Pliensbachien

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Faciès particulier, dit ammonitico rosso, dans la région de la Brianza en Lombardie (Italie). Calcaire argileux et noduleux, riches en ammonites (genres Arieticeras s.l. et Dactylioceras), qui datent ici le faciès du Domérien (Pliensbachien supérieur).
Phragmocône pyriteux de Pleuroceras spinatum (Muséum de Toulouse), espèce d'ammonite, index de la biozone à Spinatum du sommet du Pliensbachien.

Le Pliensbachien est un étage du Jurassique inférieur (Lias) succédant au Sinémurien et précédant le Toarcien, d'une durée d'environ 8 millions d'années comprise entre -190,8 ± 1,0 et -182,7 ± 0,7 millions d'années[1],[2]. Le Charmouthien est un synonyme du Pliensbachien.

Il regroupe deux sous-étages :

Stratotype[modifier | modifier le code]

Stratotype historique[modifier | modifier le code]

Le stratotype historique du Pliensbachien a été défini sous le nom de Pliensbach Gruppe par le paléontologue allemand Carl Albert Oppel en 1856-1858[3] sur des affleurements des rives du ruisseau Pliensbach près du village du même nom situé à proximité de la petite ville de Zell unter Aichelberg (commune du Bade-Wurtemberg), à 35 kilomètres au sud-ouest de Stuttgart en (Allemagne)[2].

Ce nom d'étage a remplacé celui de Liasien proposé par Alcide d'Orbigny quelques années plus tôt[4], mais qui avait le défaut de ne pas être clairement localisé d'un point de vue géographique[2].

Stratotype, PSM[modifier | modifier le code]

La commission stratigraphique internationale et l'Union internationale des sciences géologiques (UISG) ont choisi, puis ratifié le point de référence mondial, appelé Point Stratotypique Mondial (PSM), pour la base du Pliensbachien en mars 2005[5],[2],[6].

Le site du PSM de la base du Pliensbachien est localisé sur une falaise de la côte de la mer du Nord anglaise, au lieu-dit Wine Haven à environ 3 kilomètres au S-SE du village de pêcheurs de Robin Hood's Bay, à 8 kilomètres au sud du port de Whitby dans le Yorkshire du Nord[5].

Il est défini au sein d'alternances d'argiles pyriteuses et de calcaires gréseux. Dans cette série, les ammonites sont les seuls fossiles à la fois diversifiés et fréquents. C'est l'apparition des ammonites du genre Apoderoceras sp. et de l'espèce Bifericeras donovani qui détermine la base de l'étage[5]. Les autres groupes de fossiles présents bivalves, bélemnites et brachiopodes sont trop peu nombreux pour être utilisés en biostratigraphie, il en est de même pour les microfossiles : foraminifères, ostracodes et palynomorphes.

Le PSM de la base de l'étage Toarcien, qui vient après le Pliensbachien et en délimite le sommet, n'a pas encore été défini[2],[6].

Subdivisions[modifier | modifier le code]

Les ammonites constituent le principal groupe utilisé pour la biozonation de l'étage.

Échelle stratigraphique du Pliensbachien. Sous-étages, zones et sous-zones d’ammonites[7].
Étage Sous-étage Zone Sous-zone
Pliensbachien Domérien Spinatum Hawskerense
Apyrenum
Margaritatus Gibbosus
Subnodosus
Stokesi
Carixien Davoei Figulinum
Capricornus
Maculatum
Ibex Luridum
Valdani
Masseanum
Jamesoni Jamesoni
Brevispina
Polymorphus
Taylori

Paléogéographie et faciès[modifier | modifier le code]

Parmi les affleurements célèbres du Pliensbachien, on peut citer :

  • les falaises et l'estran du stratotype sur la côte du Yorkshire du Nord anglais ;
  • les affleurements de la côte de la Manche près du bourg de Charmouth dans le Dorset en Angleterre ;
  • les affleurements dans la région du stratotype initial dans le Jura souabe (sud de l'Allemagne) ;
  • une partie du faciès ammonitico rosso affleurant en Lombardie (Italie) est d'âge Pliensbachien, etc.

Paléontologie[modifier | modifier le code]

Dans le groupe des ammonites, l'étage débute par un remplacement progressif des Psiliocératacés par les Eoderoceratacés[7]. La faune d'ammonites est nombreuse et variée : Uptonia, Phricodoceras, Apoderoceras, Polymorphites, Platypleuroceras, Tragophylloceras, Tropidoceras, Acanthopleuroceras, Beaniceras, Prodactylioceras, Aegoceras, Oistoceras, Protogrammoceras, Arieticeras, Amaltheus, Pleuroceras, etc.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Charte stratigraphique internationale (2012) » [PDF], sur http://www.stratigraphy.org/ (consulté le 21 octobre 2013)
  2. a, b, c, d et e (en) F.M. Gradstein, J.G Ogg, M. Schmitz et G. Ogg, The Geologic Time Scale 2012, Elsevier,‎ , 1176 p. (ISBN 9780444594488).
  3. (de)Carl Albert Oppel, Die Juraformation Englands, Frankreichs und des südwestlichen Deutschlands, nach ihren einzelnen Gliedern eingeteilt und verglichen, Stuttgart, Ebner & Seubert, 1856–1858, 857 p.
  4. Alcide d'Orbigny, Paléontologie française. Terrains jurassiques. 1, Céphalopodes, Masson éditeurs, Paris, 1842-1851, 2 volumes
  5. a, b et c (en)Christian Meister, Martin Aberhan, Joachim Blau, Jean-Louis Dommergues, Susanne Feist-Burkhardt, Ernie A. Hailwood, Malcom Hart, Stephen P. Hesselbo, Mark W. Hounslow, Mark Hylton, Nicol Morton, Kevin Page, Greg D. Price, The Global Boundary Stratotype Section and Point (GSSP) for the base of the Pliensbachian Stage (Lower Jurassic), Wine Haven, Yorkshire, UK, Episodes, vol. 29, no 2, 2006, p. 93-106
  6. a et b http://www.stratigraphy.org/index.php/ics-chart-timescale. ChronostratChart2014-10[1]
  7. a et b Groupe français d'étude du Jurassique, Biostratigraphie du Jurassique ouest-européen et méditerranéen : zonations parallèles et distribution des invertébrés et microfossiles, Élie Cariou et Pierre Hantzpergue (coordonateurs), Bulletin Centre recherches Elf Exploration-Production, Mémoire 17, 1997, 440 p., 6 figures, 79 tableaux, 42 planches, voir p. 16

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]