Flash mob

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Une bataille d'oreillers sur Dundas Square, dans le centre de Toronto, lors d'une foule éclair.

Une foule éclair (de l'expression anglaise identique flash mob), ou encore mobilisation éclair[1], est le rassemblement d’un groupe de personnes dans un lieu public pour y effectuer des actions convenues d’avance, avant de se disperser rapidement. Le rassemblement étant généralement organisé au moyen d’Internet, les participants ne se connaissent pas pour la plupart. On distingue la flash mob d'un rassemblement organisé par des sociétés de relations publiques ou pour une « cascade publicitaire ».

Histoire[modifier | modifier le code]

Avant l’avènement d’Internet, plusieurs foules éclair spontanées avaient déjà eu lieu. Par exemple, lors de la visite du général de Gaulle au Québec en 1969 : entre Québec et Montréal le Général fut acclamé par la foule tout au long du trajet ; autre exemple, un train funèbre suivit l’assassinat de Robert Kennedy en 1968[pas clair]. Ces événements sont étalés dans le temps et dans l'espace : les participants ne se mobilisèrent pas tout à fait en même temps mais au passage du convoi ; ou encore en 1971, une foule éclair avec immobilisation de tous les participants, eut lieu en Hongrie, suite au printemps de Prague et au suicide par le feu de Jan Palach qui en a résulté.

Le phénomène des foules éclair réalisées grâce à Internet a commencé début 2003 aux États-Unis lorsque des personnes prirent connaissance par Internet d’événements organisés par une personne ou un groupe nommé le « Mob Project », et prévus à New York. La première flash mob, qui devait se dérouler dans un magasin, ne put avoir lieu car les forces de l’ordre qui avaient été averties du projet, avaient investi les lieux et effrayèrent les participants.

Pour le deuxième essai, le , les organisateurs évitèrent ce problème foule éclair en envoyant d'abord les participants dans des zones d'attente où ils devaient recevoir des instructions sur le lieu final et l’événement juste avant qu’il commence. Environ deux cents personnes convergèrent ainsi vers le neuvième étage d’un grand magasin, au rayon des tapis. Si un participant était approché par un vendeur il devait expliquer que les membres de ce groupe vivaient ensemble dans les environs de New York, qu’ils voulaient acheter un tapis et qu’ils prenaient toutes leurs décisions d’achat ensemble.

Une convergence rapide d’individus sans lien préalable, suivi d’une disparition tout aussi rapide est devenue la caractéristique de ce phénomène. Sur internet, des sites par ville permettent de s’inscrire pour recevoir des instructions et participer à la prochaine « mobilisation éclair ».

Les foules éclair se sont rapidement étendues à l’Asie, et à partir d’août 2003 à l'Europe, l'Amérique latine et l'Australie.

Le journal La Presse rapporte qu’à Montréal, le , une quarantaine de personnes se sont ainsi réunies entre 13 h 19 et 13 h 22 sur l’esplanade de la Place-des-Arts en criant « Coin ! Coin ! » et ont jeté dans le bassin plus de 200 canards en plastique jaune avant de se disperser subitement. Montréal a ainsi devancé Toronto et Vancouver, où des « rassemblements éclair » ont également eu lieu..

À Paris, le 28 août 2003, a eu lieu la première foule éclair française. Une centaine de personnes se sont retrouvées dans le hall du musée du Louvre, ont marché rapidement en parlant au téléphone. Elles se sont immobilisées soudainement, ont applaudi quelque chose en l’air puis se sont dispersées. Elle a été renouvelée un an plus tard : 300 personnes y ont participé. De nombreuses foules éclair ont eu lieu depuis dans la plupart des grandes villes françaises. Des foules éclair ont même été organisées pour contester le projet de loi DADVSI.

À Paris, entre 2008 et 2009, Charles Nouÿrit a organisé les premières foules éclair à partir du groupe Facebook « Freeze Paris », réunissant plusieurs milliers de participants.

Le premier grand flash mob de Belgique est organisé par la chaîne de télévision privée VTM le 23 mars 2009. Environ 200 danseurs investissent la Gare Centrale d'Anvers sur l'Air de la Mélodie du Bonheur (Sound of the Music).

En juin 2009, la mort de Michael Jackson donne lieu à des foules éclair dans la plupart des grandes villes du monde telles que Chicago, Paris, Stockholm, Montréal ou Taipei, où les participants se réunissent pour danser tous en même temps la chorégraphie de Beat It.

Le 8 septembre 2009, à l'occasion du spectacle d'ouverture du Oprah Winfrey Show, d'Oprah Winfrey, sur Michigan Avenue à Chicago, les Black Eyed Peas entament leur tube I Gotta Feeling. Au début et contre toute attente, s'agissant d'une chanson réputée entraînante, la foule reste de marbre, et seule une femme habillée en bleu à l'avant danse. Cependant, à mesure que la chanson avance, de plus en plus de personnes se mettent à danser la même chorégraphie, de proche en proche. Devant Oprah médusée, les 20 000 personnes présentes finissent ensemble la chanson avec la même chorégraphie[2],[3].

Le 13 mai 2010, au stade couvert de Liévin a eu lieu la plus grande foule éclair d’Europe avec 11 000 personnes, sur la musique de Thriller de Michael Jackson durant la rencontre enjoy dance party 5 organisée par la radio Contact.

Le 31 Juillet 2010 une reprise de la flashmob des black eyed peas à chicago rassemble plus de 2800 danseurs avec un public avoisinant les 10 000 personnes pendant les fêtes de Bayonne dans le Pays Basque Français. Elle est organisée par Philippe Bisbau, qui par la suite organisera d'autres manifestations de ce genre,qui connaitront de belles réussite.

Le 29 mai 2010, à l'occasion de l'Eurovision de la chanson, l'Europe a organisé une des plus grandes foules éclair au monde, en dansant sur le tube Glow de Madcon. Plusieurs pays y ont participé avec, d'abord, une action dans les rues de certaines villes européennes (dans l'ordre à l'écran : Alfaz del Pi en Espagne, Reykjavik en Islande, Ljubljana en Slovénie, Göteborg en Suède, Vilnius en Lituanie, Londres au Royaume-Uni, Düsseldorf en Allemagne, Dublin en Irlande) ; puis les participants s'invitent dans une famille de chaque pays du concours de l'Eurovision. À noter la participation de Son Altesse la princesse Mette-Marit Tjessem Høiby de Norvège et de ses deux enfants.

Du 21 au 29 juin 2010, quatre foules éclair sont organisées en Belgique par la chaîne de télévision RTBF pour son association CAP48. Le tout sera filmé et formera un clip vidéo.

Le 5 novembre 2012, l'animateur français Sébastien Cauet a organisé une immense foule éclair au Trocadéro à Paris réunissant environ 20 000 personnes à l'occasion de la présence du chanteur coréen Psy interprétant son titre Gangnam Style. Cette foule éclair est pour l'instant la plus grande que la France ait connue.

Différentes formes[modifier | modifier le code]

Mobilisation Gel, MobiGel ou en Anglais:Freeze Party[modifier | modifier le code]

Le terme anglais freeze party, littéralement Réunion Gel ou Réunion Blocage, ou plus rarement freeze mob (mobilisation gel) est parfois employé, à tort, en tant que synonyme de flash mob. Les Mobilisation Gel ne sont en fait qu’un type particulier de flash mob : il s’agit d’une foule éclair où tous les participants restent figés pendant un court laps de temps.

Les Mobilisation Gel ont été inventés par le collectif Improv Everywhere.

La première Gel en France a été organisée en mars 2008 et a réuni plus de 3 000 participants au Trocadéro. Le Gel est de loin la flash mob la plus pratiquée en France avec à ce jour plus de 200 réunions gel organisées sur l’ensemble du territoire.

En 2008 et 2009, l’A.O.S.E. (Association Organisation Soirées et Événements) a organisé à Lyon, grâce au groupe Facebook « Freeze Lyon », Gel : dans le centre commercial de la Part Dieu (200 participants), sur 250 m de la rue Victor Hugo (400), sur la place Saint Jean (300) et place de la République (300).

En décembre 2009, le collectif DIRTY EST, regroupant de jeunes Parisiens adeptes et passionnés d'art urbain, lance une variante originale de flash mob, le DIRTY-FREEZE. Ce rassemblement éclair consiste à se figer dans les couloirs des transports en commun en faisant semblant de faire des graffitis dans l’ensemble d’une station, et peut être le message d’un mécontentement qui fait appel à la non violence puisque aucune dégradation n’est produite. Depuis 2009, le collectif en organise une environ tous les 2 mois.

En 2010, la Belgique se lance elle aussi dans les flash mobs avec un premier Mobilisation Gel le 5 mars à la Gare centrale de Bruxelles : elle ne réunira alors que 40 participants. Le 3 avril, lors d'un rassemblement Pillow Fight, bataille de polochon, plus de 200 personnes répondront à l’appel.

En décembre 2010, le Maroc s'est lancé lui aussi dans le monde des flash mobs avec le premier « Freeze » à Tanger le 4 décembre à la place des nations, rassemblant 900 personnes. L'appel s'est fait via une page sur le site social Facebook.

En février 2012, une Freeze Mob a eu lieu sur le quai transversal de la Gare Montparnasse à Paris. Elle a duré 11 minutes en préambule d'une Flash Mob de danse (West Coast Swing). Elle a réuni 500 participants, dont 300 danseurs (http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=WFlraOiuVak).

Carrotmob[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Carrotmob.

Une Carrotmob est un type de mobilisation éclair où des consommateurs viennent dépenser leur argent dans une entreprise particulière. Avec le chiffre d'affaires supplémentaire engendré, l'entreprise modifie son fonctionnement dans un but d'être davantage respectueuse de l'environnement.

La métroteuf[modifier | modifier le code]

Article détaillé : SubParty.

Une métroteuf ou en anglais « subparty » (un mot-valise construit à partir de métro et teuf (fête en langage verlan), qui signifie : faire la fête dans le métro) est un type de foule éclair au cours duquel les participants investissent une rame de métro pour y faire la fête le temps d'un aller-retour sur la ligne. Relativement peu connu, ce concept qui a vu le jour au milieu des années 2000 existe pourtant dans plusieurs pays et n'a cessé de prendre de l'ampleur, notamment à Paris où se sont déjà déroulées plus de 25 éditions.

Mobisou ou en anglais « kissmob »[modifier | modifier le code]

Chaîne de personnes se faisant une bise sur la joue[réf. nécessaire].

Marche mort-vivante ou en anglais « Zombie Day »[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Zombie day.

Bataille de polochons[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bataille de polochons.

Foules commerciales et/ou à but publicitaire[modifier | modifier le code]

Une centaine de danseurs de l'AZF se rassemblent dans le magasin de sport Décathlon de Bailleul, dans le Nord, une première en France selon le journal local L'Indicateur du 14 juillet 2010. Suite au buzz que la vidéo a engendré, cette flash mob donnera envie aux différents centres commerciaux d'en réaliser. En effet, en l'espace de six mois, près de cent flash mobs, en France mais aussi à l'étranger, sont réalisées selon le même principe. D'après La Voix du Nord, autre journal local, les responsables marketing y voient une nouvelle forme de communication.

Le 17 mars 2011, une flash mob d’un nouveau genre est organisé par Vittel en direct depuis Bruxelles et Anvers pour le lancement de leur nouvelle campagne Move by Vittel.

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]