Bastien Vivès

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Bastien Vivès
Bastien Vives BD Angouleme 2013 1.jpg
Bastien Vivès en 2017 au Forum des images à Paris.
Naissance
Nationalité
Activité
Formation
Distinctions

Bastien Vivès est un auteur de bande dessinée français, né à Paris le .

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et études[modifier | modifier le code]

Fils du matte painter Jean-Marie Vivès et d'une mère comptable[1]. Dès son enfance, il dessine beaucoup, partageant ce loisir avec son frère cadet.

Il prend des cours de modèle vivant dès 1994. Il suit des études d'arts appliqués à l'Institut Sainte-Geneviève (Paris 6e), poursuit sa formation pendant trois ans à l'École supérieure d'arts graphiques Penninghen à Paris et étudie pendant deux ans le cinéma d'animation aux Gobelins.

Débuts en bande dessinée et premiers succès[modifier | modifier le code]

Bastien Vivès connaît ses premiers succès en publiant ses dessins sur Internet — notamment sur le forum Catsuka — sous le pseudonyme de « Chanmax ». C'est sur le Web qu'il crée le personnage de Poungi, un pingouin « racaille » dont les aventures sur publiées en album en 2006 (éd. Danger public)[1].

En 2007, il publie Elle(s), son premier album chez Casterman, sous le nouveau label « KSTЯ ». Le suivant, Le Goût du chlore, est remarqué par la critique[2] et reçoit le prix Révélation du festival d'Angoulême en [3].

En 2010 et 2011, il participe au feuilleton en ligne Les Autres Gens, scénarisé par Thomas Cadène et en dessine sept épisodes[4].

Il travaille à Paris dans l'atelier Manjari, local appartenant à son père et partagé avec une douzaine d'artistes — auteurs de bande dessinée parmi lesquels Marion Montaigne, Michaël Sanlaville et Merwan, graphistes ou photographes[5].

Confirmation critique[modifier | modifier le code]

Bastien Vivès en 2010 au Salon du livre de Paris.

En 2010 et 2011, il co-signe avec Merwan les trois albums de Pour l’Empire, une mini-série d'aventures se déroulant sous l'antiquité romaine. Actua BD considère la série comme « un incontournable » qui revisite le genre péplum avec un récit au « souffle digne des grands récits mythologiques »[6].

En 2011, il connaît un nouveau succès critique et public avec Polina, histoire des relations entre une jeune élève danseuse et son professeur[7]. Ce roman graphique remporte plusieurs prix et fait l'objet en 2016 d'une adaptation cinématographique, Polina, danser sa vie, signée par le chorégraphe Angelin Preljocaj[8]. En lui décernant son grand prix de la critique, l'Association des critiques et journalistes de bande dessinée salue en Bastien Vivès un « jeune grand talent », déjà remarqué « pour la qualité de ses précédents ouvrages » et voit dans Polina une « réflexion sur la création » particulièrement réussie[9].

Également en 2011, il publie un album de bande dessinée érotique, Les Melons de la colère, dans la collection « BD Cul » de l'éditeur Les Requins Marteaux[10].

Il travaille aux côtés de Balak et Michaël Sanlaville sur le manga français Lastman, prévu en douze tomes et destiné à être adapté en anime et en jeu vidéo[11]. Libération le qualifie en 2012 de « tête de pont de la nouvelle génération BD » et identifie trois veines différentes dans son travail : l'une « plus câline, sondant les cœurs et les gestes » qui correspond à ses albums chez Casterman comme Le Goût du chlore, Amitiés étroites ou Polina, une autre « épique » avec Pour l’empire chez Dargaud, et enfin une « troisième, fantasque, grotesque, cul », que l'on retrouve dans sa production chez des éditeurs comme Delcourt et Les Requins Marteaux[1].

En 2017, il publie le roman graphique Une sœur, qui raconte sur un ton intimiste l'histoire d'amour entre deux adolescents. Cet album est à nouveau salué par la critique : Actua BD parle d'un album « envoûtant », d'un « livre apparemment d’une immense simplicité, dans le propos, le ton, le trait, mais qui a nécessité beaucoup de travail derrière lequel Vivès se cache pour mieux nous faire vivre une bulle de réalité adolescente »[12]. 20 Minutes qualifie l'album de « sublime »[3]. Télérama souligne l'art de l'épure du dessinateur et commente « on a l'impression d'être devant une sorte de film dessiné, un story-board ultra léché. Vivès aurait-il inventé un nouveau genre : le roman (cinémato)graphique ? »[13].

En 2018, il publie trois nouveaux albums de BD érotique. En début d'année sort La Décharge mentale, à nouveau chez Les Requins Marteaux[14]. En septembre, il publie coup sur coup Le Chemisier chez Casterman[15] et Petit Paul, une suite des Melons de la colère[16], qui inaugure chez Glénat la collection « Porn'Pop », consacrée au sexe et dirigée par Céline Tran[17].

Polémique[modifier | modifier le code]

La publication, en 2011, de l'album Les Melons de la colère est accompagnée d'une controverse au sein de la rédaction d'Actua BD : un critique exprime en effet son malaise devant une scène où l'héroïne découvre que son petit frère — encore enfant — a un sexe énorme et lui fait une fellation[18]. Didier Pasamonik, directeur de la rédaction, défend quant à lui Bastien Vivès en soulignant que cet album constitue un hommage à la littérature érotique et que les situations qui y sont dépeintes relèvent du fantasme[19].

En 2018, la publication de Petit Paul, où le même personnage de petit garçon est cette fois le protagoniste et participe à nouveau à des situations sexuelles[20], donne l'occasion à une nouvelle polémique qui prend cette fois plus d'ampleur. Une pétition est publiée en ligne pour réclamer le retrait de l'album de la vente en raison de la législation sur la pédopornographie[21]. L'Obs prend la défense de l'auteur, jugeant que l'album relève du « pur délire transgressif », à vocation plus comique qu'érotique[22]. Les magasins Cultura et Gibert retirent l'ouvrage de leurs rayons, ce qui représente une première en France pour une bande dessinée[23]. Glénat réagit en précisant que l'ouvrage « n'a jamais pour vocation de dédramatiser, favoriser ou légitimer l’abus de mineurs de quelque manière que ce soit. Il s’agit d’une caricature dont le dessin, volontairement grotesque et outrancier dans ses proportions, ne laisse planer aucun doute quant à la nature totalement irréaliste du personnage et de son environnement »[24]. Bastien Vivès explique pour sa part avoir voulu signer un album « rigolo » et que, le héros de l'histoire étant « un enfant avec un sexe de 80 centimètres », il est « compliqué » d'y voir du réalisme[25]. Il commente également que « Cette bronca raconte pas mal de choses sur notre société. Je connais bien les réseaux sociaux… La plupart de ceux qui en parlent n’ont pas lu la BD. Et puis après tout, c’est bien aussi qu’une œuvre puisse susciter le débat ! »[26].

Publications[modifier | modifier le code]

Bastien Vivès en dédicace au 40e festival international de la bande dessinée d'Angoulême (2013).

Ouvrages collectifs[modifier | modifier le code]

  • 5 Les Autres Gens #5, Dupuis, « Auteurs »,
    Scénario : Thomas Cadène et Kris - Dessin et couleurs : Bastien Vivès et Cie - (ISBN 978-2-8001-5150-2)


Romans graphiques[modifier | modifier le code]


Séries[modifier | modifier le code]

Sous le pseudonyme de Bastien Chanmax[modifier | modifier le code]

Sous le nom de Bastien Vivès[modifier | modifier le code]

Adaptations[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Éric Loret, « Bastien Vivès. As du strip », sur Libération (consulté le 15 janvier 2013).
  2. Bastien Vivès : « Je voulais expliquer comment on tombe amoureux », Actua BD, 5 août 2008
  3. a et b Bastien Vivès raconte en dessin son dernier album et ses premiers pas en bande dessinée, 20 minutes, 4 janvier 2018
  4. Les auteurs - Bastien Vivès sur le site officiel du feuilleton BD Les Autres Gens. Consulté le 5 février 2013.
  5. Quentin Girard, « L’envers de la bulle », Libération, 24 septembre 2012
  6. « Pour l’Empire », un incontournable de la rentrée, Actua BD, 24 août 2010
  7. « Polina, une chrysalide devenue papillon », sur Le Figaro, (consulté le 30 mai 2017).
  8. Louis Mallié, « Cannes : La BD Polina de Bastien Vivès adaptée au cinéma », sur ActuaLitté, (consulté le 12 juin 2014).
  9. BD: Grand prix de la critique à Bastien Vivès pour "Polina", Le Nouvel Observateur, 5 décembre 2011.
  10. « Les Melons de la colère » par Bastien Vivs, BDZoom, 28 novembre 2011.
  11. Utopiales 2013 : L'interview de Balak (et aussi de Michael Sanlaville et Bastien Vivès) sur 9eArt, 1er novembre 2013.
  12. "Une Sœur", la bouleversante bulle estivale de Bastien Vivès, Actua BD, 11 août 2017
  13. Roman graphique : Une soeur, Télérama, 16 août 2017
  14. La Décharge mentale, PlaneteBD.com, 10 février 2018.
  15. 1Jérôme Lachasse et Bastien Vivès, « Bastien Vivès, qui cartonne sur Netflix avec Lastman, sort deux BD érotiques », sur BFM TV, .
  16. Petit Paul, PlaneteBD.com, 19 septembre 2018
  17. "Petit Paul", la BD humoristique de Bastien Vivès qui fait voler en éclat les pires tabous sexuels, Huffington Post, 19 septembre 2018.
  18. Les Melons de la colère - Par Bastien Vivès - Les Requins Marteaux, Actua BD, 17 novembre 2011.
  19. Didier Pasamonik, « Bastien Vivès et les infortunés de la vertu », Actua BD, 26 novembre 2011.
  20. 1Jérôme Lachasse et Bastien Vivès, « Bastien Vivès, qui cartonne sur Netflix avec Lastman, sort deux BD érotiques », sur BFM TV, .
  21. Olivier Mimran, «Petit Paul» : Une pétition demande l’interdiction de la dernière BD de Bastien Vivès jugée «pédopornographique», sur 20 minutes, .
  22. « "Petit Paul", une BD "pédopornographique" ? Laissez-moi rire… », L'Obs, 21 septembre 2018.
  23. BD : « Petit Paul », grands effets, Le Point, 26 septembre 2018
  24. « Accusée de « pédopornographie », la BD « Petit Paul » retirée des magasins Cultura et Gibert », Le Monde, 24 septembre 2018.
  25. « Des librairies retirent de la vente une BD de Bastien Vivès accusée de pédopornographie », Europe 1, 25 septembre 2018.
  26. La dernière BD de Bastien Vivès taxée de pédopornographie, Le Parisien, 25 septembre 2018
  27. « Prix Landerneau BD – Prix littéraires – Livres Hebdo », sur Livres Hebdo (consulté le 25 octobre 2012).

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Patrick Gaumer, « Vivès, Bastien », dans Dictionnaire mondial de la BD, Paris, Larousse, (ISBN 9782035843319), p. 905.
  • Bastien Vivès et Vincent Brunner, « Bastien Vivès: "avec la bande dessinée, il y a toujours une part de fantasme" », Les Inrocks,‎ (lire en ligne).
  • Bastien Vivès et Sonia Déchamps, « La carte postale BD de Bastien Vivès, coauteur de Lastman », Le Point,‎ (lire en ligne).
  • Ève Beauvallet, « Bastien Vivès y met du sein », Libération,‎ (lire en ligne).

Liens externes[modifier | modifier le code]