Grand Genève

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Occupation des sols de l'agglomération de Genève.
Blasons du canton de Genève (centre), du Chablais (haut/droite), du Faucigny (bas/droite), du Genevois savoyard historique (bas), du Pays de Gex (bas/gauche) et du District de Nyon (haut/gauche).

Le Grand Genève est l'agglomération transfrontalière de Genève composée de trois entités situées en Suisse et en France, soit le canton de Genève, le district de Nyon et le Pôle métropolitain du Genevois français.

Le projet d'agglomération se nommait Agglomération franco-valdo-genevoise jusqu'au 3 mai 2012, date à laquelle le nom de « Grand Genève » est choisi[1],[2]. Elle compte une population totale de 946 000 habitants et 212 communes en 2015 (45 dans le canton de Genève, 47 dans le district de Nyon, 42 dans le département de l'Ain et 78 dans le département de Haute-Savoie)[3].

Composition[modifier | modifier le code]

Le Grand Genève est composé, selon l'Observatoire statistique transfrontalier (OST), de trois entités situées en Suisse et en France :


La zone d’emploi du Genevois français est délimitée par les mouvements des travailleurs. Au 1er juillet 2011, elle a été augmentée de 33 communes (35 communes ajoutées, 2 réaffectées à la zone d’Annecy), en particulier en direction de la vallée de l’Arve, avec le Pays rochois et Bonneville. Le Genevois français comprend 87 % des communes de l'aire urbaine de Genève-Annemasse et 40 % des communes de l'aire urbaine de Cluses selon l'INSEE. À noter que le Genevois français est différent du Genevois savoyard puisque l'un et l'autre ne couvrent pas les mêmes aires géographiques dans le temps.

Ces trois entités géographiques ne sont pas, administrativement, des interlocuteurs de même niveau (cela ne signifie pas qu'ils n'ont pas le même « poids » décisionnaire) : le canton de Genève est un État faisant partie de la Confédération suisse, tandis que le district de Nyon est une subdivision administrative du Canton de Vaud (district modifié en 2007 avec l'inclusion de l'ancien district de Rolle). Le Pays de Gex, lui, est un des arrondissements du département français de l'Ain en même temps qu'une communauté de communes. La partie haut-savoyarde, elle, est constituée de plusieurs communautés de communes.

Projet d'agglomération[modifier | modifier le code]

Logotype du Grand Genève.

Depuis 2001, le projet d'agglomération franco-valdo-genevoise a été mis sur pied sous le pilotage du canton de Genève (côté suisse) et de l'Assemblée régionale de coopération du Genevois français (ARC Syndicat mixte, côté français). Il vise à améliorer la qualité de vie dans l'agglomération, tout en répondant aux exigences de la Politique d'agglomération (lié au Fonds d'infrastructures fédéral, Suisse) et de la Coopération métropolitaine (France).

Dans un premier temps, le projet d'agglomération franco-valdo-genevois réunit neuf thématiques[5] : urbanisation, mobilité, logement, économie, environnement, formation, santé, culture et relations internationales.

Territoire[modifier | modifier le code]

Constitution et objectifs[modifier | modifier le code]

Les premières démarches politiques remontent à plus de trente ans, le projet ne s'est formellement matérialisé qu'en 2007 après la signature de la charte d'engagement dans le projet des quatre territoires franco-suisse concernés :

  • le canton de Genève,
  • le district de Nyon,
  • les collectivités voisines des départements français de l'Ain et de la Haute-Savoie regroupées au sein de l'ARC syndicat mixte.

Cette charte d'engagement vient ainsi ponctuer cette volonté politique d'harmoniser le développement et de favoriser les solidarités au sein du bassin de vie genevois par l'émergence de capacités d'actions nouvelles à une échelle métropolitaine. L’agglomération « statistique » recouvre donc aujourd’hui 212 communes pour une superficie d'environ 2 000 km2.

Prospective territoriale[modifier | modifier le code]

Le développement territorial, tel qui a été retenu dans le schéma d'agglomération de 2007 jusqu'à horizon 2030, opérera suivant un réseau en étoile depuis le cœur de l'agglomération, Genève. Ainsi, le centre irriguera des pôles régionaux multimodaux en France :

Et en Suisse :

Ces pôles régionaux seront reliés au centre par des axes majeurs où se concentreront les principaux axes de communication et les principales zones d'activités. Secondés par des pôles locaux, cette armature urbaine se chargera de fixer le développement territorial et ainsi d'éviter l'étalement urbain pour conserver deux des principales prérogatives du projet d'agglomération qui sont la préservation de l'environnement naturel et la compacité de l'aire métropolitaine.

Transport[modifier | modifier le code]

Plan du projet CEVA.

Le projet du Grand Genève se doit de proposer des solutions aux flux en constante augmentation des mouvements des pendulaires et des transfrontaliers qui se déplacent en transport public ou individuel dans l'agglomération. Le trafic en continuelle hausse se superpose aux différents réseaux de transport locaux, régionaux et nationaux. La gestion de la mobilité pour le territoire concerné est très important pour le développement et la gestion des flux entre les grandes villes et ses périphéries.

La volonté des autorités étant de favoriser la mobilité en transport public afin de diminuer la dépendance des véhicules motorisés individuels, notamment en favorisant le développement de réseaux de transports publics à l'échelle de l'agglomération. La coordination entre les différentes autorités concernées est gérée par le Comité stratégique pour le développement des transports publics régionaux (DTPR) qui regroupe toutes les autorités organisatrices de l'agglomération[6].

L'amélioration du réseau routier et autoroutier dans le but d'augmenter sa capacité, se fera que dans l'optique d'apporter plus de sécurité aux usagers, de diminuer les nuisances pour les riverains et privilégier les nouveaux centres urbains en facilitant l'accès aux transports publics. Dans cette démarche s'inscrit le développement des parcs relais P+R situés, généralement, en bordure des centres urbains[7].

En 2003, une Charte pour le développement des transports publics régionaux a été signée par les autorités organisatrices des transports françaises (Région Rhône-Alpes, département de l'Ain, département de la Haute-Savoie, Communautés de communes de l'agglomération annemassienne, du Genevois et du Pays de Gex, Syndicat intercommunal des bus de l'agglomération de Thonon-les-Bains) et des autorités suisses (canton de Genève et canton de Vaud). L'objectif principal étant d'apporter des réponses efficaces afin de dépasser les difficultés liées à la frontière et de créer un réseau de transports publics permettant de desservir toutes les localités concernées par le bassin franco-valdo-genevois. Le développement des transports publics régionaux doit également contribuer à une meilleure coordination entre les partenaires transfrontaliers[8].

Quatre projets stratégiques doivent être développés par les signataires de la Charte :

  1. la liaison Cornavin - Eaux-Vives - Annemasse (CEVA) connectant les réseaux ferroviaires suisse et français au sein du réseau express régional Léman Express[9],
  2. le développement de lignes de transports collectifs à haute fréquence entre Genève et Annemasse, Saint-Julien, Saint-Genis-Pouilly et Ferney-Voltaire,
  3. l'amélioration des liaisons d'Annecy vers Annemasse, Genève, la vallée de l'Arve et le Chablais,
  4. le renforcement des réseaux d'autocars irriguant la Haute-Savoie et le Pays de Gex[8].

Concernant la mobilité douce, le projet d'agglomération prévoit la création d'une voie verte qui répondra aux besoins généraux d'amélioration des déplacements des piétons et des cyclistes. La voie verte d'agglomération s'inscrira dans le prolongement de la future liaison ferroviaire du CEVA, d'une longueur d'environ 22 kilomètres de Saint-Genis-Pouilly (Ain) à Annemasse (Haute-Savoie), elle traversera 12 communes. Son rôle remplit plusieurs vocations, notamment dans la préservation du paysage, mais aussi comme lieu de rencontre et de loisir[10].

Projet politique transfrontalier[modifier | modifier le code]

Dès les débuts du projet d'agglomération franco-valdo-genevois, dans les années 2000, le projet a pu prendre appui sur le Comité régional franco-genevois (CRFG). En effet, ce Comité est, depuis 1973, « la plus ancienne instance officielle de coopération transfrontalière franco-suisse »[11] et s'occupe des différents problèmes pouvant exister entre le canton de Genève et les départements français de l'Ain et de la Haute-Savoie. Puis, en 2004 s'ajoute le Conseil régional Rhône-Alpes et en 2006 le canton de Vaud.

La coopération transfrontalière s'est multipliée en prenant la forme de diverses entités, dans le but de renforcer la coordination et de gérer au mieux plusieurs questions concernant l'agglomération. Ainsi, on dénombre différentes associations chargées d'améliorer les partenariats à propos de sujets, tels que l'économie, la santé, les transports, l'environnement, les logements, les emplois, etc.

Parmi ces associations, on trouve l'Association régionale de coopération du genevois (ARC) qui regroupe les collectivités françaises partenaires du projet et devient, en 2010, l'ARC Syndicat mixte[12]. Le Groupement local de coopération transfrontalière (GLCT) effectue des démarches afin d'assurer la gouvernance du projet d'agglomération franco-valdo-genevoise, sous l'égide du Comité régional franco-genevois (CRFG). Il exprime ainsi le souhait des « autorités françaises et genevoises (de réitérer) leurs engagements quant à la création d'un instrument juridique destiné à assurer une meilleure gouvernance de l'ensemble des territoires transfrontaliers »[13]. La Fédération Libérale du Grand Genève (FLGG), fondée par Darius Azarpey, regroupe des partis politiques français et suisses et œuvre à la coopération politique transfrontalière, notamment sur des projets infrstructurels et d'aménagement du territoire.

Un tel projet est confronté à trois échelles politiques, locale, nationale et internationale qui doivent toutes donner leur autorisation afin que le projet puisse se concrétiser.

Agglomération transfrontalière intégrée[modifier | modifier le code]

Le Grand Genève est une agglomération transfrontalière intégrée de manière fonctionnelle et institutionnelle. En effet, Olivier Walther, chercheur au Centre for Population, Poverty and Public Policy Studies au Luxembourg[14], constate qu'au sein de l'agglomération la ville de Genève concentre la plupart des emplois et des emplois qualifiés alors que les périphéries, notamment françaises, deviennent des lieux résidentiels ayant une expansion très importante du nombre de logements depuis 2002. D'un point de vue institutionnel, le Grand Genève est considéré, en Europe, comme l'agglomération ayant les institutions transfrontalières les plus intégrées. La coopération est effective entre les institutions des différents pays au travers d'un projet d'agglomération qui correspond au périmètre fonctionnel de l'agglomération et qui encourage le dynamisme transfrontalier. La comparaison d'Olivier Walther, avec le processus d'intégration de l'agglomération transfrontalière du Luxembourg, montre que si l'intégration fonctionnelle entre les deux agglomérations est sensiblement similaire, l'intégration institutionnelle est en revanche moins importante au Luxembourg. En effet, l'agglomération luxembourgeoise, contrairement à Grand Genève, souffre encore d'un manque de convergence au sein des politiques de coopération entre les différents pays, plaçant ainsi, la ville-centre et sa périphérie dans deux logiques différentes en matière de développement territorial. Cette étude comparative d'Olivier Walther, tend notamment à prouver que Grand Genève est l'une des agglomérations transfrontalières européennes les plus avancées dans l'objectif politique de coopération urbaine transnationale.

Critiques du projet[modifier | modifier le code]

Depuis que le projet a été lancé, il a reçu de nombreuses critiques émanant d'associations ou de groupes politiques et majoritairement au niveau local. Parmi les plus actifs, on retrouve le Groupe Genève cinq cents mètres de ville en plus qui propose plusieurs projets alternatifs et progressifs. Il dénonce notamment le déséquilibre de plus en plus prononcé entre le centre et la périphérie, essentiellement transfrontalière. Leur contre-projet propose que le développement de l'agglomération se fasse en couronne, c'est-à-dire en tenant compte et en privilégiant l'urbanisation linéaire qui se développe déjà aux pieds du Jura et du Salève. Selon eux le projet d'agglomération actuel nie cette réalité, en mettant l'accent sur un développement en étoile ou radial et basé sur les grands axes de transports[15]. Sans être en opposition avec le projet d'agglomération d'autres associations suivent de près l'évolution de ce dernier et particulièrement au niveau local. La Coordination économique et sociale transfrontalière (CEST) regroupe différentes associations et organismes de l'Ain, de Genève et de Haute-Savoie travaillant sur la thématique transfrontalière[16]. Des propositions sont formulées sous la forme du Livre vert regroupant différent sujets (mobilité, environnement, santé, etc.) et relevant la problématique d'une région à deux vitesses.

À Genève, c'est le parti politique Mouvement citoyen genevois (MCG) qui montre le plus d'hostilité envers le projet, particulièrement contre le CEVA[17].

Autres études sur le sujet[modifier | modifier le code]

Des études universitaires ont également étudié certains aspects économiques, agricoles ou sociaux de l'agglomération. Parmi les travaux de recherches effectués, le rapport intitulé Métabolisme agricole franco-valdo-genevois s’inscrit dans le cadre du projet de Valorisation Intensive des énergies Renouvelables dans l’Agglomération Genevoise (projet VIRAGE)[18]. Une autre étude porte sur les choix résidentiels et les modes de vie dans l’agglomération franco-valdo-genevoise fondée entre autres sur une enquête téléphonique[19]. Par ailleurs, une étude décrit les principales étapes qui ont conduit à l’esquisse de la voie verte de l’agglomération[20].

Enfin, l'ouvrage « Construire une agglomération transfrontalière » de Vincent Mottet (Éditions EMS, 2016) analyse le Grand Genève sous l'angle managérial en mettant en évidence le coût engendré par les différences normatives qu'il traite de manière socio-économique.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le projet d’agglo est mort, vive le Grand Genève!, Tribune de Genève, 3 mai 2012
  2. L'agglomération franco-valdo-genevoise s'appellera "Grand Genève", RTS Info, 3 mai 2012
  3. « Chiffres Clés Infographie | Grand Genève », sur www.grand-geneve.org (consulté le 14 juillet 2016)
  4. [1]
  5. « Thématiques », Projet d'agglomération (consulté le 22 septembre 2008).
  6. http://www.grand-geneve.org, site du Grand Genève.
  7. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées test
  8. a et b http://www.geneve.ch/fao/2003/20030716.asp, FEUILLE D'AVIS OFFICIELLE DU 16.07.2003.
  9. Le réseau ferroviaire transfrontalier s'appelle Léman Express, Crieur.ch, 19.06.2015
  10. mobilité, site du Grand Genève.
  11. http://www.crfginfo.org, Comité régional franco-genevois (CRFG).
  12. ARC syndicat mixte, communiqué de presse-12 mars 2010.
  13. http://www.coordination-transfrontaliere.org, GLCT "Gouvernance" du projet d'Agglo FVG.
  14. http://metrolux.ceps.lu.
  15. http://geneve500m.com, site du Groupe Genève cinq cents mètres de ville en plus.
  16. http://www.coordination-transfrontaliere.org, site du CEST-Coordination économique et sociale transfrontalière.
  17. http://www.mcge.ch, site du MCG.
  18. Rapport Métabolisme agricole franco-valdo-genevois.
  19. étude sur les choix résidentiels et les modes de vie dans l’agglomération franco-valdo-genevoise.
  20. étude sur la voie verte de l’agglomération franco-valdo-genevoise.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]