Contre les hérésies

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Dénonciation et réfutation de la gnose au nom menteur (en grec ancien : ἔλεγχος και άνατροπή της ψευδωνύμου γνώσεως), connu sous le nom de Contre les hérésies (en latin Adversus hæreses), est une œuvre en cinq volumes écrite au IIe siècle par Irénée de Lyon. On considère généralement qu'elle fut écrite autour de 180, car Éleuthère y apparaît mentionné comme l'évêque de Rome d'alors.

Dans cet ouvrage, Irénée identifie et mène une description des nombreux courants du gnosticisme à son époque. Contre les hérésies constitua la principale description connue du gnosticisme jusqu'à la découverte de la Bibliothèque de Nag Hammadi en 1945. Il ne reste plus aujourd'hui que des fragments du texte originel en grec ancien, mais de nombreuses copies intégrales en latin, dont les dates de rédaction restent inconnues (IIIe ou Ve siècle), subsistent encore[1]. Les livres IV et V existent également dans une version littérale en arménien[2].

Le traité joua un rôle important dans l'établissement de l'orthodoxie chrétienne et les interprétations du Nouveau Testament[3].

Structure[modifier | modifier le code]

Contre les hérésies se compose de cinq livres, chacun d'eux étant une œuvre individuelle basée sur un type particulier d'argument :

  • le livre I traite des hérésies gnostiques de Valentin et ses prédécesseurs depuis Simon le Magicien jusqu'aux ophites et aux caïnites ;
  • le livre II fournit des preuves rationnelles visant à démontrer que le valentinisme n'est pas une doctrine valable ;
  • le livre III cherche à démontrer le caractère fallacieux de ces doctrines à partir des évangiles. Il y dresse la liste de succession des papes ;
  • le livre IV prétend prouver, à partir des paroles de Jésus Christ, l'unité des évangiles et de l'Ancien Testament ;
  • le livre V, enfin, se focalise sur d'autres dires de Jésus et les épîtres de saint Paul.

Objet[modifier | modifier le code]

L'objet de Contre les hérésies est de réfuter de façon systématique les enseignements de divers groupes gnostiques[4]. Il semble que, durant la période d'épiscopat d'Irénée, de nombreux marchands grecs se lancèrent dans des campagnes oratoires visant à faire prospérer le gnosticisme.

Une autre théorie populaire affirme qu'un groupe de gnostiques connus sous le nom de valentinistes prirent part aux célébrations de l'Église paléochrétienne, en dépit de leurs radicales divergences avec celle-ci.

On dit également que les gnostiques se réunissaient secrètement hors des églises afin de débattre de leur savoir occulte, et sur les Écritures, dont ils prétendaient qu'elles leur appartenaient.

En tant qu'évêque, Irénée pressentit la nécessité de rester alerte quant à ces hérétiques, afin d'en protéger l'Église, ce qui l'amena à se documenter largement sur les traditions et doctrines gnostiques. Contre les hérétiques représente une compilation de son travail réalisé à ce propos.

Il semble cependant que le principal motif qui amena Irénée – qui résidait en Gaule – à écrire son œuvre fut son sentiment selon lequel les chrétiens d'Asie mineure et de Phrygie nécessitaient en particulier sa protection contre les gnostiques, car ils ne disposaient pas d'autant d'évêques afin d'aider à maintenir ce type de problèmes sous contrôle. Sans doute pensa-t-il également que ceux de l'est de l'Empire étaient peu informés de ces perturbations survenues à l'ouest.

Dans son ouvrage, Irénée classe Marcion parmi les hérétiques gnostiques[3],[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Saint Irenaeus », dans l'Encyclopædia Britannica.
  2. Albert Poncelet, « St. Irenaeus », dans The Catholic Encyclopedia, vol. VII, 1910.
  3. a et b « Christianity », dans l'Encyclopædia Britannica.
  4. « patristic literature », dans l'Encyclopædia Britannica.
  5. Cfr. Adversus hæreses 1, 24, texte en ligne : « Traduction française du Livre I de l’Adversus hæreses », sur http://remacle.org/ (consulté le 19 mars 2013). Irénée le classe parmi les autres successeurs de Simon : « Puisque ce Marcion est le seul qui ait eu l'audace de mutiler ouvertement les Écritures et qu'il s'est attaqué à Dieu plus impudemment que tous les autres, nous le contredirons séparément : nous le convaincrons d'erreur à partir de ses écrits et, Dieu aidant, nous le réfuterons à partir des paroles du Seigneur et de l'Apôtre qu'il a conservées et qu'il utilise. » De fait, il y revient ensuite à diverses reprises, par exemple en IV, 33.

Lien externe[modifier | modifier le code]