Bataille de Liège

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Bataille de Liège
Tour d'aération du fort de Boncelles.
Tour d'aération du fort de Boncelles.
Informations générales
Date du 5 août au
Lieu Liège, Belgique
Issue Victoire allemande
Belligérants
Drapeau de la Belgique Belgique Empire allemand Empire allemand
Commandants
Drapeau de la Belgique Général Gérard Leman Drapeau de l'Allemagne Général Otto von Emmich
Drapeau de l'Allemagne Erich Ludendorff
Forces en présence
IIIe division belge (30 000) Ire et IIe armées allemandes (60 000)
Pertes
2 000 à 3 000 tués ou blessés
4 000 prisonniers
2 000 tués ou blessés
Première Guerre mondiale
Batailles
Front d'Europe de l’Ouest

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Front du Moyen-Orient


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Bataille de l'Atlantique

Coordonnées 50° 28′ 26″ N 5° 34′ 20″ E / 50.473888888889, 5.5722222222222 ()50° 28′ 26″ Nord 5° 34′ 20″ Est / 50.473888888889, 5.5722222222222 ()  

Géolocalisation sur la carte : Belgique

(Voir situation sur carte : Belgique)
 Différences entre dessin et blasonnement : Bataille de Liège.

La bataille de Liège en Belgique fut la première bataille menée par l'Empire allemand durant la Première Guerre mondiale. Le siège commença le par l'attaque des intervalles entre les forts situés tout autour de Liège, et se termina le suite à la reddition du dernier d'entre-eux.

Les troupes allemandes entrèrent dans l'agglomération dès le 6 août, la ville de Liège proprement dite n'ayant pas de défenses.

Le plan Schlieffen[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Plan Schlieffen.

Le plan Schlieffen fut élaboré en raison de la peur de l'Empire allemand de voir s'installer une longue guerre l'opposant à la République française et à l'Empire russe. Le plan prévoyait une victoire rapide sur la France comme en 1870 lors de la guerre franco-allemande de 1870. Pour y arriver, le plan prévoyait d'envahir la Belgique (pays neutre) pour contourner par le nord les défenses de l'Est de la France.

Le plan avait deux inconvénients :

Fortifications[modifier | modifier le code]

Positions des forts autour de Liège. La ceinture de forts rapprochés construite pour la Première Guerre mondiale (en bleu) fut complétée pour la Seconde Guerre mondiale par une seconde ceinture avancée vers l'Allemagne (en rouge)

La ville de Liège se situe au confluent de la Meuse et des rivières Ourthe (venant du sud) et Vesdre (venant de l'est). Elle est bordée au sud par le massif forestier de l'Ardenne belge et au nord par la ville néerlandaise de Maastricht. La vallée de la Meuse forme un goulot plus étroit au niveau de Liège ce qui rendait le passage bien plus difficile.

Liège se trouve sur la ligne principale de chemin de fer reliant l'Allemagne à la France, d'une part, à Bruxelles, d'autre part. Le plan prévoyait d'utiliser ces voies pour pénétrer plus facilement en France. La ville de Liège disposait aussi d'énormes installations industrielles qui facilitaient également sa défense.

Pour finir, une ceinture de 12 forts entourait la ville. Ces fortifications, basées sur des méthodes de défenses allemandes, entouraient la ville à une distance de 6 à 10 km depuis 1892. Chaque fort était protégé par le feu provenant des autres forts. Si un fort tombait, le passage entre les deux forts adjacents intacts était toujours protégé par ceux-ci.

Six des forteresses étaient des grands forts de forme triangulaire ou quadrangulaire. Construits en béton, malheureusement non-armé, ils étaient équipés de 2 obusiers de 210 mm, de 2 canons de 150 mm et de 4 canons de 120 mm. Quatre coupoles à éclipse avec un canon de 57 mm, pouvant monter au moment du tir et se rabaisser entre-temps, pour la défense rapprochée, plus des canons de 57 mm pour la défense des fossés et de la rampe d'accès. Tous disposaient de stocks de munitions, de quartiers pour les soldats. Entre 2 grands forts se trouvait à chaque fois un petit fort (parfois deux). Ces derniers étaient équipés d'un obusier de 210 mm, de 2 canons de 150 mm, de 2 canons de 120 mm, de canons de 57 mm.

Grands forts Petits forts
Pontisse Liers
Barchon Evegnée
Fléron Chaudfontaine
Boncelles Embourg
Flémalle Hollogne
Loncin Lantin

Au total, les forts disposaient de 400 pièces d'artillerie bien que ceux-ci étaient légèrement obsolètes pour l'époque. L'armée allemande était bien informée sur l'armement présent car une entreprise allemande du nom de Krupp Arms Works était sous contrat pour remplacer les canons. Une autre faiblesse des forts était le nombre insuffisant des pièces d'artillerie permettant de couvrir les passages entre les forts. D'autre part, la qualité du béton utilisé n'aurait pas été optimale d'après les rapports allemands établis après la bataille.

Le lieutenant-général Gérard Leman a été personnellement choisi pour commander les fortifications de Liège. Il était sous les ordres du roi Albert Ier. Il disposait d'environ 25 000 hommes pour défendre les forts.

La bataille[modifier | modifier le code]

Début de la bataille, avance de la première et seconde armées allemandes. À noter, le cercle de défense autour de Liège.

Pour réduire à néant les fortifications de Liège, une force composée de 30 000 soldats fut déployée (6 brigades d'infanterie et 3 divisions de cavalerie). Le commandement de l'opération fut remis au général Otto von Emmich. Il était secondé comme observateur par l'officier Erich Ludendorff. La guerre fut déclarée à la Belgique le et les Allemands traversèrent la frontière quelques heures plus tard. En direction de la Meuse, ils découvrirent que le pont avait déjà été détruit pour ralentir leur progression. Les Allemands traversèrent la Meuse le 5 août au nord de Visé.

La 3e division belge gardait la ville et elle réussit à repousser les attaques allemandes passant entre les forts. Une attaque contre le fort de Barchon fut lourdement repoussée. Les Allemands changèrent alors de tactique en utilisant la première attaque aérienne de la guerre en utilisant des Zeppelins pour bombarder la ville de Liège. En même temps, la cavalerie encercla la ville par le sud. Lorsque la ville fut presque conquise, le général Leman ordonna le repli de sa division pour rejoindre le reste des forces armées belges cantonnées plus à l'ouest.

Ludendorff prit le commandement de la 14e brigade qui était capable de s'infiltrer entre les forts. La brigade prit le contrôle de la ville le 7 août. Par contre, les forts continuaient à tenir bon, ce qui bloquait l'avance des Allemands avec notamment l'utilisation de la voie ferrée… Seul le fort de Fléron fut conquis suite à un tir d'artillerie qui détruisit le mécanisme de sa coupole. Le fort de Barchon fut le seul conquis par l'infanterie le 10 août. Pour détruire les fortifications, les Allemands durent déployer leur super obusier de 420 mm nommé « Grosse Bertha » et deux mortiers austro-hongrois Škoda de 305 mm spécialement construits et testés sur base des spécifications de blindage des forts belges. Au moment de la construction, il fut décidé de construire des fortifications pouvant résister à des canons de 210 mm et non pas à des calibres supérieurs. Les forts furent bombardés un par un jusqu'au dernier (Fort de Hollogne) qui capitula le 16 août. Le 15 août, le général Leman fut blessé et capturé par les Allemands dans le fort de Loncin.

La résistance de Liège a permis de ralentir l'armée allemande d'environ une semaine par rapport au planning initial. Ce temps fut précieux pour la préparation des alliés plus à l'ouest. Bien que la ville de Liège proprement dite ne combattit pas (elle n'avait pas de remparts),elle reçut plus tard de la France la Légion d'honneur alors que le mérite de la résistance dite « de Liège » fut le fait des troupes de campagne et de forteresse de l'armée belge. Après la guerre, Liège accueillit le Mémorial Interallié sur la colline de Cointe et, à Paris, on débaptisa le café viennois pour le renommer café liégeois. La station de métro parisienne « Berlin » et la rue éponyme connurent le même sort.

Forces belges impliquées dans la bataille[modifier | modifier le code]

Il y avait au total environ 32 000 soldats, 500 cavaliers et 252 pièces d’artillerie pour faire face à l’armée impériale allemande (six brigades d'environ 39 000 soldats au début, renforcées ensuite par une armée de siège à 59 800 hommes).

Citation[modifier | modifier le code]

Évoquant le retard pris par les Allemands pour l'exécution du plan Schlieffen des suites de la résistance liégeoise :

« Ce retard équivaut à une grande défaite. »

— Le Soir,

Au sujet de la résistance du fort de Loncin :

« Passant !... Va dire à la Belgique et à la France qu'ici 550 Belges se sont sacrifiés pour le triomphe de la Liberté et le Salut du Monde... »

— Général Malleterre

Notes et références[modifier | modifier le code]

  • (en) Paul Hamelius, The siege of Liège, a personal narrative, Londres, T. W. Laurie, ltd,‎ 1914, 108 p. (OCLC 8102913, lire en ligne)
  • (en) J. M. Kennedy, « The Campaign around Liège », dans le Daily Chronicle War Books (Londres, 1914)
  • (en) Thomas E. Griess, The Great War, Avery Publishing, 1986.
  • (en) S.L.A. Marshall, World War I, American Heritage, 1964.
  • (en) F. J. Reynolds, The Story of the Great War, Vol. III, P.F. Collier & Son, New York, 1916.
  • (fr) A.de Schryver , La Bataille de Liège , H.Vaillant-Carmanne,1922.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]