Tsimtsoum

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Le tsimtsoum (de l'hébreu צמצום, contraction) est un concept de la Kabbale. Il traite d'un processus précédant la création du monde selon la tradition juive. Ce concept dérive des enseignements de Isaac Louria, le Ari zal (Safed, XVIe siècle), et peut se résumer comme étant le phénomène de contraction de Dieu dans le but de permettre l'existence d'une réalité extérieure à lui.

Le processus[modifier | modifier le code]

Avant la création des mondes, Dieu emplissait tout l'espace. Quand Dieu voulut créer les mondes, Il retira sa lumière et dans ce « vide » formé, dans cet espace, de Dieu émana un rayon de Lumière. Cette Lumière subit de nombreux Tstitsoumim (restrictions) ; chaque Tsimtsoum est une diminution graduelle de la lumière divine et une adaptation à la capacité de réception des êtres créés. Le Tsimtsoum est la « dissimulation » de la force vitale, cette dissimulation constitue le Keli c’est-à-dire le récipient (contenant) et la force vitale qui traverse le contenant est appelée « Lumière ». L'ensemble du keli (au pluriel kelim) et de la Lumière constitue les Sephiroth. Les kelim limitent la Lumière divine ; mais en même temps la révèlent.

Chaque monde a sa capacité propre de réception et de dévoilement de cette lumière. De la lumière originelle (or qadoum) — qui emplissait de manière égale et sans différence de degré avant le tsimtsoum — jaillit une lumière émanée (or néetsal) dans le vide laissé par le tsimtsoum. Cette lumière émanée constitue le olam ha-Atziluth, le monde de l’Émanation ou du Divin et d'autre part, la création engendra l'olam haBeryah ou monde de la Création, l'olam haYetzirah ou monde de la Formation et le olam haAssya ou monde de l'Action. Ce schéma se retrouve dans la Kabbale de Safed mais aussi chez Moché Haïm Luzzatto ou Moïse Cordovero dans son Pardes Rimonim (chap. 16).

Reshimou[modifier | modifier le code]

Lors de la Création du monde Dieu a, en quelque sorte, restreint sa lumière, c'est le Tsimtsoum, et dans le vide formé par ce retrait, il laissa un Reshimou, une « empreinte », une rémanence (le vide n'est pas vide) ; ce reshimou est la trace de Lumière restante.

Dans un second temps, Dieu envoie dans ce réceptacle (reshimou) un fil de lumière, un Kav, qui dans son développement va constituer dix cercles. Cette étape de la Création est appelée Igoulim (cercles). Ces cercles sont concentriques, comme des pelures d'oignons. Cette Lumière émanée contient l'ensemble des Sephiroth et se divise en deux rayonnement, l'un intérieur (peniniyout), l'âme, le divin et l'autre est le monde de la séparation. Et il en est de même pour chacun des trois autres mondes. Ici, la question qui se pose est de savoir comment concevoir du divin émané du divin. Dieu est par essence Un (Echad) mais « c'est en concevant le vide en soi pour accueillir l'altérité du monde, c'est en se retirant de lui-même en lui-même que Dieu créa le monde. De ce vide de Dieu, surgit le monde. La création de l'espace vide rend possible l'altérité à partir de la séparation » (Ma Ouaknin, Concerto pour quatre consonnes).

À la suite du Tsimtsoum, il y a épaississement de cette lumière restante qui va constituer le Keli (récipient — réceptacle). Le Keli trouve son origine dans le Reshimou. La Sephira (au pluriel Sephiroth) est constituée par le Keli (récipient) et le OR (Lumière) venue du Kav, lumière envoyée dans un second temps.

Le monde des Igoulim est aussi appelé le monde du Tohu (Monde chaotique). Les lumières divines ont une intensité démesurée par rapport à la capacité du Keli (récipient) qui sont les Sephiroth des Igoulim (en cercles concentriques), il y a alors brisure des réceptacles qui ne peuvent contenir cette Lumière intense. C'est le stade de Chevirat hakelim (brisure des récipients).

Références[modifier | modifier le code]


Bibliographie[modifier | modifier le code]

Textes[modifier | modifier le code]

Études[modifier | modifier le code]

  • Gershom Scholem, La kabbale (1974), trad. de l'an., Gallimard, coll. "Folio essais", p. 220-229 (zimzum (contraction)).

Livres: TSIMTSOUM, Marc-Alain OUAKANIN, Albin Michel

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]