Balthazar Martinot

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Pendule "Tête de Poupée" par Balthazar Martinot, Paris, vers 1700 (Deutsches Uhrenmuseum, Inv. 2004-119).
Horloge par Balthazar Martinot, 1678
Strasbourg, Ancien Hôtel des Comtes de Hanau-Lichtenberg, Hôtel de Ville de Strasbourg, Horloge Balthazar Martinot

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Balthazar Martinot, dit l'Aîné, (né à Rouen en 1636, mort à Saint-Germain-en-Laye en 1714) est un horloger français.

Balthazar Martinot, écuyer, valet de chambre-horloger ordinaire de la reine Anne d'Autriche puis horloger ordinaire du roi, était considéré de son temps comme l'un des plus fameux horlogers de toute l'Europe.

Comme l'écrit Tardy[1] : « Avec les Martinot nous avons affaire à la plus longue dynastie de l’histoire de l’horlogerie. Nous nous trouvons en face d’êtres d’une exceptionnelle longévité et d’une fécondité non moins exceptionnelle qui, durant près de deux siècles, ont tenu des emplois officiels ».

Balthazar Martinot avait épousé Anne Belon, fille de Pierre Belon, également valet de chambre-horloger ordinaire de la reine.

Leur fille Anne Martinot décédée en 1707 avait épousé Philippe van Dievoet dit Vandive (1654-1738), le fameux orfèvre du Roi et du Dauphin, frère du sculpteur bruxellois Pierre van Dievoet.

Il naquit à Rouen en 1636 et était le fils de l'horloger Balthazar Martinot le Vieux (1610-1697) et de Catherine Hubert, fille de l'horloger Noël Hubert (1612-1650), gouverneur du Gros Horloge de Rouen et fondateur en cette ville d'une célèbre dynastie d'horlogers. Plusieurs membres de cette famille Hubert, restés huguenots, ont émigré à La Haye, Amsterdam, Genève, Leiden ou Londres.

Balthazar Martinot mourut à Saint-Germain-en-Laye en 1714.

Son parcours[modifier | modifier le code]

Balthazar Martinot commença à œuvrer à Paris vers 1660, il était établi rue Galande en 1683 et quai des Orfèvres en 1697 et se retira dans son château de Saint-Germain-en-Laye en 1710. Son talent lui procura de nombreux appuis et lui donna un grand prestige. En 1665, il avait succédé à son beau-père Pierre Belon comme valet de chambre-horloger ordinaire de la reine Anne d'Autriche, il devint ensuite horloger du roi et de son conseil. Il jouissait de la protection et de la considération des plus importants représentants de la société de son époque, à commencer par Louis XIV lui-même, Monseigneur le Grand Dauphin, les ducs d'Aumont et de La Trémoille, le prince de Rohan, le marquis d'Argenson, la comtesse de Polignac, le cardinal de Gesvres, les Présidents du Harlay, de Lamoignon, de Maison et de nombreux autres grands personnages.

Le nom de Balthazar Martinot reste attaché à une splendide loterie de montres et de pendules à Versailles qu’il organisa en 1695 pour la Cour en compagnie de son confrère Nicolas Gribelin, les billets avaient été remplacés par des médailles sur lesquelles étaient gravées une pendule et l’inscription « Honos et praemia alunt artes ».

Sa production[modifier | modifier le code]

Outre des montres de petits volumes, il est l'auteur de nombreuses pendules dont le boîtier est souvent l'œuvre de André-Charles Boulle (1642-1732).

Les grands musées d'Europe conservent nombre de ses productions (Musée du Louvre, Musée de Cluny et Musée national des techniques à Paris, Musée des Arts décoratifs à Lyon, Museum der Zeitmessung Beyer à Zurich, Musée de l'horlogerie à La Chaux-de-Fonds, le Victoria and Albert Museum à Londres, etc.).

L'on a découvert un inventaire de 1700 qui révèle qu’il possédait la plus importante collection privée d’horloges de son temps à Paris.

Avant l'invention capitale en 1675 par Christian Huygens (1629-1695) du ressort spiral réglant, Balthazar Martinot, en collaboration avec Blaise Pascal et le duc de Roannez, mit au point en 1660 un système de ressort destiné à réguler le balancier des montres. Ce mécanisme porte toujours en horlogerie le nom de « ressort réglant de Martinot ».

Sa proche famille[modifier | modifier le code]

Armoiries de la famille des horlogeurs Martinot: D'argent à un triangle de gueules, pointé en haut et chargé d'un soleil figuré d'or.

Nous donnons ici la proche parentèle de Balthazar Martinot, une généalogie de l'ensemble de cette famille se trouvant sous l'article Famille Martinot (horlogers).

I) Balthazar Martinot dit l’Aîné, horloger de la reine Anne d’Autriche puis du roi Louis XIV et du Conseil, né à Rouen en 1636 et décédé en 1716. Il s’établit à Paris vers 1680. Il avait épousé Anne Belon. Dont :

1) Suzanne Martinot, épouse de Maître François Faulcon, Conseiller du Roy au bailliage et siège présidial de Rouen.
2) Anne Martinot décédée en 1707 qui épousa Philippe van Dievoet dit Vandive (1654-1738), le fameux orfèvre du Roi et du Dauphin, frère du sculpteur bruxellois Pierre van Dievoet.
3) Catherine Martinot qui épousa par contrat du 30 août 1699, Antoine Barrois, Écuyer, valet de chambre ordinaire du Roi. (Les témoins à ce mariage furent Louis XIV lui-même, Monseigneur le Grand Dauphin, le duc de Bourgogne, Marie-Adélaïde de Savoie, Philippe d'Anjou et beaucoup d'autres).
4) Sieur Louis Balthazar Martinot, Officier de la Maison du Roy, décédé en 1730, épousa Dame Madelaine de la Champagne[2]. Dont quatre enfants[3]:
a) Balthazar Jacques Martinot né en 1718.
b) Marie Madelaine Martinot, née en 1720.
c) Marin Martinot, né en 1728.
d) François Martinot, né en 1730.

Héraldique[modifier | modifier le code]

La famille Martinot portait comme armoiries[4]:

D'argent à un triangle de gueules, pointé en haut et chargé d'un soleil figuré d'or.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Hélène Cavalié née d'Escayrac-Lauture, Pierre Germain dit le Romain (1703-1783). Vie d'un orfèvre et de son entourage, Paris, 2007, thèse de l'École des Chartes, tome I, p. 209, 210, 345, 350, 429, 447. (Concernant les Vandive).
  • Mathieu da Vinha, Les valets de chambre de Louis XIV, Paris, Perrin, 2004.
  • Tardy, Dictionnaire des horlogers français, Paris, 1971, sub verbo MARTINOT.
  • Bulletin de la Commission des antiquités de la Seine-Inférieure, publié par Imprimerie de H. Boissel, 1897, Tome 10 (1894/96), p. 425, notes sur l'horloger Balthazar Martinot.
  • Mémoires de la Société académique d'agriculture, des sciences, arts et belles-lettres du département de l'Aube, Société académique d'agriculture, des sciences, arts et belles-lettres du département de l'Aube, p. 185. (épouse de Balthazar Martinot)

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Tardy, Dictionnaire des horlogers français, Paris, 1971, sub verbo Martinot.
  2. Madelaine de la Champagne est la sœur de Marguerite de la Champagne épouse de Marin Herbinot Sieur des Touches, officier de la maison du Roy et ancien conseiller du Roy Trésorier gageur des rentes de l'hôtel de ville de Paris, demeurant rue et paroisse Saint Roch. Dont: Marin Nicolas Herbinot Sieur Des Touches, Conseiller du roi élu au siège présidial de l'élection du Mans qui épousa le 22 novembre 1746, au Mans, Chapelle du château de Fontenaille, Marie Renée Marguerite Ménard des Rolandières.
  3. Concernant cette parentelle, voir l'acte du 23 janvier 1731, aux Archives Nationales, Registres des tutelles, coté AN Y4463B. Concerne la tutelle de ses quatre enfants mineurs donnée à Dame Marie Madelaine de la Champagne veuve Martinot, le Sieur Louis François Martinot, marchand bourgeois de Paris, cousin paternel des mineurs étant nommé leur subrogé tuteur: "Furent présents les parents et amis de Balthazar Jacques Martinot, âgé de douze ans trois mois, Marie Madelaine âgée de onze ans et cinq mois, Marin âgé de deux ans neuf mois et François Martinot âgé de onze mois. Le tout ou environ. Enfants mineurs de deffunt Sieur Louis Balthazard Martinot ancien officier de la maison du Roy et de Dame Marie Madelaine De la Champagne a present sa veuve leur pere et mere, scavoir Sieur Philippe Vandive marchand orfevre jouaillier a Paris ancien Consul demeurant quay des Orfevres paroisse Saint Barthelemy grand-oncle des mineurs a cause de feuë damoiselle Anne Martinot sa femme, et ce du costé paternel, Sieur Baltazar Philippe Vandive et Nicolas Philippe Vandive marchand orfevres Jouailliers a Paris y demeurant sur le quay des orfevres paroisse Saint Barthelemy cousins issus de germains paternesl des mineurs Marin Herbinot Sieur des Touches officier de la maison du Roy et ancien conseiller du Roy Tresorier gageur des rentes de l'hostel de cette ville et demeurant rue et paroisse Saint Roch oncle maternel des mineurs a cause de Dame Marguerite de la Champagne son epouse; Sieur Noel de Reberque bourgeois de Paris demeurant rue Montmartre paroisse Saint Eustache aussy oncle maternel a cause de damoiselle Gabrielle de la Champagne son epouse; Sieur Estienne le Large de Raul (?) Juré mesureur de grains et bourgeois de Paris y demeurant grande rue du Fauxbourg paroisse Saint Jacques du halay (?)), Cousin issu de germain maternel et Sieur Michel Joseph Collier bourgeois de Paris y demeurant fauxbourg Saint Honoré rue et paroisse de la Madelaine"
  4. Meurgey de Turpigny, Armorial de la généralité de Paris, Versailles, tome IV, 181.

Voir aussi[modifier | modifier le code]