Effet Dunning-Kruger

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Personnage d'une carte postale de 1910 qui a inspiré (entre autres sources) celui d'Alfred E. Neuman, la mascotte du magazine Mad.

L’effet Dunning-Kruger est un biais cognitif selon lequel les moins compétents dans un domaine surestiment leur compétence alors que les plus compétents auraient tendance à sous-estimer leur niveau de compétence.

Ce phénomène a été démontré au travers d'une série d'expériences dirigées par David Dunning et Justin Kruger. Leurs résultats furent publiés en décembre 1999[1] dans la revue Journal of Personality and Social Psychology.

Dunning et Kruger ont noté que plusieurs études antérieures tendaient à suggérer que dans des compétences aussi diverses que la compréhension de texte, la conduite d'un véhicule, les échecs ou le tennis, « l'ignorance engendre plus fréquemment la confiance en soi que ne le fait la connaissance » (pour reprendre l'expression de Charles Darwin).

Leur hypothèse fut qu'en observant une compétence présente en chacun à des degrés divers,

  1. la personne incompétente tend à surestimer son niveau de compétence,
  2. la personne incompétente ne parvient pas à reconnaître la compétence de ceux qui la possèdent véritablement,
  3. la personne incompétente ne parvient pas à se rendre compte de son degré d'incompétence,
  4. si un entraînement de ces personnes mène à une amélioration significative de leur compétence, elles pourront alors reconnaître et accepter leurs lacunes antérieures.

Ces hypothèses ont été testées sur de jeunes étudiants en psychologie de l'université Cornell au travers d'auto-évaluations dans les domaines de la logique et du raisonnement, en grammaire et en humour.

Une fois les tests complétés et les réponses révélées, on demanda aux sujets d'estimer leurs rangs par rapport au nombre total de participants. Il en résulta une estimation correcte de la part des plus compétents et une surévaluation de la part des moins compétents.

Comme le notèrent Dunning et Kruger,

« Au travers de quatre études, les auteurs ont découvert que les participants situés dans le dernier quartile pour les tests d'humour, de grammaire et de logique ont largement surestimé leurs performances. Alors que les scores les placent dans le 12e centile, ils ont estimé faire partie du 62e. »

En parallèle, les sujets bénéficiant de véritables compétences ont eu tendance à sous-estimer celles-ci.

Néanmoins, les études sur l'effet Dunning-Kruger ont surtout été réalisées sur des Occidentaux. Une étude sur des sujets est-asiatiques suggère que dans ce cas un effet inverse (sous-estimation de sa propre valeur, et motivation pour s'améliorer) pourrait être à l’œuvre[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Justin Kruger et David Dunning, « Unskilled and Unaware of It: How Difficulties in Recognizing One's Own Incompetence Lead to Inflated Self-Assessments », Journal of Personality and Social Psychology, vol. 77, no 6,‎ 1999, p. 1121–34 (PMID 10626367, lire en ligne)
  2. Tori DeAngelis, « Why we overestimate our competence », Monitor on Psychology, American Psychological Association, vol. 34, no 2,‎ feb 2003, p. 60 (lire en ligne)