Gérard Leman

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Gérard Leman
Le Pays de France, 26 juillet 1919, p. 4
Le Pays de France, 26 juillet 1919, p. 4

Naissance 8 janvier 1851
Liège, Drapeau de la Belgique Belgique
Décès 17 octobre 1920 (à 69 ans)
Liège, Drapeau de la Belgique Belgique
Origine Belge Drapeau : Belgique
Arme Coats of arms of Belgium Military Forces.svg Génie, Infanterie
Grade Army-BEL-OF-08.svg Lieutenant-général
Années de service 18671920
Conflits Première Guerre mondiale
Commandement École militaire,
3e division d'armée (Liège)
Faits d'armes Bataille de Liège
Distinctions Grand cordon de l'Ordre de Léopold,
Grand officier de l'Ordre de la Couronne,
Grand-croix de l'Ordre national de la Légion d'honneur
Hommages Anobli comte (1919),
Obsèques nationales

Emblème
Liste des commandants de l’École royale militaire
Généraux belges pendant la Première Guerre mondiale

Le lieutenant-général comte Gérard Mathieu Joseph Georges Leman est né le 8 janvier 1851 à Liège et est mort le 17 octobre 1920 à Liège. Commandant de la position fortifiée de Liège, il s'est illustré lors de la bataille de Liège en août 1914, ce qui lui a valu une reconnaissance internationale.

Le fort de Loncin après les bombardements allemands
Un obusier de 420 mm dit « Grosse Bertha »

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Il est le fils de Georges-Auguste Leman, capitaine d'artillerie et professeur à l'École militaire, et de Marie Kips. Ses études secondaires terminées à l'Athénée royal de Bruxelles, il entre comme élève à l'École militaire en 1867 et en sort premier de promotion en 1872 avec un grade de lieutenant du génie.

Carrière[modifier | modifier le code]

Avant la Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Durant la guerre franco-prussienne de 1870, il sert dans un corps d'observation belge. En 1882, il devient membre du corps enseignant de l'École royale militaire puis en prend le commandement le 26 décembre 1905. Il exerce une influence considérable sur la matière militaire enseignée et pousse notamment les mathématiques[1].
Durant cette période, il devient aussi le responsable de l'éducation militaire du futur roi Albert Ier.

Préparation de Liège[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Position fortifiée de Liège.

Nommé lieutenant-général dans l'infanterie le 26 juin 1912, il devient, en janvier 1914, le commandant de la position fortifiée de Liège et de la 3e division d'armée. Déterminé à ralentir autant que possible une, alors hypothétique, attaque allemande, il mobilise plus de 18 000 personnes pour renforcer les fortifications bâties, entre 1888 et 1891, par Henri-Alexis Brialmont autour de la ville.

Durant une visite d'un ministre belge[Lequel ?], on[Qui ?] lui fait la remarque que ces travaux, qui sont tournés vers l'Allemagne, compromettent la neutralité de la Belgique telle que définie dans le traité des XXIV articles. Leman, peu impressionné, rétorque que « la Belgique le remerciera si la guerre devait avoir lieu et que si ce n'était pas le cas, qu'on pouvait lui prendre ses étoiles de général »[réf. souhaitée].

Bataille de Liège[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bataille de Liège.

Le 5 août 1914, la Deutsches Heer, sous le commandement du général Otto von Emmich, apparaît devant Liège et lance un ultimatum. Le Général Leman refusant de se rendre, la position fortifiée est attaquée et la bataille de Liège débute dans la nuit au 5 au 6 août[1]. À h 30, le quartier général de Leman installé rue Sainte-Foy[note 1] est attaqué par une compagnie allemande infiltrée[2]. Bien que l'attaque soit repoussée, le Général Leman transfère ce qui reste de son quartier général et de son état major au fort de Loncin commandé par le colonel Victor Naessens.

Les troupes allemandes en présence étant initialement incapables de vaincre et de soumettre les forts, elles doivent attendre l'arrivée des zeppelins et, surtout, de l'artillerie lourde (« Grosse Bertha ») pour ce faire. Gérard Leman est capturé, le 15 août, inconscient, fortement commotionné et blessé dans les ruines du fort de Loncin après un bombardement intensif qui aura duré 24 heures avant d'atteindre son arsenal.

Captivité[modifier | modifier le code]

En signe de respect, il peut conserver son épée durant sa captivité[1]. Il insiste pour que, sur le rapport de sa capture, soit mentionné le fait qu'il ne se soit pas rendu mais ait été capturé inconscient[3].

Il est d'abord transféré dans la citadelle de Magdebourg où il subit l'amputation d'un orteil le 1er septembre dont la cicatrisation ne s'achève qu'en janvier 1915. Il écrit, entre autres, « j'ai reçu ici des soins médicaux éclairés et dévoués et depuis une dizaine de jours, je vais mieux »[4]

Le général Leman est, alors, déplacé le 7 avril 1915 vers le camp de Blankenburg-im-Mark. Son état de santé devenant préoccupant, car il a des problèmes diabétiques et cardiaques[4], il est libéré sans conditions le 19 décembre 1917.

Après-guerre[modifier | modifier le code]

En novembre 1918, il est accueilli en héros dans sa ville natale et s'y installe pour rédiger son Rapport au Roi sur la défense de Liège en août 1914. Le roi le maintient dans ses fonctions sans limite d'âge et lui donne ses lettres de noblesse de comte le 15 novembre 1919. Son « rapport » à peine achevé, il meurt le 17 octobre 1920 d'une pneumonie.

Funérailles[modifier | modifier le code]

Le gouvernement belge décrète l'organisation d'obsèques nationales. Celles-ci ont lieu le 21 octobre 1920 par un hommage, corps présent, au Palais de la Nation à Bruxelles avant l'inhumation civile, selon les désirs du défunt, au cimetière d'Ixelles où il repose auprès de ses parents.

Distinctions et honneurs[modifier | modifier le code]

Blason de Comte Gérard Leman Blason D'argent à une enceinte fortifiée de gueules, maçonnée d'argent, accostée de deux branches de lierre au naturel ; au chef tiercé en pal de sable, d'or et de gueules
Ornements extérieurs 
  • Pour le titulaire, sommé d'une couronne de comte, et tenu par deux chevaliers d'argent, armés de toutes pièces, la visière levée, la figure de carnation, ceints d'une épée d'argent garnie d'or et tenant un bouclier de gueules au perron liégeois d'or accosté à dextre par la lettre L et à senestre par la lettre G, toutes deux aussi d'or.
  • Pour les descendants, sommé d'un heaume d'argent, couronné, grillé, colleté et liseré d'or, doublé et attaché de gueules, aux lambrequins d'or et de gueules.
  • Cimier : un chevalier armé comme les tenants et issant, brandissant une épée d'argent garnie d'or, et tenant de la senestre la lettre L aussi d'or
Devise 
Omnia Patriae (d'or sur un listel de gueules)
Détails
  • Le bouclier de gueules à une colonne posée sur 3 degrés soutenus de 3 lions couchés et sommée d'une pomme de pin soutenant une croix pattée; la dite colonne accostée à dextre de la lettre L et à senestre de la lettre G, le tout d'or sont aussi les armoiries de la ville de Liège
  • Baron de Ryckman de Betz, Armorial général de la noblesse belge (réimpr. 1957), op. cit., p. 657

Arrêté royal du 15 novembre 1919.

Ouvrages écrits[modifier | modifier le code]

  • Leçons de statique graphique, 1887 ;
  • Cours de résistance des matériaux, 1895 ;
  • Note sur la stabilité des routes circulaires, 1900 ;
  • Sur l’enseignement de l’analyse infinitésimale, 1901 ;
  • Rapport au Roi sur la défense de Liège en août 1914, 1920.

Mémoire[modifier | modifier le code]

Dans les noms de lieux[modifier | modifier le code]

Dans l'art[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La rue Sainte-Foy a été rebaptisée du nom de l'officier de garde au moment de l'attaque le Commandant Marchand. Le bâtiment du quartier général, quant à lui, fut démoli en 1973 pour permettre l’extension de l'Athénée royal de Liège-Atlas.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c (en) « Poll to reeves », Encyclopædia Britannica,‎ 1922 (consulté le 8 janvier 2013) : « Leman, Gérard Joseph Mathieu Georges »
  2. Pierre Beaujean, E. Menzel, « Août 1914, rue Commandant Marchand, un bâtiment, deux histoires. », Tome IV, fascicule no 4, sur www.clham.org, Centre liègeois d'Histoire et d'Archéologie militaires (consulté le 2 août 2013)
  3. G.J. Meyer, A World undone, op. cit., p. 135
  4. a et b La Hulpe info, op. cit., p. 2 § 7
  5. Baron de Ryckman de Betz, Armorial général de la noblesse belge (réimpr. 1957), op. cit., p. 657
  6. (en) « Mount Leman », sur peakfinder.com (consulté le 8 janvier 2013)
  7. « Exposition James Ensor », Ensor et Leman parlant peinture, sur moma.org,‎ 2009 (consulté le 8 janvier 2013) : « Peinture à l'huile sur bois (12 x 16 cm) »
  8. « Les commandants de l'école », Lieutenant-général Leman, sur rma.ac.be (consulté le 15 janvier 2013)
  9. Émile Verhaeren (ill. Raoul Dufy), Poèmes légendaires de Flandre et de Brabant, Paris, Société Littéraire de France,‎ 1916, 226 p. (OCLC 5745383, lire en ligne), « Le général Leman », p. 83-88

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]