Andrea Palladio

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Andrea Palladio
Image illustrative de l'article Andrea Palladio
Portrait de Palladio (1756)
Présentation
Nom de naissance Andrea di Pietro della Gondola
Naissance 30 novembre 1508
Padoue
Flag of Most Serene Republic of Venice.svg République de Venise
Décès 19 août 1580 (à 71 ans)
Vicence
Nationalité Flag of Most Serene Republic of Venice.svg République de Venise
Activité(s) Architecte en chef de la Sérénissime
Formation Élève de Bartolomeo Cavazza da Sossano
Œuvre
Réalisations Villas de Palladio en Vénétie
Publications Les Quatre Livres de l'architecture
Compléments
Palladianisme

Andrea di Pietro della Gondola, dit Andrea Palladio né à Padoue le 30 novembre 1508 et mort à Vicence le 19 août 1580 est un architecte de la Renaissance italienne. Il est l'auteur d'un traité intitulé Les Quatre Livres de l'architecture.

Son œuvre a eu un impact considérable et influence encore aujourd'hui de nombreux architectes.

Biographie[modifier | modifier le code]

Formation et premières années[modifier | modifier le code]

Alorsqu'il était âgé de treize ans, son père l'inscrit pour six années dans l'atelier de l'architecte et sculpteur Bartolomeo Cavazza da Sossano à Padoue. En avril 1523, alors âgé de 15 ans, Palladio s'enfuit à Vicence, mais il est contraint de revenir pour rupture de contrat. Un an plus tard, il s'inscrit à la corporation des sculpteurs de Vicence.

En 1534, il est appelé comme maître d’œuvre par le Comte Giangiorgio Trissino pour diriger le chantier de la villa Cricoli. Trissino est un poète, philosophe, lettré et diplomate au service de la curie romaine, c’est un humaniste, expert d’art militaire et passionné d’architecture. C'est Trissino qui donne le surnom de « Palladio » à Andrea ; avant cela, on l'appelait Andrea di Pietro. Trissino fait admettre Palladio dans le cercle humaniste de Vicence, l’Académia Olympica.

L'influence de Vitruve et de l'antiquité[modifier | modifier le code]

Giangiorgio Trissino, auteur de l’ouvrage épique et poétique L’Italia liberata dai Goti, fait connaître à Palladio les ouvrages de Vitruve et d'Alberti et pousse Palladio à se perfectionner dans les Arts libéraux et l’Humanisme. Trissino et Palladio font, en 1541, un premier voyage archéologique à Rome où ils approfondissent leur connaissance de l’art de bâtir à l'Antique.

Après ce premier voyage, Palladio revient à Vicence où, tout en exerçant son art, il approfondit son étude de Vitruve. Il retourne plusieurs fois à Rome en 1545, 1547 et 1549 pour perfectionner ses relevés qu’il précise et confronte avec les écrits de Vitruve.

Outre Vitruve, dont il est un lecteur attentif, Palladio fait aussi référence à de nombreux auteurs latins tels que Pline[Lequel ?], Jules César et à des auteurs qui lui sont plus contemporains comme Leon Baptiste Alberti ou Vasari[1].

Palladio à Venise[modifier | modifier le code]

À partir de 1550, malgré la disparition de Giangiorgio Trissino et de Paul III, la renommée de Palladio s’étend à Venise où il dirige la construction de la basilique San Giorgio Maggiore.

En 1554, sous le pontificat de Jules III, Palladio fait son dernier voyage à Rome avec le « révérendissime Daniel Barbaro, Patriarche d'Aquilée »[2], avec lequel il collabora à l’édition du De architectura de Vitruve publié à Venise en 1556. En 1554, toujours, Palladio publie L'Antichita di Roma.

Malgré les représentations des temples de Nîmes dans les Quatre Livres, il semble que Palladio n'ait jamais quitté l'Italie. Il pourrait avoir fait un voyage en Piémont, à la demande d'Emmanuel-Philibert de Savoie pendant l'été 1566[3]. C'est peut-être au cours de ce périple qu'il se rend à La Turbie dont il décrit, toujours dans les Quatre Livres, le monument romain. Son talent est reconnu à Florence, où il est admis en 1566 comme membre de l’Accademia dell'Arte del Disegno.

Les Quatre Livres de l'architecture sont édités en 1570 à Venise et comportent les gravures sur bois réalisées sous la direction de Palladio.

Cette même année, Palladio succède à Jacopo Sansovino, décédé, dans la charge d’architecte en chef de la Sérénissime ; il y construit les églises de San Giorgio Maggiore et du Redentore.

Andrea Palladio meurt en 1580 avant d'avoir achevé le Teatro olimpico de Vicence que son disciple Vincenzo Scamozzi terminera.

Les portraits de Palladio[modifier | modifier le code]

Aucun contemporain de Palladio n'a réalisé de portrait du maître, que ce soit un portrait littéraire ou une image artistique. Andrea Palladio est, du reste, très discret sur lui-même et sur son apparence physique. Il existe un très vague autoportrait se trouvant dans l'adresse au lecteur des Quatre Livres de l'architecture.

Il ne semble pas y avoir eu non plus de biographie avant le XVIIe siècle[4].

La commande de la statue de l'Académie olympique date de près de huit ans après la mort de Palladio ("tant que la mémoire des traits du maître est encore vive"). Le portrait le plus connu date du XVIIIe siècle ; attribué au graveur Mariotti, il illustre un ouvrage sur le Théâtre Olympique de Vicence.

Le frontispice de The Architecture of A. Palladio (1715), première édition en langue anglaise, par Giacomo Leoni des Quattro libri dell'architettura présente un portrait fantaisiste. Cette description semble avoir été reprise par Lord Burlington vers 1730 qui publie - à son tour - un portrait non moins fictif et imberbe du Palladio attribué à William Kent. En tout état de cause, le personnage représenté sur ces « portraits » britanniques n'est pas Palladio.

L'Œuvre de Palladio[modifier | modifier le code]

Réalisations[modifier | modifier le code]

La production architecturale de Palladio se concentre en Vénétie, où l'on peut encore admirer, à Vicence, le Teatro olimpico, le grand palais municipal dénommé Basilique palladienne, la Loggia del Capitanio ainsi que de nombreux autres palais et villas dont la très célèbre Villa Rotonda. En 1979, le cinéaste Joseph Losey aura le génie de mettre en scène cette architecture à travers l’opéra « Don Giovanni » de Wolfgang Amadeus Mozart.

Les plus célèbres[modifier | modifier le code]

Les villas palladiennes les plus célèbres sont :

Les ouvrages publics et les résidences urbaines :

Liste chronologique des œuvres[modifier | modifier le code]

Villa Godi Malinverni, une des premières œuvres de Palladio.
Villa Foscari dite La Malcontenta

Note : les dates se réfèrent à la conception des œuvres, pas nécessairement à leur construction ni à leur achèvement. Source : CISA[5]

L'influence de Palladio sur l'architecture[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

Un théoricien[modifier | modifier le code]

Les Quatre Livres de l'architecture (I Quattro Libri dell'Architectura) sont indissociables de l'œuvre de Palladio. Ce traité d'architecture, publié à Venise en 1570, est à la fois l'expression de la pensée théorique et la présentation des œuvres réalisées ou projetées de Palladio.

Palladio est un architecte de la Renaissance italienne et on peut le considérer comme un humaniste. C'est aussi un homme de son temps où, à travers ses écrits, une pensée universaliste - peut-être influencée par Vitruve ou Pline[Lequel ?] - transparaît. Un souci permanent de la proportion et de la symétrie telle qu'elle se trouve dans la nature est explicite dans l'ouvrage de Palladio. Celui-ci a grand soin d’appliquer les règles de proportion préconisées par les Anciens à la composition architecturale et, notamment, les règles des proportions musicales énoncées par Pythagore. Palladio écrit dans un mémoire de 1567 :

« Les proportions des voix sont harmonie pour les oreilles ; celles des mesures sont harmonie pour les yeux »

Sur ce point, l’élève Palladio va au-delà du maître Vitruve, car il fait une lumineuse démonstration de ce que le maître énonce laborieusement. C'est probablement cette clarté du propos qui a enthousiasmé Roland Fréart de Chambray dans son travail de traduction des Quatre Livres de l'architecture.

Style[modifier | modifier le code]

(Les Quatre Livres de l'architecture) ; similitudes avec les constructions antiques, grecques ou romaines.

Le succès de la pensée de Palladio est aussi attaché aux grandes controverses, comme la Querelle des Anciens et des Modernes. Palladio est, comme Trissino, un pourfendeur de l'art gothique. Son ouvrage théorique a pour but de créer une méthode explicite pour ne pas retomber dans les errements du passé.

Son style, s'inspirant d'éléments de l'architecture antique et de l'architecte Leon Battista Alberti, comprend souvent des façades à frontons. Dans les nombreuses villas construites en Vénétie, il se montre particulièrement inspiré et original dans la réutilisation de ces éléments d'architecture antique qui donnent aujourd'hui encore à ses œuvres une sensation de grâce et d'équilibre.

Palladio reprend également des motifs architecturaux plus modernes, tels la serlienne, à qui le succès de son œuvre apporte un grand rayonnement, et popularise les balustrades.

D'une manière originale, il choisit de recourir à la maçonnerie en briques revêtue de stuc. La pierre ne devait être utilisée que pour les détails ou les frontons, rendant ainsi possible un effet de contraste entre la pierre blanche - souvent du marbre - et le rouge du reste de la construction.

Influences : d'Alberti, les frontons ; de Serlio, les serliennes

Imitateurs et admirateurs[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Palladianisme.
Un bel exemple de Palladianisme : saline royale d'Arc-et-Senans de Claude Nicolas Ledoux.

La pensée architecturale de Palladio a eu un grand succès en Grande-Bretagne où l'architecte Inigo Jones se fait un ardent promoteur de cette pensée. Il est étonnant de retrouver le nom de Palladio et de nombreux autres architectes de la Renaissance italienne dans le texte historique des Constitutions d'Anderson édité à Londres en 1723. C'est par la Grande-Bretagne, à la veille de la Révolution française, que l'art de Palladio revient en France ; en effet, l'architecte Claude Nicolas Ledoux y découvre le Palladianisme - art inspiré de Palladio -, et l'introduit en France.

Thomas Jefferson, lui-même, s'est intéressé à l'œuvre de Palladio lors de voyages en Europe. Sa maison de Monticello, près de Charlottesville, dont il dressa lui-même les plans, en est une illustration. Un contemporain du président Jefferson rapporte que celui-ci aimait à prétendre : « Palladio, mon maître, Les Quatre Livres de l'architecture, ma Bible ».

D'autres architectes plus contemporains sont aussi influencés par Palladio, Ricardo Bofill notamment qui a à son actif plus de cinq cents projets dans une cinquantaine de pays différents, Aldo Rossi, Charles Moore et bien d'autres.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Avant-propos du Livre I et Chapitre XVI du Livre II, Livre III des Quatre Livres de l'architecture.
  2. c'est ainsi que Palladio désigne Barbaro dans les Quatre Livres de l'architecture
  3. G. Zorzi, I disegni delle antichità di Andrea Palladio, Venezia, Neri Pozza Editore, 1959
  4. Lorenzo Pericolo commence son article de février 2004 ainsi : « En 1616, l'érudit milanais Paolo Gualdo écrivit une Vie d'Andrea Palladio restée inédite jusqu'au siècle dernier. »
  5. CISA
  6. d'Études Supérieures de la Renaissance

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]