 2-89428-527-2), chap. IX (« Quand les Québécois pratiquaient l'esclavage »), p. 183-184.
  2. « L’histoire du Québec métissée méconnue », sur www.vice.com, .
  3. « Esclavage des Autochtones au Canada », sur www.thecanadianencyclopedia.ca, version du 8 mai 2020
  4. « Des traces de l'esclavage se retrouvent également au Canada », Radio-Canada.ca,‎ (lire en ligne)
  5. « L’histoire du Québec métissée méconnue », sur www.vice.com, .
  6. « Histoire 101 de l'esclavage au Québec », Le Journal de Québec,‎ (lire en ligne).
  7. Daniel Gay, « Portrait d’une communauté: Les Noirs du Québec, 1629-1900 », Cap-aux-Diamants,‎ (lire en ligne).
  8. a et b Marcel Trudel, L'esclavage au Canada français, Québec, Les Presses Universitaires Laval, , 432 p., p. 3
  9. a b et c Marcel Trudel, L'esclavage au Canada français, Québec, Les Presses Universitaires Laval, , 432 p., p. 6
  10. a b et c Marcel Trudel, L'esclavage au Canada français, Québec, Les Presses Universitaires Laval, , 432 p., p. 314
  11. Frank Mackey, L'esclavage et les Noirs à Montréal, Montréal, Hurtubise, , 662 p., p. 169
  12. Marcel Trudel, L'esclavage au Canada français, Québec, Les Presses Universitaires Laval, , 432 p., p. 168
  13. Marcel Trudel, L'esclavage au Canada français, Québec, Les Presses Universitaires Laval, , 432 p., p. 130
  14. Marcel Trudel, L'esclavage au Canada français, Québec, Les Presses Universitaires Laval, , 432 p., p. 138
  15. Marcel Trudel, L'esclavage au Canada français, Québec, Les Presses Universitaires Laval, , 432 p., p. 155
  16. Marcel Trudel, Mythes et réalités dans l'histoire du Québec, t. 1, Montréal (Québec), Hurtubise HMH, coll. « Cahiers du Québec » (no 126), , 325 p. (ISBN 2-89428-527-2), chap. IX (« Quand les Québécois pratiquaient l'esclavage »), p. 178.
  17. André Vachon, « JOLLIET, LOUIS », Dictionnaire biographique du Canada, Université Laval & Université de Toronto, vol. 1,‎ (lire en ligne).
  18. Yves F. Zoltvany, « GREYSOLON DULHUT, DANIEL », Dictionnaire biographique du Canada, Université Laval & Université de Toronto, vol. 2,‎ (lire en ligne).
  19. Musée canadien de l'histoire, « Daniel Greysolon Dulhut 1678-1679 » (consulté le ).
  20. Marcel Trudel, L'esclavage au Canada français, Québec, Les Presses Universitaires Laval, , 432 p., p. 5
  21. Marcel Trudel, L'esclavage au Canada français, Québec, Les Presses Universitaires Laval, , 432 p., p. 7
  22. Marcel Trudel, L'esclavage au Canada français, Québec, Les Presses Universitaires Laval, , 432 p., p. 8
  23. Marcel Trudel, L'esclavage au Canada français, Québec, Les Presses Universitaires Laval, , 432 p., p. 9-11
  24. Marcel Trudel, L'esclavage au Canada français, Québec, Les Presses Universitaires Laval, , 432 p., p. 11-12
  25. Marcel Trudel, L'esclavage au Canada français, Québec, Les Presses Universitaires Laval, , 432 p., p. 43
  26. Marcel Trudel, L'esclavage au Canada français, Québec, Les Presses Universitaires Laval, , 432 p., p. 89
  27. a b c et d Marcel Trudel, L'esclavage au Canada français, Québec, Les Presses Universitaires Laval, , 432 p., p. 90
  28. Marcel Trudel, L'esclavage au Canada français, Québec, Les Presses Universitaires Laval, , 432 p., p. 93
  29. Marcel Trudel, L'esclavage au Canada français, Québec, Les Presses Universitaires Laval, , 432 p., p. 94
  30. Daniel Gay, Les Noirs du Québec, Québec, Septentrion, , 514 p., p. 85-86
  31. Arnaud Bessière, La contribution des Noirs au Québec : Quatre siècles d'une histoire partagée, Québec, Les Publications du Québec, , 173 p., p. 25
  32. Arnaud Bessière, La contribution des Noirs au Québec : Quatre siècles d'une histoire partagée, Québec, Les Publications du Québec, , 173 p., p. 26
  33. Marcel Trudel, L'esclavage au Canada français, Québec, Les Presses Universitaires Laval, , 432 p., p. 27-33
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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marcel Trudel, L'esclavage au Canada français, Québec, Les Presses Universitaires Laval, , 432 p.
  • Marcel Trudel, Dictionnaire des esclaves et de leurs propriétaires au Canada français, LaSalle, Hurtubise, , 490 p.
  • Maude Savaria, « Charlotte Trim, propriétaire affranchie », sur Lesperipateticiennes.com,
  • Frank Mackey, L’esclavage et les Noirs à Montréal. 1760-1840, Montréal, Hurtubise, , 662 p.