René Louis de Voyer de Paulmy d'Argenson
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| René Louis de Voyer de Paulmy, marquis d'Argenson | |
| Naissance | 18 octobre 1694 Paris |
|---|---|
| Décès | 26 janvier 1757 (à 62 ans) Saint-Sulpice-de-Favières |
| Nationalité | |
| Profession(s) | Homme d'État et écrivain |
| Ascendants | Marc René, 1er marquis d'Argenson (père) |
| Conjoint(s) | Marie-Madeleine Méliand |
| Enfant(s) | Antoine-René de Voyer de Paulmy d'Argenson, 3e marquis d'Argenson |
| Famille | Marc Pierre, comte d'Argenson (frère) |
René Louis de Voyer de Paulmy, 2e marquis d'Argenson, est un homme d'État et écrivain français né à Paris le 18 octobre 1694 et mort au château de Segrez à Saint-Sulpice-de-Favières (actuel département de l'Essonne) le 26 janvier 1757. Il fut Secrétaire d'État aux Affaires étrangères de Louis XV de 1744 à 1747, mais il est surtout connu pour ses travaux littéraires et historiques, en particulier ses Mémoires et son Journal.
Sommaire |
[modifier] Biographie
Fils aîné du lieutenant général de police Marc René, 1er marquis d'Argenson (1652-1721) et de Marguerite Le Fèvre de Caumartin, René-Louis de Voyer de Paulmy d'Argenson est le père d'Antoine René, 3e marquis d'Argenson.
Il fait des études de droit et devient très jeune intendant du Hainaut (1720-1724) puis conseiller d'État. Il ne porte cependant guère d'intérêt à ces responsabilités administratives, à la différence de son frère cadet, le comte d'Argenson.
Il leur préfère les spéculations théoriques auxquelles il se livre au sein du Club de l'Entresol dont il est membre et où il fréquente les Philosophes, notamment Voltaire. Il s'efforce d'imaginer un système diplomatique inspiré de la politique extérieure du cardinal de Richelieu ainsi qu'une théorie économique qui préfigure le libéralisme. Aussi le maréchal de Richelieu a-t-il dit de lui qu'il était fait pour être Secrétaire d'État dans la République de Platon[1].
En novembre 1744, plusieurs mois après que la France fut officiellement entrée dans la Guerre de Succession d'Autriche (1740-1748), aux côtés de la Prusse, il est nommé secrétaire d'État aux Affaires étrangères par Louis XV. Pour rétablir l'hégémonie française en Europe, il cherche à mettre en pratique ses propres idées de système d'arbitrage international au profit de la France et en abaissant l'Espagne, l'Autriche et la Russie. Il s'efforce aussi de favoriser un regroupement des États italiens sous l'égide du Piémont.
Néanmoins, ses efforts sont contrecarrés par la diplomatie secrète du Roi, dont le ministre n'est même pas informé[2], et par les intrigues de la Cour. Les courtisans le surnomment « d'Argenson la bête »[3].
Son incapacité à pousser l'avantage diplomatique de la France après la victoire de Fontenoy (mai 1745) l'expose aux critiques et conduit à sa démission en janvier 1747.
Membre honoraire de l'Académie des inscriptions et belles-lettres en 1733, il en devient le président lorsqu'il quitte le gouvernement. Il consacre le reste de sa vie à des travaux littéraires. Il a laissé de nombreux écrits, publiés de son vivant ou après sa mort.
[modifier] Œuvres philosophiques, historiques et littéraires
Les Considérations sur le gouvernement de la France (1764), louées par Jean-Jacques Rousseau dans Du Contrat social, furent composées pour l'essentiel dès 1734. L'auteur y examine « jusqu'où la démocratie peut être admise dans un État monarchique ».
Les Essais, composés vers 1736 et publiés en 1785, firent l'objet d'une nouvelle édition sous le titre Loisirs d’un ministre d’État en 1787. C'est un recueil de portraits et d'anecdotes sur des personnages contemporains qui, sous des dehors de bonhomie et de laisser-aller, ne manque pas de finesse. Une nouvelle édition en fut publiée sous le titre de Mémoires dans la Collection des mémoires relatifs à la Révolution (1825).
D'Argenson a également rédigé en partie l'Histoire du droit public ecclésiastique français (1737), ouvrage qui vise à démontrer les libertés de l'Église de France, dans la tradition du gallicanisme. Il a donné au Recueil de l'Académie des inscriptions un mémoire Sur les historiens français (1755) et au Journal économique trois lettres sur la liberté du commerce.
Les Mémoires du marquis d'Argenson et son Journal inédit ont été publiés dans la Bibliothèque elzévirienne (1857-1858, 5 vol.) et ont fait l'objet d'une nouvelle édition augmentée sous le titre Journal et Mémoires (1861-1867). C'est un des documents des plus précieux sur l'histoire politique du règne de Louis XV.
[modifier] Résidences
- 1720 : 22, place des Vosges, Paris.
- Printemps 1748-1757 : Il loue le château de Segrez à Saint-Sulpice-de-Favières (actuel département de l'Essonne) au fermier général André Haudry.
[modifier] Notes
- ↑ Voltaire, Lettre à Richelieu, 4 février 1757 : « Ce pauvre marquis d'Argenson, que vous appeliez le secrétaire d'État de la république de Platon, est donc mort ? il était mon contemporain ; il faut que je fasse mon paquet. »
- ↑ Yves Combeau, art. cit.
- ↑ cité par G. Vapereau, Op. cit., tome I, p. 132 et J. de Viguerie, Op. cit., p. 1450
[modifier] Voir aussi
[modifier] Sources
- Yves Combeau, René-Louis de Voyer de Paulmy, marquis d'Argenson sur le site www.culture.fr (consulté le 3 mai 2009)
- « René Louis de Voyer de Paulmy d'Argenson », dans Gustave Vapereau, Dictionnaire universel des littératures, Paris, Hachette, 1876, 2 volumes [détail édition](Wikisource)
- Jean de Viguerie, Histoire et dictionnaire du temps des Lumières. 1715-1789, Paris, Robert Laffont, coll. Bouquins, 2003 - ISBN 2221048105
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