Flèches d'Argent

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Page d'aide sur l'homonymie Ne pas confondre avec le service de la Flèche d'argent de la SNCF.
Une Mercedes-Benz W25 de 1934
Une Mercedes-Benz W125 de 1937
Auto Union et Mercedes de Grand Prix de 1937
Fichier audio
Mercedes-Benz W154 (info)
Le bruit mécanique d'une Mercedes-Benz W154 enregistré au Festival of Speed de Goodwood en 2009.

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Le terme de Flèches d'Argent (Silberpfeil en allemand) désigne les Mercedes-Benz et Auto Union ayant dominé les Grands Prix entre 1934 et 1939. Le nom, initialement donné par la presse allemande avant-guerre, a également été utilisé après-guerre pour désigner les Mercedes-Benz en Formule 1 et en Championnat du monde des voitures de sport, en 1954 et 1955, et l'est encore de nos jours, depuis le retour de Mercedes en tant que constructeur en Formule 1 en 2010.

Histoire[modifier | modifier le code]

Plusieurs décennies avant l'introduction des livrées aux couleurs des sponsors dans le sport automobile, chaque pays avait ses couleurs attitrées en course. L'Italie se sert du Rosso corsa, le Royaume-Uni du Bristish racing green, la France du Bleu de France etc.

Les voitures allemandes, telles que la Blitzen Benz de 1909, sont blanches. Les trois Mercedes remportant le Grand Prix de l'ACF 1914 le sont. Cependant, on relève que les Mercedes de l'italien Giulio Masetti et de l'allemand Christian Werner qui remportent les éditions 1922 et 1924 de la Targa Florio sont peintes en rouge, soit, la couleur des pilotes locaux. La Mercedes-Benz SSK avec laquelle Rudolf Caracciola remporte les Mille Miglia en 1931 est, elle, peinte dans une livrée « blanc éléphant ».

Une histoire assez répandue laisse à penser que la création des Flèches d'Argent est accidentelle. L'Association Internationale des Automobile Clubs Reconnus imposait en 1934, un poids maximal de 750 kg (hors essence et pneumatiques). Pour l'Eifelrennen 1934, les voitures passent à la pesée et celle de Manfred von Brauchitsch est mesurée à 751 kg. Il reçoit l'ordre d'Alfred Neubauer de poncer la peinture blanche de la carrosserie, laissant apparaître la carrosserie gris aluminium de celles qui vont devenir les Flèches d'Argent. Toutefois, Neubauer et Von Brauchitsch (qui publiera plus tard ses mémoires : Männer, Frauen und Motoren) démentent la théorie selon laquelle la « création » des Flèches d'Argent est accidentelle, insistant sur le fait que cette idée était volontaire.

Von Brauchitsch remporte l'épreuve et, le lendemain, la monoplace est exposée gagnant le surnom de « Flèche d'Argent ». Toutefois, cette histoire n'apparaît pas dans sa biographie d'Alfred Neubauer publiée en 1958 et aucune source contemporaine ne vient confirmer cette histoire. Il a cependant été établi que Manfred von Brauchitsch a piloté une Mercedes-Benz SSKL sur l'Avus en 1932 que la radio locale couvrant l'épreuve désignait sous le nom de « Flèche d'Argent ». En 1934 Mercedes-Benz et Auto Union s'engagent à l'Avusrennen, les Mercedes ne prennent pas le départ et les Auto Union ne l'emportent pas. La course majeure suivante, l'Eifelrennen aurait dû se disputer selon les règles de la nouvelle formule 750 kg, mais comme trop peu de participants n'avaient pu conformer leurs voitures aux règles, l'épreuve est disputée selon les règles de la Formule libre et aucune limite de poids n'était fixée[1],[2],[3].

En 1937, Mercedes-Benz fabrique le moteur suralimenté type M125 de 646 ch (475 kW) des W125. Il faudra attendre le début des années 1980 pour rencontrer des voitures plus puissantes avec les moteurs turbocompressés en Formule 1. Les Flèches d'Argent : Mercedes-Benz et Auto Union sont capables d'atteindre des vitesses de l'ordre de 300 km/h (186 mi/h). En 1937 les voitures de record atteignent alors 400 km/h (249 mi/h).

La domination des Flèches d'Argent en Grand Prix est telle qu'elle en devient légendaire. Elles l'emportent dès leur première course. À l'exception notable du Grand Prix d'Allemagne 1935 remporté par Tazio Nuvolari sur une Alfa Romeo, les Flèches d'Argent remportent toutes les courses du championnat d'Europe des pilotes jusqu'à l'apparition de la Seconde Guerre mondiale. Les pilotes Mercedes et Auto Union : Rudolf Caracciola, Bernd Rosemeyer ou encore Hermann Lang ont été presque immédiatement associés à cette période de la compétition.

Mercedes-Benz rafle trois titres en 1935, 1937 et 1938 grâce à Caracciola et Auto Union un titre grâce à Rosemeyer en 1936 et aurait pu prétendre au titre de 1939 qu'aurait acquis Hermann Paul Müller si la guerre n'avait pas eu lieu.

Postérité[modifier | modifier le code]

En 1952, Mercedes-Benz retourne à la compétition avec les W194 "300 SL" qui remportent les 24 Heures du Mans 1952. Puis, en 1954 et 1955, Mercedes rafle deux championnats du monde des pilotes en Formule 1 avec Juan Manuel Fangio sur la W196. Enfin, Mercedes dérive la 300 SLR qui remportera plusieurs victoires en Championnat du monde des voitures de sport jusqu'à l'accident de Pierre Levegh aux 24 Heures du Mans 1955 où 84 spectateurs périssent. À cette date, Mercedes se retire de toute compétition pour près de trois décennies. Toutefois, il n'en a pas fallu plus pour associer les W194, W196 et 300 SLR aux Flèches d'Argent d'avant-guerre.

En 1956, Porsche aligne à la Targa Florio une 550A. Fritz Huschke von Hanstein, le directeur sportif de la petite équipe choisit pour pilote Umberto Maglioli, le vainqueur de l'édition 1953 sur Lancia D20. Pour éviter de rappeler les Mercedes et Auto Union d'avant-guerre, la voiture est peinte au pinceau en blanc et un drapeau italien est peint en l'honneur de Maglioli sur le capot. Porsche l'emporte et, si la voiture avait été peinte en couleur argent, il est fort probable que Porsche (dont c'était la première victoire majeure de portée internationale) aurait été associée aux Flèches d'Argent[4].

Une Porsche 908 argentée engagée par Martini Racing.

Mercedes est depuis revenu en compétition en produisant les moteurs qui équipent les Sauber engagées en DTM dans les années 1980.

Certaines compagnies automobiles allemandes proposent la nuance Silver Arrow Grey ou Silberpfeil-Grau. Mercedes et Auto Union ne sont pas les seules firmes à avoir arboré les couleurs des Flèches d'Argent, Audi, Porsche et BMW l'ont fait. Aux 24 Heures du Mans 1999, sept voitures arborant les couleurs des Flèches d'Argent se sont engagées dans l'épreuve mancelle : trois Mercedes-Benz CLR, deux Audi R8C et deux Audi R8R (qui se sont classées troisième et quatrième).

En 2010, Mercedes GP rachète l'écurie Brawn GP, vainqueur la saison précédente, pour leur première année en tant que constructeur à part entière en championnat de Formule 1 depuis 1955, signant le retour des Flèches d'Argent en Grand Prix. Ross Brawn y dirige les allemands Nico Rosberg et le septuple champion du monde Michael Schumacher, puis, après la retraite de ce dernier, le champion du monde 2008 Lewis Hamilton.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « VIII ADAC EIFELRENNEN », Leif Snellman, Kolumbus.fi
  2. (en) « Mercedes-Benz Silver Arrow Racecar », Mercedesbenzreview.com
  3. (de) « Falsche Silberpfeil-Legende? », Eberhard Reuß, Gary Siemund, SWR.De
  4. André Pibarot, « Targa Florio 1956 : Porsche, première ! », Rétro Viseur, Fontainebleau, SARL RETRO-VISEUR, no 120,‎ août 1998, p. 52-57

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Chris Nixon, Racing the Silver Arrows: Mercedes-Benz versus Auto Union 1934-1939, Londres, Osprey (1re éd. 1986), p. 30-37, 164-168

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]