Mémorial ACTe

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Mémorial ACTe
Image illustrative de l'article Mémorial ACTe
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Informations géographiques
Pays France
Région Guadeloupe
Ville Pointe-à-Pitre
Adresse Darboussier, rue Raspail
Coordonnées 16° 13′ 55″ nord, 61° 32′ 04″ ouest
Informations générales
Type Mémorial
Date d’inauguration
Conservateur Jacques Martial
Superficie 7 800 m2
Informations visiteurs
Site web memorial-acte.fr

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Mémorial ACTe

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Mémorial ACTe

Le Mémorial ACTe ou « Centre caribéen d'expressions et de mémoire de la Traite et de l'Esclavage » est un mémorial. Il est situé dans la rade du port de Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe, sur le site de l'ancienne usine sucrière Darboussier.

Initié par le Président du Conseil Régional Victorin Lurel et la Région Guadeloupe sur proposition du Comité International des Peuples Noirs (CIPN), le Mémorial ACTe a pour ambition originelle de créer un lieu dédié à la mémoire collective de l'esclavage et de la traite, ouvert sur le monde contemporain.

Il s'agit du plus ambitieux lieu de mémoire jamais dédié à l'esclavage.

Historique[modifier | modifier le code]

Gravure représentant une usine.
Vue de l'usine Darboussier à l'emplacement du mémorial, vers 1890.

Le Mémorial ACTe est né sous l'impulsion du Comité international des peuples noirs, mouvement indépendantiste, et s'est concrétisé grâce à la région Guadeloupe. L'idée d'un « musée caribéen de l'esclavage et de la traite négrière[1] » apparaît dès 1998. En 2007, le président Jacques Chirac confie à l'écrivain Édouard Glissant une mission en vue de la création d'un Centre national consacré à la traite et à l’esclavage, qu'il envisage d'établir à Paris. L'idée est abandonnée par le président Nicolas Sarkozy, opposé à l'idée de repentance. Le projet est finalement repris par le président de la région Guadeloupe, Victorin Lurel. La création du Mémorial ACTe figure en tête des mesures pour l'outre-mer du candidat François Hollande, avec financement partiel de l'État français[2],[1],[3].

Le 26 octobre 2004, le président de région Victorin Lurel propose de créer un mémorial sur la traite et l'esclavage[4]. En 2005, le comité scientifique est créé[3], afin de préciser les contours du projet scientifique sous l'autorité du professeur Jacques Adelaïde-Merlande. Le projet est validé en mai 2007 par le comité scientifique, le Comité de pilotage et l’Assemblée Régionale[4].

En juin 2007, un concours de maîtrise d'œuvre pour la construction du mémorial est lancé et en janvier 2008 l'Atelier guadeloupéen d'architecture BMC (Berthelot/Mocka Célestine) est désigné parmi 27 candidatures.

Le , en mémoire au décret d'abolition de l'esclavage du 27 avril 1848[5], la première pierre est symboliquement posée à l’emplacement de l'ancienne usine sucrière Darboussier où le travail forcé existe toujours au XIXe siècle[6],[7]. Initialement, le mémorial devait être inauguré en mai 2013, mais la construction a pris du retard et les travaux se terminent en 2015.

À l'occasion de la commémoration nationale de l'abolition de l'esclavage, le président de la République François Hollande inaugure le Mémorial le [8], en présence des chefs d'État d'Haïti (Michel Martelly), du Sénégal (Macky Sall), du Mali (Ibrahim Boubacar Keita) et du Bénin (Thomas Boni Yayi)[9].

Le , à l'occasion de la commémoration de l'abolition de l'esclavage en Guadeloupe, un week-end mémorial se déroule sur l'esplanade du Mémorial ACTe. L'ouverture au public des expositions a lieu le [10].

Jacques Martial en assure la présidence depuis le 15 juin 2015[11].

  • Le Mémorial ACTe a été 2e aux Seatrade Cruise Awards dans la catégorie « Meilleure destination de l’année 2015 », Hambourg (Allemagne) – 9 septembre 2015[12]

Prix[modifier | modifier le code]

  • Le MACTe a obtenu le prix spécial « Worldwide category – Highly commended » le , lors du British Guild of Travel Writers (BGTW)[13].
  • Le Mémorial ACTe a remporté la catégorie « Outstanding Heritage Site » aux African Diaspora World Tourism (ADWT) awards 2016 (Atlanta, États-Unis)[12].
  • Le Prix du musée 2017 du Conseil de l’Europe est décerné au Mémorial ACTe le [14].

Présentation[modifier | modifier le code]

Le visiteur du mémorial découvre à travers 6 archipels[15] comportant 39 îles, l'esclavage de l'Antiquité jusqu'à nos jours.

Le Mémorial ACTe est non seulement un mémorial mais aussi un musée, un centre d'arts vivants et de congrès. Il est « un outil didactique encourageant la connaissance de ce passé longtemps occulté[16]. »

Il se veut un « centre d’interprétation, d’expression et de recherche témoignant de la traite des esclaves ». Le Mémorial ACTe se définit comme un « lieu de recueillement, d’information, un lieu éducatif pour apprendre une histoire commune à l’humanité » et se présente comme un signal, « un phare culturel ».

Il s'agit du plus ambitieux lieu de mémoire jamais dédié à l'esclavage[17]. Selon le pasteur Jesse Jackson, en visite sur les lieux les 19 et 22 juillet 2015, c'est « le plus complet et le plus abouti au monde » des musées consacrés à ce thème[18].

Architecture[modifier | modifier le code]

Le centre a été conçu par les architectes guadeloupéens Jean-Michel Mocka-Célestine, Pascal Berthelot (BMC), Mikaël Marton et Fabien Doré (Atelier Doré/Marton). Plus de 300 ouvriers guadeloupéens ont participé à la construction du bâtiment[19].

Les bâtiments totalisent une surface de 7 800 m2 sous une emprise de 1,2 ha[20].

Ils abritent 3 pôles : le premier est celui de la connaissance avec une exposition permanente, le deuxième est celui de l'échange et de la diffusion, le troisième est celui du recueillement avec un jardin panoramique sur 2,2 ha nommé le « Morne Mémoire » suspendu relié au mémoriel par une passerelle monumentale de 11,5 mètres de hauteur et de 275 mètres de long.

Cet édifice présente une façade minérale (comme celle du MuCEM de Marseille) avec un entrelac d'acier argenté recouvrant un granit noir serti d'éclats de quartz.

L'architecture du bâtiment repose sur le concept de racines d’argent sur une boîte noire[21] : Les racines d’argent qui surmontent le bâtiment représentent les millions d’âmes disparues accrochée à une boite noire. Ces racines font référence à celles du figuier maudit, qui prospère en enserrant des ruines, les protégeant ainsi de l'anéantissement. Ces racines sont en effet devenus « une résille qui protège un écrin mais permet de se projeter dans le futur », explique Pascal Berthelot. Ces racines invoquent donc la quête des origines et suggèrent ainsi un élan, une croissance, un mouvement pour rayonner sur le monde. En protégeant la boîte noire, elles sont la garante de la mémoire. La boîte noire abrite l’exposition permanente et représente ainsi le socle renfermant la richesse que constitue la connaissance du passé et sur lequel se construit en partie la mémoire collective. La façade noire quartzée de cette boite est un hommage aux victimes de la traite et de l’esclavage, la constellation quartzée représentant les millions d’âmes disparues.

Controverse[modifier | modifier le code]

Le coût du Mémorial ACTe s'élèvant à 83 millions d'euros[22], la durée du chantier et le retour sur investissement alors que l'île est confrontée à un fort taux de chômage des jeunes, entraînent une polémique et des discussions[23]. L'initiateur du projet, Victorin Lurel, reconnait une part de risque et l'assume[22].

Toutefois, ce bâtiment doit permettre de renforcer l'attrait touristique de la Guadeloupe[24].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Christophe Leray, « Le Mémorial ACTe, une fondation pour la société guadeloupéenne », sur http://www.lecourrierdelarchitecte.com, (consulté le 11 mai 2015)
  2. Adrien Rouchaleou, « Esclavage. La mémoire affranchit l’avenir », L'Humanité, (consulté le 11 mai 2015)
  3. a et b Natalie Levisalles, « Esclavage : en Guadeloupe, une mémoire troublée », Libération, (consulté le 11 mai 2015)
  4. a et b « Le Mémorial, un ACTe : Fondateur pour la mémoire et l'avenir » (consulté le 11 mai 2015).
  5. « Le mémorial acte », sur regionguadeloupe.fr, (consulté le 8 mai 2015).
  6. Antoine Flandrin, « Cinq choses à savoir sur le Mémorial ACTe, en Guadeloupe », sur Le Monde (consulté le 10 mai 2015).
  7. Darboussier, un chantier emblématique.
  8. Le Mémorial ACTe de Guadeloupe présenté à Paris.
  9. François Hollande en tournée dans les Caraïbes, avec un passage en Guadeloupe et en Martinique.
  10. Site officiel.
  11. Sabrina Myre, « L’acteur français Jacques Martial nommé à la tête du Mémorial ACTe en Guadeloupe », Jeune Afrique,‎ (lire en ligne)
  12. a et b « -MEMORIAL ACTe », sur memorial-acte.fr (consulté le 10 décembre 2016)
  13. « Le Mémorial ACTe, vainqueur du prix du British Guild of Travel Writers - Actualité Guadeloupe », sur guadeloupe.coconews.com (consulté le 10 décembre 2016)
  14. Le Mémorial ACTe, Prix du Musée 2017
  15. [PDF] Dossier de présentation du projet, soutenu par la Région Guadeloupe.
  16. « Le Mémorial ACTe : le projet politique », sur http://www.lecourrierdelarchitecte.com, (consulté le 29 mai 2015)
  17. Mémorial ACTe, le plus ambitieux lieu de mémoire jamais dédié à l'esclavage.
  18. « Guadeloupe : le révérend Jesse Jackson en vedette au Mémorial ACTe », Le Monde, (consulté le 21 juillet 2015)
  19. Une équipe, un projet et un propos scientifique et culturel.
  20. Visite & Activités.
  21. Des racines d’argent sur une boite noire.
  22. a et b « Cinq choses à savoir sur le Mémorial ACTe, en Guadeloupe », sur lemonde.fr édition Afrique, (consulté le 11 mai 2015)
  23. Polémique autour du Mémorial ACTe.
  24. Memorial ACTe en Guadeloupe : les croisiéristes pourraient représenter 35% des visiteurs.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]