Cycadales

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Cycadales

alt=Description de cette image, également commentée ci-après

Cycas revoluta : strobile mâle au premier plan,
femelle au deuxième plan

Classification
Règne Plantae
Sous-règne Tracheobionta
Division Cycadophyta
Classe Cycadopsida

Ordre

Cycadales
Dumort., 1829

Répartition géographique

alt=Description de l'image Cycads world distribution.png.


Les Cycadales sont un ordre de plantes gymnospermes qui comprend des arbres ornementaux comme les Zamia et les Cycas.

Description[modifier | modifier le code]

Ce sont des arbres ou arbustes pérennes, typiquement à croissance lente mais à longue durée de vie (certains individus ont un âge estimé d’environ 2 000 ans[1]). L'espèce atteignant la plus grande taille est Lepidozamia hopei, qui atteint 20 m de hauteur pour 50 cm de diamètre[1]. Celle atteignant le plus grand diamètre est Cycas thouarsii, avec un record de 150 cm de diamètre[1]. Mais l'espèce la plus massive est Encephalartos laurentianus, qui atteint 15 m de longueur pour 100 cm de diamètre[1].

La racine des Cycadales est épaisse voire charnue, parfois tubéreuse. Toutes les espèces de cette famille sont capables de fixer le diazote atmosphérique grâce à une symbiose avec des cyanobactéries ; certaines espèces présentent aussi des mycorhizes[1].

Ces arbres ont un stipe (tronc formé par la base des feuilles) peu lignifié. Le stipe peut être plus ou moins enterré, ce qui réduit les dimensions de la plante, parfois jusqu'à ce que la partie située au-dessus du sol se réduise à une rosette de feuilles à même le sol. Les feuilles sont grandes, pennées (ou bipennées chez le genre Stangeria), disposées en couronne, et présentent souvent une ressemblance avec les feuilles de palmiers ou de fougères (dans le cas du genre Bowenia).

Les Cycadales possèdent un méristème apicale caulinaire de très grande taille, 2 à 3 mm de diamètre, caractéristique seulement partagée avec les capitules de tournesol[2]. Les Cycadales possédant une tige souterraine ont souvent un stipe contractile, caractéristique unique qui leur permet de conserver leur méristème apical caulinaire sous la surface du sol[1].

Les Cycadales sont dioïques strictes, c'est-à-dire que les individus sont soit mâles, soit femelles. Les organes reproducteurs apparaissent au cœur de la couronne de feuilles, sous la forme d’un cône de feuilles modifiées (sporophylles), appelé strobile. Les sporophylles sont petites, poilues, roussâtres car non chlorophylliennes et destinées à porter soit des ovules, soit des sacs polliniques, selon le sexe de l'individu.

Les strobiles femelles ont un diamètre plus important, et comportent des sporophylles moins nombreuses, mais plus grandes. Chaque sporophylle supporte entre 2 et 8 ovules[3]. Les strobiles mâles, moins larges que les femelles, comportent davantage de sporophylles, plus petites, qui supportent des sacs polliniques. Ces derniers contiennent du pollen jaune, qui lui-même contient des cellules reproductrices mobiles, caractéristique rare chez les végétaux supérieurs, mais partagée avec les Ginkgoales.

Chez de nombreuses espèces, l'apparition de rejets peut permettre une reproduction asexuée soit naturelle (par exemple chez certaines espèces d'Encephalartos), soit par les soins des humains par marcottage[1],[3].

Répartition et habitat[modifier | modifier le code]

Les Cycadales vivent sur tous les continents, sauf l'Europe, dans les zones tropicales ou subtropicales. Sensibles aux attaques fongiques, elles poussent généralement sur des sols bien drainés. Certaines espèces peuvent tolérer le gel[1].

Taxonomie et histoire du taxon[modifier | modifier le code]

L'ordre des Cycadales fait partie des préspermaphytes.

Les Cycadales sont apparues au Permien, il y a environ 280 millions d'années et ont connu leur plus grand développement au Jurassique (de -199 à -145 Ma)[réf. nécessaire]. Les espèces actuelles ont conservé leurs caractères primitifs comme la mobilité en milieu aqueux des gamètes mâles au cours de la fécondation des ovules.

Selon the Gymnosperm Database[1], l'ordre des Cycadales comprend 289 espèces réparties en 3 familles :

Statut et préservation[modifier | modifier le code]

La plupart des espèces de Cycadales sont menacées, en danger voire éteintes à l'état sauvage. Toutes les espèces sont au moins inscrites dans l'annexe II de la CITES[1]; certaines Cycadaceae sont même inscrites à l'annexe I[4].

Utilisations[modifier | modifier le code]

Farine alimentaire[modifier | modifier le code]

Toutes les Cycadales sont toxiques pour les animaux, car elles contiennent notamment de la cycasine, neurotoxique, cancérigène et destructrice du foie[5], et de la bêta-N-méthylamino-L-alanine, neurotoxique produit par les cyanobactéries symbiotes du Cycas puis réparti dans tous les organes du végétal[6]. Cependant, l'amidon contenu dans certaines espèces de Cycadales, notamment dans les graines, est utilisé comme farine alimentaire sous le nom de "sagou", après lixiviation des toxines[1],[5].

Plante ornementale[modifier | modifier le code]

De nombreuses espèces de Cycadales sont utilisées comme plante ornementale.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k (en) Christopher J. Earle, « Cycadales », sur www.conifers.org, The Gymnosperm Database,‎ 2011 (consulté le 16 juillet 2012)
  2. (en) John Wiley & Sons, Handbook of Plant Science, Keith Roberts,‎ 2007, 1590 p. (ISBN 0470057238, lire en ligne), p. 98
  3. a et b (en) Bane Cheek, « An Introduction to Cycad Reproduction », sur www.plantapalm.com, Palm & Cycad Societies of Florida, Inc. (consulté le 17 juillet 2012)
  4. UNEP-WCMC, « Cycadaceae spp. », sur www.unep-wcmc-apps.org, CITES-Listed Species,‎ 23 juin 2010 (consulté le 18 juillet 2012)
  5. a et b (en) G. L. Laqueur, M. Spatz, « Toxicology of Cycasin », sur cancerres.aacrjournals.org, American Association for Cancer Research,‎ novembre 1968 (consulté le 18 juillet 2012)
  6. (en) P.A. Cox, S.A. Banack et S.J. Murch, « Biomagnification of cyanobacterial neurotoxins and neurodegenerative disease among the Chamorro people of Guam. », Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America, vol. 100, no 23,‎ 11 novembre 2003, p. 13380-13383 (ISSN 0027-8424, lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :