Marie Sallé

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Mademoiselle Sallé par Maurice Quentin de La Tour (1741)
Lisbonne, Musée Calouste-Gulbenkian

Marie Sallé, née vers 1707[1] et morte à Paris le 27 juillet 1756, est une danseuse française.

Fille des danseurs Étienne Sallé et Marie-Alberte Moylin, elle fait ses premiers pas dans la troupe familiale, à la Foire Saint-Laurent de 1718 et paraît pour la première fois à l’Académie royale de musique en 1721, remplaçant à l’improviste Françoise Prévost, dont elle est l’élève.

La troupe de l’Opéra étant complète, Marie Sallé s’en retourne à la Foire puis part danser à Londres en 1725 avec son frère François. De retour à Paris deux ans plus tard, elle fait ses débuts officiels à l’Opéra le 14 décembre 1727, dans Les Amours des dieux, ballet de Fuzelier, musique de Mouret. Jusqu’à sa retraite en 1740, elle obtient plusieurs congés pour se produire régulièrement à Londres.

Surnommée « la Vestale » en raison de ses mœurs irréprochables, elle développe une danse gracieuse, expressive et ciselée, contrastant avec celui de sa rivale Marie-Anne de Camargo. Dans Les Caractères de la danse, en 1729, elle danse avec Laval en costume de ville et sans masque, révolutionnant la pratique traditionnelle et anticipant les réformes de Noverre. S’inspirant plus de la mode du jour que de la vérité, elle ne voulait pas que Jupiter se présente avec des tonnelets et de la poudre, ni que Junon se montre en jupes à paniers et la figure couverte de mouches. Mais c’était trop demander. Aussi, découragée pour n’avoir pu entamer la routine qui régnait à Paris, elle s’exila à Londres où elle fut accueillie avec transport lorsqu’elle fit l’essai de ses idées dans le ballet de Pygmalion. On lit ce passage la concernant dans une correspondance insérée au Mercure : « Elle a osé paraître sans panier, sans jupe, échevelée et sans aucun ornement sur la tête; elle n’était vêtue, avec son corset et un jupon, que d’une simple robe de mousseline tournée en draperie, et ajustée sur le modèle d’une statue grecque ! ».

Elle est une des premières « chorégraphes » féminines, créant plusieurs ballets-pantomimes pour l’Opéra : Pygmalion et Bacchus et Ariane (1734), entrées des Indes galantes (1735), de L'Europe galante (1736) et des Fêtes d’Hébé (1739).

Amie de Garrick et de Haendel, elle fut admirée par Voltaire qui lui dédia ces vers :

Ah ! Camargo que vous êtes brillante !
Mais que Sallé, grands Dieux, est ravissante !
Que vos pas sont légers & que les siens sont doux !
Elle est inimitable, & vous toujours nouvelle ;
Les Nymphes sautent comme vous,
Et les Grâces dansent comme elle.
Aujourd'hui ses descendants auraient quittés Paris pour ce rendre dans la Sarthe où ils continuèrent une vie paisible sans dance; quoiqu'ils eurent tous un don pour la dance classique.

Note[modifier | modifier le code]

  1. Un manuscrit découvert à la Bibliothèque de l'Opéra de Paris la fait naître au début de l'année 1709.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Émile Dacier, Une danseuse de l’Opéra sous Louis XV, Mlle Sallé (1707-1756), Paris, Plon-Nourrit, 1909.