Paralogisme

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Inférence
Les types de raisonnement rigoureux
Déductif (analytique)
Inductif (synthétique)
Abductif
  • Aucun
Les types de raisonnement non-rigoureux
Déductif
  • Aucun
Inductif
Abductif
  • Abduction
Logique floue, modale, probabiliste, temporelle
  • Modalisation (possible, nécessaire), probabilités, temps
Les types de raisonnement faux
Paralogisme (Biais cognitif)
Sophisme (mensonge)
Source : projetconnaissance.free.fr

Un paralogisme est un raisonnement faux qui apparaît comme rigoureux et où le locuteur est de bonne foi, contrairement au sophisme pour lequel il y a une volonté de tromper. Le paralogisme est un antonyme de syllogisme.

Dans la Critique de la raison pure, Kant a identifié les paralogismes comme étant des illusions de la raison.

On peut distinguer deux types de paralogismes : les paralogismes formels et les paralogismes informels[1].

Sommaire

Paralogismes formels [modifier]

Un syllogisme peut se résumer de la manière suivante :

  1. on a une loi générale (première prémisse) : « si l'énoncé A est vrai, alors l'énonce B l'est aussi », que l'on peut encore écrire « A implique B » ou bien en écriture mathématique « AB » ;
  2. on a un cas particulier (deuxième prémisse) : « l'énoncé C est de type A », ou encore « A est vérifié lorsque je dis C », c'est-à-dire que « C implique A » ou en écriture mathématique « CA » ;
  3. on en déduit (conclusion) que « B est donc vrai dans le cas de C », « C implique B », « CB ».

En logique formelle, il s'agit simplement de la transitivité de la relation d'implication :

si CA et AB, alors CB (conclusion).

(On a ici inversé l'ordre de la 1re et de la 2e prémisse.) Un paralogisme formel est donc un paralogisme qui rompt avec la logique formelle.

Considérons un syllogisme célèbre :

  1. Tous les hommes sont mortels. (Première prémisse, A = « homme », B = « mortel ».)
  2. Socrate est un homme. (Deuxième prémisse, C = « Socrate ».)
  3. Donc Socrate est mortel. (Conclusion.)

On peut former les paralogismes formels suivants :

Affirmation du conséquent
  1. Tous les hommes sont mortels. (AB)
  2. Un âne est mortel. (CB)
  3. Donc un âne est un homme. (CA)
La deuxième prémisse est vraie, mais on ne peut pas en tirer la conclusion (il aurait fallu "Tous les mortels sont des hommes" soitBA et non pas AB).
Négation de l'antécédent
  1. Tous les hommes sont mortels. (AB)
  2. Un âne n'est pas un homme. (C ⇒ non A)
  3. Donc un âne est immortel. (C ⇒ non B)
Ici encore, la deuxième prémisse est vraie, mais on ne peut pas en tirer la conclusion. On ne peut tirer une conclusion que de la négation du conséquent, raisonnement dit par contraposition (ou modus tollens) : seul le raisonnement « si AB, alors non B ⇒ non A » est correct. Voici un exemple de contraposition correcte :
  1. Tous les hommes sont mortels. (AB)
  2. Un caillou n'est pas mortel. (C ⇒ non B)
  3. Donc un caillou n'est pas un homme. (C ⇒ non A)
Incohérence
l'argumentation contient une contradiction. Cela signifie nécessairement qu'une erreur a été commise, reste à savoir laquelle… Par exemple :
  1. Je ne suis pas dans le même wagon que Albert.
  2. Albert n'est pas dans le même wagon que Bernard.
  3. Donc je ne suis pas dans le même wagon que Bernard.
Ici, on n'utilise pas une implication, la relation « n'est pas dans le même wagon que » n'est pas transitive et ne peut être substituée à l'implication.

John Stuart Mill montre par ailleurs dans A System of Logic que le syllogisme classique est lui-même un paralogisme : aucune vérité particulière ne peut être inférée de principe généraux puisque c'est au contraire l'ensemble des premières qui doivent être démontrées pour garantir la validité des seconds[2].

Paralogismes informels [modifier]

Les paralogismes informels sont des paralogismes faisant intervenir non pas une erreur de raisonnement formel, mais une propriété du langage (polysémie par exemple), la manière dont on invoque un fait (analogie, métaphore, métonymie, …).

Ci-dessous une liste non exhaustive de paralogismes informels (pour partie tiré de Baillargeon op. cité)

La distinction entre paralogisme et raisonnement légitime est parfois difficile à faire :

  • dans le cadre d'un procès, on s'intéressera au témoin, à sa capacité de perception de mémorisation, à son état (était-il fatigué ? sous l'emprise d'un médicament, de l'alcool, d'une drogue ? a-t-il une bonne vue, une bonne ouïe ?…), sans que cela soit un argumentum ad hominem ;

Autre acception [modifier]

Le paralogisme peut aussi être défini par une capacité à agir parallèlement à la logique, nécessitant une manifestation de raisonnement logique, mais tout de moins sans être une conclusion logique pour autant. Ce qui aurait été une conclusion due à une cause logique. Le paralogisme est donc une capacité de réflexion hors des limites de la logique, aussi défini par « parallèle à la logique ». Exemple : « choisir un chemin au hasard ».

Voir aussi [modifier]

Notes [modifier]

  1. N. Baillargeon, Petit cours d'autodéfense intellectuelle, éd. Lux (Québec), 2005, p. 52–86
  2. « the proposition, Socrates is mortal, is presupposed in the more general assumption, All men are mortal : that we cannot be assured of the mortality of all men, unless we are already certain of the mortality of every individual man: that if it be still doubtful whether Socrates, or any other individual we choose to name, be mortal or not, the same degree of uncertainty must hang over the assertion, All men are mortal : that the general principle, instead of being given as evidence of the particular case, cannot itself be taken for true without exception, until every shadow of doubt which could affect any case comprised with it, is dispelled by evidence aliundè; and then what remains for the syllogism to prove? That, in short, no reasoning from generals to particulars can, as such, prove any thing », John Stuart Mill, A System of Logic (1843).