Rémy Pagani

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Pagani (homonymie).

Rémy Pagani
Illustration.
Rémy Pagani en 2017.
Fonctions
Député au Grand Conseil du canton de Genève
En fonction depuis
Législature 2e (2018-2023)
Législature 1re (2013-2018)
Législature 54e (1997-2001)
55e (2001-2005)
Conseiller administratif à Genève
En fonction depuis le
Élection
Réélection
Prédécesseur Christian Ferrazino
Maire de Genève
Prédécesseur Guillaume Barazzone
Successeur Sami Kanaan
Prédécesseur Pierre Maudet
Successeur Sandrine Salerno
Prédécesseur Manuel Tornare
Successeur Sandrine Salerno
Biographie
Date de naissance (65 ans)
Lieu de naissance Genève (Suisse)
Nationalité Drapeau de la Suisse Suisse
Parti politique Ensemble à gauche
Profession Homme politique
Écrivain
Assistant social
Syndicaliste

Rémy Pagani, né le à Genève, est une personnalité politique suisse[1] membre du mouvement Ensemble à gauche. Il est conseiller administratif de Genève depuis 2007. Il a également été maire de la ville à trois reprises (2009 ; 2012 et 2017).

Biographie[modifier | modifier le code]

Rémy Pagani a notamment écrit 4 romans et un carnet d'impression de voyage de retour de Colombie La Colombie vers la paix.

Militantisme[modifier | modifier le code]

Rémy Pagani milite dans plusieurs structures depuis l'âge de 16 ans. Ainsi, il participe activement au mouvement du « Centre autonome » de la maison des jeunes de St Gervais en 1970 et 1971[2]. Les trois années suivantes, il aide à l'organisation des activités militantes de collégiens et d'apprentis.

Son activité militante s'oriente vers les problématiques du logement et de la vie de quartier. De 1974 à 1984, il est membre du comité de l'action populaire aux grottes (APAG), mouvement dont l'objectif est la préservation du quartier. Il fonde en 1981 la Fédération des associations de quartiers et d’habitants (FAQH). Enfin, il est également membre de l'association des habitants de la Jonction de 1984 à 1990.

Syndicalisme[modifier | modifier le code]

De 1987 à 1996, Rémy Pagani est secrétaire syndical au Syndicat interprofessionnel de travailleuses et travailleurs (SIT). À partir de 1997 et pour les dix années suivantes, il devient le secrétaire permanent du Syndicat des services publics (SSP) pour la région de Genève[3],[4].

Parcours politique[modifier | modifier le code]

Le 12 octobre 1997, Rémy Pagani est élu au Grand conseil de Genève au sein de l'Alliance de gauche (AdG)[5]. Le 7 octobre 2001, il réélu à cette fonction toujours pour l'AdG[6].

En 2001, Rémy Pagani révèle à la population genevoise l'existence de nombreux problèmes à l'Office cantonal des poursuites[7]. Il critique ainsi le fonctionnement de l'institution mais également celui des instances chargées de sa supervision et de sa surveillance.

Faute de quorum il échoue à se faire réélire au parlement cantonal en 2005 avec le mouvement solidaritéS[8].

Rémy Pagani revient au législatif cantonal (Grand Conseil) pour le parti Ensemble à gauche avec les élections du 6 octobre 2013[9].

Pour les élections cantonales de 2018, le mouvement solidaritéS décide de ne pas investir Rémy Pagani pour briguer un siège au Conseil d'État. Les membres lui préfèrent un duo constitué de Jocelyne Haller et Pablo Cruchon (qui finalement se retirera à la suite de problèmes internes)[10],[11]. Il est toutefois réélu au Grand conseil le 15 avril 2018 sous la liste Ensemble à gauche[12].

Conseiller administratif (ville de Genève) : législature 2007-2009[modifier | modifier le code]

Le , Rémy Pagani est élu conseiller administratif de la ville de Genève (4e position)[13]. Il prend la charge du département des constructions et de l'aménagement. Il exerce la fonction de maire de Genève durant une année à partir du .

En 2009, les services municipaux de M. Pagani lancent un concours architectural pour construire le bâtiment de la Nouvelle Comédie[14]. Plus de 30 concours internationaux ont été lancé et réalisé sous son impulsion.

Il est a l'origine de la construction du skatepark de Genève, de la rénovation de la salle historique de la patinoire des Vernets de l'Alhambra et du Grand Théâtre notamment. Il lancera des procédures pour acquèrir la tour de l'Ile, la tour du Molard ainsi que deux appartements dans l'immeuble Clarté, chef-d’œuvre de Le Corbusier.

Conseiller administratif (ville de Genève) : législature 2011-2015[modifier | modifier le code]

Il est réélu conseiller administratif de la ville de Genève (4e position) le 17 avril 2011[15]. Il est maire de la ville du 1er juin 2012 au 31 mai 2013.

En 2012, le Grand conseil genevois décide d'interdire l'accès des membres d'exécutifs communaux à l'organe de supervision des Transports Publics Genevois[16]. Rémy Pagani recourt contre cette décision et impose alors sa présence lors d'une séance[17],[18]. Le Conseil d'État entame une procédure contre lui et décide de le sanctionner pour cette action en 2014[19]. L'intéressé recourt contre cette sanction mais se voit refuser toutes ses demandes devant plusieurs juridictions[20],[21],[22]. Par un retournement de majorité en sa faveur, il retrouvera son siège au Transports Publics Genevois grâce à un vote de cette même instance (Grand conseil) deux années plus tard soit en 2015.

En période préélectorale (2014), plusieurs élus municipaux de droite critique ses méthodes de travail[23]. Outre son militantisme, il lui reproche notamment des difficultés dans la gestion des travaux depuis que les finances publiques ne sont plus aussi bonnes que dans les années 2010. L'intéressé se défend de ces accusations, indiquant notamment que les services dont il a la responsabilité ne dépassent pas les budgets alloués par le Conseil municipal.

Conseiller administratif (ville de Genève) : législature 2015-2020[modifier | modifier le code]

Mémorial aux victimes du génocide rwandais, avril 2019.

Le 10 mai 2015, Rémy Pagani est réélu au Conseil administratif de la ville de Genève en 4e position[24]. Il est élu maire de Genève pour la période du 1er juin 2017 au 31 mai 2018.

Dans le cadre de la rénovation du Grand Théâtre de Genève dont il a la charge, il inaugure en février 2016 avec son collègue Sami Kanaan et la présidente de la Fondation Lorella Bertani un bâtiment temporaire — appelé « L'Opéra des Nations[25] » — devant accueillir les productions artistiques[26]. Utilisé précédemment lors des travaux de la Comédie Française à Paris, la structure en bois est installée sur la place des Nations grâce à son action déterminée. Elle doit permettre de poursuivre le programme artistique dans cette éphémère construction, le temps que les travaux de rénovation du bâtiment historique place de Neuve soient achevés. La réalisation de ce projet, qui a mobilisé les services de MM. Pagani ainsi que le travail de la Fondation, est saluée.

En juin 2017, Rémy Pagani lance le chantier de la Nouvelle Comédie[14],[27]. Issu d'une réflexion vieille de 30 ans, ce projet doit notamment aboutir à la construction de deux nouvelles salles de théâtres de 500 et 200 places. Fin novembre, le syndicat UNIA mène une action sur le chantier pour protester contre le nombre de contrats temporaires qu'il juge trop élevé[28],[29]. Comme responsable du chantier le conseiller administratif prend alors contact avec l'entreprise chargé de l’œuvre pour vérifier la véracité des faits reprochés par UNIA et trouver une solution à ce problème mais rappelle que les engagements de la municipalité pour limiter le nombre d'emplois intérimaires ne peuvent être appliqués rétroactivement. Après vérification les allégations du syndicat UNIA ne peuvent être prouvés.

Dans le cadre de son année de mairie en 2017-2018, il souhaite mettre à l'honneur un autre pays dont la fête nationale se déroule le 1er août, le Bénin[30]. Il explique que ce choix doit montrer la diversité des cultures en employant notamment l'expression de « poya revisitée ». Toutefois, plusieurs oppositions apparaissent sur ce dossier[31]. Le parti populiste de droite du Mouvement Citoyen Genevois critique la démarche de l'élu tandis qu'une pétition anonyme à l'idéologie xénophobe circule[32]. Elle sera finalement retirée 2 jours avant la fête[31]. De son côté, le maire critique fermement cette initiative et rappelle le soutien de la population à son idée[33].

Affaire de la brochure[modifier | modifier le code]

À la fin août 2017, l'Entente (coalition PLR / PDC) attaque en justice Rémy Pagani en posant un recours contre une brochure de votation. Ces partis lui reprochent d'avoir rédigé une introduction orientée politiquement pour la brochure de la votation du 24 septembre 2017 contre les coupes budgétaires et d'avoir lancé et récolté des signatures pour soutenir quatre référendums [34]. Le maire se défend de partialité et indique avoir montré les travaux à ses collègues du Conseil administratif, ce que Sandrine Salerno (PS) ou Guillaume Barazzone (PDC) démentent[35]. Fin septembre, la cour de justice valide le recours et prononce l'annulation de la votation[36]. Cette décision soumet Rémy Pagani à la critique de nombreux élus, la plupart lui demandant de renoncer à sa fonction de maire[37],[38]. Toutefois, celui-ci refuse cette option et annonce qu'il n’abandonnera pas ses prérogatives[39],[40]. En octobre, le Conseil d'État, l'organe de surveillance des communes, lance une procédure disciplinaire contre lui[41]. En parallèle, plusieurs citoyens déposent un recours au Tribunal fédéral, réclamant la tenue du vote référendaire[42]. Toutefois, ce recours est rejeté quelques jours plus tard[43],[44]. Fin décembre, ce conseil lui inflige une amende de 5 000 francs suisses pour violation de ses devoirs de fonction par négligence ou imprudence, constatant pourtant la bonne foi de l'intéressé et la validation par la Conseil administratif de la brochure mais lui reprochant de n'avoir pas mis en place un contrôle approprié de la rédaction du document[45],[46]. La votation populaire qui se tiendra quelques mois plus tard annulera par une écrasante majorité les nombreuses coupes budgétaires anti-sociales décidées par une majorité de droite du Conseil municipal (MCG,PLR,PDC) assurant une confortable victoire politique à Rémy Pagani.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Les beaux jours reviendront, Chez l'auteur : Genève, 1994.
  • Entre chien et loup, Chez l'auteur : Genève, 1996.
  • Confession d'un commissaire de police, Rémy Pagani : Genève, 1997.
  • Étrange balade, Les autres auteurs associés : Genève, 2006.
  • La Colombie vers la paix, Centre Europe-Tiers Monde ch, 2018 (ISBN 2880531306).

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Monsieur Remy Pagani, Maire de Genève RTS », http://www.rts.ch,‎ (lire en ligne)
  2. « Faites de la solidarité! Rémy Pagani, maire de Genève », http://demirsonmez.blog.tdg.ch,‎ (lire en ligne)
  3. « Rémy Pagani, un magistrat encore et toujours décrié », http://www.letemps.ch,‎ (lire en ligne)
  4. « Réaction de Rémy Pagani, président du syndicat des services publics », http://www.rts.ch,‎ (lire en ligne)
  5. « Résultats de l'élection du 12 octobre 1997 », sur www.ge.ch,
  6. « Résultats de l'élection du 7 octobre 2001 », sur www.ge.ch,
  7. Théo Allegrezza, « Rémy Pagani, maire de Genève entre coups d'éclat et revers de fortune », rts.ch,‎ (lire en ligne)
  8. « Résultats de l'élection du 9 octobre 2005 », sur www.ge.ch,
  9. « Résultats de l'élection du 6 octobre 2013 », sur www.ge.ch,
  10. dra, « Conseil d'Etat: Rémy Pagani recalé par les siens », 20 Minutes,‎ (lire en ligne)
  11. mcat/ypf, « Pablo Cruchon se retire de la course au Conseil d'Etat genevois », rts.ch,‎ (lire en ligne)
  12. « Élection du Grand Conseil du 15 avril 2018 - Résultats par Candidats - République et canton de Genève - GE.CH », sur www.ge.ch,
  13. « Résultats de l'élection du 29 avril 2007 », sur www.ge.ch,
  14. a et b Alexandre Demidoff, « Au berceau, la Nouvelle Comédie triomphe déjà », Le Temps,‎ (lire en ligne)
  15. « Résultats de l'élection du 17 avril 2011 », sur www.ge.ch,
  16. Marc Moulin, « La justice confirme la sanction infligée à Rémy Pagani », tdg.ch/,‎ (lire en ligne)
  17. Marc Moulin, « Rémy Pagani restera exclu des TPG », tdg.ch/,‎ (lire en ligne)
  18. « Pagani empêche le conseil d'administration des TPG de siéger », tdg.ch/,‎ (lire en ligne)
  19. Fabiano Citroni, « Le Conseil d’Etat reprend son enquête contre Rémy Pagani », tdg.ch/,‎ (lire en ligne)
  20. Laure Gabus, « Pagani ne reviendra pas au conseil d'administration des TPG », tdg.ch/,‎ (lire en ligne)
  21. Marc Moulin, « Rémy Pagani se bat encore face au Conseil d’Etat pour être blanchi », tdg.ch/,‎ (lire en ligne)
  22. Marc Bretton, « Sanctionné par le Conseil d'Etat, Rémy Pagani fera recours », tdg.ch/,‎ (lire en ligne)
  23. Olivier Francey, « Rémy Pagani, un magistrat encore et toujours décrié », Le Temps,‎ (lire en ligne)
  24. « Résultats de l'élection du 10 mai 2015 », sur www.ge.ch,
  25. L'Opéra des Nations : le documentaire du Grand Théâtre de Genève, Interactiv Group Sàrl, Grand Théâtre de Genève, 2015 & 29 mars 2016 (présentation en ligne, lire en ligne [vidéo])
    « À Genève, au cœur du quartier des organisations internationales, une nouvelle salle de spectacle a vu le jour : L'Opéra des Nations. D'une capacité de plus de 1000 places, l'Opéra des Nations accueillera les spectacles du Grand Théâtre de Genève durant la rénovation de son bâtiment historique dès février 2016. »
  26. Par Pascale Zimmermann@zimmermanntdg, « Rémy Pagani: «L'Opéra des Nations est un Stradivarius!» », 24Heures, 24heures, VQH,‎ (ISSN 1424-4039, lire en ligne)
  27. Matthieu Dessarzin, « La première pierre de la Nouvelle comédie a été posée | Radio LFM », LFM Radio,‎ (lire en ligne)
  28. « Trop de contrats temporaires sur un chantier municipal genevois », AGEFI,‎ (lire en ligne)
  29. Antoine Grosjean, « Unia bloque le chantier de la Nouvelle Comédie », tdg.ch/,‎ (lire en ligne)
  30. Marie Prieur, « La Ville de Genève fête deux 1er Août en un », tdg.ch/,‎ (lire en ligne)
  31. a et b Marie Prieur, « La pétition aux relents racistes a été supprimée », tdg.ch/,‎ (lire en ligne)
  32. Julien de Weck, « Une pétition en ligne pas si bénigne », tdg.ch/,‎ (lire en ligne)
  33. Giancarlo Mariani, « Rémy Pagani: «J’assume!» », GHI,‎ (lire en ligne)
  34. Éric Budry, « L’Entente attaque en justice la brochure des votations », tdg.ch/,‎ (lire en ligne)
  35. Marie Prieur, « La brochure sur la votation budgétaire sème le trouble », tdg.ch/,‎ (lire en ligne)
  36. Marie Prieur, « Le scrutin sur les coupes budgétaires est annulé », tdg.ch/,‎ (lire en ligne)
  37. Marie Prieur, « Rémy Pagani essuie le feu croisé des élus », tdg.ch/,‎ (lire en ligne)
  38. Marie Prieur, « Rémy Pagani prié de «se déterminer sur ses prérogatives de maire» », tdg.ch/,‎ (lire en ligne)
  39. Laure Lugon, « Lâché, Rémy Pagani s’accroche à son titre de maire », Le Temps,‎ (lire en ligne)
  40. Marie Prieur, « Rémy Pagani, un maire «en roue libre» », tdg.ch/,‎ (lire en ligne)
  41. Marie Prieur et Éric Budry, « Rémy Pagani visé par une procédure disciplinaire », tdg.ch/,‎ (lire en ligne)
  42. Laure Lugon, « Un recours providentiel au secours de Rémy Pagani », Le Temps,‎ (lire en ligne)
  43. Laure Lugon, « Le Tribunal fédéral désavoue les soutiens de Rémy Pagani », Le Temps,‎ (lire en ligne)
  44. Anna Vaucher, « Affaire Pagani: le TF rejette le recours des 31 citoyens », tdg.ch/,‎ (lire en ligne)
  45. David Haeberli, « Rémy Pagani écope d’une amende de 5000 francs dans l’affaire de la brochure de vote », Le Temps,‎ (lire en ligne)
  46. ATS / nxp, « Le maire Rémy Pagani écope d'une amende », 24Heures, 24heures, VQH,‎ (ISSN 1424-4039, lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]