Vénus de Quinipily

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Vénus de Quinipily
Ar groareg Houarn
Vénus de Quinipily 8671.JPG
Vénus de Quinipily
Présentation
Destination initiale
Culte païen
Construction
XVIIe siècle, avant 1660
Hauteur
2,20 m
Patrimonialité
Localisation
Pays
Région
Département
Commune
Adresse
Château de Quinipily
Coordonnées
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La Vénus de Quinipily est une statue antique aux origines païennes incertaines. Elle est située dans les ruines du château de Quinipily, à environ 1,5 km au sud-est de Baud, en direction de Hennebont, dans le Morbihan, en Bretagne.

Histoire[modifier | modifier le code]

Elle est nommée croah houarn[2], traduit du breton en « la Dame de fer », dans un guide touristique anglais[3].

Cette statue en granit haute de 2,15 m, est découverte dans la maison de la Couarde à Castennec, près de Saint-Nicolas-des-Eaux, sur la commune de Bieuzy-les-Eaux[4]. Un manuscrit (Bibliothèque Nationale de Paris) de 1668, écrit par un moine de Saint-Gildas de Rhuys, la mentionne : « Proche du timbre, il y avait, sur une petite butte élevée, une statue de pierre de grain, qui représentait une femme debout, toute nue, haute de sept pieds, qui était certainement l’ydole de la Déesse Vénus. Cette figure était plantée là, de temps immémorial, et la populace l'appelait communément la Vieille de la Couart, ou Couarde, et y avait duré jusqu'en 1660. »

En 1661, objet d'un culte païen, elle est jetée dans le Blavet, à la demande de l'évêque de Vannes, Charles de Rosmadec.

En 1664, elle est sortie de la rivière, par les gens du pays.

En 1670, elle est mutilée, puis jetée à nouveau dans la rivière.

En 1695, elle en est retirée par Pierre de Lannion, seigneur de Quinipily, qui entre, d'ailleurs, à ce sujet, en conflit avec le duc de Rohan, et la fait transporter dans son château de Baud[5].

Cependant, la statue mutilée ne peut être décemment présentée. Ainsi on peut affirmer que cette œuvre, aux origines qualifiées d'incertaines (idole romaine, étrusque ou égyptienne ; les inscriptions sur son socle la présentent comme Vénus victorieuse), serait une statue moderne, sculptée au début du XVIIe siècle, sur ordre du comte de Lannion, à l'image des cariatides qui ornaient la façade de son château de Quinipily (aujourd'hui détruit), pour remplacer une statue antique trop dégradée.

Un autre manuscrit, en possession d'un notaire de Baud, en 1840, disparu depuis, en disait « Dans la paroisse de Bieuzy, il y a une petite montagne qui est presque entourée de la rivière de Blavet. Il y avait, sur cette montagne, une statue antique, grossièrement taillée, qui représentait une grosse femme d'environ sept pieds de hauteur. Le vulgaire l'appelait, en breton, Groa Hoart, qui veut dire, en français « la vieille gardienne ». Il y avait auprès de cette statue une fort belle pierre, ou bassin qui peut contenir près de deux pipes d'eau .../... Les filles qui avaient envie de se marier faisaient aussi leurs offrandes d'une manière indécente, pour obtenir leurs souhaits. »[6].

Sa vénération poussait des couples à faire l'amour à ses pieds car elle était réputée apportant fertilité.

Prosper Mérimée, à l'époque inspecteur des monuments historiques, s'est rendu à Baud et aurait pu s'en inspirer, entre autres, pour écrire sa nouvelle La Vénus d'Ille.

La vénus est classée au titre des monuments historiques, depuis le [1].

Description[modifier | modifier le code]

Détail de la statue.

C'est un monument de 2,15 m de haut, posée sur le linteau d'une fontaine en granite. La sculpture représente une Vénus ou une Isis antique, nue, debout, croisant les bras sous la poitrine, serrant une longue écharpe qui lui cache le mont de Vénus[6].

Cette écharpe rappelle l'Isis égyptienne. L'on évoque le fait qu'elle aurait été rapportée d'Orient par des soldats romains[2], mais Sylvie Caroff, égyptologue et professeur d'histoire, émet l'hypothèse que ce ne serait qu'une copie datant du XVIIe siècle, qu'elle ne serait donc pas d'époque gallo-romaine[6].

Sur le bandeau qui retient sa coiffure, l'on peut lire TIT, ou LIT.

Elle orne une fontaine monumentale, qui ressemble à une cheminée, ouverte sur le devant et les côtés, portant, gravé sur les quatre faces, le texte suivant : « Érigée à Vénus par Caïus Julius Cesar ; Vénus, oracle des Armoricains, Jules César étant chef, Caius Claudius Marcellus et Lucius Cornelius Lentulus consuls, l'an de Rome 705. Soit six ans avant Jésus Christ; César, après avoir soumis toute la Gaule et pris le titre de dictateur, après avoir passé dans la Bretagne, non seulement se couronna lui-même par ses victoires, mais couronna sa patrie avec lui ; Pierre, comte de Lannion, ayant arraché à la superstition cette divinité païenne, vénérée jusque-là par les peuples, ordonna quelle fut placée en ce lieu. L'an du seigneur 1696. »[7], dans le parc du château, dont l'eau coulait dans une auge en granite monolithique d'environ 3 500 litres (2,10 m de long, 1,80 m de large, 1,10 m de haut), à la paroi avant très fine, provenant, elle aussi, de Castennec. De par sa forme, il est possible que cette auge ait probablement été l'ancienne niche dans laquelle était présentée primitivement la statue.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Statue classée monument historique le 18 novembre 1943 », notice no PA00091021, base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. a et b « Vénus de Quinipily », sur pierremerel.perso.sfr.fr
  3. (en) The Rough Guide to Brittany and Normandy, Greg Ward, Penguin, (2010)
  4. Pierre Merlat, Les Vénètes d'Armorique, Éditions "Archéologie en Bretagne", , p. 90.
  5. « Jardin de la Vénus de Quinipily », sur www.jardinez.com (consulté le 3 mai 2013)
  6. a b et c [PDF] « La Vénus de Quinipily – Une Isis gallo-romaine au cœur de la Bretagne », sur sahpl.asso.fr (consulté le 3 mai 2013)
  7. « Images de Baud (18 et 19e photos) », sur mairie-baud.fr (consulté le 3 mai 2013)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Louis Richard, « Recherches récentes sur le culte d'Isis en Bretagne », Revue de l'histoire des religions, nos 176-2,‎ , p. 121-151 (lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]