Paralogisme

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Un paralogisme est un raisonnement faux qui apparaît comme rigoureux, mais où le locuteur est de bonne foi, contrairement au sophisme pour lequel il y a une volonté de tromper. Le paralogisme est un antonyme de syllogisme.

Dans la Critique de la raison pure, Kant a identifié les paralogismes comme étant des illusions de la raison.

On peut distinguer deux types de paralogismes : les paralogismes formels et les paralogismes informels[1].

Sommaire

[modifier] Paralogismes formels

Un syllogisme peut se résumer de la manière suivante :

  1. on a une loi générale (première prémisse) : « si l'énoncé A est vrai, alors l'énonce B l'est aussi », que l'on peut encore écrire « A implique B » ou bien en écriture mathématique « AB » ;
  2. on a un cas particulier (deuxième prémisse) : « l'énoncé C est de type A », ou encore « A est vérifié lorsque je dis C », c'est-à-dire que « C implique A » ou en écriture mathématique « CA » ;
  3. on en déduit (conclusion) que « B est donc vrai dans la cas de C », « C implique B », « CB ».

En logique formelle, il s'agit simplement de la transitivité de la relation d'implication :

si CA et AB, alors CB (conclusion).

(On a ici inversé l'ordre de la 1re et de la 2e prémisse.) Un paralogisme formel est donc un paralogisme qui rompt avec la logique formelle.

Considérons un syllogisme célèbre :

  1. Tous les hommes sont mortels. (Première prémisse, A = « homme », B = « mortel ».)
  2. Socrate est un homme. (Deuxième prémisse, C = « Socrate ».)
  3. Donc Socrate est mortel. (Conclusion.)

On peut former les paralogismes formels suivants :

Affirmation du conséquent
  1. Tous les hommes sont mortels. (AB)
  2. Un âne est mortel. (CB)
  3. Donc un âne est un homme. (CA)
La deuxième prémisse est vraie, mais on ne peut pas en tirer la conclusion (il aurait fallu CA et non pas CB).
Négation de l'antécédent
  1. Tous les hommes sont mortels. (AB)
  2. Un âne n'est pas un homme. (C ⇒ non A)
  3. Donc un âne est immortel. (C ⇒ non B)
Ici encore, la deuxième prémisse est vraie, mais on ne peut pas en tirer la conclusion. On ne peut tirer une conclusion que de la négation du conséquent, raisonnement dit par contraposition (ou modus tollens) : seul le raisonnement « si AB, alors non B ⇒ non A » est correct. Voici un exemple de contraposition correcte :
  1. Tous les hommes sont mortels. (AB)
  2. Un caillou n'est pas mortel. (C ⇒ non B)
  3. Donc un caillou n'est pas un homme. (C ⇒ non A)
Incohérence
l'argumentation contient une contradiction. Cela signifie nécessairement qu'une erreur a été commise, reste à savoir laquelle… Par exemple :
  1. Je ne suis pas dans le même wagon que Albert.
  2. Albert n'est pas dans le même wagon que Bernard.
  3. Donc je ne suis pas dans le même wagon que Bernard.
Ici, on n'utilise pas une implication, la relation « n'est pas dans le même wagon que » n'est pas transitive et ne peut être substituée à l'implication.

[modifier] Paralogismes informels

Les paralogismes informels sont des paralogismes faisant intervenir non pas une erreur de raisonnement formel, mais une propriété du langage (polysémie par exemple), la manière dont on invoque un fait (analogie, métaphore, métonymie, …).

Prenons par exemple un paralogisme célèbre :

  1. Tout ce qui est rare est cher.
  2. Or un cheval bon marché est rare.
  3. Donc un cheval bon marché est cher.

Ici, la première prémisse semble vraie, mais elle est incomplète : ce qui fait la valeur d'une chose, c'est sa rareté et son utilité. Par exemple, les voitures ne sont pas rares, mais elles sont onéreuses en raison de leur utilité. Une chose rare mais inutile n'a aucune raison d'être chère. On a ici omis, volontairement ou involontairement, un fait important dans une prémisse (mensonge par omission).

Baillargeon (op. cit.) énonce plusieurs type de paralogismes informels :

La distinction entre paralogisme et raisonnement légitime est parfois difficile à faire :

  • dans le cadre d'un procès, on s'intéressera au témoin, à sa capacité de perception de mémorisation, à son état (était-il fatigué ? sous l'emprise d'un médicament, de l'alcool, d'une drogue ? a-t-il une bonne vue, une bonne ouïe ?…), sans que cela soit un argumentum ad hominem ;
  • le principe de précaution est un paralogisme de la pente glissante, mais que l'on accepte.

[modifier] Autre acception

Le paralogisme peut aussi être défini par une capacité à agir parallèlement à la logique, nécessitant une manifestation de raisonnement logique, mais tout de moins sans être une conclusion logique pour autant. Ce qui aurait été une conclusion due à une cause logique. Le paralogisme est donc une capacité de réflexion hors des limites de la logique, aussi défini par « parallèle à la logique ». Exemple : « choisir un chemin au hasard ».

[modifier] Notes

  1. N. Baillargeon, Petit cours d'autodéfense intellectuelle, éd. Lux (Québec), 2005, p. 52–86
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