Jemappes
| Jemappes | |
|---|---|
Photo prise à Jemappes |
|
| Administration | |
| Pays | |
| Région | |
| Communauté | |
| Province | |
| Arrondissement | Mons |
| Commune | Mons |
| Géographie | |
| Coordonnées | |
| Superficie | 6,72 km² |
| Population | 10 220 hab. (31/12/2009) |
| Densité | 1 520,83 hab./km² |
| Autres informations | |
| Gentilé | Jemappien(ne) |
| Code postal | 7012 |
| Zone téléphonique | 065 |
| Site officiel | www.mons.be |
| modifier |
|
Jemappes (prononcé jeu-map, /ʒɘmap(ɘ)/) est une section de la commune belge de Mons située dans la province de Hainaut en Région wallonne.
Sommaire |
[modifier] Étymologie
Au cours du XIe siècle et du XIIe siècle, Jemappes est attestée sous les formes Gamappium (1065), Gamapium (1122) ou Gamapia (1150).
Jemappes tirerait son nom de la situation spéciale qu’il occupe sur les rives de la Haine et de la Trouille. C’est en effet, au centre de son territoire, que les deux rivières se rencontrent. Dès le VIIe siècle, le village est mentionné sous des graphies diverses, mais ayant toutes une origine identique. On transcrit également : Gemapna, Jemappes, etc.,
On identifie deux racines indo-européennes : l'élément indo-européen gam qui a été rapproché du grec gamein (marier) par Dittmaier[1]et apia, apa qui signifient 'eau' et qui serait un équivalent du latin aqua 'eau', dans une langue qui ne serait ni celtique, ni germanique propre au nord ouest de l'Europe, considéré comme "vieil européen" (cf. Bloc du nord-ouest) et qui a donné les terminaisons -ape, -appe, -eppe, -affe voire -ache de l'Allemagne à la Belgique jusqu'en Normandie[2]. L’union des deux radicaux peut donc marquer « la double eau », « les deux eaux ».
Dialectalement cette forme est wallonne (avec Jemeppe), les équivalents picards et normands sont Gamaches, Gamaches-en-Vexin et Guémappe, néerlandais Gempe[3].
L'instabilité constante de la graphie : Jemmape, Jemappe, Jemmappes, Jemmappe, Jemapes, etc. explique la forme française qui conserve un m géminé, d'où la prononciation [ʒemap] avec é.
[modifier] Histoire
Jemappes formait jadis une seigneurie qui fut attribuée au Comte de Hainaut à titre d'abbé séculier et haut avoué du chapitre de Sainte-Waudru. Jemappes formait une mairie héréditaire qui appartint aux familles de la Motte de Jemappes, de Beaurieu, de Vertaing, de Griffon, de Masnuy, etc. La charte de franchises et libertés de Jemappes date du 16 avril 1328.
[modifier] La bataille de Jemappes
Le 6 novembre 1792, la commune a été le théâtre de la bataille de Jemappes, célèbre en France par la victoire de Dumouriez. Les troupes françaises renversent celles du duc autrichien de Saxe-Teschen et des généraux belges Clerfayt et Baulieu : les portes des provinces belgiques sont ouvertes à la Révolution. Celles-ci repasseront sous contrôle impérial après la bataille de Neerwinden (1793).
En 1795, après le retour des Français et l'annexion de la Rhénanie et des Pays-Bas autrichiens, la bataille donne son nom au département de Jemappes.
[modifier] Dans la Belgique indépendante
En 1857, Jemappes fut le théâtre d'émeutes particulièrement violentes suite au vote de la « loi des couvents » par une chambre majoritairement catholique. Les opposants à la loi manifestaient alors violemment dans tout le pays (Bruxelles, Anvers, Gand, Liège), mais c'est à Jemappes que l'incident le plus grave eut lieu : les manifestants saccagèrent puis mirent le feu au couvent de frères de la doctrine chrétienne et les religieux durent s'enfuir pour échapper à la colère populaire.
Fin du XIXe siècle, les Jemappiens sont montés vers Mons avec des fourches pour protester contre le statut de l'ouvrier. Ils ont été reçus par la garde civique montoise à la hauteur du Pont-Canal, à proximité de l'actuel rond-point des Grands-Près. Fourches contre fusils, l'on comprend aisément qui a gagné...
Cette émeute fratricide a donné son origine à la haine ancestrale des Jemappiens envers les Montois, estompée de nos jours avec les jeunes générations. Elle a souvent été matérialisée par des inscriptions brancardées dans le village telles que "Nuts à Mons!" (surtout lorsqu'on a parlé de la fusion des communes) ou le célèbre "Vive d'Jumap', à-bas les Montois!" dont une chanson a été écrite et qui est encore chantée dans les milieux ou familles de Jemappiens purs et durs, encore une fois, rarement âgés de moins de 50 ans...
Les Tueries de Jemappes: Le 2 septembre 1944, entre 17 et 19 heures, la communes de Jemappes fut le théatre d'incendies et de tueries. Dans la matinée du 3 septembre, des forcenés se livrèrent au pillage et au massacre de plus de soixante personnes. Des documents militaires retrouvés sur les lieux des massacres démontrent que les auteurs des crimes appartenaient au Fallschirmjäger à la 17. Luftwaffen-Feld-Division ainsi qu'a la Stabskompanie du Wolga-Tartaren Bataillion dépendant de la Kustenschutz
En 1977, l'entièreté de la commune de Jemappes a fusionné avec 18 autres communes pour former le "Grand Mons". Actuellement, Jemappes fait partie intégrante de la ville de Mons.
[modifier] Curiosités
[modifier] Le coq
Un monument dressé sur la butte du Campiau sur l'initiative du socialiste Jules Destrée, le "Coq de Jemappes", commémore la victoire française de la bataille de Jemmappes. Il s'agit d'un obélisque en pierre bleue d'Ecaussines, surmonté de la statue métallique d'un coq gaulois de plus de deux mètres créé par le sculpteur Jean Gaspar. Une inscription sur le socle mentionne "Jemappes 1792" l'ensemble d'une hauteur de plusieurs mètres a été conçu par l'architecte Eugène Bodson, de Saint-Ghislain et sa construction fût réalisée par l'entreprise F.A.C (Fernand Abel Carmon) à Frameries. Le monument fut inauguré une première fois le 24 septembre 1911, lors du congrès montois de l'association Les Amitiés françaises. Le coq, tourné vers l'Est, nargue les peuplades germaniques qui ont perdu la bataille et qui s'en empareront en août 1914 lors de la Première Guerre mondiale. Il sera reconstruit en 1922, sculpté par Charles Samuel et sera remis en état pour la seconde inauguration du 21 mai par les mêmes bâtisseurs. Après la Seconde Guerre mondiale, une cité, "La Cité du Coq", a été construite à l'entour du site dont les dernières constructions remontent à 1977. N.B.: Le coq est un coq français car il a les deux pieds au sol. Le coq wallon a toujours une patte levée.
Un canon de la bataille de Jemappes se trouve au pied de l'édifice, vestige de l'affrontement entre l'Autriche et la France. Il fut découvert par Arsène Bruniau en 1934 à Wasmes et enterré à proximité. En 1955, il fut à nouveau exhumé et vendu à l'administration communale de jemappes[4] et placé sur la façade de l’hôtel de Ville, c'est sur l'initiative de la ville de Mons qu'il est désormais installé sur le site du coq.
[modifier] Les monuments
Un des monuments aux morts est le Roi Albert 1er Casqué, situé le long de l'Avenue qui porte son nom. Parce qu'il est en bronze, il a été volé dans la nuit du vendredi 18 au samedi 19 mai 2007. Probablement fondu pour rapporter quelques euros en cette période de crise metallurgique, il a fait le bonheur d'un ferrailleur mais l'indignation de toute la population. Le 11 novembre 2008, une reproduction identique en résine a été placée sur l'ancien socle.
[modifier] Les géants
Les géants de Jemappes qui déambulent lors des fêtes à jemappes, ont été créés pour représenter la population au début du 19è siècle. Dominique, Le "chef de famille" est en costume de mineur et porte l'écharpe de maïeur avec le blason de Jemappes
- Dominique
Le plus ancien géant d'osier est Dominique. Il est né en 1902 pour donner plus d'éclat au carnaval, A l'époque, le " Dominique " signifiait la paie du mois en raison de l'inscription sur les écus " domine salvum fac regem ". c'est un géant classique supporté par un seul homme, construit d'abord en carton-pâte et ensuite en osier par l'atelier de vannerie de l'Institut des aveugles de Ghlin.
- Dominica
Après un énorme succès, les jemappiens décident de marier Dominique avec Dominica en 1911 par un authentique contrat de mariage chez un notaire et entre dans la tradition.
- Dominicus
C'est en 1913 que l'idée d'un nouveau né germe sur la place communale et est aussi lancée l'idée de le nommer Dominicus.
- Dominicienne
Le 27 février 2006 sur la Place de Jéricho, en présence de son parrain Elio Di Rupo, Dominicienne, seul géant à ne pas avoir été fait d'osier, voit le jour lors du carnaval des enfants, Dominicus avait besoin d'une petite soeur.
[modifier]
Avant 1902, le Comité des fêtes et l'administration communale organisaient tout les Lundi Gras, une cavalcade qui pris place ensuite le jour de Pâques. Néanmoins, la société de musique "La Concorde" pris la décision de maintenir le carnaval traditionnel du Lundi Gras.
Dès lors le jour du carnaval des enfants, les géants, les majorettes, la clique et les sociétés de gilles sortent, pour ces derniers, c'est leur première soumonce générale. La deuxième et dernière a lieu le dimanche des Rameaux. Les gilles Commerçants sortent une troisième fois, entre les deux soumonces officielles, les autres sociétés de gilles et de fantaisies ont des soumonces complémentaires également.
[modifier] La Cavalcade de Jemappes
La Cavalcade de Jemappes est une manifestation folklorique propre à la ville de Jemappes et fondée en 1862 par la société Saint-Eloi pour créer un cortège folklorique et religieux dans le but de récolter des fonds pour aider les démunis. C'est en 1880 que l'aspect religieux disparu et laissa place à la cavalcade proprement dite (On l'appelle "cavalcade" car il y avait des centaines de chevaux à l'époque) et dès 1906, la fête se déroulait alors le lundi de Pâques. L'extinction des chevaux dans la ville a amené les organisateurs à modifier le défilé et c'est à cette époque que se sont constitués les groupes de gilles et de musique ainsi que l'apparition du géant Dominique. Actuellement, les festivités s'étendent sur 3 jours, Le dimanche de Pâques (sortie en travesti), le Lundi de la Cavalcade suivie des groupes de gilles et le mardi suivant (jour du brûlage des bosses).
En 2006, Jemappes a fêté la centième édition de la Cavalcade (et non son centenaire) lors d'une manifestation enrichie par des dizaines de groupes en tous genres et des chars élaborés par les Passeurs de Rêves et l'école de promotion sociale, cette manifestation sera coordonnée jusqu'en 2009 par Yves Coumans, le réalisateur de la Zinneke Parade de Bruxelles. Depuis 2010, la Cavalcade est réalisée par la Compagnie Enchantée sous la direction de Julien Vanbreuseghem
[modifier] Les participants
- Les Géants de Jemappes
- Les majorettes de Jemappes
- La clique de Jemappes
- Les écuries du Levant (écuries et cavaliers de Cuesmes)
- Les FPS (Les femmes prévoyantes socialistes)
- Les Z'ateliers du Centre Multi Activité de Jemappes
- Miss Jemappes en Cavalcade
- Mini Miss Jemappes en Carnaval
Les sociétés de fantaisies
- Les sorcières de l'Appart
- Les Amies Réunies
- Les Joyeux Jemappiens
- Les Pierrots
Les sociétés de gilles qui participent ou ont participé à la Cavalcade (plus de 500 gilles) par ordre d'ancienneté:
- La société royale des gilles de Jemappes (les « Cagniots »)
- La société royale des gilles commerçants (formé à l'origine par les commerçants de Jemappes exclusivement)
- Les cadets gilles de Jemappes (à l'origine, les enfants des Commerçants)
- Les Copains
- Les Bons-Vivants
- Les Paysans (créé dans les années 2000 et dissout en 2007)
- Les Marins (créé dans les années 1990)
- Les Chipies (société de femmes apparue pour la dernière fois en 2006)
- Les arlequins
[modifier] Les festivités
- 14h00 Soumonces générales des Gilles (la dernière) et Sociétés de Fantaisie en tenues travesties
- 21h30 cortège nocturne avec feux de Bengale
- 22h00 Rondeau et feu d'artifices
- 10h00 Rondeau
- 15h00 Grand cortège carnavalesque
- 16h00 Départ du cortège des gilles et des sociétés de fantaisie
- 17h00 Parade finale des chars, fanfares et chevaux
- 19h00 Parade des gilles
- 21h30 Cortège nocturne avec feux de Bengale
- 22h30 Rondeau final des sociétés locales et feu d'artifices de clôture
- Le mardi, le "raclot" ou "la dernière sortie"
- 10h00 Sortie des sociétés locales en tenue burlesque, musique et viole de Binche
- 22h00 Brûlage des bosses par les "Cagniots"
- 23h00 Brûlage du gille par les cadets
- 02h00 les gilles Commerçants finissent le carnaval en dansant les « pierrots »
[modifier] À propos de la Cavalcade
- Jemappes est le troisième carnaval de gilles après Binche et La Louvière[réf. nécessaire]
- Après une période sombre, la cavalcade a connu une bienfaitrice renaissance grâce à son 100e anniversaire, facilitant l'impulsion de la Ville de Mons et d'une équipe dynamique.
- C'est le Comité Carnavalcade qui a repris l'organisation des manifestations.
- Sous l'impulsion de l'UCI, union des commerçants et indépendants de Jemappes, la confrérie des Capitaines et Dames de Place (nouveauté qui reprend en fait une vieille tradition), anime l'après-midi du samedi de Pâques en se déplaçant dans toute la ville en musique et tirant des coups de canon. Il s'agit d'ailleurs du nom de la boisson qu'ils offrent à goûter. Ils sont habillés en tricorne et jaquette ou en cantinières, fidèles aux costumes de la « Bataille de Jemmapes ».
[modifier] Anecdotes
- Dans les Lettres de mon moulin, Alphonse Daudet, évoquant le moulin de Valmy, le nomme par erreur moulin de Jemmapes. Est-ce vraiment une erreur ? À Paris, les Quai de Jemmapes et Quai de Valmy se font face de part et d'autre du canal Saint Martin.
- Quelques scènes du film Le clan des Siciliens d'Henri Verneuil ont été tournées dans et devant l'immeuble du 64 quai de Jemmapes à Paris.
- Dans le film Les Anges gardiens de Jean-Marie Poiré, Gérard Depardieu et Christian Clavier doivent se rendre à Jemappes. Les scènes correspondantes seront toutefois filmées ailleur.
[modifier] Jumelage
Jemappes est jumelée avec la commune française de Briare, au bord de la Loire (région Centre). Point commun: les deux communes possèdent un "Pont-Canal". Le 50e anniversaire de ce jumelage s'est fêté cette année 2011.
[modifier] Enseignement
- Institut Notre Dame : Enseignement catholique primaire et maternel
- Institut Saint-Ferdinand : Enseignement catholique secondaire et primaire
- Athénée Royal de Jemappes : Enseignement communal
- Ecole fondamentale Robert André : Enseignement communal
- Ecole Notre-Dame : Enseignement catholique maternel
- Ecole de la Place de la Citadelle : Enseignement communal maternel
- Ecole Henri Pohl : Enseignement communal primaire et maternel
- IEPSCF Jemappes: Enseignement professionnel
- Ecole Félix Reghem : Enseignement maternel
[modifier] Personnalités liées à la commune
- Georges-Émile Lebacq, peintre
- Salvatore Adamo, chanteur
- Jean-Marie Buchet, cinéaste né en 1938
- Raoul Delgrange, premier président de la fédération nationale des patros, le patro jemappien étant aussi le premier patro belge.
- José Fontaine, journaliste et militant autonomiste wallon né en 1946
- René Sterne, auteur de bande dessinée né en 1952
- François Pirette (de son vrai nom Thierry Van Cauberg), humoriste né en 1963 (voir aussi Flénu).
[modifier] Galerie
-
L'église Saint-Martin avant l'incendie de 1914 restaurée en 1863 par Jules-Jacques Van Ysendijck.
-
La maison communale avant sa rénovation en 2009.
[modifier] Notes et références
- Das Apa-problem, Louvain 1955
- François de Beaurepaire, Les noms des communes et anciennes paroisses de l'Eure, éditions Picard 1981. p. 114 - 115.
- Pour ce genre de convergences toponymiques normanno-picardo-wallonnes, voir aussi Verviers.
- Tiré du livre La bataille de Jemappes par Raymond G.W.Mahieu
- Les photos de la cavalcade (plus de mille) sont disponibles sur le site de Jemappes, espace galeries.
[modifier] Liens externes
- société royale des gilles de Jemappes, historique, photos, histoire de Jemappes, sa cavalcade
- Jemappes et son histoire, le site des Jemappiens et des Jemappiennes, par Bernard Simon
- Carte des anciens départements français du Nord et de l'Est
- Site de l'Espace Public Numérique (EPN) de la bibliothèque principale de la ville de Mons
|
|||
|
Ciply · Cuesmes · Flénu · Ghlin · Harmignies · Harveng · Havré · Hyon · Jemappes · Maisières · Mesvin · Mons · Nimy · Nouvelles · Obourg · Saint-Denis · Saint-Symphorien · Spiennes · Villers-Saint-Ghislain |
|||
|
Voir aussi : Fusion de communes en Belgique · Communes de Belgique · Projet Belgique |
