Jean-Pierre Boyer (président d'Haïti)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Jean-Pierre Boyer et Boyer.
Jean-Pierre Boyer
Portrait du président Jean-Pierre Boyer
Portrait du président Jean-Pierre Boyer
Fonctions
4e président de la République d'Haïti
31 mars 181813 février 1843
(&&&&&&&&&&&0908624 ans, 10 mois et 13 jours)
Élection 30 mars 1818
Prédécesseur Alexandre Pétion (Republique du sud)
Henri Christophe (Royaume du nord)
Successeur Charles Rivière Hérard
Biographie
Nom de naissance Jean-Pierre Boyer
Date de naissance 15 février 1776
Lieu de naissance Port-au-Prince
Royal Standard of the King of France.svg Saint-Domingue
Date de décès 9 juillet 1850 (à 74 ans)
Lieu de décès Paris (1er arrondissement)
Drapeau de la France France
Conjoint Marie Madeleine Lachenais
Profession Militaire (général de division)
Religion Catholique

Jean-Pierre Boyer (président d'Haïti)
Présidents de la République d'Haïti

Jean-Pierre Boyer, né le 15 février 1776 à Port-au-Prince, décédé le 9 juillet 1850 à Paris (1er arrondissement), est un homme politique haïtien d'origine franco-guinéenne. Élu président de la République le jour suivant la mort d'Alexandre Pétion, il gouverna l'île d'Haïti pendant 25 ans, ce qui constitue jusqu'à ce jour le record de longévité de ce pays.

Jean-Pierre Boyer était un mulâtre libre, né d'un colon provençal et d'une femme noire originaire de Guinée.

Il accueillit avec reconnaissance le décret de la suppression de l'esclavage dans les colonies françaises de 1794 par lequel la République française abolissait l'esclavage. Il seconda d'abord de tout son pouvoir les commissaires de la République Sonthonax et Polverel qui avaient aboli unilatéralement l'esclavage à Saint-Domingue et entendaient restaurer l'autorité de la métropole dans la colonie en combattant avec eux contre les colons alliés aux Anglais.

Puis, il s'éleva contre l'autorité grandissante de Toussaint Louverture qui s'était progressivement émancipé des représentants de la métropole et se méfiait des mulâtres. Il participa à la guerre civile de 1799-1800 au côté du général mulâtre André Rigaud contre les noirs de Toussaint Louverture ; après la victoire de ce dernier, il se réfugia en métropole. En 1802, il fit partie de l'expédition navale française du général Charles Leclerc ordonnée par Napoléon qui aboutit à l'arrestation de Toussaint. Mais, devant le rétablissement de l'esclavage par les Français, il reprit les armes contre ceux-ci.

Après la victoire contre l'armée napoléonienne et la proclamation de l'indépendance d'Haïti, le 1er janvier 1804, il soutint Alexandre Pétion qui le prit d'abord pour secrétaire, et l'éleva rapidement aux grades de colonel, puis de général. En 1806, il aida Pétion à renverser Jean-Jacques Dessalines, qui s'était proclamé empereur, puis à résister à Henri Christophe qui refusa l'élection de Pétion comme président et fit sécession dans le nord du pays, avant de se proclamer « roi ». Pétion désigna Boyer pour lui succéder.

Président réunificateur[modifier | modifier le code]

Le Président d'Haïti Jean-Pierre Boyer
Jean-Pierre Boyer

À la mort de Pétion en 1818, il fut reconnu président à vie par acclamation. Profitant du suicide de Henri Christophe en 1820, il rattacha le nord du territoire. Puis, en 1822, il envahit la partie espagnole de l'île et réunit sous sa domination l'île entière.

En 1825, le roi de France Charles X accepta de reconnaître l'indépendance de la République d'Haïti moyennant une indemnité de 150 millions de francs-or. Boyer négocia longuement et réussit à réduire la somme à 90 millions. Pour honorer cette dette, il dut instaurer de lourds impôts. Afin de dynamiser l'économie agricole, il restaura la corvée. Il gouverna pendant 25 ans et porta la République à un degré respectable de prospérité.

Mais, ses mesures suscitèrent une hostilité populaire. Un mouvement insurrectionnel, parti du village de Praslin, non loin de la ville des Cayes, et ayant à sa tête Charles Rivière Hérard, finit par avoir raison de lui: voyant l'insurrection près de triompher, il se démit de la présidence en 1843 et se retira à la Jamaïque, puis en France, où il termina ses jours.

Jean-Pierre Boyer meurt le 9 juillet 1850 au 11 Rue de Castiglione à Paris (1er arrondissement)[1].

Dans sa lettre de démission, il écrivit :

« En me soumettant à un exil volontaire, j'espère détruire tout prétexte d'une guerre civile causée par mon moyen. » Cité par Dantès Bellegarde. La Nation haïtienne.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Registre d'état civil de Paris (ancien 1er arrondissement) de l'année 1850 : Du 9 juillet 1850, à trois heures du soir : Acte de décès de Jean-Pierre Boyer, ancien président de la République d'Haïti, âgé de soixante quatorze ans, célibataire, né à Port-au-Prince (Haïti) et décédé à Paris en son domicile, rue Castiglione, n° 11, aujourd'hui à onze heures du matin, constaté par Nous, maire officier de l'état civil du premier arrondissement de Paris, sur la déclaration de Alexis Beaubrun-Ardoin, ancien ministre d'Haïti à Paris, âgé de cinquante-quatre ans, demeurant rue de la Madeleine n° 33, et de François-Guillaume Mirambeau, ancien négociant, âgé de cinquante-trois ans, même adresse, lesquels ont signé avec nous après lecture". Signé : Ardoin-Mirambeau-Frottin. Les registres paroissiaux et d'état civil à Paris ont tous disparu pendant les incendies de la Commune de Paris (1871) mais cet acte a été recopié et publié dans Généalogie et histoire de la Caraïbe, numéro 165, décembre 2003, page 4018.

Source[modifier | modifier le code]

  • Cet article comprend des extraits du Dictionnaire Bouillet. Il est possible de supprimer cette indication, si le texte reflète le savoir actuel sur ce thème, si les sources sont citées, s'il satisfait aux exigences linguistiques actuelles et s'il ne contient pas de propos qui vont à l'encontre des règles de neutralité de Wikipédia.