Académie de Saint-Luc

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur les redirections Pour l'académie romaine, voir Accademia di San Luca.

L'Académie de Saint-Luc est à l'origine la confrérie associée à la Communauté des maîtres peintres et sculpteurs de Paris qu'elle finit par supplanter, ou avec laquelle elle a fini par se confondre. Les premiers statuts de cette communauté des peintres et tailleurs d'images furent dressés le 13 août 1391 par le Prévôt des marchands. Ils furent confirmés par des lettres patentes de Charles V[1], puis de Charles VII en 1430, d'Henri III en 1583, de Louis XIII en 1622.

La fondation de l'Académie de Saint-Luc est beaucoup plus tardive, elle est due à Simon Vouet qui avait fréquenté l'Académie Saint Luc de Rome. Professeur et peintre de Louis XIII, il a formé Le Sueur, Le Brun et Mignard, ainsi que des professeurs qui eurent beaucoup de succès comme François Perrier et Jacques Blanchard.

L'ancienne communauté de métier des Peintres a pris le nom d'académie, ou académie de dessin par des lettres du jeune Louis XIV en 1655, confirmée en 1704 avec la disposition de la chapelle de Saint-Symphorien qu'elle a fait réparer et embellir, et où une déclaration de Louis XIV du 17 novembre 1705 l'autorise à ouvrir une école de dessin et de peinture, et à distribuer chaque année, le jour de la Saint Luc, deux médailles d'argent aux élèves qui se seraient distingués par leur progrès. L'Académie Saint-Luc organisait également des concours, des prix et des expositions (salons) dans différents lieux de Paris.

La création en 1648 de l'Académie royale de peinture et de sculpture dirigée par Charles Le Brun en concurrence avec l'ancienne organisation des métiers, a fait sortir les meilleurs peintres et sculpteurs de leur statut de corps de métier du bâtiment pour leur donner un statut proche de celui des officiers royaux, qui deviendra celui d'artiste.

En 1732, l'Académie Saint-Luc des artistes de Paris interdit aux artisans toute copie d'œuvres sans autorisation.

Dans L'Almanach historique et raisonné des architectes, peintres, sculpteurs, graveurs et ciseleurs de Paris, publié en 1776 par Delalain, la notice est rédigée par Lebrun : « Cette académie occupe près de Saint-Denis-de-la Chastre une maison où elle tient son bureau, dans lequel les amateurs comme les étrangers peuvent voir les chef-d'œuvre des premiers artistes français, tels que Le Brun, Le Sueur, Mignard, Blanchard et autres, que l'on conserve soigneusement, ainsi que les chefs-d'œuvre des artistes modernes. On ne refuse à qui que ce soit cette douce satisfaction. il y a chaque jour, dans une salle, école publique où des professeurs enseignent tout ce qui concerne la peinture et la sculpture, la perspective, l'architecture et la géométrie. L'Académie doit à la bienfaisance dont M. le Marquis de Paulmy l'honore, quatre médailles, dont deux d'or et deux d'argent, que ce généreux seigneur distribue lui-même aux élèves qui ont montré au concours le plus de talent. »

En 1776, les élèves de Saint-Luc se sont réunis à ceux de l'Académie royale de peinture qui, pour les recevoir, a obtenu une seconde salle au Louvre consacrée à l'étude des modèles.

En 1777, toutes les communautés de métier ayant été supprimées, elle disparaît, et se trouve ensuite rétablie avec la protection du marquis d’Argenson, qui en était le protecteur depuis 1729.

Les corporations de métiers artistiques sont également appelées « Compagnie des peintres de Saint-Luc » en italien et, depuis 1339, la Compagnia dei pittori fiorentini di San Luca) à Florence ou Guilde de Saint-Luc dans toute l'Europe.

Expositions[modifier | modifier le code]

L'Académie de saint-Luc a exposé :

XVIIe siècle
XVIIIe siècle
  • en 1751,1752,1753, 1756, 1762, 1764 et 1774

Membres[modifier | modifier le code]

Peintres qui ont exposé à l'Académie de saint-Luc[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jules Guiffrey, Livrets des expositions de l'Académie de Saint-Luc à Paris pendant les années 1751, 1752, 1753, 1736, 1762, 1764 et 1774, avec une notice et une table, (1915), Librairie des Arts et Métiers, Nogent-le-Roi, 1991, Réédition par Jacques Laget.
  • Nathalie Heinich, Peintres et académiciens,
  • Jérôme de La Gorce, dir. La Condition sociale de l'artiste. XVIe ‑ XXe siècle, Paris, 1987.
  • Explication des Ouvrages de Peinture et de Sculpture de Messieurs de l'Académie de Saint-Luc, par M. Eisen, peintre de cette Académie et de celle des beaux-arts de Rouen, Paris, 1751

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Jules de Gaulle, Charles Nodier, Nouvelle histoire de Paris et de ses environs, 1840.
  2. Anne-Rosalie Boquet était la fille de Blaise Boquel, évantailliste à Paris, et de Marie-Rosalie Hallé, de la famille du peintre Noël Hallé (1711-1781). Elle était la petite fille de Nicolas-François Boquet, peintre du roi, et elle avait pour oncles Louis-René Bocquet, dessinateur de costumes de l'Opéra, inspecteur des Menus Plaisirs, et Antoine Deville, receveur du Marc d'or. Le 8 septembre 1777, elle devient la troisième épouse de Louis Filleul, concierge du Château de La Muette, à Paris.
  3. biographie de Emil Kren and Daniel Marx.
  4. Fils d'un maître tailleur d'habits de la paroisse de Saint-Germain-l'Auxerrois, épouse Marie-Joseph-Julie Montseignat, qui lui donne deux fils.