Benoîte Groult

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Benoîte Groult

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Benoîte Groult
(à la Comédie du Livre de Montpellier, 2010)

Activités Romancière, journaliste
Naissance 31 janvier 1920 (94 ans)
Paris
Langue d'écriture Français
Genres Roman, essai, biographie

Œuvres principales

  • La part des choses (1972)
  • Ainsi soit-elle (1975)
  • Les vaisseaux du cœur (1988)

Benoîte Groult (née le 31 janvier 1920 à Paris) est une journaliste, écrivaine et militante féministe française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Benoîte Groult, en 1983.

Elle est la fille du styliste de meubles André Groult (1884-1966), renommé dans les années trente, et de Nicole Poiret (1887-1967), dessinatrice de mode, sœur du créateur Paul Poiret et grande amie de Marie Laurencin. Elle est la sœur aînée de Flora Groult, également écrivaine. Benoîte Groult obtient une licence en Lettres et enseigne au début de la carrière au Cours Bossuet. En 1943, elle épouse Blaise Landon qui meurt en mai 1944.

En 1945, elle épouse un étudiant en médecine, Pierre Heuyer, qui meurt quelques mois plus tard. Elle entre au Journal de la Radiodiffusion à la Libération et y reste jusqu'en 1953. En 1951, elle épouse Georges de Caunes avec lequel elle a deux filles, Blandine et Lison, puis le romancier et journaliste Paul Guimard avec lequel elle a une fille, Constance. Elle a collaboré à diverses publications : ELLE, Parents, Marie Claire, etc.

Dès l'adolescence, elle cultive le goût de l'écriture mais c’est à un âge mûr qu’elle se lance sur la scène littéraire, d'abord avec sa sœur Flora : Journal à quatre mains (1958), Le Féminin pluriel (1965), Il était deux fois (1967). Elle est par la suite l'auteur de plusieurs best-sellers : La Part des choses (1972), Ainsi soit-elle (1975), Les Trois-Quarts du temps (1983), Les Vaisseaux du cœur (1988), La Touche étoile (2006), Mon évasion (2008).

Sa vie et son œuvre font d’elle un témoin privilégié des bouleversements sociaux dans les rapports entre hommes et femmes qui ont marqué le XXe siècle. Son féminisme, déclaré tardivement lui aussi, est une clé de lecture essentielle de son parcours, un identifiant de sa personnalité. Avec la publication d'Ainsi soit-elle (1975), elle est la première à dénoncer publiquement les mutilations féminine[1]. Cet essai féministe reste encore d'actualité[2].

En 1978, elle fonde un mensuel féministe avec Claude Servan-Schreiber F Magazine dont elle rédige les éditoriaux. De 1984 à 1986, elle assure la présidence de la Commission de terminologie pour la féminisation des noms de métiers, de grades et de fonctions, fondée par Yvette Roudy, alors ministre des droits de la femme, où travaillent grammairiens, linguistes et écrivains (arrêté de féminisation publié au Journal officiel en mars 1986). Depuis 1982, elle est membre du jury Femina. Elle publie en 1986, pour la première fois, l'intégralité de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne de 1791, rédigée par Olympe de Gouges[3].

Elle est membre du comité d'honneur de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD)[4].

En 2011, Benoîte Groult fait don de ses archives à l'université d'Angers,au Centre des Archives du Féminisme (BU Angers) [5]

Hommages[modifier | modifier le code]

Elle a fait l'objet de plusieurs films documentaires. Anne Lenfant lui a consacré Une chambre à elle : entretiens avec Benoîte Groult et Benoîte Groult ou Comment la liberté vint aux femmes, avec les témoignages de Josyane Savigneau, Paul Guimard et Yvette Roudy, édité en 2006 par Hors Champ Productions. En 2008, un volet de la série d'émissions documentaires «Empreinte», écrit par Marie Mitterrand et réalisé par Jean-Baptiste Martin, lui permet de porter un regard rétrospectif sur son parcours[6].

En 2013 paraît chez Grasset une bande dessinée intitulée Ainsi soit Benoîte Groult par Catel.

Décorations[modifier | modifier le code]

  • Officier (16 mars 1995), puis commandeure (2 avril 2010) de la Légion d'honneur[7]
  • Citoyenne d'honneur de la ville de Roanne depuis le samedi 7 mars 2010.
  • Grand officier de l'ordre national du Mérite, le 2 décembre 2013, à l'occasion du cinquantenaire de l’ordre national du Mérite[8].

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Journal à quatre mains (1958), roman écrit avec sa sœur Flora Groult
  • Le féminin pluriel (1965), roman écrit avec Flora Groult
  • Il était deux fois (1967), roman écrit avec Flora Groult
  • La part des choses (1972), roman
  • Ainsi soit-elle (1975), essai sur la condition féminine , enregistrement sonore en 2004.
  • Le féminisme au masculin (1977), essai sur les féministes
  • La moitié de la terre (1981), essai
  • Les trois quarts du temps (1983), roman
  • Olympe de Gouges (1986), textes présentés par Benoîte Groult
  • Les vaisseaux du cœur (1988), roman
  • Pauline Roland ou Comment la liberté vint aux femmes (1991), biographie
  • Cette mâle assurance (1994), essai sur la misogynie
  • Histoire d'une évasion (1997), essai autobiographique
  • La touche étoile (2006), roman
  • Mon évasion : autobiographie, 2008, enregistrement sonore en 2009.
  • Ainsi soit Olympe de Gouges (2013), biographie
  • Romans, Paris, Grasset (coll. «Bibliothèque Grasset»), 2009
  • [Benoîte Groult prépare un livre sur la pêche en bateau au large, passion qu'elle partageait avec Paul Guimard.] [9]

Adaptations cinématographiques-théâtrale[modifier | modifier le code]

  • Andrew Birkin, les vaisseaux du cœur (1992)
  • Panchika Velez (metteur en scène), Philippe Miquel (réal.) , Journal à quatre mains (2010). Jouée au Théâtre de poche Montparnasse à partir de janvier 2009 et filmée en juin 2009
  • Christian Faure, 3 femmes en colère(2014), librement adapté de La touche étoile.

Articles sur l'œuvre de Benoîte Groult[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Gontier, Fernande. Benoîte Groult. Paris : Klincksieck, 1978. (Femmes en littérature, Nos contemporaines; 1)
  • Garcin, Jérôme. Le Dictionnaire : littérature française contemporaine. Paris : F. Bourin, 1988
  • Eva Martin Sartori and Dorothy Wynne Zimmerman. Eds. Fifty French Women Writers.New York: Greenwood Press, 1991
  • Colloque «Ainsi soit-elle, 25 ans après» (2000) Société des Gens de Lettres (Paris).Ainsi soient-elles : autour de Benoîte Groult : actes du colloque tenu à la Société des gensde lettres, juin 2000... / Josyane Savigneau, Elisabeth Badinter, Michelle Perrot... [et al].Paris : B. Grasset, 2003
  • Garcin, Jérôme. Dictionnaire des écrivains contemporains de langue française : par eux-mêmes. [Paris] : Éd. Mille et une nuits, impr. 2004.
  • Rochefort, Florence. Femmes du XXIe siècleTexte en italique. Paris: éditions Aubanel, 2009 ;Entretien avec Benoîte Groult réalisé par Alexie Lorca.
  • Savigneau, Josyane, Deroudille, Clémentine, Roux, Sandrine et Keppy, Caroline. Benoîte Groult : une femme parmi les siennes(Multimédia support). Paris : Textuel, Bry-sur-Marne : Institut National de l'Audiovisuel, 2010. (La voix au chapitre) Livre + CD audio
  • Baÿt-Darcourt, Célyne. Femmes d'exception. Paris : Tallandier : France-Info, 2012

Documentaires[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. Didier Béatrice (dir.), Le dictionnaire universel des créatrices T2, Paris, Belin, 2013.
  2. Baÿt-Darcourt, Célyne. Femmes d'exception. Paris, Tallandier : France-Info, 2012
  3. Nicole Pellegrin, Les disparues de l’histoire, Le Monde diplomatique, novembre 2008.
  4. Page « Comité d'honneur », sur le site de l'ADMD.
  5. Répertoire numérique détaillé du Centre des Archives du Féminisme (BU Angers)et AFP, Benoîte Groult fait don de ses archives à l'Université d'Angers , Le Point, 26/06/2012
  6. (fr) « Benoîte Groult, le temps d’apprendre à vivre» sur le site de France 5.
  7. Décret du 2 avril 2010, publié le 4 avril 2010 au Journal officiel, NOR: PREX1004887D.
  8. Grande chancellerie de la légion d'honneur
  9. Entretien sur France Culture du 16 septembre 2013
  10. Présentation du documentaire Benoîte Groult, le temps d'apprendre à vivre - Casadei