Yuroks

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Yurok à la vannerie

Les Yuroks sont une tribu d'amérindiens de la côte ouest des États-Unis, qui vivaient au nord de la Californie, sur le cours inférieur du Klamath et sur la côte pacifique. Ils parlaient une langue, le Yurok, maintenant presque éteinte, du groupe des langues algiques. Le nom « Yurok » lui-même vient du karok voisin et signifie « en descendant le fleuve » ou « peuple du bas des rivières ».

Histoire et population[modifier | modifier le code]

La population en 1770 était estimée entre 2 500 et 3 100 individus. À l'arrivée des européens dans la région vers 1850 suite à la ruée vers l'or en Californie, les Yuroks furent massacrés ou touchés par des maladies. La population initiale chuta de 75 %. En 1870, la population déclina ainsi à 1 350 et en 1910 à seulement 700. Les survivants furent parqués dans la réserve indienne Yurok (Yurok Indian Reservation) le long du fleuve Klamath. Le 24 novembre 1993, la tribu Yurok écrivit une constitution active sur ce territoire. Selon le recensement de 2000, la population Yurok en Californie s’élevait à 4 413 et à 5 793 dans tous les États-Unis. Il s'agit ainsi du groupe d'Amérindiens le plus important de Californie.

La réserve couvre 255 km2 et la population est à 80 % sous le seuil de pauvreté. 70 % des habitants n’ont pas de téléphone ou d’électricité.

Culture[modifier | modifier le code]

Les villages yurok étaient petits ; il s'agissait plus d'un rassemblement d'habitations indépendantes, chacune occupée par une famille, que d'une communauté fermée avec une même direction politique. Les habitants d'un village se partageaient parfois les droits d'usage pour les zones de subsistance et pour l'exercice de divers rituels ; cependant, les droits pour la pêche, la chasse et la récolte étaient en général conférés à des maisons déterminées. On pouvait acquérir ces droits par héritage, échange, argent du sang, et vente. En dehors des maisons d'habitations, il y avait des huttes à sudation que fréquentaient les hommes apparentés du côté paternel, et qui étaient présidées par le membre le plus âgé. Il y avait en outre de petites huttes séparées pour les femmes en période de menstruation.

Paniers des Yuroks

La nourriture de base était constituée de saumons et de glands. À partir des séquoias côtiers, les Yuroks fabriquaient de magnifiques paniers et des canoës qu'ils vendaient aux tribus de l'intérieur. L'aisance était marquée par la possession de certains biens, comme des colliers de coquillages, des lames en obsidienne, des scalps de pics ou des peaux de cerfs albinos. Il y avait souvent des combats qui se terminaient avec le paiement de l'argent du sang, évalué selon une échelle précise selon l'importance du méfait ; la valeur d'une vie humaine dépendait du statut social.

Religion[modifier | modifier le code]

Chemise de cuir pour les danses cérémonielles

Leur religion s'exprimait par des efforts personnels pour obtenir une aide surnaturelle, surtout par des purifications rituelles, ainsi que par des cérémonies destinées à favoriser le bien public. La principale cérémonie constituait le cycle de renaissance du monde dont les objectifs étaient une nourriture suffisante, la prospérité et le bien-être collectif. Cette cérémonie incluait la récitation de formules magiques et d'autres actions. Le pouvoir spirituel pour la guérison des maladies était limité aux femmes, ce par quoi elles pouvaient gagner considération et aisance.

Les Yuroks ne pratiquaient pas le Potlatch, ni aucune danse avec des masques. Ils n'avaient pas non plus d'arts spécifiques ou d'autres caractéristiques typiques de la plupart des cultures du Nord-Ouest américain.

Langue[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Yurok (langue).

La langue des Yuroks est apparentée à la langue Wiyot et a été longtemps regroupée avec elle sous le nom de Ritwan. Sapir[1] avança en 1913 que ces langues devaient être rapprochées des langues algonquiennes, une proposition contestée à l'époque, mais maintenant largement acceptée[2].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Sapir, Edward, « Wiyot and Yurok, Algonkin languages of California », American Anthropologist 15 (1913), 617-646.
  2. Goddard, Ives, «  Algonquian, Wiyot, and Yurok: Proving a distant genetic relationship », in M. D. Kinkade, K. L. Hale, & O. Werner (éds.), Linguistics and anthropology in honor of C. F. Voegelin, Lisse: Peter de Ridder Press, 1975, pp. 249-262.

Sources[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Robert F. Heizer (éd.), Handbook of North American Indians, Vol.8, California, Smithsonian Institution Press, Washington D.C., 1978 ; ISBN 0-16004-574-6
  • (en) Robert H. Robins, The Yurok Language: Grammar, Texts, Lexicon, University of California Publications in Linguistics 15, 1958.
  • (en) Cook, Sherburne F. 1956. "The Aboriginal Population of the North Coast of California". Anthropological Records 16:81-130. University of California, Berkeley.
  • (en) Cook, Sherburne F. 1976. The Conflict between the California Indian and White Civilization. University of California Press, Berkeley.
  • (en) Kroeber, A. L. 1925. Handbook of the Indians of California. Bureau of American Ethnology Bulletin No. 78. Washington, D.C.

Liens externes[modifier | modifier le code]