Amos Oz

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Amos Oz
עמוס עוז

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Amos Oz en 2005.

Nom de naissance Amos Klausner (עמוס קלוזנר)
Activités poète, romancier et essayiste
Naissance (74 ans)
Jérusalem, Palestine mandataire
Langue d'écriture hébreu
Distinctions Prix Prince des Asturies de littérature (2007)
Prix Franz Kafka (2013)

Amos Oz, (hébreu : עמוס עוז), né Amos Klausner (Jérusalem, ), est un poète, romancier et essayiste israélien. Il est également professeur de littérature à l'université Ben Gourion de Beer-Sheva. Amos Oz est le cofondateur du mouvement La Paix maintenant et l'un des partisans les plus fervents de la solution d'un double État au conflit israélo-palestinien.

Biographie[modifier | modifier le code]

Amos Oz est né à Jérusalem, où il grandit rue Amos, dans le quartier de Kerem Avraham. Il est le fils unique[1] de Yehuda Arieh Klausner et Fania Musman, des immigrants sionistes d'Europe de l'Est. Son père avait étudié l'histoire et la littérature à Vilnius, en Pologne (actuelle Lituanie). Ses parents émigrent en Palestine mandataire au début des années 1930. Son père travaille comme bibliothécaire à Jérusalem et sa mère donne des leçons d'histoire et de littérature. Klausner décrit sa famille comme pauvre[1]. Sa grand-mère maternelle possédait un moulin à Rivne, en Pologne de l'Est (actuelle Ukraine), mais était venue à Haïfa en 1934.

De nombreux membres de la famille d'Amos Oz s'inscrivaient dans le courant du sionisme révisionniste. L'oncle de son père, Joseph Klausner, fut candidat du Hérout à la présidence de l'État d'Israël contre Chaim Weizmann et tenait la chaire de littérature hébraïque à l'université hébraïque de Jérusalem.

Amos et sa famille entretenaient une certaine distance à la religion dont ils méprisaient l'irrationalité.

Sa mère se suicida alors qu'il avait douze ans. Cet événement est à l'origine de la série d'interrogations qui figurent dans son livre Une histoire d'amour et de ténèbres. « Jusqu'à l'âge de 12-13 ans, j'étais fanatique et militariste, je croyais en la force militaire, j'aimais le slogan de Vladimir Jabotinsky, leader de la droite nationaliste : “Dans le sang et le feu, Israël est tombé. Dans le sang et le feu, Israël se relèvera”[2] ».

Amos Oz, sioniste de plus en plus séduit par la gauche, rejoignit le kibboutz Houlda à l'âge de quinze ans. C'est à cette époque qu'il adopta le nom d'« Oz » qui signifie « force » en hébreu. C'est à Houlda qu'il commence à écrire, et qu'il gagne progressivement le droit de consacrer quelques journées par semaine à ses livres. Il demeura au kibboutz jusqu'à ce que sa femme Nily et lui s'installent à Arad en 1986 en raison de l'asthme de leur fils Daniel.

À la fin des années 1950, Amos Oz servit dans Tsahal, unité Nahal, et se trouva confronté aux escarmouches à la frontière syrienne.

Après Nahal, Oz étudia la philosophie et la littérature hébraïque à l'université hébraïque de Jérusalem. En dehors de courts articles dans les bulletins des kibboutzim et le journal Davar, il ne publia rien avant l'âge de 22 ans. Il commença à publier ses premiers récits, en 1965. Son premier roman fut publié en 1966. Dès lors il se mit à écrire sans discontinuer, publiant une moyenne d'un livre par an sur les presses du parti travailliste, Am Oved, qu'il quitta finalement, en dépit de ses affiliations politiques, pour Keter. Pendant la Guerre des Six Jours, en 1967, il servit dans une unité de tanks dans le Sinaï et lors de la Guerre du Kippour de 1973 il fut affecté sur le plateau du Golan.

Amos Oz s'est retiré à Arad, au nord du désert du Néguev. En novembre 2008, l'écrivain annonce qu'il rallie la « Nouvelle gauche » (parti de la gauche sioniste favorable à un partage territorial) pour contrer le Likoud (droite nationaliste), dirigé par Benjamin Netanayahou, en vue des élections de février 2009[3].

Sa fille aînée, Fania, enseigne l'histoire à l'université d'Haïfa.

Regard sur l'œuvre[modifier | modifier le code]

Oz a écrit 18 ouvrages en hébreu, et près de 450 articles et essais. Ses œuvres sont traduites en trente-neuf langues différentes.

Il a obtenu quelques-uns des prix les plus prestigieux en Israël et dans le monde :

Tournée vers l'exploration des êtres, de leurs espoirs et de leurs déceptions, de leurs relations souvent complexes, parfois frustrées, l'œuvre d'Amos Oz obéit surtout à un principe qui consiste à tenter, par l'écriture, de se mettre à la place d'autrui, pour mieux le comprendre. Amos Oz a souvent dépeint les relations de couple, l'amitié, les liens du voisinage, dans des lieux comme Jérusalem, ou le kibboutz, autant de prismes au travers desquels il cherche à envisager l'humanité dans son ensemble.

Adepte de la forme brève de la nouvelle, qu'il a souvent illustrée dans ses textes, Amos Oz revendique volontiers l'héritage de l'écrivain américain Sherwood Anderson. Comme chez ce dernier, ses nouvelles sont généralement liées les unes aux autres, Le terme de "roman en nouvelles" a parfois été indiqué par Amos Oz pour définir une forme qu'il affectionne[4].

Amos Oz milite pour une lecture lente de la littérature, qui permet de retrouver ce qu'il appelle un bonheur tranquille. Plutôt que la dissection et l'analyse à outrance du texte, il encourage la recherche du simple plaisir de la lecture et la bonne compréhension du texte, notamment par la participation active du lecteur au contrat introductif du début de chaque livre[5].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Amos Oz à Munich, Literaturhaus, novembre 2004.

Romans[modifier | modifier le code]

Essais[modifier | modifier le code]

  • Les voix d'Israël, 1983
  • L'histoire commence, Paris, Calmann-Lévy, 1996.
  • Aidez-nous à divorcer ! - Israël Palestine, deux États maintenant, Paris, Gallimard, 2004.
  • Comment guérir un fanatique, Paris, Gallimard, 2006.

Politique[modifier | modifier le code]

Amos Oz compte parmi les intellectuels les plus influents en Israël. Il fut l'un des premiers à plaider en faveur de la séparation en deux États comme solution au conflit entre les Israéliens et les Palestiniens après la Guerre des Six Jours.

En 1978, il fut l'un des fondateurs de La paix maintenant et s'oppose depuis régulièrement au phénomène des colonies de peuplement. Il se prononça également en faveur des Accords d'Oslo et du dialogue avec l'OLP. Il s'est dit à plusieurs reprises opposé à un total droit au retour des réfugiés palestiniens[6], et a défendu à ses débuts la construction de la barrière de séparation israélienne entre Israël et la Cisjordanie, même s'il en conteste parfois le tracé[7]. De nombreux observateurs de l'aile droite le considèrent comme l'un des orateurs les plus éloquents représentant la gauche sioniste [réf. souhaitée].

Oz a longtemps été proche des travaillistes et de leur dirigeant Shimon Peres. Dans les années 1990 il retire son soutien au parti travailliste et se rapproche de la gauche, du Meretz, où il entretient des liens avec Shulamit Aloni, et appelle à voter pour le Meretz lors des élections à la Knesset en 2003.

En juin 2006, il a dans un premier temps affirmé le droit d'Israël à se défendre dans le conflit israélo-libanais de 2006 [8] avant d'appeler rapidement à un cessez-le-feu dans un article cosigné avec les écrivains israéliens David Grossman et Avraham Yehoshua dans le journal Haaretz [réf. souhaitée].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Se glisser dans la peau de l'autre, Arcades, Gallimard, 2006 (p. 10-14)
  2. Rencontre avec Amos Oz in Philosophie magazine, no 17, mars 2008, p. 48
  3. http://www.actualitte.com/actualite/5981-Amos-Oz-Netanyahou-Likoud-Kadima.htm
  4. Amos Oz l'adieu aux armes in Le Matricule des Anges, no 140, février 2013, p. 22
  5. Sujet de son essai L'histoire commence, 1996.
  6. Cf. Comment guérir un fanatique, p. 34
  7. http://www.nytimes.com/2013/01/29/opinion/global/roger-cohen-sitting-down-with-amos-oz.html?pagewanted=all&_r=0
  8. Los Angeles Times, Hezbollah Attacks Unite Israelis, 19 juillet 2006, copie de l'article.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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