Relations entre l'Ukraine et l'Union européenne

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Relations entre l'Ukraine et l'Union européenne
Drapeau de l’Union européenne
Drapeau de l'Ukraine
Union européenne et Ukraine
     Union européenne      Ukraine

Les relations entre l'Ukraine et l'Union européenne sont établies, cinq années après la dissolution de l'URSS, lors des accords de Budapest de 1994. Une partie de la politique européenne de voisinage de 1998 fera suite à ces accords.

Histoire des relations euro-ukrainiennes[modifier | modifier le code]

Au début des années 1990, l'Union européenne cherche à étendre ses relations avec l'Ukraine au-delà de la coopération, vers une intégration économique et un approfondissement des liens politiques. Au cours de cette décennie, l'Ukraine devient peu à peu le partenaire prioritaire de la politique européenne de voisinage, devant la Russie et les autres pays de l'Est non-membres de l'Union européenne.

En 2004, l'Ukraine s'étant montrée préoccupée par les changements climatiques a ratifié le protocole de Kyoto.
Il a par ailleurs été question de discussions à propos de la protection de l'environnement (notamment en ce qui concerne la biodiversité et la mer Noire) et de sûreté de l'énergie nucléaire lors d'un meeting en 2005[1].

En 2012, l'UE signe des accords de libre-échange et d'association politique avec l'Ukraine.
Mais les dirigeants européens déclarent que ces accords ne seront pas ratifiés, tant que l'Ukraine ne répond pas aux préoccupations concernant la « détérioration de la démocratie et de la primauté du droit ukrainien », en faisant référence notamment à l'emprisonnement des opposants Ioulia Tymochenko et Iouri Loutsenko en 2011 et 2012[2],[3],[4].

Le 25 février 2012, l'UE donne un délai de trois mois à l'Ukraine afin de mener à bien les changements nécessaires à sa justice et son système électoral afin de permettre la signature officielle des accords bilatéraux[5],[6].

Impact sur les relations avec la Russie[modifier | modifier le code]

La coopération entre l'UE et l'Ukraine a conduit la Russie en 2009 à envisager une limitation de ses exportations vers l'UE après qu'une entente a été conclue entre l'Ukraine et l'UE le 23 mars 2009 concernant les gazoducs ukrainiens[7],[8]. Le premier ministre russe Vladimir Poutine menace en effet de revoir les relations de la Russie avec l'UE : « Si les intérêts de la Russie sont ignorés, nous allons aussi commencer à examiner les fondements de nos relations[9] ». Le ministre russe de l'énergie, Sergei Shmatko, accuse l'UE de vouloir se rapprocher de l'Ukraine, ce qui pourrait nuire aux intérêts de Moscou et le ministre russe des Affaires étrangères a qualifié l'accord d'« acte inamical[10] ».

Fin 2013, alors qu'un accord d'association doit être signé entre l'UE et l'Ukraine, la Russie essaie de faire pression sur Kiev pour le faire changer d'avis, notamment en restreignant certains produits, en revoyant les prix du gaz et en envisageant d’imposer aux citoyens ukrainiens un passeport étranger. Moscou craint en effet que cette union se fasse à son désintérêt, alors que Vladimir Poutine ambitionne en même temps un rapprochement avec les pays anciennement soviétiques. De l'avis de l'analyste politique Vladimir Fessenko : « en mettant ainsi la pression, la Russie ne fait que pousser l'Ukraine dans les bras de l'Europe »[11]. En novembre 2013, l'Ukraine décide finalement, en raison de pressions russes[12], de refuser l'accord avec l'Union européenne et de « relance[r] un dialogue actif avec Moscou »[13]. Ce revirement entraîne d'importantes manifestations pro-européennes à Kiev rassemblant au moins 100 000 personnes, l'occupation de la place Maidan et de la mairie, avec comme mot d'ordre la démission du président Viktor Ianoukovytch[14].

Le 23 février 2014, Ianoukovitch fuit en Russie et l'opposition prend le pouvoir. Débute alors une crise entre l'Ukraine et la Russie et l'occupation par des troupes pro-russes de la Crimée et des manifestations dans les villes russophones de l'est de l'Ukraine (telles que Donetsk), la Russie ne reconnaissant pas la légitimité du nouveau gouvernement ukrainien, qualifiant son accession au pouvoir de coup d'État. L'Union européenne, tout comme les États-Unis, a condamné la Russie, l'accusant d'intervenir militairement en Crimée et a ordonné la suspension immédiate des négociations de libéralisation des visas tout en évoquant la possibilité de sanctions économiques (gels d'avoirs)[15]. Le 18 mars 2014, à la suite d’un référendum tenu le 16 mars, le gouvernement russe annonce que la République de Crimée et la ville de Sébastopol, anciennement ukrainiennes, deviennent deux nouveaux sujets fédéraux de la Fédération de Russie. Le rattachement est ratifié le 20 mars 2014 par la chambre basse [16] avec 443 voix pour et une contre[17]. La chambre haute (le sénat russe) fait de même le 21 mars à l'unanimité[18].

Le 21 mars 2014, l'Ukraine signe le volet politique du Partenariat oriental avec l’Union européenne, dont le rejet par Viktor Ianoukovytch avait déclenché les manifestations d’Euromaïdan.

Relations économiques[modifier | modifier le code]

Ambassade de l'Union européenne à Kiev en 2012.

Durant les années 1990, l'Allemagne, les Pays-Bas et l'Italie sont les principaux partenaires commerciaux de l'Ukraine. Selon Eurostat, entre 2000 et 2007, le commerce UE-Ukraine a plus que triplé, les exportations passant de 5,5 milliards d'euros à 22,4 milliards d'euros, tandis que les importations ont augmenté de 4,8 milliards d'euros à 12,4 milliards d'euros. Néanmoins, cette augmentation ne fait pas de l'Ukraine l'un des partenaires commerciaux majeurs de l'UE. En 2007, l'Ukraine ne représente en effet que 2% des exportations de l'UE et à peine 1% de ses importations, occupant ainsi la 16e place du commerce extérieur de l'Union européenne.

Selon la commission européenne, le commerce UE-Ukraine est dominé par les échanges de produits manufacturés. En 2007, presque la moitié des exportations européennes vers l'Ukraine sont des machines et des véhicules.

Parmi les Vingt-Huit, l'Allemagne est le plus important exportateur de produits vers l'Ukraine (26% des exportations européennes vers l'Ukraine, pour une valeur de 5,9 milliards d'euros), suivi par la Pologne (4,1 milliards d'euros, 18%). L'Italie est le plus important importateur de produits ukrainiens (2,4 milliards d'euros, 19% des exportations ukrainiennes vers l'UE), suivie par la Bulgarie (1,6 milliard d'euros, 13%) et l'Allemagne (1,3 milliard d'euros, 11%).

Adhésion de l'Ukraine à l'UE[modifier | modifier le code]

Selon un sondage en décembre 2008, 44,7 % de la population ukrainienne s'est dite favorable à une adhésion de leur pays à l'UE tandis que 35,2 % des sondés se sont dits contre[19]. L'Ukraine occidentale se montre globalement plus enthousiaste que l'Ukraine orientale bien que dans la plupart des régions les citoyens pensent que leurs vies s'amélioreraient grandement et rapidement si leur pays adhérait à l'UE[20],[21].

Sources[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) EUROPEAN NEIGHBOURHOOD AND PARTNERSHIP INSTRUMENT- UKRAINE, ec.europa.eu
  2. (en) Ukraine's jailed Tymoshenko calls off hunger strike, KyivPost, 16 novembre 2012
  3. (en) EU leaders: Ratification of Association Agreement and DCFTA depends on settlement of Tymoshenko-Lutsenko issue, KyivPost, 20 juillet 2012
  4. (en) Ukraine's Lutsenko jailed for 4 years, KyivPost, 27 février 2012
  5. (en) EU to Ukraine: Reforms necessary for trade pact, KyivPost, 25 février 2013
  6. (en) Yanukovych happy with results of Ukrainian-EU summit, KyivPost, 25 février 2013
  7. (en) EU moves to secure Ukrainian gas , BBC News, 23 mars 2009
  8. (en) Russia suspicious of EU-Ukraine gas "master plan", Reuters, 23 mars 2009
  9. (en) Putin threatens to review relations with EU, RT.com, 23 mars 2009
  10. (en) Russia raps EU over Ukraine gas talks, Reuters, 26 mars 2009
  11. Avril 2013, p. 5
  12. Mével 2013, p. 5
  13. Arielle Thédrel, « L'Ukraine tourne le dos à l'Union européenne », in Le Figaro, vendredi 22 novembre 2013, page 6.
  14. Au moins 100 000 manifestants à Kiev pour réclamer la démission de Ianoukovitch, Le Monde, 1er décembre 2013
  15. Ukraine : le coût d’une guerre économique UE-Russie, Euronews, 10 mars 2014
  16. http://tempsreel.nouvelobs.com/ukraine-la-revolte/20140320.OBS0640/le-parlement-russe-ratifie-le-rattachement-de-la-crimee.html Le Parlement russe ratifie le rattachement de la Crimée
  17. http://www.latribune.fr/actualites/economie/international/20140320trib000821052/la-douma-ratifie-le-rattachement-de-la-crimee-a-la-russie.html La Douma ratifie le rattachement de la Crimée à la Russie
  18. http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2014/03/21/97001-20140321FILWWW00086-le-traite-rattachant-la-crimee-a-la-russie-a-ete-ratifie.php Le traité rattachant la Crimée à la Russie a été ratifié
  19. (en) Nearly 45 percent of Ukrainians say European Union membership essential, KyivPost, 29 décembre 2008
  20. (en) Ukrainians dream of EU future, BBC News, 28 janvier 2008
  21. (en) Update: Poll - more than half of Ukrainians support European Union membership, KyivPost, 12 mai 2010

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Avril, « La Russie tente d'empêcher les noces entre l'Ukraine et l'UE », Le Figaro,‎ 7 novembre 2013 (lire en ligne)
  • Jean-Jacques Mével, « Mise en échec, l'UE laisse la porte ouverte à l'Ukraine », Le Figaro,‎ 26 novembre 2013 (lire en ligne)
  • (en) Kalman Dezseri, Economic and political relations after the EU enlargement: the Visegrad countries and Russia, Ukraine, Belarus and Moldov, Budapest, 2004.
  • (de) Wolfgang Tiede et Sabina Krispenz: Die Ukraine auf dem Weg in die Europäische Union? (L'Ukraine sur la voie de l'Union européenne? dans Osteuropa-Recht (OER)) 2008, vol. 6, pp. 417–426.
  • (de) Wolfgang Tiede et Christina Schröder: Die Ukraine auf dem Weg in die NATO? (L'Ukraine sur la voie de l'OTAN?), dans Osteuropa-Recht (OER) 2009, vol. 3, pp. 294–304.
  • (de) Andreas Umland: Europa und die ukrainische Misere: Weil die EU dem Land eine Mitgliedschaft gar nicht in Aussicht stellt, trägt sie zum Chaos in Kiew bei. Ein historischer Fehler, Frankfurter Allgemeine Sonntagszeitung, 1er novembre 2009, p. 15.
  • (de) Anatolij Ponomarenko: Die europäische Orientierung der Ukraine: Dekret des Präsidenten der Ukraine über die Strategie der Integration der Ukraine in die Europäische Union; Partnerschaftsabkommen zwischen der EU und der Ukraine. Zentrum für Europäische Integrationsforschung, Bonn 1999. 42 S. (ISBN 3-933307-39-2)

Compléments[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]