Obi

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Obi dans les 5 couleurs du niveau kyu.
Obi noire du niveau dan.

Un obi (?) est une ceinture servant à fermer les vêtements traditionnels japonais, tels que les kimonos ou les vêtements d'entraînement pour les arts martiaux (keikogi ou dōgi).

Elle se présente sous la forme d'un ruban de tissu sans boucle ni fermoir. La manière de nouer l'obi est tout un art.

Par tradition, on ne porte aucun bijou avec un kimono, cela explique pourquoi les obi sont si richement décorés et colorés, ils doivent trancher avec le kimono, tout en étant en harmonie avec lui.

En français, le genre du substantif « obi » est fluctuant. Le Trésor de la langue française informatisé[1] note un usage au masculin chez Goncourt et Loti, mais relève les deux genres dans les journaux, tandis que le dictionnaire de l'Académie française[2] le donne pour féminin, de même que le Larousse et le Robert. Toutefois, dans le monde des arts martiaux japonais, le terme est le plus souvent utilisé au masculin et sans élision de l'article[3] (« le obi »).

Histoire de l'obi[modifier | modifier le code]

Bien que s'agissant d'une simple corde de chanvre, la ceinture traditionnelle japonaise fait son apparition dès le Ve siècle sur les statuettes haniwa. Elle se transforme par la suite en un simple ruban d'environ 3 cm de large et ne prendra sa forme large (15 cm) qu'à la fin du XVIe siècle ce qui lui permettra de jouer un rôle plus décoratif. À cette époque, l'obi pouvait se porter aussi bien dans le dos que sur le côté.

Le XVIIIe siècle marquera une grande période de progrès dans la fabrication de l'obi, notamment dans le domaine du tissage et de la teinture, permettant ainsi la création de motifs particulièrement extravagants.

Enfin, la période Meiji confirmera la forme finale de l'obi et rendra son port dans le dos systématique.

Nœud d'obi[modifier | modifier le code]

Nœud d'obi usuel en judo et aikido

Il y a traditionnellement six nœuds d'obi :

  • nœud plat
  • otaiko
  • chidori
  • bunko
  • kai no kuchi
  • tateya

Type d'obi ornementaux[modifier | modifier le code]

Le nœud d'obi tateya musubi

Il existe de nombreux types d'obi :

  • Maru obi (丸帯?), ceinture caractérisée par des motifs courants sur l'intégralité des deux faces, il généralement réalisé en brocard de soie. D'une largeur moyenne de 33 cm pour une longueur comprise entre 360 et 450 cm, il s'agit du plus formel des obi.
  • Fukuro obi (袋帯?), ceinture caractérisée par des motifs courants seulement sur les extrémités visibles de l'obi lorsque ce dernier est noué. D’une largeur moyenne de 33 cm pour une longueur comprise entre 360 et 450 cm, il s’agit d'un obi formel généralement porté avec les kimono de type furisode..
  • Nagoya obi (名古屋帯?), créée sous l'ère Taisho cette ceinture est caractérisée par une forme en « L » permettant de réaliser plus facilement les nœuds de style otaiko.
  • Hanhaba obi (半幅帯/半巾帯?), ceinture de demi-largeur, environ 15 cm, elle est réservée aux utilisations informelles et peut être portée avec les kimono de type komon et les yukata.
  • Odori obi (盆踊帯?), semblable au hanhaba obi, cette ceinture de demi-largeur est ornée de motifs associés à la fête et la danse au Japon, comme les damiers ou les éventails.
  • Tenga obi (典雅帯?), semblable au hanhaba obi, cette ceinture de demi-largeur est ornée de motifs associés aux célébrations au Japon, comme les motifs auspicieux et les couleurs métalliques.
  • Heko obi (兵児帯?), ceinture faite de mousseline ou autres étoffes légère, cet obi est réservée aux utilisations très informelles ou pour habiller les petites filles.
  • Tsuke obi (付け帯?), ce terme regroupe les obi pré-noués ou au nœud partiellement construit ; il en existe de très nombreuses variétés.
  • Kaku obi (角帯?), fine ceinture généralement réservée au kimono d'hommes et aux arts martiaux.
  • Sakiori obi, ceinture réalisée à partir du tissage d’étoffes recyclées de kimono, à la manière des lirettes.
  • Chuya obi (典雅?) ou hara awase obi, le plus souvent confectionnée à partir de deux étoffes différentes cousues entre elles, cette obi possède deux faces différentes.
  • Darari obi (だらり帯?), c’est la ceinture des maiko, semblable au maru obi mais d’une longueur supérieure pouvant atteindre six mètres, il porte à l'une de ses extrémités le kamon de l'okiya de sa propriétaire.

Obi dans les arts martiaux[modifier | modifier le code]

On utilise couramment deux types d'obi :

Obi étroite[modifier | modifier le code]

Elle peut faire un tour et demi à deux tours de taille, et se noue sur l'avant. Pour un bon maintien et permettre la respiration, la ceinture doit passer au maximum sur la partie osseuse des hanches, au niveau des crêtes iliaques, et se nouer devant sous les abdominaux.

Pour le nœud, le brin gauche passe sous le brin droit et le tour éventuel pour faire un nœud simple (les deux brins doivent alors sortir naturellement à la verticale). Le brin inférieur vient ensuite faire le tour du brin supérieur en passant par en haut. Si le nœud est bien fait, les deux brins sortent alors naturellement à l'horizontale.

On vend en général deux types d'obi : les obi « sangle » et les obi en tissu plié et surpiqué. Les obi en tissus plié et surpiqué sont plus solides, et sont conseillées pour celles que l'on garde longtemps (ceinture noire, mais aussi ceinture blanche dans le cas de l'aïkido).

Obi large[modifier | modifier le code]

L'obi large est généralement portée avec le hakama. Elle se noue à partir de l'avant, en gardant un brin d'une trentaine de centimètres d'un côté. La ceinture fait alors plusieurs tours jusqu'à revenir une dernière fois sur l'avant. On enroule alors le brin laissé libre autour du brin enserrant les hanches.

L'avantage de ce type de ceinture est double. D'une part, elle ne fait pas d'épaisseur supplémentaire au niveau des reins, ce qui est appréciable pour les chutes. D'autre part, elle permet de positionner la ceinture au milieu des crêtes iliaques, ce qui permet d'éviter qu'elle remonte vers la taille. Enfin, elle permet une meilleure tenue des lanières du hakama.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. article obi
  2. Dictionnaire de l'Académie française, 9e édition
  3. Voir par exemple Nobuyoshi Tamura, Étiquette et transmission, Les Éditions du Soleil Levant, 1991, p. 118.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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