Anita Augspurg

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Anita Augspurg

alt=Description de cette image, également commentée ci-après

Anita Augspurg en 1902.

Naissance 22 septembre 1857
Drapeau de l'Allemagne Allemagne, Verden
Décès 20 décembre 1943 (à 86 ans)
Drapeau de la Suisse Suisse, Zurich
Nationalité allemande
Profession
féministe, pacifiste

Anita Augspurg (née le 22 septembre 1857 à Verden - morte le 20 décembre 1943 à Zurich) est une féministe allemande.

Parcours[modifier | modifier le code]

Cinquième fille d'un avocat, Anita Augspurg a souvent l'occasion, lors de son adolescence, de travailler dans le cabinet de son père. A Berlin, elle reçoit une formation d'enseignante et prend des cours de théâtre en parallèle. De 1881 à 1882, elle est apprenti à Meiningen Ensemble, une troupe de théâtre, et part en tournée, à travers l'Allemagne, les Pays-Bas et la Lituanie. Sa grand-mère maternelle, décédée en 1887, lui a laissé un héritage considérable, qui la rend financièrement indépendante.

Après une carrière de cinq ans en tant que comédienne, elle rejoint son amie Sophia Goudstikker à Munich, où elles ouvrent conjointement en 1887 un studio photo. Les deux femmes portent des cheveux courts, des vêtements non conventionnelles, et rendent public leur soutien leur combat pour la libération des femmes et pour un mode de vie libre. En raison de leur mode de vie inhabituel, elle est exposée à des attaques personnelles par les anti-féministes. Néanmoins, les contacts de Anita Augspurg via le studio de photo lui apporte une reconnaissance professionnelle, et elle a notamment la famille royale de Bavière comme client.

En 1890, Anita Augspurg est profondément impliquée dans le mouvement féministe allemand et intervient comme conférencière. Son engagement pour les droits des femmes la pousse à étudier le droit. Elle étudie à l'Université de Zürich, n'ayant pas accès en Allemagne aux universités. Avec Rosa Luxembourg, avec qui elle a eu une relation tumultueuse, elle a été l'une des fondatrices de l'Association internationale des étudiants. Elle termine ses études en 1897, avec un doctorat et est le premier docteur en droit de l'Empire allemand. Pour autant, elle ne peut pas exercer en tant qu'avocat. Lida Gustava Heymann

En 1895, Anita Augspurg commence à collaborer dans le journal Die Frauenbewegung (« mouvement des femmes ») avec des articles dénonçant les discriminations, ainsi que le mariage qu'elle considère comme une forme de prostitution légalisée. En 1896, elle participe à la Conférence internationale des femmes qui se tient à Berlin, et y rencontre la féministe radicale Linda Gustava Heymann qui devient son partenaire pour le reste de sa vie.

Au tournant du siècle, Anita Augspurg mène campagne pour les droits des femmes et pour ​​une nouvelle loi sur le mariage et la famille. Elle publie une " Lettre ouverte " en 1905, dans lequel elle appel à modifier la loi sur le mariage patriarcal alors en vigueur pour entrer dans le «mariage libre», au mépris du mariage reconnu par l'Etat. Cette publication est interprétée comme un appel à boycotter le mariage et alors déclenche une tempête d'indignation. Le droit de vote des femmes est également considéré comme une priorité . Anita Augspurg et sa partenaire Linda Gustava Heymann travaillent ensemble au sein du Conseil de l'Association des organisations de femmes progressistes. Elles forment une association pour le droit de vote des femmes à Hambourg en 1902, et en 1913 en Bavière (1913 ). À partir de 1907, elle contribue au journal Zeitschrift für Frauenstimmrecht, et elle participe en 1919 à la revue Die Frau im Staat, aux positions démocratiques, pacifistes, féministes et radicales.

Durant la Première Guerre mondiale, Anita Augspurg et Linda Gustava Heymann participent à des conférences pacifistes de femmes et organisent des rassemblements illégaux dans leur appartement de Munich. Elles ont participé à la fondation de la Ligue internationale des femmes pour la paix et la liberté (IFFF ), où Heymann estt vice-présidente. Elles trouvent un terrain antibelliciste commun avec les sociaux-démocrates indépendants qui se sont détachés du Parti social-démocrate, et dans ce contexte, leurs divergences avec les femmes socialistes telles que Clara Zetkin deviennent moins importantes. Anita Augspurg collabore avec Kurt Eisner, et après la proclamation de la République de Weimar en 1918, devient membre de l'assemblée provisoire de Bavière. Lors des élections suivantes, elle est inscrite sur la liste des sociaux-démocrates indépendants, mais n'obtient aucun mandat.

Pendant la République de Weimar, en plus de la lutte contre le capitalisme et contre toutes les formes de discrimination, pour le désarmement général, et pour la l'indépendance de tous les peuples opprimés par le colonialisme, elle s'oppose à l'antisémitisme et au nazisme naissant.

En 1933, en raison de la prise de pouvoir par le parti nazi, Anita Augspurg et Linda Gustava Heymann, en voyage à l'étranger, ne reviennent pas en Allemagne, par crainte de représailles. Les nazis confisquent leurs biens, et tous les documents trouvés à leur domicile.

Anita Augspurg et Linda Gustava Heymann vivent en exil en Amérique du Sud, puis retournent en Europe pour s'installer à Zurich. Elle meurt en 1943, quelques mois après sa partenaire. Comme Linda Gustava Heymann, elle est enterrée dans le cimetière de Fluntern à Zurich.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Patrick Farges (dir.) et Anne-Marie Saint-Gille (dir.), Le premier féminisme allemand, 1848-1933: un mouvement social de dimension internationale, Presses universitaires du Septentrion,‎ 2013, 173 p. (lire en ligne) :
    • Anne-Laure Briatte-Peters, « La fabrique des intellectuelles, Minna Cauer, Anita Augspurg et Linda Gustava Heymann », dans Le premier féminisme allemand, 1848-1933, p. 33-50 ;
    • Marie-Claire Hoock-Demarle, « Féminisme, pacifisme, même combat ? », dans Le premier féminisme allemand, 1848-1933, p. 51-62 ;
    • Anne-Marie Saint-Gille, « Les féministes allemandes actrices du pacifisme pendant la Première Guerre mondiale », dans Le premier féminisme allemand, 1848-1933, p. 63-76.
  • Guyonne Leduc, Les rôles transfrontaliers joués par les femmes dans la construction de l'Europe, Éditions L'Harmattan,‎ 2012, 415 p. (lire en ligne) .
  • Eliane Gubin, Le siècle des féminismes, Éditions de l'Atelier,‎ 2004, 463 p. (lire en ligne) .

Sources sur le web[modifier | modifier le code]