Différentialisme

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Le différentialisme est un mouvement de pensée naturaliste. Certains détracteurs considèrent que le différentialisme est par principe essentialiste.

Le différentialisme considère qu'il existe une différence de nature entre des groupes : de sexes, de "races", de peuple, d'espèces (spécisme), etc. De cette présupposition découle la considération et le traitement des êtres d'abord en fonction de leur appartenance (réelle ou supposée) à un groupe et non en fonction de leurs traits individuels et avérés.

Le mot désigne communément deux mouvements de pensée. On trouve le féminisme différentialiste et l'ethno-différentialisme.

Selon Pierre Tevanian, dans "La mécanique raciste" (page 13), «Ce terme désigne toutes les idéologies qui se fondent sur des différences réelles ou imaginaires pour justifier une différence dans les droits reconnus aux uns et aux autres. Le discours différentialiste se présente toujours comme la valorisation d'une différence (par exemple la différence des sexes, ou la différence culturelle) et comme la volonté de la "préserver".»

L'ethno-différentialisme[modifier | modifier le code]

Il est décrit dans la page qui lui est consacrée : ethno-différentialisme.


Le féminisme différentialiste[modifier | modifier le code]

"Les féministes différentialistes postulent une différence de nature entre le masculin et le féminin[1].

Il existerait donc une essence féminine dont découleraient des caractères féminins spécifiques et innés (des comportements féminins, une écriture féminine ?) et qui justifierait des différences de traitement entre les sexes. Appelées parfois « essentialistes » (surtout par leurs détracteurs), les féministes différentialistes revendiquent donc "l’égalité dans la différence". Ce courant se développe aux États-Unis notamment à travers les départements universitaires de Women’s studies. Parmi les idées avancées, il y a entre autres l’existence d’un matriarcat aux origines et la volonté de créer une société gynocentrique.

Certains de ses leaders, telle l’Américaine Kate Millett connaîtront une grande notoriété, mais ce courant a en fait rapidement perdu de son audience et reste aujourd’hui cantonné à quelques féministes « radicales » (majoritairement anglo-saxonnes). (Kinga Igloi et Irène Favier, 2005).

"L'égalité dans la différence"[modifier | modifier le code]

L'expression "égalité dans la différence" est emblématique du féminisme différentialiste. L'ethno-différentialisme manie plus volontiers l'expression "droit à la différence". Il faut comprendre la première comme l'égalité des droits dans la différence entre les groupes. La seconde évoque également la différence entre les groupes. En effet la différence mise en avant par toute forme de différentialisme est celle observable entre les groupes et non entre les personnes. C'est d'ailleurs lorsqu'un trait est suffisamment uniforme au sein d'un groupe que la différence avec un autre groupe peut être pointée. La différence entre des groupes est en même temps une conformité, une non-différence, au sein de chaque groupe. Le plus souvent l'emploi du mot "différence" sert à désigner la différence entre les groupes plutôt que la différence inter-individuelle. C'est un choix contingent et arbitraire. L'habitude ayant été prise, il faut comprendre "l'égalité dans la différence" ou "le droit à la différence" comme celle entre les groupes, à moins d'une stipulation contraire.

En outre, il faut savoir que cette différence entre les groupes est bien souvent une différence entre la moyenne de chaque groupe. Si le groupe A est censé avoir le trait T plus développé que le groupe B, il peut exister un individu du groupe A moins T qu'un individu ou la moyenne du group B. La différence en question est donc statistique.

Le différentialisme met en avant une prétendue différence qui est en fait une conformité au sein de chaque groupe et une négation du droit à cette même différence entre les membres assignés dans un même groupe. Se réclamer de "la différence" permet au différentialisme d'accuser ce qui cherche à le contester de tendre – volontairement ou non - à l'uniformisation. Pourtant la critique de l'assignation à la conformité intra-groupe ne cherche pas à assigner un rôle unique à tous, par opposition au différentialisme qui en assigne plusieurs en fonction des prétendues appartenances. Critiquer le principe du différentialisme, c'est s'opposer justement à toute assignation. En aucun cas il ne s'agit de fermer une des possibilités existantes dans un groupe. Les critiques du différentialisme qui s'attaquent directement à son principe cherchent à ouvrir à chacun toutes les possibilités existantes parmi les différentes identités. Mais le différentialisme suppose que sans l'assignation conformiste au sein du groupe qui maintient la différence entre les groupes, les différences individuelles disparaîtraient. Pourtant, en l'absence d'assignation conformiste, les différences prônées - et d'autres - seraient librement accessibles à chacun. La question peut alors se poser de savoir si le mouvement différentialiste se préoccupe de la liberté d'individuation ou du moins de chacun en tant qu'être unique ou s'il considère avant tout les personnes comme les outils ou le matériel du maintien d'un ordre naturalisé.

Le différentialisme est-il essentialiste ?[modifier | modifier le code]

Relation entre le différentialisme et la psychanalyse[modifier | modifier le code]

Personnalités et mouvements différentialistes[modifier | modifier le code]

Ethno-différentialistes :

Féministes différentialistes :

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Cité d'après le dossier préparé par Kinga Igloi et Irène Favier, Femmes : Combats et débats - Quel avenir pour le féminisme aujourd’hui ?, Paris, Association Pollens, 2 Novembre 2005, 14 p. (pdf).