Iouri Loutsenko

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Iouri Loutsenko
Iouri Loutsenko, en 2009.
Iouri Loutsenko, en 2009.
Fonctions
Ministre de l'Intérieur de l'Ukraine
18 décembre 200711 mars 2010
Premier ministre Ioulia Tymochenko
Oleksandr Tourtchynov
Prédécesseur Vasyliy Tsushko
Successeur Anatolii Mohyliov
4 février 20051er décembre 2006
Premier ministre Ioulia Tymochenko
Iouriï Iekhanourov
Viktor Ianoukovytch
Prédécesseur Mykola Bilokon
Successeur Vasyliy Tsushko
Biographie
Date de naissance (49 ans)
Lieu de naissance Rivne (Ukraine)
Parti politique Parti socialiste d'Ukraine
(jusque 2006)
Parti populaire d'auto-défense

Iouri Vitaliyovytch Loutsenko (en ukrainien : Юрій Віталійович Луценко), né le à Rivne, est un homme politique ukrainien. Il a été ministre de l'Intérieur dans les cabinets de Ioulia Tymochenko, Iouriï Iekhanourov et Viktor Ianoukovytch[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille et formation[modifier | modifier le code]

Le père de Iouri est Vitaliy Ivanovytch Loutsenko (15 mars 1937 - 4 juin 1999), élu comme député d'Ukraine en 1994 et 1998, secrétaire du Comité central du Parti communiste d'Ukraine[2] ; sa mère est Vira Mikhailivna (née en 1936), vétérinaire.

Il est diplômé de l'université nationale polytechnique de Lviv et physicien de formation. Marié, son épouse s'appelle Irina[3].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

L'ancien président Leonid Koutchma, dont Iouri Loutsenko a été l'un des opposants.

De l'opposition à Koutchma au poste de ministre de l'Intérieur[modifier | modifier le code]

Iouri Loutsenko a gagné sa réputation aux yeux du public en tant qu'un des chefs du mouvement L'Ukraine sans Koutchma, qui a suivi l'assassinat de Gueorgui Gongadzé et le « scandale des cassettes » à la fin de l'année 2000[4]. Il était également l'un des visages de la « Révolution orange », qui permet l'annulation de Viktor Ianoukovitch à la présidence de la République, après le scrutin truqué de 2004. Proche de Ioulia Tymochenko, il devient par la suite député puis ministre, au sein du gouvernement de cette dernière[3]. Il n'est toutefois pas membre du Bloc Ioulia Tymochenko mais du Parti socialiste d'Ukraine (PS).

Alors ministre de l'Intérieur, Iouri Loutsenko refuse de se présenter aux élections législatives de 2006 sur sa liste de son parti, le PS. Cependant, il est candidat pour siéger au conseil municipal de Kiev et au conseil de l'oblast de Rivne sur les listes du PS. Après avoir gagné ces sièges, Loutsenko en démissionne afin de rester ministre, car la Constitution interdit d'occuper à la fois des responsabilités dans les branches législative et exécutive du pouvoir.

Opposant à la présidence Ianoukovitch[modifier | modifier le code]

Lors de l'élection présidentielle de 2010, Ioulia Tymochenko affronte Viktor Ianoukovitch. Ce-dernier l'emporte et « prend sa revanche » sur 2004, « muselant ses opposants les plus redoutables : Loutsenko d'abord, puis, huit mois plus tard, Ioulia Tymochenko »[3].

Il est condamné, le , à quatre ans de prison pour détournement de biens et abus de pouvoir[5], puis, le 17 août suivant, à deux ans de travaux d'intérêt général pour avoir illégalement prolongé une enquête sur un suspect lorsqu'il dirigeait l'enquête sur l'empoisonnement de Victor Ioutchenko[6]. Il passe deux ans et demi en prison, à Kiev puis dans une colonie pénitentiaire. Accusé, notamment par l'Union européenne et les États-Unis, d'organiser des procès politiques contre les dirigeants de l'opposition, le président Viktor Ianoukovytch finit par gracier Iouri Loutsenko en  ; la justice lui interdit toutefois de briguer un poste politique ou administratif pour les trente prochaines années[7],[3].

Sa libération intervient dans un contexte de tension entre l'Ukraine et l'Union européenne, celle-ci ayant depuis 2011 subordonné la signature d'un accord de libre-échange à plusieurs conditions : la fin des poursuites judiciaires contre les opposants de Ianoukovitch, le respect de l'État de droit et l'indépendance de la justice. Si Loutsenko est le premier homme politique d'envergure finalement libéré, la détention de Tymochenko reste actuellement le sujet le plus sensible, l'ancien ministre de l'Intérieur continuant à militer en ce sens. Début septembre 2013, il interpelle ainsi le président Ianoukovitch lors d'un forum à Yalta : « Vous qui avez été deux fois condamné (NDLR : pour délinquance lorsqu'il était jeune), je vous demande de prendre un stylo et de signer la grâce »[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (uk) zakon1.rada.gov.ua, « Sur la nomination de Yuriy Lutsenko comme ministre des affaires internes », Ordre du Président N 150/2005,‎ 2011 (consulté le 26 novembre 2011)
  2. (ru) src-h.slav.hokudai.ac.jp, « Biographie de Loutsenko Vitaliy Ivanovitch. Université du Hokkaido », src-h.slav.hokudai.ac.jp,‎ 2011 (consulté le 26 novembre 2011)
  3. a, b, c, d et e Arielle Thédrel, « Iouri Loutsenko, icône de l'opposition ukrainienne », in Le Figaro, encart « Culture », vendredi 4 octobre 2013, page 42.
  4. Il s'agit d'enregistrements sonores d'après lesquels le président Leonid Koutchma aurait commandité l'assassinat d'un journaliste d'opposition, Gueorgui Gongadzé. Voir l'article « Ukraine », sur larousse.fr
  5. « Un ex-ministre de Timochenko condamné », Le Figaro, 27 février 2012.
  6. « L'opposant ukrainien Iouri Loutsenko condamné à deux ans de travaux d'intérêt général », Radio France internationale, 17 août 2012.
  7. « Ukraine : gracié, Loutsenko sort de prison », Le Point, 7 avril 2013.

Liens externes[modifier | modifier le code]