Rémy Pagani

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Rémy Pagani
Illustration.
Rémy Pagani en 2017.
Fonctions
Député au Grand Conseil du canton de Genève
En fonction depuis le
(3 ans et 28 jours)
Législature 2e

(2 ans, 1 mois et 10 jours)
Législature 1re (2013-2018)
Successeur Jean Batou

(8 ans et 22 jours)
Législature 54e (1997-2001)
55e (2001-2005)
Conseiller administratif de Genève

(12 ans, 11 mois et 30 jours)
Élection 29 avril 2007
Réélection 17 avril 2011
10 mai 2015
Prédécesseur Christian Ferrazino
Successeur Frédérique Perler
Maire de Genève

(11 mois et 30 jours)
Prédécesseur Guillaume Barazzone
Successeur Sami Kanaan

(11 mois et 30 jours)
Prédécesseur Pierre Maudet
Successeur Sandrine Salerno

(11 mois et 30 jours)
Prédécesseur Manuel Tornare
Successeur Sandrine Salerno
Biographie
Date de naissance (67 ans)
Lieu de naissance Genève (Suisse)
Nationalité Drapeau de la Suisse Suisse
Parti politique AdG (1993-2006)
À gauche toute ! (2006-2011)
EàG (depuis 2011)
Profession Assistant social
Syndicaliste

Rémy Pagani
Conseillers administratifs de Genève
Maires de Genève

Rémy Pagani, né le à Genève, est une personnalité politique genevoise[1], membre du mouvement Ensemble à gauche. Il est conseiller administratif de Genève de 2007 à 2020 et maire de la ville en 2009, 2012 et 2017.

Biographie[modifier | modifier le code]

Rémy Pagani a notamment écrit 4 romans et un carnet d'impression de voyage à son retour d'un voyage en Colombie.

Il milite dans plusieurs structures depuis l'âge de 16 ans. Ainsi, il participe activement au mouvement du « Centre autonome » de la maison des jeunes de St Gervais en 1970 et 1971[2]. Les trois années suivantes, il aide à l'organisation des activités militantes de collégiens et d'apprentis.

De 1974 à 1984, il est membre du comité de l'action populaire aux grottes (APAG), mouvement dont l'objectif est la préservation du quartier. Il fonde en 1981 la Fédération des associations de quartiers et d’habitants. Enfin, il est également membre de l'association des habitants de la Jonction de 1984 à 1990.

De 1987 à 1996, il est secrétaire syndical au Syndicat interprofessionnel de travailleuses et travailleurs. À partir de 1997 et pour les dix années suivantes, il est le secrétaire permanent du Syndicat des services publics pour la région de Genève[3],[4].

Parcours politique[modifier | modifier le code]

Le 12 octobre 1997, il est élu au Grand conseil de Genève au sein de l'Alliance de gauche (AdG)[5]. Le 7 octobre 2001, il réélu à cette fonction toujours pour l'AdG[6].

En 2001, il révèle à la population genevoise l'existence de nombreux problèmes à l'Office cantonal des poursuites[7]. Il critique ainsi le fonctionnement de l'institution mais également celui des instances chargées de sa supervision et de sa surveillance.

Faute de quorum il échoue à se faire réélire au parlement cantonal en 2005 avec le mouvement solidaritéS[8]. Il revient au législatif cantonal pour le parti Ensemble à gauche avec les élections du 6 octobre 2013[9]. Il y est réélu le 15 avril 2018[10].

Le , il est élu conseiller administratif de la ville de Genève (4e position)[11] et prend la tête du département des constructions et de l'aménagement. Il est réélu (les deux fois en 4e position) le 17 avril 2011[12] et le [13]. Il est maire de la ville à trois reprises : du au , du 1er juin 2012 au 31 mai 2013 et du 1er juin 2017 au 31 mai 2018.

Actions marquantes au Conseil administratif[modifier | modifier le code]

Dans le cadre de la rénovation du Grand Théâtre de Genève dont il a la charge, il inaugure en février 2016 avec son collègue Sami Kanaan et la présidente de la Fondation Lorella Bertani un bâtiment temporaire — appelé « L'Opéra des Nations[14] » — devant accueillir les productions artistiques[15],[16]. Utilisé précédemment lors des travaux de la Comédie Française à Paris, la structure en bois est installée sur la place des Nations.

En juin 2017, il lance le chantier de la Nouvelle Comédie[17],[18]. Issu d'une réflexion vieille de 30 ans, ce projet doit notamment aboutir à la construction de deux nouvelles salles de théâtres de 500 et 200 places. Fin novembre, le syndicat UNIA mène une action sur le chantier pour protester contre le nombre de contrats temporaires qu'il juge trop élevé[19],[20].

Dans le cadre de son année de mairie en 2017-2018, il souhaite mettre à l'honneur le Bénin, un autre pays dont la fête nationale se déroule le 1er août[21]. Il explique que ce choix doit montrer la diversité des cultures, employant notamment l'expression de « poya revisitée ». Le parti populiste de droite du Mouvement Citoyen Genevois critique la démarche de l'élu tandis qu'une pétition anonyme à l'idéologie xénophobe circule[22]. Elle est finalement retirée deux jours avant la fête[23].

Procédures, affaires et critiques[modifier | modifier le code]

En 2012, le Grand conseil genevois décide d'interdire l'accès des membres d'exécutifs communaux à l'organe de supervision des Transports Publics Genevois[24]. Rémy Pagani recourt contre cette décision et impose alors sa présence lors d'une séance[25],[26]. Le Conseil d'État entame une procédure contre lui et décide de le sanctionner pour cette action en 2014[27]. L'intéressé recourt sans succès contre cette sanction devant plusieurs juridictions[28],[29],[30]. Il retrouve son siège aux Transports Publics Genevois à la suite d'un vote du Grand conseil en 2015[31].

En 2014, en période préélectorale, plusieurs élus municipaux de droite critiquent ses méthodes de travail[32]. Outre son militantisme, ils lui reprochent notamment sa gestion et sa communication sur certains grands travaux.

Affaire de la brochure[modifier | modifier le code]

À la fin août 2017, l'Entente (coalition PLR / PDC) attaque en justice Rémy Pagani en posant un recours contre une brochure de votation. Ces partis lui reprochent d'avoir rédigé une introduction orientée politiquement pour la brochure de la votation du 24 septembre 2017 contre les coupes budgétaires et d'avoir lancé et récolté des signatures pour soutenir quatre référendums[33]. Le maire se défend de partialité et indique avoir montré les travaux à ses collègues du Conseil administratif, ce que Sandrine Salerno (PS) et Guillaume Barazzone (PDC) démentent[34]. Fin septembre, la Cour de justice valide le recours et prononce l'annulation de la votation[35]. Cette décision conduit de nombreux élus à lui demander de renoncer à sa fonction de maire[36],[37], ce qu'il refuse[38],[39]. En octobre, le Conseil d'État, responsable de la surveillance des communes, lance une procédure disciplinaire contre lui[40]. En parallèle, plusieurs citoyens déposent un recours au Tribunal fédéral pour obtenir le rétablissement de la votation annulée[41], mais ce recours est rejeté quelques jours plus tard[42],[43]. Fin décembre, le Conseil d'État lui inflige une amende pour violation de ses devoirs de fonction, par négligence ou imprudence. Bien que la bonne foi de l'intéressé et la validation par le Conseil administratif de la brochure soient établis, il lui est reproché de n'avoir pas mis en place un contrôle approprié lors de la rédaction du document[44],[45]. La votation populaire qui se tient quelques mois plus tard en mars 2018 débouche sur l'annulation des coupes budgétaires, offrant au magistrat une victoire politique[46],[47].

Affaire des frais professionnels du conseil administratif[modifier | modifier le code]

En novembre 2018, il est touché avec ses collègues du Conseil administratif par les révélations de la Cour des comptes genevoise au sujet des frais professionnels des cinq magistrats. Dans son audit, l'institution révèle des dysfonctionnements importants dans le système de remboursement et de contrôle des frais et relève certaines dépenses dont la justification s'avère douteuse[48],[49],[50].

Courant novembre 2018, le Ministère public indique ouvrir une procédure pénale contre inconnu pour gestion déloyale des intérêts publics et avoir procédé à des perquisitions dans les locaux de l'administration municipale, dont le bureau de Rémy Pagani[51]. En mars 2019, le Ministère public convoque en tant que prévenu Rémy Pagani et son collègue Guillaume Barazzone pour de nouvelles auditions concernant certaines de leurs dépenses[52]. Rémy Pagani se défend d'avoir commis des infractions mais reconnaît le caractère éventuellement inopportun de certaines d'entre elles. En avril 2020, les affaires sont classées sans suite après la restitution d'une somme d'argent, correspondant notamment à des repas avec des militants de quartiers et des conseillers municipaux[53]. Le conseiller administratif précise qu'il a mis un terme à cet affaire de cette manière pour en finir avec ce litige.

Procédure disciplinaire[modifier | modifier le code]

Début 2020, le Conseil d'État ouvre une procédure disciplinaire contre Rémy Pagani portant sur les circonstances dans lesquelles la fondation « Genève - Cité de Refuge » a été constituée et sur la gestion du chantier de rénovation du Grand Théâtre de Genève [54]. En avril 2020, la procédure est close, le Conseil d'État indiquant être incapable de mener les investigations nécessaires avant la fin de mandat de Rémy Pagani dans le contexte de l'épidémie de COVID-19.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Les beaux jours reviendront, Chez l'auteur : Genève, 1994.
  • Entre chien et loup, Chez l'auteur : Genève, 1996.
  • Confession d'un commissaire de police, Rémy Pagani : Genève, 1997.
  • Étrange balade, Les autres auteurs associés : Genève, 2006.
  • La Colombie vers la paix, Centre Europe-Tiers Monde ch, 2018 (ISBN 2880531306).

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Monsieur Remy Pagani, Maire de Genève RTS », http://www.rts.ch,‎ (lire en ligne)
  2. « Faites de la solidarité! Rémy Pagani, maire de Genève », http://demirsonmez.blog.tdg.ch,‎ (lire en ligne)
  3. « Rémy Pagani, un magistrat encore et toujours décrié », http://www.letemps.ch,‎ (lire en ligne)
  4. « Réaction de Rémy Pagani, président du syndicat des services publics », http://www.rts.ch,‎ (lire en ligne)
  5. « Résultats de l'élection du 12 octobre 1997 », sur www.ge.ch,
  6. « Résultats de l'élection du 7 octobre 2001 », sur www.ge.ch,
  7. Théo Allegrezza, « Rémy Pagani, maire de Genève entre coups d'éclat et revers de fortune », rts.ch,‎ (lire en ligne)
  8. « Résultats de l'élection du 9 octobre 2005 », sur www.ge.ch,
  9. « Résultats de l'élection du 6 octobre 2013 », sur www.ge.ch,
  10. « Élection du Grand Conseil du 15 avril 2018 - Résultats par Candidats - République et canton de Genève - GE.CH », sur www.ge.ch,
  11. « Résultats de l'élection du 29 avril 2007 », sur www.ge.ch,
  12. « Résultats de l'élection du 17 avril 2011 », sur www.ge.ch,
  13. « Résultats de l'élection du 10 mai 2015 », sur www.ge.ch,
  14. L'Opéra des Nations : le documentaire du Grand Théâtre de Genève, Interactiv Group Sàrl, Grand Théâtre de Genève, 2015 & 29 mars 2016 (présentation en ligne, lire en ligne [vidéo])
    « À Genève, au cœur du quartier des organisations internationales, une nouvelle salle de spectacle a vu le jour : L'Opéra des Nations. D'une capacité de plus de 1000 places, l'Opéra des Nations accueillera les spectacles du Grand Théâtre de Genève durant la rénovation de son bâtiment historique dès février 2016. »
  15. Sylvie Bonnier, « Genève s’offre un Théâtre éphémère », Le Temps,‎ (lire en ligne)
  16. Par Pascale Zimmermann@zimmermanntdg, « Rémy Pagani: «L'Opéra des Nations est un Stradivarius!» », 24Heures, 24heures, VQH,‎ (ISSN 1424-4039, lire en ligne)
  17. Alexandre Demidoff, « Au berceau, la Nouvelle Comédie triomphe déjà », Le Temps,‎ (lire en ligne)
  18. Matthieu Dessarzin, « La première pierre de la Nouvelle comédie a été posée | Radio LFM », LFM Radio,‎ (lire en ligne)
  19. « Trop de contrats temporaires sur un chantier municipal genevois », AGEFI,‎ (lire en ligne)
  20. Antoine Grosjean, « Unia bloque le chantier de la Nouvelle Comédie », tdg.ch/,‎ (lire en ligne)
  21. Marie Prieur, « La Ville de Genève fête deux 1er Août en un », tdg.ch/,‎ (lire en ligne)
  22. Julien de Weck, « Une pétition en ligne pas si bénigne », tdg.ch/,‎ (lire en ligne)
  23. Marie Prieur, « La pétition aux relents racistes a été supprimée », tdg.ch/,‎ (lire en ligne)
  24. Marc Moulin, « La justice confirme la sanction infligée à Rémy Pagani », tdg.ch/,‎ (lire en ligne)
  25. Marc Moulin, « Rémy Pagani restera exclu des TPG », tdg.ch/,‎ (lire en ligne)
  26. « Pagani empêche le conseil d'administration des TPG de siéger », tdg.ch/,‎ (lire en ligne)
  27. Fabiano Citroni, « Le Conseil d’Etat reprend son enquête contre Rémy Pagani », tdg.ch/,‎ (lire en ligne)
  28. Laure Gabus, « Pagani ne reviendra pas au conseil d'administration des TPG », tdg.ch/,‎ (lire en ligne)
  29. Marc Moulin, « Rémy Pagani se bat encore face au Conseil d’Etat pour être blanchi », tdg.ch/,‎ (lire en ligne)
  30. Marc Bretton, « Sanctionné par le Conseil d'Etat, Rémy Pagani fera recours », tdg.ch/,‎ (lire en ligne)
  31. « Rémy Pagani réintégrera le conseil d'administration des TPG », La Côte,‎ (lire en ligne)
  32. Olivier Francey, « Rémy Pagani, un magistrat encore et toujours décrié », Le Temps,‎ (lire en ligne)
  33. Éric Budry, « L’Entente attaque en justice la brochure des votations », tdg.ch/,‎ (lire en ligne)
  34. Marie Prieur, « La brochure sur la votation budgétaire sème le trouble », tdg.ch/,‎ (lire en ligne)
  35. Marie Prieur, « Le scrutin sur les coupes budgétaires est annulé », tdg.ch/,‎ (lire en ligne)
  36. Marie Prieur, « Rémy Pagani essuie le feu croisé des élus », tdg.ch/,‎ (lire en ligne)
  37. Marie Prieur, « Rémy Pagani prié de «se déterminer sur ses prérogatives de maire» », tdg.ch/,‎ (lire en ligne)
  38. Laure Lugon, « Lâché, Rémy Pagani s’accroche à son titre de maire », Le Temps,‎ (lire en ligne)
  39. Marie Prieur, « Rémy Pagani, un maire «en roue libre» », tdg.ch/,‎ (lire en ligne)
  40. Marie Prieur et Éric Budry, « Rémy Pagani visé par une procédure disciplinaire », tdg.ch/,‎ (lire en ligne)
  41. Laure Lugon, « Un recours providentiel au secours de Rémy Pagani », Le Temps,‎ (lire en ligne)
  42. Laure Lugon, « Le Tribunal fédéral désavoue les soutiens de Rémy Pagani », Le Temps,‎ (lire en ligne)
  43. Anna Vaucher, « Affaire Pagani: le TF rejette le recours des 31 citoyens », tdg.ch/,‎ (lire en ligne)
  44. David Haeberli, « Rémy Pagani écope d’une amende de 5000 francs dans l’affaire de la brochure de vote », Le Temps,‎ (lire en ligne)
  45. ATS / nxp, « Le maire Rémy Pagani écope d'une amende », 24Heures, 24heures, VQH,‎ (ISSN 1424-4039, lire en ligne)
  46. ats / jvia, « Genève refuse les coupes budgétaires et soutient des Fêtes de 11 jours », RTS Info,‎ (lire en ligne)
  47. Gilles Miélot, « Rémy Pagani s'arrête à trois », LémanBleuTV,‎ (lire en ligne)
  48. « La Cour des comptes éreinte l’exécutif de la ville de Genève pour ses frais », Le Temps,‎ (ISSN 1423-3967, lire en ligne)
  49. Pauline Turuban, « Les dépenses de l'exécutif genevois épinglées par la Cour des comptes », rts.ch,‎ (lire en ligne)
  50. Olivier Perrin, « Notes de frais: balade médiatique à Genève, sous les ors de la République », Le Temps,‎ (ISSN 1423-3967, lire en ligne)
  51. Fati Mansour, « A Genève, le Ministère public se saisit de l’affaire des notes de frais », Le Temps,‎ (ISSN 1423-3967, lire en ligne, consulté le 20 décembre 2018)
  52. ast / sjacq, « Guillaume Barazzone et Rémy Pagani prévenus dans l'affaire des notes de frais », RTS Info,‎ (lire en ligne)
  53. Fati Mansour, « A Genève, le parquet classe la retentissante affaire des notes de frais », Le Temps,‎ (lire en ligne)
  54. « Le Conseil d'Etat genevois lance une procédure contre Rémy Pagani », RTS,‎ (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]