Angelica Balabanova

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Angelica Balabanova

Angelica Balabanova, en russe : Анжелика Балабанова (née en 1878 à Tchernihiv, en Ukraine, et morte le 25 novembre 1965 à Rome) était une militante social-démocrate et communiste cosmopolite italienne d'origine juive ukrainienne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Angelica Balabanova découvrit les idées révolutionnaires à l'université de Bruxelles, où elle étudiait. Après son installation à Rome, elle commença à organiser les travailleurs de l'industrie textile et adhéra au Parti socialiste italien en 1900. Elle y fréquenta des personnalités telles que Antonio Labriola, Giacinto Menotti Serrati, Benito Mussolini (alors socialiste) et Filippo Turati et écrivit des articles pour le quotidien socialiste Avanti!. Elle participa aussi à cette époque à l'organisation de conférences internationales de femmes socialistes, avec Clara Zetkin.

Pendant la Première Guerre mondiale, elle fit partie de la minorité socialiste demeurée internationaliste. Elle réclama notamment l'exclusion de Mussolini lorsque celui-ci, qu'elle avait contribué à former politiquement, adopta des positions interventionnistes. Elle diffusa parmi les socialistes italiens les idées du journal de Trotsky, Nache Slovo, dont elle traduisait les articles[1]. Elle participa à la conférence de Zimmerwald en 1915 et fut désignée comme secrétaire de l'organisation créée à cette occasion en raison de sa connaissance des langues européennes. Vivant en Suède, pays neutre, elle fréquenta la gauche socialiste suédoise, dont le futur militant communiste Ture Nerman.

Angelica Balabanova rejoignit le parti bolchévique russe en 1917. Elle joua un rôle notable dans les premières années de l'Internationale communiste, travaillant avec Lénine, Trotsky, Zinoviev et Christian Rakovsky. Victor Serge, qui la fréquenta à l'Exécutif de l'Internationale, la décrit ainsi : « Menue, son fin visage déjà maternel entouré d'un double bandeau de cheveux noirs, répandant autour d'elle une extrême gentillesse, Angelica Balabanova espérait encore une Internationale aérée, généreuse et quelque peu romantique[2]. » De plus en plus critique envers les méthodes de la Tchéka et la répression, elle quitta la Russie en 1922 avec l'accord de Lénine, qui estimait son intégrité et son intransigeance, et rejoignit en Italie ceux des socialistes qui, derrière Serrati, refusaient de se soumettre à certaines exigences du Komintern.

Elle continua à diriger le groupe socialiste maximaliste italien après le départ de Serrati pour le Parti communiste italien. Après la victoire du fascisme, elle se réfugia en Suisse. Elle participe au Bureau international d'information des partis révolutionnaires socialistes, qui rejoint le Centre marxiste révolutionnaire international lors de sa création dans les années 1930. Elle vécut ensuite à Paris, puis à New York, et rentra en Italie après la Seconde Guerre mondiale.

Après 1947, elle rejoignit Giuseppe Saragat dans son refus d'une alliance du PSI et du PCI. Ils créèrent un Parti ouvrier socialiste italien qui devint bientôt le Parti socialiste démocrate italien.

Helene Deutsch, disciple de Sigmund Freud, qui la rencontre en 1910, au Congès de Copenhague, restera marquée par cette femme respectée par ses pairs qui milita pour ceux qui n’avaient pas été touchés par les idéaux socialistes, notamment les cheminots italiens[3].

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Ma vie de rebelle, Balland, 1981.
  • Lenin visto da vicino.
  • Poèmes en plusieurs langues (anglais, espagnol, français, italien et russe).

Les archives d'Angelica Balabanova sont conservées à l'Institut international d'histoire sociale d'Amsterdam.

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Alfred Rosmer, Le mouvement ouvrier pendant la Première Guerre mondiale, tome 1, p. 249. (ISBN 2-9507463-0-6)
  2. Victor Serge, Mémoires d'un révolutionnaire, coll. Bouquins, p. 588. (ISBN 2-221-09250-3)
  3. Gilles Tréhel. Helene Deutsch, Rosa Luxemburg, Angelica Balabanoff. L’Information Psychiatrique, 86, n°4, p. 339-346