Alexandre Pétion

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Alexandre Pétion
Portrait d'Alexandre Pétion.
Portrait d'Alexandre Pétion.
Fonctions
3e président de la République d'Haïti
10 mars 180729 mars 1818
(11 ans, 0 mois et 20 jours)
Élection 9 mars 1807
Réélection 9 mars 1811
9 mars 1815
Prédécesseur Jacques I
Successeur Jean-Pierre Boyer
Sénateur de Port-au-Prince
28 décembre 18069 mars 1807
Biographie
Nom de naissance Alexandre Sabès
Date de naissance 2 avril 1770
Lieu de naissance Port-au-Prince, (Saint-Domingue)
Date de décès 29 mars 1818 (à 47 ans)
Lieu de décès Port-au-Prince, (Haïti)
Conjoint Marie-Madeleine Lachenais
Profession Orfèvre, Militaire (général de division)

Alexandre Pétion
Présidents de la République d'Haïti
Alexandre Pétion
Le général Alexandre Pétion.
Inauguration du Mausolée de Dessalines et de Pétion en 1926.

Alexandre Sabès, dit Pétion (2 avril 1770 - 29 mars 1818), né à Port-au-Prince, fils d'une Noire et d'un Français blanc, fut Président de la République au pouvoir dans le sud d'Haïti depuis 1806 jusqu'à sa mort. Il est envoyé en France en 1788 pour étudier à l'Académie militaire à Paris.

A Saint-Domingue, 1798-1800[modifier | modifier le code]

De retour à son île natale, Pétion participe à la campagne d'expulsion des Britanniques (1798-1799). Il prend le parti d'André Rigaud, chef des gens de couleur libres, contre Toussaint Louverture pendant la Guerre des couteaux, qui commence en juin 1799. Dès novembre, la faction mulâtre se trouve coincée au port stratégiquement important de Jacmel, sur la côte méridionale. C'est Pétion qui prend la tête de la défense ; Jean-Jacques Dessalines dirige l'assaut. La chute de Jacmel, mars 1800, termine en effet la révolte et Pétion et d'autres dirigeants de couleur s'exilent en France.

De Saint-Domingue à Haïti, 1802 - 1806[modifier | modifier le code]

En février 1802, il retourne à Saint-Domingue avec Jean Pierre Boyer, Rigaud, et une armée de 12 000 Français sous les ordres de Charles Leclerc, beau-frère de Napoléon Bonaparte. À la suite de la trahison qui livre Toussaint aux Français, Pétion se rallie aux forces nationalistes en octobre 1802 (en raison de la conférence secrète à Arcahaie) et donne son soutien à Dessalines. Le général Clerveau est l'adjoint principal de Pétion à cette époque. La force expéditionnaire est écrasée le 18 novembre 1803 lors de la bataille de Vertières, et Haïti devient une république indépendante le 1er janvier 1804. Dessalines se proclame président à vie, puis se couronne Empereur le 6 octobre 1804.

Pétion est parmi ceux qui prônent l'assassinat de l'Empereur en octobre 1806, et par la suite il revendique la démocratie libérale contre Henri Christophe.

Président d'Haïti[modifier | modifier le code]

Christophe, élu président, rompt avec le Sénat contrôlé par Pétion, et Haïti se divise de fait en deux États. Le Sénat qui ne reconnaît plus Christophe comme président, élit Pétion à sa place. Une guerre dérisoire se poursuit jusqu'en 1810 – Christophe contrôlera le nord (fief traditionnel des factions noires radicales) tandis que Pétion reste suprême au sud (où les gens de couleurs sont enracinés).

Reconnaissant l'aspiration des paysans (anciens esclaves) à être propriétaires, Pétion saisit les plantations en les faisant partager entre ses partisans et le peuple. Cette action lui vaut jusqu'aujourd'hui les louanges des pauvres comme Papa Bon-Kè (Papa Bon-Cœur). Cependant, l'économie haïtienne, fondée sur l'exportation du sucre et du café, est en train de se reconvertir à l'autarcie et à l'agriculture de la subsistance.

Il établit le Lycée Pétion à Port-au-Prince. En 1815, Pétion donne asile à Simón Bolívar (chassé pour le moment du Venezuela) et lui donne les moyens pour reprendre sa campagne de libération. Il stipule seulement que Bolívar fasse émanciper les esclaves de toutes les terres libérées.

En principe partisan de la démocratie constitutionnelle, Pétion supportera de moins en moins les contraintes imposées par le Sénat. Ainsi, en 1816 il se proclame président à vie ; en 1818 il suspend la législature.

Postérité[modifier | modifier le code]

Pétion meurt de la fièvre jaune en 1818 ; son protégé Jean Pierre Boyer lui succède.

En 1926 fut inauguré le mausolée à la gloire d'Alexandre Pétion et Jean-Jacques Dessalines attenant au Palais présidentiel.

La ville de Pétionville en Haïti, fut baptisée en son honneur.

Le Lycée Pétion, le plus ancien de la capitale, fondé par lui en 1816 , porte aussi son nom.

Le Fort Alexandre construit au début du XIXe siècle, pour défendre Port-au-Prince fut baptisé en son honneur.

Les place et avenue Pétion-Bolivar furent nommées après lui et l'homme d'état Sud américain Simón Bolívar.

Le billet de 500 gourdes ainsi que la pièce de 5 gourdes portent son effigie.