Lacet (chaussure)

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Lacet noir
Noeud classique des lacets d'une chaussure

Un lacet de chaussure est une bande pouvant être faite avec différents tissus, dont la fonction est de maintenir la chaussure sur le pied. Le laçage peut être utilisé pour d'autres accessoires, vêtements ou sous-vêtements. Une fois en place, le lacet de chaussure parcourt cette chaussure de haut en bas, en zigzag ou à l'horizontal, en passant dans tous les trous prévus à cet effet.

Des lacets peuvent être utilisés sur divers types de chaussures : chaussures de ville, patins de hockey, chaussures de football, de basket-ball ou encore de rugby.

Fonction[modifier | modifier le code]

Trois lacets avec trois aglets différents : en cuivre, en plastique, et en laiton

Les lacets, et le laçage, sont un moyen d'adapter un soulier, ou un vêtement (des gants, ou un corset par exemple, même si l'usage de ce sous-vêtement est devenu plus rare) à la morphologie d'une personne et d'assurer une fixation, un maintien[1],[2].

Description[modifier | modifier le code]

À chaque extrémité du lacet ( aglet ) se trouvent des embouts en matière plastique ou en métal qui compriment le tissu et évitent son effilochage. En outre, ils permettent de glisser plus aisément le lacet dans les œillets de la chaussure. En effet, dans le cas où la chaussure est prévue pour accueillir un lacet, celle-ci est composée d'une languette au-dessus de laquelle se trouve un espace où sera installé le lacet. Techniquement, de part et d'autre de cet espace, sont placés de façon symétrique des petits trous (appelés « œillets ») dans la chaussure, dans lesquels seront passés les lacets (du latin laceum).

Histoire[modifier | modifier le code]

Le besoin de fixer et de maintenir une sandale, une semelle, une chaussure au pied par des cordelettes ou des bandelettes de cuir ou de tissus existe depuis que l'homme cherche à protéger ses pieds du sol et du froid. Le 19 septembre 1991, sur le glacier situé en Italie dans la province du Sud tyrol, deux randonneurs ont découvert un corps humain dans un état de conservation exceptionnel, dans la glace à plus de 3 200 m. Nommé Ötzi, il a vécu à l’âge de bronze, entre 3350 et 3100 avant J.-C. Il est équipé de chaussures en peau de cerf avec des semelles en cuir d'ours, et une empeigne en cuir, et de lacets fait avec des ficelles d’écorce. À l'intérieur, une couche de foin sert de doublure et d'isolant thermique[3].

Une chaussure néolithique trouvée durant l’été 2000, suite à des travaux routiers du canton de Zoug, en Suisse, présente des similitudes avec la chaussure de Ötzi, dont l’empreinte d’une lanière passant sur la face inférieure de la semelle[4]. De même, une autre chaussure néolithique trouvée à Saint-Blaise était maintenue sur le pied à l'aide de cordelettes[5]. Ultérieurement,les Étrusques utilisaient des chaussures à hautes lacées, reprises par les Romains[6].

L'usage de chaussures à lacets est également attesté à l'époque mérovingienne puis carolingienne[7]. En France, sous Louis IX, le livre des métiers du prévôt de Paris Étienne Boileau cite parmi les métiers d'artisans les laceurs de fil et de soie[8]. Le musée de Londres présente des exemples de chaussures médiévales des XIIe siècle au XVe siècle, dotées de lacets maintenus par une série de crochets ou d’œillets[9]. Les aglets en bout de lacet sont introduits en fin du XVIIIe siècle[3]. Au XVIIIe siècle toujours, des métiers à lacets sont progressivement mis au point[10], faisant rentrer la fabrication des lacets dans un modèle proto-industriel. Le 7 février 1784, des lettres patentes sont ainsi accordées en France à un dénommé Perrault pour un métier en bois construit en s'inspirant d'un modèle allemand en fer[note 1][11].

C'est un autre Français, Charles-François Richard, également connu sous le nom de Richard-Chambovet qui fait rentrer cette fabrication sous un mode réellement industriel. Il innove en employant une machine à vapeur comme force motrice de ces métiers à lacets.« L’industrie du lacet ne se développa que sous l’Empire, à Saint-Chamond, qui devait en acquérir presque le monopole[11] ». Son rayonnement est exemplaire, les manufacturiers stéphanois établissant des réseaux pour commercialiser leurs produits au delà du cadre national[12].

Installation du lacet[modifier | modifier le code]

Lacet sur chaussure

La pratique la plus courante consiste à glisser le lacet dans les trous de la chaussure de bas en haut, selon un modèle en zigzag ou bien horizontal.

Étapes d’installation pour le modèle zigzag[modifier | modifier le code]

  1. Passer le lacet dans les deux trous les plus bas de la chaussure.
  2. Prendre les deux embouts et égaliser la longueur de chaque côté des trous.
  3. Passer alternativement (une fois le côté gauche, une fois le côté droit) le lacet dans le trou immédiatement supérieur et situé sur le côté opposé.
  4. Monter jusqu’au dernier trou et laisser les lacets pendre.

Étapes d’installation pour le modèle horizontal[modifier | modifier le code]

  1. Passer le lacet dans les trous les plus bas de la chaussure.
  2. Prendre les deux embouts et laisser environ 4/5e du lacet à droite.
  3. Prendre l'embout gauche du lacet et le glisser directement dans le trou le plus haut à droite.
  4. Prendre l'embout droit, l’installer (du dessous vers le dessus) dans le trou gauche puis aller le passer dans le trou de même niveau se trouvant en face.
  5. Faire ainsi de suite jusqu’à arriver au trou gauche le plus haut.

Parfois, il existe un endroit sur la languette (dont le but est de garder la languette le long du lacet et d'éviter qu’elle n’aille dans le fond de la chaussure) où il faut passer un des côtés (droit ou gauche) du lacet.

Types de lacets[modifier | modifier le code]

Il existe quatre principaux types de lacets :

  • Les ronds cirés sont des lacets de faible diamètre et donc très fins. Généralement fabriqués en coton ils sont revêtus d'une pellicule de résine les rendant ainsi plus solides avec un aspect brillant. C'est un type de lacets idéal pour des chaussures de ville en cuir ou en daim par exemple.
  • Les lacets ronds fins sont des lacets dont le diamètre est très petit et qui seront parfaitement adaptés aux chaussures de villes ou en bottes à lacets.
  • Les lacets plats existent en différentes largeurs et seront particulièrement bien adaptés pour lacer des chaussures de sport, des baskets, des chaussures de skateboard.
  • Les cordelets sont les lacets les plus répandus. Bien souvent en coton tressé et de diamètre moyen, ces lacets peuvent être utilisés sur un grand nombre de chaussures dont notamment toutes les chaussures de ville en toile.

Solutions de rechange[modifier | modifier le code]

L’industrie propose actuellement d’autres façons de serrer les chaussures. Deux principales techniques sont présentes sur le marché : le velcro et les disques.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le métier de Perrault reste visible au Conservatoire des arts et métiers

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Classement par date de parution.

  • Denis Diderot (dir.), Jean D'Alembert (dir.) et Pierre Daubenton, Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, t. 9, Chez Briasson,‎ 1751 (lire en ligne), « Lacet », p. 161-165.
  • Étienne Boileau et Georges-Bernard Depping, Règlemens sur les arts et métiers de Paris rédigés au XIIIe siècle et connus sous le nom du Livre des métiers d'Etienne Boileau, t. 9, Imprimerie Crapelet,‎ 1837 (lire en ligne), « XXXIV Des laceurs de fil et de soie ».
  • Friedrich Hottenroth, Le Costume, les armes, les bijoux, la céramique, les ustensiles, outils, objets mobiliers, etc., etc. chez des peuples anciens et modernes, vol. 2, A. Guérinet,‎ 1935 (lire en ligne).
  • Jacques Cellard, « Une querelle de lacets », Le Monde,‎ 20 août 1973 (lire en ligne).
  • Charles Ballot (préf. Henri Hauser), L’introduction du machinisme dans l’industrie française : publié d'après les notes et manuscrits de l'auteur par Claude Gérel, Genève, Slatkine reprints,‎ 1978, chap. V, (« Machinisme appliqué au tissage »), p. 260.
  • United Press International, « De l'utilité des lacets », Le Monde,‎ 19 mai 1980 (lire en ligne).
  • Cédric Ryan, « Indépassable lacet », Le Monde,‎ 21 juin 1998 (lire en ligne).
  • (en) Francis Grew et Margrethe de Neergaard, Shoes and Pattens, Boydell & Brewer,‎ 2001 (lire en ligne), p. 161-165.
  • (de) Stefan Hochuli, « Teil eines neolithischen Schuhs aus Zug. Mit einem Beitrag von Anne Reichert Weich und warm auf Moossohlen. Experimente zur «Rheumasohle» von Zug = Part of a Neolithic Shoe from Zug. With a Contribution of Anne Reichert. Soft and Warm on Moss Sole. Experiment for the «Rheuma Sole» from Zug », Jahrbuch der Schweizerischen Gesellschaft für Ur- und Frühgeschichte, vol. 85,‎ 2002, p. 45-54.
  • Luc Rojas, L’industrie stéphanoise : de l’espionnage industriel à la veille technologique, Éditions L'Harmattan, coll. « L'esprit économique. Série Économie et innovation »,‎ 2009.
  • Marc Beaugé, « Est-ce bien raisonnable...de porter des lacets de couleurs vives ? », Le Monde,‎ 26 novembre 2011 (lire en ligne).

Sources sur le web[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]