Jean-Jacques Dessalines

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19° 34′ 40.15″ N 72° 10′ 09.64″ O / 19.5778194, -72.1693444

Jacques Ier
Image illustrative de l'article Jean-Jacques Dessalines
Titre
1er empereur d'Haïti
2 septembre 180417 octobre 1806
(2 ans, 1 mois et 15 jours)
Couronnement 8 octobre 1804
Prédécesseur Lui-même (gouverneur général)
Successeur Henri Christophe (État d'Haïti (nord)
Alexandre Pétion (République d'Haïti, sud)
Gouverneur général d'Haïti
1er janvier 18042 septembre 1804
(8 mois et 1 jour)
Prédécesseur Poste créé
Successeur Lui-même (empereur)
Biographie
Nom de naissance Jean-Jacques Duclos
Date de naissance 20 septembre 1758
Lieu de naissance Grande-Rivière-du-Nord (Saint-Domingue)
Date de décès 17 octobre 1806 (à 48 ans)
Lieu de décès Pont-Rouge (Haïti)
Conjoint Marie-Claire Bonheur
Enfant(s) Jean-Joseph Dessalines

Jean-Jacques Dessalines
Chefs d'État haïtiens

Jean-Jacques Dessalines (né le 20 septembre 1758 à Grande-Rivière-du-Nord – assassiné le 17 octobre 1806 à Pont-Rouge) est un dirigeant de la Révolution haïtienne et le premier Empereur d'Haïti (18041806) sous le nom de Jacques Ier. Son épouse fut Marie-Claire Heureuse Félicité, avec qui il se maria en 1801.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jean-Jacques Dessalines

D'origine africaine, il est d'abord esclave à Saint-Domingue dans l'habitation de Henri Duclos. Jean-Jacques Dessalines, qui naquit le 20 septembre 1758, fut élevé sous le regard de sa tante, la future guerrière Victoria Montou, également esclave comme lui[1]. Victoria Montou, femme énergique, s'en trouvera astreinte quotidiennement au rude labeurs des champs. Son meilleur ami était son propre neveu Jean-Jacques Dessalines, esclave comme elle[2]. Plus âgée que lui, elle lui enseigna comment se battre dans un combat au corps-à-corps et la façon de lancer un couteau. Surnommé affectueusement Gran Toya, elle guida et conseilla Dessalines dans sa jeunesse. Il était fort attaché à cette tante, la seule membre vivante de sa famille.

Puis, durant les troubles qui mènent à l'indépendance de l'île, il devient lieutenant de Toussaint Louverture et combat à ses côtés lors de la Guerre des couteaux (1799-1800). En octobre 1802, il organise la mutinerie de l'armée saint-dominguoise contre l'expédition napoléonienne. Il combat le général mulâtre André Rigaud et le général français Charles Leclerc.

Après la déportation de Toussaint, il se soumet à la France. S'étant insurgé peu après, il se retire au nord de l'île ; il réussit, avec l'aide du commandant du fort de la Crête-à-Pierrot, Louis Daure Lamartinière et de la femme de celui-ci, Marie-Jeanne Lamartinière, à repousser Donatien-Marie-Joseph de Rochambeau dans le sanglant combat de la Crête-à-Pierrot, de Petite-Rivière de l'Artibonite. Par la suite, après la mort du colonel Louis Daure Lamartinière, sa veuve rejoindra Jean-Jacques Dessalines et deviendra, un temps, sa maîtresse[3].

Le 18 mai 1803, lors du congrès de l'Arcahaie, regroupant l'ensemble des chefs de la Révolution haïtienne, Jean-Jacques Dessalines arracha du drapeau tricolore français la partie centrale de couleur blanche. Une révolutionnaire, Catherine Flon, prit les deux morceaux restants, le bleu et le rouge et les cousit ensemble pour symboliser l'union des noirs et des mulâtres et créer le nouvel étendard de la République d'Haïti. Ce drapeau, inspiré du drapeau français dont la partie blanche, considérée comme le symbole de la race blanche et non pas de la royauté, a été déchirée. Presque tous les officiers se rallieront à ce nouveau drapeau, sauf ceux de Lamour Desrances qui lui préféreront le drapeau aux couleurs noir et rouge. Dessalines pourchassera les partisans du chef de guerre Lamour Desrances, qui refusait de reconnaître Dessalines comme général en chef, en envoyant à ses trousses le général Nicolas Geffrard qui finira par l'arrêter et anéantir son parti[4].

Il réussit le 18 novembre 1803 à vaincre les Français à la bataille de Vertières, et le 1er janvier 1804 Dessalines proclame l'indépendance d'Haïti. Il se fait d'abord gouverneur général à vie, puis empereur (pour ne pas être devancé par son rival, Bonaparte) sous le nom de Jacques Ier (1804).

Le 8 octobre 1804 il est couronné par l'archevêque Jean-Baptiste-Joseph Brelle.

Il fait massacrer les Français « qui espéraient le retour de l'ordre ancien en Haïti »[réf. nécessaire] et poursuit une politique de « caporalisme agraire » (comme le désigne Michel-Rolph Trouillot) destinée à maintenir les profits de l'industrie sucrière par la force, sans esclavage proprement dit.

Son gouvernement ayant décidé d'entreprendre une réforme agraire au profit des anciens esclaves sans terre, il est assassiné le 17 octobre 1806 à Pont-Rouge, au nord de Port-au-Prince, par ses collaborateurs, Alexandre Pétion, Jean-Pierre Boyer, André Rigaud et Bruno Blanchet qui servait d'intermédiaire entre tous sans oublier Henri Christophe qui se trouvait dans le nord[5].

Hommages[modifier | modifier le code]

Inauguration de la statue de Dessalines au Champ-de-Mars de Port-au-Prince en 1910.
Inauguration du Mausolée de Dessalines et de Pétion en 1926.

En 1910 est inauguré la statue de Jean-Jacques Dessalines sur le Champ-de-Mars de Port-au-Prince.

En 1926 est inauguré le mausolée à la gloire de Jean-Jacques Dessalines et d'Alexandre Pétion.

L'hymne national d'Haïti, La Dessalinienne, est nommé en son honneur, ainsi que le sont la ville et l'arrondissement de Dessalines.

Son effigie figure sur le billet de 250 gourdes, monnaie de la République d'Haïti.

De nombreux auteurs haïtiens ont rendu hommage à Dessalines, comme Ignace Nau qui rendit hommage, dans la première moitié du XIXesiècle, à ce personnage historique dans son poème Dessalines. En 1979, Félix Morisseau-Leroy dans son poème Mèsi Papa Desalin ou Jean Métellus dans L'Année Dessalines (Éditions Gallimard, Paris, 1986).

Le poème d'Ignace Nau titré Dessalines, rend hommage au fondateur de la patrie Jean-Jacques Dessalines et condamne le complot dans lequel ce dernier a trouvé la mort[6] :

« 

Dessalines, à ce nom, ami, découvrons-nous !
Je me sens le cœur battre à fléchir les genoux
Et jaillir à ce nom un sang chaud dans mes veines.

Suspendez vos plaisirs, recueillez votre cœur,
Songez à nos héros, songez à l'Empereur !

Et Jean-Jacques, semblable à quelque esprit de Dieu,
Dicta l'indépendance à la lueur du feu !...

 »

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]