Cindynique

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Les cindyniques (du grec κίνδυνος / kíndunos, danger) regroupent les sciences qui étudient les risques. On les appelle aussi « sciences du danger ». Elles s'intéressent plus particulièrement aux risques industriels et plus spécifiquement aux risques majeurs.

Histoire et sémantique[modifier | modifier le code]

Ce néologisme a été introduit lors d'un colloque tenu à la Sorbonne en 1987.

Pour éviter une confusion entre « danger » et « risque » ; en 2004, dans Le Risque, cet inconnu, Georges Jousse a proposé le terme « riscologie » pour l'étude générale et scientifique des risques[1].

Enjeux[modifier | modifier le code]

Leur objectif est de répondre aux questions :

  • comment identifier le risque (direct et indirect, immédiat et/ou différé) ? (y compris via les signaux faibles ou signaux précoces)[2],[3]
  • comment le mesurer ?
  • comment le hiérarchiser (par rapport à d'autres risques)
  • quelles en sont les conséquences (éventuellement synergiques avec d'autres risques) ?
  • comment le contourner ?
  • comment le prévenir ?

Méthode[modifier | modifier le code]

Les cindyniques combinent des aspects de sciences naturelles (géologie et météorologie pour les catastrophes naturelles, chimie et physique pour les catastrophes industrielles), des aspects de sciences humaines (psychologie, urbanisme, économie); Elles connaissent en aval des applications possibles en informatique (plan de continuation à la suite d'une catastrophe) ou dans la gestion de projets stratégiques complexes.

Les risques sont analysés comme portant une probabilité de réalisation binaire (se réalise / ne se réalise pas). Il est ainsi possible de prévoir les enchainements possibles avals de risques et donc de chiffrer l'allocation financière requise pour y remédier : On parle alors d'arbre des risques.

Applications[modifier | modifier le code]

Elles s'appliquent aux risques industriels (comme le risque nucléaire), aux risques naturels (incendies de forêt ou avalanches, par exemple), aux risques économiques, aux risques humains, urbains, etc.

Elles trouvent également des applications dans certains grands projets informatiques.

Les cindyniques utilisent souvent la notion d'événement non souhaité (ENS), et d'effet pervers. Finalement, il s'agit de construire des méthodes de prévention et de les réviser continuellement grâce à un apprentissage par la catastrophe ou par l'accident.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Traité de riscologie - La science du risque G. Jousse ; voir aussi l'article "Risque"
  2. Agence européenne de l'environnement (AEE), Late Lessons from Early Warnings n°2 ; 750 pagescommuniqué AEE intitulé L’AEE publie ‘Signaux précoces et leçons tardives, volume 2’, daté 23 janvier 2013, mis à jour 6 février 2013 et consulté 22 mars 2013
  3. Agence européenne de l'environnement (2001), Signaux précoces et leçons tardives, (Late Lessons from Early Warnings) ; Environmental issue report No 22/2001 ; Publié le 9 janvier 2002 et résumé

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Il existe une catégorie consacrée à ce sujet : Cindynique.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Georges-Yves Kervern et Patrick Rubise, L'Archipel du danger : introduction aux cindyniques, Economica, Paris, 1991, (ISBN 2-7178-2061-2)
  • Georges-Yves Kervern, Éléments fondamentaux des cindyniques, Economica, Paris, 1995, (ISBN 2-7178-2756-0)
  • Georges-Yves Kervern, Philippe BOULENGER, "Cyndiniques: Concepts et modes d'emploi", Economica, Paris, 2007, Collection “Cindyniques – Sciences du danger” ((ISBN : 9782717852875))

Liens externes[modifier | modifier le code]